Playlist d’été – I love to love you baby – Version instrumentale

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Le génie des Muses

Jane Birkin par Ullstein Bild.

Elle était si vivante, ayant gardé jusque dans ses vieux jours l’émerveillement et la grâce de la jeunesse, qu’il est difficile d’imaginer un monde où elle n’existe plus. 

Pourtant, il y a quelques jours, Jane Birkin est morte, laissant derrière elle le souvenir immortel de la beauté, de l’innocence, de la douceur, de l’engagement généreux. Les hommages ont naturellement fleuri. Certaines fleurs ont toutefois été moins appréciées que d’autres, par les féministes notamment : en cause, le fait de ramener cette femme aux vies multiples à son rôle de compagne et muse de Serge Gainsbourg. 

C’est un fait, Jane Birkin n’a pas été que cela. Mais Gainsbourg l’a grandement aidée à accéder à une forme de panthéon. Le génie de cet homme a été l’écrin suprême dans lequel son incomparable beauté a pu rayonner, la courte échelle qui lui a permis de porter plus haut l’étendard de son talent. 

Après sa séparation d’avec Gainsbourg, ce dernier a continué de lui écrire des chansons, et Birkin a continué d’être sa muse. Après la mort de Serge Gainsbourg, Jane Birkin s’est elle-même beaucoup impliquée dans la mémoire de ce dernier, ne cessant de lui rendre hommage, reprenant ses oeuvres et continuant de le faire vivre, par la musique ou par les histoires qu’elle aimait à raconter. Cette reconnaissance et cette affection intactes en disent très long sur l’importance de cet homme dans la vie de Jane B. 

Pourquoi tant de gens semblent-ils voir le rôle de la muse comme celui d’une inférieure, d’une surbordonnée, comme un ersatz dégradant de celui, bien plus noble, de poète ? 

Être une muse, est-ce vraiment comme on le pense si souvent, n’être que cela ? Jane Birkin était la muse de Serge Gainsbourg, oui, mais pourquoi l’a-t-elle été ? Est-ce que vraiment, ce statut n’était qu’une breloque un peu sale que n’importe qui d’autre aurait pu ramasser par terre ?

Il ne s’agit pas de nier les difficultés des femmes à cette époque, et le fait que beaucoup d’entre elles aient été réduites à n’être que des Muses par impossibilité de faire autre chose, mais de rappeler toute la profondeur qu’il y a derrière ce rôle que trop de gens veulent brocarder comme accessoire.

Le caractère à première vue passif du rôle de Muse fait oublier à quel point il est prépondérant dans l’œuvre d’un Pygmalion, et prépondérant tout court. Il faut pourtant avoir une énergie, une aura, un talent d’incarnation exceptionnel pour pouvoir se contenter d’être. La fascination pour ces figures exprime en réalité ce que notre âme sait d’instinct : les muses sont loin de n’être que cela. Elles sont en fait le karma arrivé au bout d’une forme d’accomplissement physique, se concrétisant dans la beauté, qui se suffit à elle-même, n’a besoin d’aucune revendication, d’aucune annonce, d’aucune fanfare. Il y a une forme d’art et de sculpture dans ce cheminement qu’est celui de la Muse. La beauté, c’est l’âme qui a fleuri. Et la Muse est un jardin de paradis venu rappeler aux humains ce qui est possible et ce qui nous attend, par delà la souffrance parfois pesante de la condition humaine. 

Cette réflexion appliquée à Jane Birkin est valable pour toutes celles qui ont eu un rôle de Muse, directement ou indirectement, pour toutes les Alizée, les Britney Spears, les Brigitte Bardot, les Beyonce, toutes ces femmes dont on a dit parfois qu’elles n’étaient que les interprètes pas très dégourdies du talent d’autrui, oubliant que le Pygmalion a au moins autant besoin d’elles que l’inverse. Et que savoir se servir de son corps jusqu’à en faire une oeuvre d’art implique un génie bien sous-estimé de nos jours : la preuve étant la rareté de ce génie, convoité par tant de gens, et la fascination naturelle qu’il provoque sur son passage. 

Il est vrai qu’une perle ne brillerait pas autour d’un cou, sous la forme d’un collier, s’il n’y avait pas eu quelqu’un pour ouvrir l’huître qui la contient. Pour autant, faut-il dévaloriser le labeur de l’huître et considérer que la perle n’a existé que quand le pêcheur l’a découverte et a ouvert l’écrin qui la contenait ? C’est un effort conjoint. Et bien sûr, il faut saluer le génie de celui qui a ouvert l’huître, mais sans jamais oublier le génie de cette dernière et le travail de vies entières qui l’a menée à pouvoir accoucher d’un trésor. 

La Muse est une fleur qu’une main intelligente cueille et à laquelle il offre un décor de choix pour exhaler tous ses parfums : mais toute gloire à la fleur, qui a su puiser dans la terre la force de pousser avec grâce.

C’est la même chose qui est à l’œuvre lorsqu’une voix profonde et belle nous bouleverse tant elle semble habiter le réceptacle du corps qui la produit, tant elle semble résonner dans quelque chose de plus vaste que son simple contenant : elle provient de vies entières d’amours, de bonheurs, de drames, de naissances et de morts. C’est entendre l’infini lui-même que d’entendre une belle voix (il suffit d’écouter les Voix Bulgares pour s’en rendre compte). C’est pourquoi les bons chanteurs sont capables de provoquer en nous des émotions dont on ne soupçonnait même pas l’existence, et c’est pourquoi des voix parfois exceptionnelles qui n’ont pour elles que le coffre et la technique, sans être pout autant habitées, nous laissent profondément indifférents. 

La beauté est plus que la beauté, et une muse est plus qu’une muse. Elle est un messager entre l’ici et l’au-delà. Et si ce rôle est bien souvent alloué à la femme, dont la contemplation suffit à produire l’effet naturel que l’on sait, ce n’est pas sans raisons. 

La femme est reliée à la matière, et par là-même à la beauté et à la santé : n’est-elle pas celle qui met en forme, celle qui cimente les tribus (matriarcales, ou non), celle en qui la vie se matérialise, celle qui couve un enfant neuf mois et lui prodigue par le lait la substance qui le fera croître, celle qui soigne et fait bouillir la soupe ancestrale qui redonnera un peu de force aux malades ? Sur un plan archétypal, le corps de l’homme, aux épaules larges et aux hanches plus fines, semble tout entier tourné vers le ciel et donc vers l’action, le progrès, le demain, l’abstrait. Celui de la femme, à l’inverse, sablier charnu, buste foisonnant et hanches larges convergeant tous deux vers l’axe d’une taille marquée, vers l’abysse primordial du nombril, s’équilibre parfaitement entre le haut et le bas, entre le ciel et la terre, entre les racines et le feuillage : il est celui qui démontre par l’exemple de son harmonie qu’il existe un lien entre les deux mondes, entre le visible et l’invisible, entre le matériel et l’immatériel. 

La beauté est le témoignage noble et vivant de la bonté, il est le fruit offert par l’arbre fort de mille racines et de mille vies passées. Et si parfois, certaines beautés se pervertissent dans des vices humains, puisque l’Univers nous a donné le choix de nous égarer et que ce choix est possible même pour ceux qui ont déjà tant accompli, beaucoup d’autres sont dignes de la fascination qu’elles provoquent. 

Je n’ai pas connu personnellement Jane Birkin, mais plusieurs personnes de mon entourage ont eu le privilège de la fréquenter, parfois brièvement : tous m’ont raconté une bonté, une humilité, une simplicité, et une candeur rares. Cet extrait d’article ne dit pas autre chose : 

« A peine son nom prononcé, les sourires s’affichent et les souvenirs refleurissent : sa simplicité lors des réunions de parents d’élèves à l’école communale voisine ; sa générosité avec les clochards et notamment un certain « Jolicoeur » qu’elle aurait même un temps hébergé dans sa maison… Sur ce point, la ressemblance mère-fille n’était pas seulement physique. « Elle était la générosité même », résume une proche. « Lorsqu’elle demandait ‘j’espère que tu vas bien’, ce n’était jamais par convenance, elle voulait vraiment savoir si tout allait bien », insiste une amie photographe. »

Alors il semblerait que dans ce cas, le corps se soit aligné avec l’âme, et pour le mieux. 

Jane Birkin n’était pas qu’une muse. Elle n’était rien de moins qu’une Muse

Est-ce à dire qu’une femme ne doit et ne peut aspirer qu’à cela ? En aucun cas. Chez chaque humain existe la possibilité de l’androgyne. Il existe mille routes qu’un voyage peut emprunter, et chaque fleur à sa propre manière de pousser. Mais être capable d’inspirer un homme à dépasser les limites de son propre génie et les foules à trouver un peu de transcendance dans la mélodie d’un visage, cela n’a rien d’anecdotique. 

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Cigarettes after sex – K.

Mélancolie d’un amour du passé.
Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Milan Kundera (1929 – 2023)

Cet homme, qui n’a jamais eu le Nobel, peut-être parce qu’il a été mille fois pressenti pour l’avoir et qu’il était trop évident dans la figure du monstre sacré, a eu la plus grande des gloires en définitive : il est entré dans l’Histoire littéraire comme un Dieu parmi les Dieux, et ce de son vivant. Et on peut gager que la mort ne lui fera pas le déshonneur d’affadir sa lumière parmi ceux qui ont le plus brillé.

Au lycée, après des lectures essentiellement immatures, L’Insoutenable légèreté de l’être a été ma première entrée dans la pensée complexe. On lisait Kundera comme on accédait au monde des adultes et des lettrés ; ses livres faisaient partie de ceux qui donnaient des ailes à la réflexion et provoquaient en vous une mutation de l’être ; on franchissait à son contact un pallier, celui d’une forme de conscience plus profonde, plus fertile. C’est la marque des très grands.

Surtout, grâce à lui, j’ai pu comprendre d’emblée une leçon, qui ne m’a jamais quittée : la complexité n’oblige en aucun cas à l’opacité, et n’empêche pas la simplicité, bien au contraire. Kundera était la plus grande illustration de ce fait.

Je suis émue lorsque je vois le nombre d’hommages qui lui sont rendus et son nom en tête de gondole pendant plusieurs jours sur les réseaux sociaux, pas seulement parce que cela démontre que la littérature est toujours essentielle, mais aussi parce que nous sommes si nombreux, de tous âges et de toutes provenances, à avoir eu l’impression de voir soudainement le monde en couleurs en lisant Kundera pour la première fois, au point d’en constituer une forme de communauté implicite et instinctive : il y a toujours un « après » la découverte de ses livres. Il a légué quelque chose à chacun d’entre nous. Même quand on s’en éloigne, une forme d’estime reconnaissante demeure.

Je retiendrais de lui cette phrase, qui me suit encore aujourd’hui, et par laquelle il a mis les mots sur un sentiment romantique éternel : « Pour qu’un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s’y rejoignent dès le premier instant. »

Inoubliable parmi les inoubliables, Milan Kundera l’est.


*Certains observateurs attentifs auront remarqué un discret hommage dans un de mes premiers poèmes, écrit il y a plus de 10 ans : la « valse sans adieux » de Cet amour-là est évidemment une référence à La valse aux adieux, superbe titre d’un livre de Milan Kundera. Je n’ai jamais pu le dire. Je le dis ici.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

La famille universelle (journal)

La famille est souvent la matrice de sentiments très sous-évolués, archaïques et égoïstes. L’amour tant vanté d’une mère pour sa progéniture, qu’on dit inconditionnel, recèle parfois des trésors de narcissisme.

Un enfant, c’est avant tout une âme venue s’incarner sur terre, et qui choisit pour ce faire un véhicule, une matrice, un ventre, et plus généralement un milieu propice à son évolution, qui lui ressemble et qui saura lui enseigner les leçons qu’il est venu apprendre. La charge des parents est d’aimer l’enfant, de l’armer, de le responsabiliser, et parfois jusqu’au sacrifice, c’est certain, tout en comprenant que cet enfant, s’il est venu vivre un voyage sous leur égide, ne constitue en aucun cas pour eux un territoire, une propriété, un horizon indépassable, qu’il est né et naîtra au cours de ses vies dans d’autres familles que celle-ci, sans être fondamentalement assigné à aucune. Bien sûr, une histoire familiale peut être une épopée, magnifique, pleine d’amour, et la proximité tout comme la ressemblance peuvent évidemment créer des complicités particulières entre les êtres, rien n’interdit cela, tout comme il est vrai que l’enfant constitue une charge précise pour des parents sur laquelle il convient souvent de se concentrer. Mais cet amour familial n’a de valeur que s’il est une fenêtre ouverte vers le plus grand des amours, à savoir celui de Dieu, et qui doit se porter envers tout ce qui vit.

Il n’y a rien de pire que l’attachement tribal, le « mon enfant, la chair de ma chair », malsain mais aussi totalement illusoire, qui exalte la viande animale et oublie le ciel, même s’il constitue pour chaque âme un passage obligé à un moment de son parcours. La sagesse se trouve en réalité non pas dans l’attachement reptilien mais dans le détachement. Tout amour doit donner à l’individu les ressources permettant d’aimer encore plus loin que ses limites traditionnelles, d’aimer encore plus fort que ce à quoi il est habitué, dépassant un peu plus l’illusion de la séparation afin de rencontrer cet autre, qui est en définitive lui-même. Tout amour qui enferme l’être, qui ne lui donne pas envie d’aimer l’humanité entière et qui ne lui confère pas la force d’étendre encore un peu plus son aile vers les autres pour les couvrir de la pluie, n’est pas de l’amour ; ce ne sont que des tentatives, des tâtonnements dans la nuit, qui ont certes leur valeur et leur noblesse, à titre d’escales. Mais ce n’est pas la destination finale du voyage qu’une âme entreprend.

Écrit et publié le 11 juillet 2023 sur Facebook

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

L’élégance, qualité-mère.

La vertu la plus essentielle d’une âme, qui en général englobe toutes les autres, et qui est une condition à toute civilisation et à toute grandeur, c’est l’élégance. On peut être gentil mais stupide ou immature, on peut être libre mais égoïste ou irresponsable, on peut être empathique mais lâche, on peut être sensible mais injuste, on peut être fort mais agressif ou violent, et c’est d’ailleurs souvent ce qui se produit, tant il est vrai que lorsque les gens maîtrisent enfin une vertu, il est rare qu’ils en aient aussi maîtrisé le contraire, ce qui résulte évidemment en un vertigineux déséquilibre. Alors que d’une personne qu’on dit élégante, on sait qu’elle est à la fois droite, intègre, mature, juste, gentille, libre, respectueuse, vraie, sensible, empathique, intelligente, partageuse, und so weiter ; elle se tient à égale distance des pôles opposés, dans une forme d’androgynie fondamentale qui permet la complétude et le jaillissement de la noblesse. L’élégance, c’est une qualité faite d’air et d’éther, en ce sens qu’elle est toujours relative à une forme de légèreté et d’effacement au profit de ce qui n’est pas soi mais qui doit être et a le droit d’exister, elle se construit sur une forme de retrait et d’intégration de l’être dans quelque chose de plus grand que sa propre personne, permettant in fine de donner à chaque chose sa juste place : savoir ranger son orgueil pour entendre ce que dit l’autre, savoir mettre de côté ses subjectivités pour comprendre que ce qui nous est étranger peut aussi avoir de la valeur, savoir se soustraire à son petit vécu pour se mettre dans les chaussures d’un autre et comprendre ce qui a pu le mener là où il est, savoir tempérer ses passions même quand cela nous en coûte afin d’être juste, savoir que son intérêt personnel ne peut pas être l’unique unité de mesure, dépasser le conditionnement de sa propre histoire, de sa propre enfance, pour accueillir le monde, avoir ses préférences et ses goûts propres sans faire porter aux autres le fardeau de l’infériorisation, et caetera… L’élégance, c’est de l’ordre du frôlement : un peu comme une plume qui, même en existant pleinement, en incarnant jusqu’au bout son destin et sa vérité personnelle de plume, ne produit rien d’autre que la caresse, et touche sans jamais blesser. En fait, l’élégance reproduit cet état de grâce spirituelle, lorsqu’une âme se déleste à tel point de ses vices, de ses égoïsmes, de ses lourdeurs, qu’elle ne pèse effectivement pas plus qu’une plume, et qu’elle devient alors ce qu’il y a de plus léger et pourtant de plus puissant : un pur esprit, qui a triomphé de la bassesse et retrouvé le chemin de sa lumière originelle.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Petit éloge spirituel de la poésie en rime (journal)

Écrit et publié le 26 octobre 2022 sur Facebook. J’ai écrit d’autres textes sur le sujet, je les réunirai sans doute dans un texte plus étoffé sur le pouvoir de la rime (‘la taxidermie des arts’) mais aussi des mots.

Même quand je commence un poème en prose, je finis toujours par me faire attraper par la rime et la musique. J’ai essayé de me défaire de cette habitude pour atteindre le sens, pour gagner en profondeur. Non pour cesser de faire ce que je fais, ou pour cesser de faire de la rime, bien au contraire, mais pour ajouter une dimension supplémentaire à mon travail.

Je me figurais qu’en faisant disparaître la rime, non de mon résultat final, mais du processus d’écriture lui-même, en me concentrant sur le sens plus que la musique au moment d’écrire, j’irai peut-être plus loin en terme de poésie.

Car il y a souvent cette idée que la musicalité particulière de la rime peut, même quand ce n’est pas notre intention, dissimuler ou favoriser un manque de sens, un peu comme une jolie peinture peut cacher un mur poisseux, tout simplement car cette musicalité, en faisant office de gouvernail dans l’écriture, s’impose en premier lieu, ce qui fait passer le sens au second plan. Et je me disais qu’en enlevant cette béquille, j’aurais plus d’efforts à faire pour faire tenir le poème sur ses deux jambes, et que cela me ferait accéder à autre chose.

Surtout, j’aime essayer, lorsque quelque chose me paraît être moins mon genre, pour le plaisir de repousser mes propres limites et de voir où la chose m’emmène.

Eh bien, pour moi en tout cas, cela ne fonctionne pas. Non seulement, je reviens à la rime et à la musicalité comme à un instinct premier, ce qui me fait dire que c’est peut-être ma nature profonde de faire ainsi et qu’il ne faut pas essayer de faire autrement.

Mais surtout, je me suis rendue compte d’une chose : le rythme, c’est le sens. La musique, c’est le sens. L’un appelle l’autre. Dans mon cas, le sens, la richesse, la profondeur et les métaphores me semblent surgir beaucoup mieux dans les conditions qui sont celles de la rime. Et c’est inexplicable. La rime semble appeler l’idée, avec une intensité beaucoup plus forte.

En se rapprochant grâce à la rime d’une forme de psalmodie, de musique, on accède peut-être à ce fameux « dérèglement des sens » dont parlait Rimbaud ? La poésie devient alors une expérience mystique, pour celui qui l’écrit et celui qui la lit, un peu comme le tambour du chaman permet d’accéder à une forme de transe et d’union sacrée avec les forces du monde.

Ce qui expliquerait un tel état de fait.

Les chiffres recèlent leur part de sacré (la numérologie en est un bon exemple). La rime et les jeux avec la métrique sont sans doute porteurs d’une forme de perfection ou en tout cas d’harmonie mathématique qui obéit aux règles d’une architecture occulte et divine. Quelque chose s’active lorsqu’on les utilise, en terme d’émotion, de puissance d’évocation. De la même manière que la prière et la manifestation sont des outils spirituels puissants, et que le verbe (pensé ou parlé) fait partie intégrante de ce pouvoir, la rime semble s’inscrire dans un système invisible qui la réclame, une forme d’architectonique : un peu comme la structure des temples sacrés conçus pour faire circuler l’énergie d’une façon précise, les rimes, porteuses de nombres et d’ondes de forme à leur manière, décuplent le pouvoir de ce qui est pensé, de ce qui est dit et de ce qui est lu.

D’où le plaisir particulier associé à ces lectures, pour celui qui écrit, comme pour celui qui lit. En effet, je connais beaucoup de gens qui aiment lire et relire des poèmes en vers, avec un sentiment d’euphorie esthétique, l’impression d’accéder à un langage sacré, à une luminosité du verbe. Je ressens moi-même cela, profondément.

Après tout, dans l’Univers, tout est musique.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

SOLEIL GLACÉ (donne-moi la douleur, j’en ferai un empire) / Journal

Journal – 19 juin 2023 – 18h22

On a tous nos mythes personnels, ceux qui nous portent et nous maintiennent debout. Me concernant, j’aime à me concevoir comme une machine de guerre, de fabrication slavo-balkanique, solide et increvable. Et c’est vrai que je suis sanguine, passionnée, humide et vivante, que le sang bat à mes tempes, d’amour, de colère, de n’importe quoi pourvu que ce soit de quelque chose ; que d’une émotion je fais un drame ou une extase, d’une source un océan, d’une graine une forêt, d’un feu de paille un incendie. Tout ce que la vie me jette, je le recrache en pire : donne-moi la douleur, j’en ferai un empire. Mais en réalité, plus que portée sur les effets pyrotechniques, je suis surtout d’une grande patience. Cela ne paie pas de mine, à notre époque, à notre jeune âge, à première vue, mais ma grande audace est là. J’ai le courage suprême de croire, et de ne jamais cesser de le faire, même lorsque tout me condamne, de dédaigner quoiqu’il en coûte les charmes trompeurs de la facilité, de suivre ma vérité les yeux fermés, et de savoir m’abandonner au destin, là où tant de gens se pressent à forcer les choses ; et chaque jour me confirme la sagesse profonde de mes inclinations. L’authenticité coûte parfois cher, mais elle paie toujours. Toutes les plus belles choses qui m’ont été données, je les ai eues comme ça, à commencer par mes idées et ma force d’écriture : en m’abandonnant. C’est toujours celui qui a les mains ouvertes vers le ciel, dans l’acceptation totale de ce qui est, qui reçoit. J’ai reçu. La vie m’a confié beaucoup de fardeaux : je les ai acceptés un par un, humblement, silencieusement. Mais j’ai toujours su qu’ils étaient le revers d’une grâce, sans commune mesure avec les épreuves traversées, et la vie m’a donné raison, et elle m’a donné tout ce que je lui ai demandé au bout du compte. Ainsi, s’il y a en moi matière à tourment, beaucoup, je n’ai jamais été un terreau fertile pour les regrets. Tout me traverse, et très profondément : rien ne s’enracine. Je m’arrange toujours pour transformer à mon avantage ce qui m’arrive ou ce qu’on me fait : donne-moi la douleur, j’en ferai un empire. Je pleure et doute beaucoup, oh tellement que même ceux qui pleurent et doutent en abondance doivent me prendre pour une cinglée, mais en dernière instance, je méconnais le doute fondamental et le vide métaphysique : je suis un peu comme une barque sur l’océan, que les vagues et la tempête font vaciller violemment, dangereusement, mais qui s’accroche et qui, in fine, arrive à bon port, on ne sait comment ; tant de Titanic ont coulé en chemin, ne passant pas l’épreuve de la première traversée. Je suis remplie à chaque instant, toute débordante de ma substance, comme un petit coquillage tout plein de sa chair et dans lequel on entend tout l’océan. Régie par un instinct silencieux mais implacable, si éloignée c’est vrai des modes et des fanfares bruyantes des jeunes de mon âge, je laisse dire, je fais sagement mon travail, sans calcul, et je m’applique à accomplir le devoir du jour. Je peux attendre une proie très longtemps et je sais reconnaître l’exact moment où il faut fondre sur elle. Qu’importe que les choses prennent tout leur temps : je vise directement la tête. Le casse, et rien d’autre. Dans le fond, je perds infiniment moins de temps que ceux qui courent les turpitudes et négligent l’essentiel car j’arrive finalement au résultat espéré, et eux jamais : ce qu’ils voient ne sont que des mirages. Tandis que mon oasis à moi est bien réel. J’ai mille fois nourri des complexes sur cette nature que la société dévalue si souvent, et qui m’a tant placée en porte-à-faux avec le monde, sans jamais chercher à changer cependant, sûre de mon coup au fond de moi. En mûrissant, j’ai compris que le trésor réservé aux sincères était souvent difficile à obtenir, et lent à parvenir, menacé par mille découragements, trahisons et tentations en chemin, mais qu’il était de ceux qui remplissent l’âme, bien loin des colifichets et des pièces d’or en chocolat que la facilité fait pleuvoir sur les opportunistes et les mesquins, en veux-tu en voilà.

Je marche au dessus d’un gouffre, sur un fil précaire, le vide sous mes pieds. Je chancelle, chacun retient son souffle, et tant pronostiquent ma chute, voire la souhaitent, mon chemin se borde de mille frayeurs, mais j’arrive de l’autre côté, saine et sauve, et je n’ai jamais eu peur de me lancer, et je n’ai jamais laissé à ceux qui me regardent peiner le privilège de me décourager. Alors comment pourrais-je ne pas croire aux miracles ? J’en suis un. Vivant et bouillonnant. C’est la fondation même sur laquelle est construite ma vie : à chaque mort a toujours succédé une spectaculaire renaissance. Je suis le gage sanglant de ma propre foi.

Une image ne me quitte pas : celle d’un Soleil glacé, figé dans un hiver qui semble au final le rendre plus puissant dans son éclat, car survivant de mille embûches pour parvenir à destination, attendant son dégel imminent.

Je suis comme cette vieille chanson de Simon & Garfunkel – assez typique d’un Capricorne ascendant Balance – qui me suit depuis des années, et dans laquelle j’ai toujours bien du me reconnaître sans le vouloir : Like a bridge over troubled water.

(Écrit et publié le 19 juin 2023 sur Facebook)

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Les femmes et l’infidélité des hommes (texte/roman)


Je n’ai pas l’habitude de partager ce type de texte, et il est possible que je ne le laisse pas en ligne longtemps, mais voici un extrait du livre que j’écris depuis mes 17 ans.

Beaucoup de femmes, lucides et conscientes de la propension de leur homme à aller voir ailleurs, préfèrent lâcher prise et accepter, plutôt que de se donner des migraines et de l’amertume à fliquer un animal qui ne sera jamais fidèle. Elles se font une raison, se disant qu’après tout, cela fait partie de ce qu’elles aiment chez lui, que sa virilité se déploie justement à travers un goût de la liberté et de l’insoumission, le besoin de prendre le large et que ce serait commettre un crime semblable à la mise en cage d’un oiseau sauvage que de vouloir le priver de ce souffle vital trouvé dans le renouvellement permanent des horizons. Beaucoup d’hommes, après tout, en tout cas dès qu’ils le peuvent, ne restent pas en pantoufles dans leur salon, ils ne rentrent pas toujours le soir, ils considèrent comme une insulte de mourir de vieillesse dans leur lit, ils trompent la mort, même modestement et piteusement, avec les moyens parfois dérisoires qu’ils parviennent à arracher au quotidien et qui ne sont pas les mêmes pour tous, jouent leur argent au casino ou au poker en ligne, et même lorsqu’ils ne font rien de tout ça, sans doute en rêvent-ils encore ; ils ont besoin de vivre en au bord d’un précipice, de se sentir proches de la chute, et donc de l’envol salutaire que cette dernière permet. N’est-ce pas même ce qui fait tout leur charme ? Alors les femmes acceptent. Quelque part, l’important, se disent-elles, ce n’est pas qu’ils s’en aillent : c’est qu’ils reviennent. L’infidélité n’est-elle pas après tout un butin de guerre rapporté à la personne véritablement aimée ? C’est ce qu’elles décident de penser. Elles se cimentent de nouveau, cette fois autour de la fierté précaire d’être l’unique femme qui accueille le retour de son marin sur la grève, d’être la photo qu’un soldat garde précieusement dans sa poche et ressort avec émotion pour y trouver de la force, avec laquelle il mourra peut-être, à l’opposé des coureuses sans importance rencontrées dans le train et au bar, des petites aventures multiples et dispersées qui sont comme un essaim de fourmis face à l’éléphant qu’est la femme officielle.
Elles se rengorgent donc dans le rôle de l’épouse centrale, et choisissent de voir dans ces tromperies des jeux inoffensifs qui sont tout autant d’offrandes à leur personne et qui leur permettent, à chaque fois, de récupérer un homme un peu plus vivant, un peu plus complet, qui viendra déverser à leurs pieds tous les trésors glanés durant ses voyages.
Renonçant à l’illusion de la fidélité, ces femmes en embrassent une autre en pensant pouvoir encadrer l’infidélité de leur mari. Après tout, le bénéfice de l’acceptation et de la lucidité, se disent-elles, c’est au moins de pouvoir prétendre avoir un minimum de contrôle sur le sujet, d’honnêteté de la part de leur conjoint. Cela leur permet de mettre des limites aux dégâts, de ne prendre que le mieux.
Je veux bien que tu ailles voir ailleurs, mais à condition de rester le pivot central de ton existence, à condition que ma supériorité sur les autres soit admise en tous lieux et en tous temps, à condition que tu me protèges et ne m’humilies jamais, à condition que tu ne t’abandonnes jamais trop, à condition que tu ne tombes pas amoureux, à condition que tu n’offres jamais à une femme les mêmes mots qu’à moi, à condition que tu ne penses jamais et ne laisses jamais tes conquêtes penser que je ne suis pas la meilleure de toutes, à condition que tu te protèges et mettes des capotes, à condition que tu ne m’apportes pas d’enfant illégitime, à condition que tu évites les conduites à risques et les endroits trop glauques. En somme, à condition que tu établisses une stricte hiérarchie qui, dans le fond, relègue toutes tes maîtresses au rôle de servantes utiles de notre relation, de serpillière dévaluées pour ma propre gloire, sans leur donner jamais l’importance que tu me donnes à moi.
Les conditions de l’infidélité deviennent alors, pour l’homme, presque aussi rébarbatives que l’idée même de fidélité.
La chose est vaine. Car ces hommes naturellement disposés à aller voir ailleurs, et assez virils pour arracher au forceps cette possibilité aux conventions sociétales, le font par goût du sexe et de la diversité, bien sûr, mais aussi par goût de la nouveauté et de l’aventure, par besoin de renouveler l’aube de l’existence en ayant sans cesse accès à de nouveaux visages, de nouveaux corps, en pénétrant et en possédant toujours un peu plus l’inépuisable beauté du monde. Les hommes qui en viennent à écouter et concrétiser cette nature, au mépris des interdits ou des conséquences parfois graves de leurs choix dans la société actuelle, sont des individus guidés par leur instinct et leur liberté, et sont par essence portés à rechercher l’expérience totale. Ils désirent étirer à l’infini le sentiment de pouvoir vivre mille vies, l’abandon à l’instant et l’oubli total qu’il procure. L’oubli. Ils ne veulent pas se souvenir de leur femme quand ils en séduisent une autre, cela nuirait au caractère fatidique et unique de l’instant : ils veulent oublier qu’ils sont mariés. À ce moment, la femme qui a les honneurs de leur désir éclipse toutes les autres, épouse comprise. Ils aiment l’adrénaline, le danger, les interdits brisés, les limites repoussées, le sentiment de marcher en lisière de ce qui est acceptable, la jeunesse éternelle du cœur. Il n’est à ce titre jamais possible d’encadrer leur infidélité, puisque c’est précisément dans la sortie de route qu’ils entendent s’accomplir, et qu’ils recherchent de par leurs mille histoires à recréer un absolu dont leur épouse n’est qu’une pièce, centrale mais moins totale que ce qu’elle croit.
Leur entrouvrir la porte, à ces hommes, c’est automatiquement voir cette dernière s’ouvrir de plus en plus. Il n’y a pas de juste milieu. Et étant admis que ces hommes – comme tous les hommes et tous les êtres humains d’ailleurs -, n’étant pas calibrés pour l’exclusivité sexuelle, seront toujours plus portés à enfreindre et ouvrir une porte qu’à la laisser fermée, il est illusoire de penser qu’entrouvrir cette dernière et collaborer avec les désirs de leur époux changerait quoi que ce soit au schmillblik.
Combien d’hommes d’État, connus pour être des coureurs, ne se sont pas contentés d’avoir des plans cul et ont eu d’importantes histoires d’amour avec d’autres femmes, nourries et attestées par des correspondances romanesques et colossales, au point où l’on finissait souvent par découvrir une seconde femme, parfois aussi importante que la première, bien que dans l’ombre, jouant un rôle différent, mais parfaitement égal ?
L’idée de l’homme qui différencie totalement l’amour du désir, qui trompe son épouse avec mille femmes mais qui n’aime que la première et ne fait que désirer les secondes, les prenant pour du gibier ou des trous ambulants, n’est que partiellement juste. S’il est vrai que les hommes sont souvent capables de séparer l’amour du désir, et qu’ils idéalisent leur femme qui a d’une certaine manière pris la suite de leur figure maternelle, on se raconte trop souvent des histoires sur leur incapacité prétendue à aimer plusieurs femmes ; précisément parce qu’aucune d’entre elles n’est sa mère, une source totale ou un absolu. Ils vivent très bien cette duplicité, cet éclatement, cette dispersion, et cela, les femmes ne veulent pas l’entendre. C’est la dernière corde qui les rattache au couple conventionnel et à ses illusions, l’extrême limite qu’elles ne veulent pas voir franchie, mais elles ont précisément épousé des individus – des hommes – portés à repousser ces dernières, à ne connaître d’autre règle que celle de l’instant, et à trouver là une forme d’éternité. Seuls quelques êtres à la concentration rare et passionnée font exception à cela. Ce sont les hommes de serment qui trouvent de la force dans l’intensification, dans l’acte de creuser un même vivier jusqu’à la fin de leur vie ; ce sont les hommes d’une seule femme, qui s’épanouissent dans le quotidien, mangent avec plaisir le même repas tous les jours, pourvu qu’il tienne au corps, s’endorment le soir agrippés comme des marmots aux plis du ventre de leur épouse et y trouvent du contentement, du réconfort ; ils ont le goût des agriculteurs à la vie pénible, des mineurs fatigués, des sédentaires, qui puisent infatigablement et chaque jour, dans la même terre, la ressource qui donnera le repas. Et même eux, n’ont-ils jamais rêvé d’ailleurs ? Sont-ils tous fidèles par fidélité essentielle ou parce que leur survie, cristallisée autour de quelques éléments-clés, ne permet que peu d’évasion ? Le labeur est dur, la vie est dure, et ils viennent le soir se consoler de l’existence auprès de celle qui la rend un peu plus belle, avec une gratitude toute enfantine, et une fixité touchante qui est celle de l’honnête homme dont la vie quotidienne n’est pas facile et qui ne souhaite pas se la compliquer en courant des chimères.
Il y a aussi des hommes qui vont voir ailleurs mais idéalisent leur épouse, et pour qui les maîtresses ne sont que des liaisons de passage, des orifices sans distinction les uns des autres.
Oui, il y a des exceptions, mais elles doivent leur existence à la multiplicité des tempéraments et à une nature plus concentrée chez les uns que chez les autres : elles ne constituent, en aucun cas, une règle.
Attendre d’un homme qu’il puisse s’abandonner à une autre femme sans jamais être ébloui par elle, c’est illusoire, touchant de naïveté et d’un narcissisme bien compréhensible puisqu’encouragé par la société. C’est même, à bien y regarder, une insulte au foisonnement et à la beauté du monde. Vouloir être le seul oiseau d’une forêt… !!
D’ailleurs, si elles sont parfaitement honnêtes avec elles-mêmes, les femmes devront reconnaître que cette tendance se trouve aussi en elles, à un état plus inhibé, par la société, et par la biologie qui leur permet d’avoir mille partenaires sexuels mais leur commande en revanche, durant les neuf mois d’une grossesse, une certaine fermeture au monde.
Cela, d’ailleurs, les hommes ne veulent pas l’entendre non plus : les femmes sont moins constantes qu’elles n’y paraissent. Elles aiment aussi le sexe pour le sexe. Elles y mettent du sentiment, souvent, bien sûr, la plupart en tout cas… mais combien de sentiments de femmes sont fugaces et ne passent pas l’embouchure de la nuit ! Rien d’autre que de la rosée matinale qui se croit bonne pour l’éternité au moment où elle tombe sur l’herbe, mais qui s’évapore aux premières heures du jour.

Écrit et publié le 13 janvier 2023 sur FB.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Je suis venue vous dire que la joie est possible (poème)

Je suis venue vous dire que la joie est possible.
Je vous le dis les yeux encore pleins de larmes,
Dans un sourire fragile qui menace de chavirer ;
Comme un pécheur encore tout plein de ses péchés
Et qui s’avance pourtant à la tribune pour défendre la vertu,
Cramponné à sa sincérité comme un enfant à son doudou
Les soirs d’orage et d’obscurité ;
Perdu, la voix brisée, mais sûr d’une chose, d’une seule :
Il vient dire la lumière parce qu’il y croit
Et qu’il sait que sa propre faiblesse d’homme ne suffit pas à ternir
Le glorieux éclat du soleil.


Écrit à la volée le soir du 15 mai 2023 et publié le même jour sur FB.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire