L’Hiver et la gratitude – Noël 2025

Illustration : Emily Duffin. Une superbe découverte ! ❤

L’hiver et la gratitude 

22 décembre 2025

Je suis une femme de toutes les saisons. J’aime toutes les saisons de manière égale, car chacune est nécessaire, et que c’est cet ensemble qui englobe l’océan de notre être, même s’il est vrai que je ne choisirai jamais l’hiver avant l’été si j’étais obligée de choisir, du moins, c’est ce que je dis souvent. 

Sans doute car l’hiver ne pourrait être une saison éternelle sans que je n’en sois frustrée – l’inverse est moins valable même si l’on se lasserait sans doute d’un été éternel. C’est comme avoir à choisir entre le travail éternel et les vacances éternelles. S’il faut vraiment choisir, on préfère les vacances éternelles. Le risque de la paresse existe, certes, mais le schéma du travail éternel ne laisse de temps pour rien d’autre que lui-même alors que le repos éternel n’interdit pas de placer ses propres activités – là est la grande différence. 

Mais il y a une chose, tout de même, que je réalise à chaque hiver, c’est que l’hiver est la saison du sacré. L’âme, descendant en ses profondeurs, n’a d’autre choix que de se regarder elle-même. Surtout, l’hiver est la saison de la gratitude. La seule capable de me faire à ce point monter les larmes aux yeux. C’est là qu’éclate, paradoxalement, toute la beauté de la création. La fleur survivante, fragile, nous émeut d’autant plus que rien ne semble la rendre possible en apparence. Et pourtant, elle est là, elle existe. C’est que sa propre volonté, et la force de la nature, soulèvent des montagnes. C’est là justement le miracle. On contemple les petits écureuils affairés à leur tâche habituelle – le reste des animaux étant pour beaucoup en hibernation -, on écoute le petit chant des oiseaux comme si ce fut du cristal qui risquait de se briser. On est pris d’une empathie vertigineuse pour tout ce qui a le courage de vivre et même, de le faire en y mettant de la beauté et de la joie. Tout semble vulnérable et pourtant, tout existe, continue d’exister. 

En été, les fruits sont si nombreux, mais on oublie plus facilement de les remarquer : ils nous semblent être un droit de naissance – et c’est à cela que sert l’été, à l’orgueil, au rayonnement, à ce qui est suprême et régnant. 

Mais en hiver, une poignée de marrons chauds et le confort de notre petit appartement nous contentent, tant ils nous paraissent extraordinaires par rapport au froid du dehors. 

Beaucoup de mélopées m’ont fait pleurer dans ma vie – j’ai la larme facile, surtout en musique – mais aucune autant qu’un Stariy Klion (la chanson du film soviétique « Devchata »), surtout cet émouvant passage à l’accordéon. Je vois alors passer tous mes ancêtres, tous mes défunts, réels ou symboliques, et je me sens alors riche de tout ce que j’ai, mais aussi de tout ce que j’ai perdu. Car la beauté de ce qui n’est plus me saute au cœur d’une force toute neuve. La beauté des fantômes, de la graine qui n’a pas encore donné de fruit, de tout ce qui est intangible, modeste, discret et invisible mais qui prépare pourtant un travail souterrain d’une intensité faramineuse, et se bat pour survivre et prolonger notre beau monde. C’est parce que nous savons que mille petits lutins sous terre sont appliqués à la tâche de faire renaître les fleurs que nous mettons des lutins partout, pour leur rendre hommage, et mille lumières sur nos sapins. C’est parce que nous nous savons être les récipiendaires, autant que les contributeurs, des grandes joies de ce monde, que nous éprouvons souvent une espèce de gratitude silencieuse, à ce stade de l’année, même seuls, même tristes : quelque chose travaille pour nous ; quelque chose dont nous faisons partie et qui nous englobe tout un chacun, n’a pas dit son dernier mot. 

Stariy Klion, issu du film soviétique « Devchata » (« Les filles »), 1961 –
Старый клён – Девчата
Bon, ils ont supprimé la vidéo que j’aimais bien, avec les enchaînements d’extraits du film que j’aimais bien, et je n’ai trouvé que celle-ci en remplacement, mais c’est déjà bien ! C’est la chanson qui compte, n’est-ce pas ? 😉
Extrait du film Devchata (celui-là même qui apparaissait sur la vidéo désormais supprimée, avec la chanson Stariy Klion, et plein d’extraits du film !)
Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Sentiments intenses et Alouly Ansa de Mayada El Hennawy (photos)

Photo : la nuit du 6 au 7 septembre 2025.

Avec pour musique, Alouly Ansa de Mayada El Hennawy (les vrais auront reconnu la mélodie samplée dans chanson « More than a woman » d’Aaliyah).

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

L’envoûtement / The bewitchment (poème + lecture)

Écrit et publié le 17 août 2024 sur Facebook.

Texte en français et traduction anglaise littérale.

Version originale française :

L’ENVOÛTEMENT

Je ne sais comment nommer ce que je ressens.
S’il est vrai que nos obsessions nous trahissent,
Les miennes, tout comme mes yeux,
Sont d’un bleu transparent.

Mes hanches faiblissent 
Et dansent pour toi,
Et tous les jours je me mens,
À me dire que je n’ai pas envie de toi,
Si peu ou pas vraiment.

Pourtant, 
La terre est devenue ocre tout autour de moi,
Dans ma banlieue de forêts, de sols verdoyants,
Et mon existence un long gémissement, 
Délicieux, lancinant.

Khôl kajal brun diffus, un halo de fumée
Cerne mon œil candide, d’un azur innocent,
Eau glacée où se lit le départ immédiat
D’un brasier étonnant.

Lèvres à mourir, à laper goulûment :
Deux pétales ouverts, offerts au tout venant,
Comme l’orchidée pâle où la rosée descend,
Où la brume s’accroche, où l’araignée se pend.

Terminaisons nerveuses,
Corps à feu et à sang,
Taille creusant son gouffre 
Jusqu’à l’orbe indécent,
Comme une amphore d’argile
Proche du déversement.

Et la vulve du ventre 
Fendue profondément,
Blessure fatale et cardinale,
Rompt la chair nubile et lisse
Comme un déchirement.

Une goutte de sueur
Y perle doucement
Et frit sur ma peau brûlante,
Étendue blanche et moite d’animal marin 
Onctueuse et obsédante.

La poitrine en foyer de tous bombardements,
Centre des tourments et sommet des douleurs,
S’ouvre sur cette grande plaie vive 
Que j’appelais mon cœur.

J’y nourris un voeu sanglant 
– Quoique salvateur – et brutal :
Ta bite au fond de moi
M’empale et me transperce
Comme une épée fatale.

Et je culmine dans ce songe,
Jusqu’à mon plus parfait néant,
Comme une brûlée vive
En son firmament.

Tes lèvres sont serrées 
Comme si tu avais
Un poignard entre les dents,

Et ton regard est si glacial
Que je me sens frissonner,
Depuis le bûcher 
Où je me voue et t’attends.

Regarde-moi ou je meurs, 
Disparais et m’éteins,
Comme une braise ardente mouillée par la pluie.
Regarde-moi bien, ou je meurs et flétris.

Je baiserai ta bouche, en rêve peut-être,
C’est ma tête qu’on trouvera sur un plateau,
Apportée en présent
Au plus beau des bourreaux.

Ondulations dorées, comme un soleil brûlant ;
Dans un frétillement d’invasion de criquets,
Mes hanches bruissent dans un roulis
De plus en plus violent.

Les tables de bois tournent, le décor est branlant,
Les flacons renversés, les lustres à mes pieds ;
Déluge de parfums et de poisons mêlés :
Le naufrage et l’orage sont à notre portée.

Tes yeux déshabillent jusqu’à l’âme
Mon corps nu comme un emblème,
Et mes lèvres éperdues
Ne savent que ces mots : 
Je t’aime.

Mon regard supplie et implore,
Le tien oscille entre deux sentiments :
Tantôt satisfait et avide,
Tantôt indifférent.

Tu bois une gorgée d’alcool fort,
Spectateur de mon désarroi,
Et moi j’ai envie de ton corps :
Je t’en supplie, achève moi.

Comme une vierge immolée devenue volcan
Qui ne vit et ne brûle que par le serment,
Ou une femelle alanguie
Au bord de l’enfantement,

Je me prends à la gorge
Dans un étranglement,
Et les larmes me montent
Dans un psaume brisé,
Un appel laissé pour mort,
Un horizon troué.

Plus vite, plus fort,
J’ai perdu le temps,
J’ai perdu le rythme,
Tout mon être est devenu
Un grand cri déchirant.

Qui danse à travers moi ?
De quoi est-ce le règne ?
Est-ce encore ma voix ?
Et pourquoi je saigne ?

Un filet d’eau entre mes cuisses,
Prémices de l’océan :
Quand la marée chatouille les pieds
Dans un afflux croissant.

Mon amour, ma douleur, adorable tourment,
Mais qu’est-ce qui me prend ?
Je hurle à la mort, à la vie, 
Au ciel et au sang.

Je t’ai dans la peau,
Et dehors et dedans,
Et ce chant déréglé, 
Hystérique, haletant,
N’est, que le début, paraît-il,

De l’envoûtement.




*

THE BEWITCHMENT

I don’t know how to name what I’m feeling.
If it’s true that our obsessions betray us,
Mine, just like my eyes,
Are of a transparent blue.

My hips weaken 
And dance for you,
And every day I lie to myself,
Telling myself that I don’t want you,
So little or not really.

Yet, 
The earth has turned ochre all around me,
In my suburb of forests and green soils,
And my existence, a long moan,
Delicious, lingering.

Diffuse brown kajal kohl, a halo of smoke
Frames my candid eye, of an innocent azure,
Icy water where one can read the immediate departure 
Of an astonishing blaze.

Lips to die for, to lap up gluttonously :
Two open petals, offered to all comers,
Like the pale orchid where the dew descends,
Where the mist clings, where the spider hangs.

Nerve endings,
Body on fire and blood,
Waist digging its abyss
Up to the indecent orb,
Like a clay amphora
Close to spilling.

And the belly’s vulva
Deeply split,
Fatal and cardinal wound,
Breaks the nubile and smooth flesh
Like a tearing.

A drop of sweat
Gently beads on it
And fries on my burning skin,
White, moist expanse of a sea animal
Creamy and haunting.

The chest, home of all bombardments,
Center of torments and summit of aches,
Opens onto this great, raw wound
That I used to call my heart.

There, I harbour a bloody wish 
– Though saving – and brutal :
Your dick deep inside me
Impales and spears me
Like a fatal sword.

And I peak in this dream,
Until my most perfect nothingness,
Like a burned alive woman
In her firmament.

Your lips are tight 
As if you had
A dagger between your teeth,

And your gaze is so icy
That I feel myself shiver,
From the pyre,
Where I devote myself and await you.

Look at me or I die, 
Disappear and fade,
Like a burning ember wet with rain.
Look at me well, or I die and wither.

I will kiss your mouth, in a dream perhaps,
It is my head that will be found on a platter,
Brought as a gift
To the most beautiful of the executioners.

Golden curls, like a burning sun ;
In a wriggling of locusts’ invasion,
My hips rustle in a rolling,
More and more violent.

The wooden tables spin, the decor is shaky,
The bottles overturned, chandeliers at my feet ;
A deluge of mingled perfumes and poisons :
Shipwreck and storm are within our reach.

Your eyes undress to the soul
My body naked like an emblem,
And my distraught lips
Know only these words : 
I love you.

My gaze pleads and implores,
Yours oscillates between two feelings :
Sometimes satisfied and avid,
Sometimes indifferent.

You drink a sip of strong alcohol,
Spectator of my disarray,
While I want your body :
I beg you, finish me off.

Like an immolated virgin turned volcano
Who lives and burns only by the oath,
Or a languorous female
On the verge of childbirth,

I grab myself by the throat
In a stranglehold,
And tears well up in my eyes
In a broken psalm,
A call left for dead,
A horizon pierced with holes.

Faster, harder,
I’ve lost time,
I’ve lost rhythm,
My whole being has become 
A great heart-rending cry.

Who is dancing through me ?
What is it the reign of ?
Is it still my voice ?
And why am I bleeding ?

A trickle of water between my thighs,
Premonitions of the ocean :
When the tide tickles the feet
In a growing flood.

My love, my pain, adorable torment,
What’s got into me ?
I scream at death, at life, 
At the sky and at blood.

I have you under my skin,
And outside and inside,
And this deranged chant, 
Hysterical, gasping,
Is only the beginning, it seems,
Of the bewitchment.




https://youtu.be/POyMXLt7gtc?feature=shared



Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Un Instagram dédié à la lecture de poèmes, sous-titrés en anglais

Juillet 2024



Je vous invite à me rejoindre sur mon compte Instagram, the.universal.poetry

Un projet dont j’avais déjà parlé ici il y a quelques années.
J’y lirai des poèmes, les miens et ceux des autres (et des poètes de toutes langues !).
La particularité étant qu’ils seront présentés avec des sous-titres en anglais (traduction littérale, pour préserver le sens exact).

https://www.instagram.com/the.universal.poetry/

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Pluton en Verseau (2023-2044)

La quasi totalité de l’article a été rédigée en juillet 2024 (d’où l’évocation de Joe Biden, à l’époque pas encore retiré de la course, et du duel Kamala Harris/Donald Trump, qui a finalement vu ce dernier l’emporter). De nombreux passages rédigés en novembre 2023, qui devaient initialement faire l’objet d’un autre article, ont été ajoutés : sur la mise à l’épreuve des qualités incarnées par le Lion durant Pluton en Verseau, et sur le cas d’Israël. Ce sont essentiellement des tweets, compilés.
Il ne restait pourtant pas grand chose à ajouter ou corriger, mais on manque toujours de temps quand on court mille lièvres à la fois dans le domaine de l’écriture (et pas que). J’ai fini par me décider ces derniers jours en me disant : « bon, autant y passer une heure ou deux et le terminer pour de bon, avant que ça ne devienne obsolète » ! Je dois également publier un article sur Uranus qui, lui, traîne dans mes dossiers depuis beaucoup, beaucoup plus longtemps…

Cet article nécessite sans doute, pour mieux le comprendre, quelques notions astrologiques.

Pluton est rentré en Verseau en mars 2023, avant de rétrograder en Capricorne en juin de la même année, puis de retourner en Verseau en janvier 2024. Il rétrogradera une dernière fois en Capricorne en septembre de cette même année, jusqu’en novembre 2024 où il rentrera en Verseau de manière définitive, c’est-à-dire pour une durée de 20 ans, jusqu’en 2043-2044 (là encore, il rétrogradera plusieurs fois avant de rejoindre définitivement le signe des Poissons). 

Pluton, sa signification et le cycle des civilisations

En astrologie, Pluton, la planète la plus lente du zodiaque, et donc de nature dite « collective », analogique au signe du Scorpion, est associée à la destruction, la mort, la purge, la régénération, au pouvoir, à la sexualité, à la psychologie des foules, à la transformation. Son action est profonde. Son orbite étant irrégulière, elle passe environ de 12 à 30 ans par signe et met à peu près 248 ans à faire le tour du zodiaque. 

Il est intéressant, à cet égard, de la rapprocher du cycle des civilisations tels qu’établi par Sir John Glubb, comme l’a fait un internaute dont j’ai vu passer le commentaire sur un site dédié à l’astrologie (c’est donc de lui que je tiens cette information ; je lui en rends le crédit). En effet, d’après Sir John Glubb, militaire et général britannique qui a écrit le livre « The fate of empires » (« Le destin des empires »), chaque empire a une durée de vie maximale, qui avoisine généralement les 250 ans ; parfois un peu plus, parfois un peu moins. Beaucoup d’empires ne survivent pas aussi longtemps, mais c’est en tout cas l’espérance de vie qu’ils peuvent espérer avoir s’ils tiennent le choc. Un « empire » pouvant être bien sûr une République, une société, une dynastie, un pays… c’est un terme vaste qui évoque surtout l’idée d’une continuité politique ou idéologique majeure, d’un invariant solide. Cette durée de vie se subdivise en six cycles. Sir John Glubb le dit lui-même : aucun n’est forcément meilleur qu’un autre, chacun a ses points positifs et est nécessaire à la croissance du monde. Ces cycles peuvent parfois se chevaucher légèrement, mais ils se produisent l’un après l’autre. I) L’âge de l’émergence, où des pionniers font émerger une nouvelle ère (il s’agit parfois d’individus qui émergent des cendres d’une société et donnent le coup d’envoi d’un nouvel ordre, parfois d’individus extérieurs qui l’envahissent et y prennent le dessus pour en faire quelque chose de nouveau) ; le courage est valorisé, de même que les rôles sexuels dits traditionnels (les hommes à la guerre, les femmes au foyer, en gros) ; une certaine homogénéité – ethnique, culturelle, religieuse – constitue un ciment, renforçant aussi le sentiment de supériorité des membres de l’empire, celui d’être des élus investis d’une mission sur les autres ; II) L’âge des conquêtes, qui permet à l’empire d’étendre son territoire, parfois en s’appuyant sur les connaissances et les acquis (notamment militaires) de l’ère précédente, ou du groupe vaincu ; III) L’âge du commerce, où l’empire, fort de son vaste territoire, et acquérant une certaine assise, une stabilité naissante, promeut les échanges entre les régions, et avec d’autres contrées ; IV) L’âge de l’affluence, où l’empire, devenu florissant, investit dans son rayonnement, dans le savoir, dans l’art, dans l’éducation : c’est généralement la période où sont construits de manière abondante les universités, les monuments, les bâtiments prestigieux, où est produit l’art le plus grandiose, le plus excellent et où émergent les meilleurs romanciers, peintres… ; le mécénat joue un grand rôle ; les gens aspirent à l’enrichissement ; V) et VI) L’âge de l’intellect et l’âge de la décadence, qui sont intriqués. L’âge de l’intellect émerge quand les richesses amassées durant les cycles précédents, donnant un sentiment de sécurité et de prospérité générale à la population, permettent aux gens d’accéder plus largement à l’éducation et de se concentrer sur une quête intellectuelle, de réfléchir à leur condition, la construction massive d’universités durant l’âge de l’affluence contribuant à cette expansion intellectuelle ; l’on fait acte de complexité, de déconstruction et de remise en question des bases et des valeurs sur lesquelles l’empire a été construit : c’est généralement durant ce cycle que jaillissent les meilleurs philosophes et penseurs et que de grandes avancées en sciences naturelles ont lieu ; on valorise l’obtention d’honneurs académiques (carrières intellectuelles, diplômes…), et le cosmopolitisme. Suite à cela, cependant, l’intellect se mue cependant en intellectualisme. Les débats et les discussions sont incessants, et ils ne débouchent pas toujours sur un consensus, ce qui renforce un sentiment de cacophonie générale et annihile surtout la disposition à l’action, à la concrétisation, au sacrifice, au sens du devoir, l’illusion que l’on peut tout régler par l’intellectualisation prenant le dessus ; ces débats créent des guerres intestines qui ruinent la cohésion de l’empire et le rendent fragile, moins à même d’agir comme un seul homme, et prompt à être attaqué de l’extérieur ; le fort afflux d’étrangers qui a eu lieu durant les cycles précédents, plus abondants, peut être source de dissensions, de rancoeurs (ex : quand les étrangers viennent de régions absorbées ou colonisées par l’empire actuel, et que l’empire est mis à l’épreuve par des difficultés économiques, etc) ; le pessimisme et le cynisme l’emportent et en conséquence, les gens se jettent dans les frivolités ; l’État tente de stopper l’hémorragie à coup d’aides, de droits, de distractions (« panum et circenses ») ; on valorise plus que jamais les célébrités – athlètes, chanteurs, acteurs – qui ont un pouvoir totalitaire sur la jeunesse ; forte libéralisation des moeurs et omniprésence de la sexualité ; les femmes acquièrent de plus en plus de place dans les sphères de pouvoir, les rôles sont plus androgynes (ce qui peut cependant rendre l’empire vulnérable aux agressions extérieures) ; la religion ou la foi qui tenait l’empire a décliné, le nihilisme l’emporte, mais beaucoup de figures sacrificielles émergent à cette époque pour montrer « une autre voie ». Petit à petit, l’empire tombe donc en décadénce. Il sera attaqué par un autre empire qui prendra sa suite ou l’absorbera, ou renaîtra sous une autre forme, etc. 

Le lien entre le cycle de Pluton (248 ans environ) et celui des empires (environ 250 ans) paraît ici très évident. L’exemple de la France, sur lequel nous nous pencherons plus tard dans cet article, en est une bonne illustration. 

Pluton en Verseau, précisément

Mais d’abord, penchons-nous sur la signification du transit que nous allons vivre : Pluton en Verseau.

Il faut noter que généralement, Pluton déstabilise tout ce qu’il touche dans un domaine donné mais pour le mieux, valorisant toutes les caractéristiques du signe dans lequel il rentre. 

Lorsque Pluton entre dans un signe, il opère pendant la période du transit de grands bouleversements, parfois violents, dans tous les domaines régis par ce même signe. 

Dans le signe du Verseau, ces bouleversements s’appliqueront aux libertés, à l’individu, au collectif et aux grands idéaux fédérateurs, à la rebellion, aux innovations et au progrès (sociaux, technologiques, scientifiques…). Avec à la clé l’émancipation, parfois dans la douleur, du peuple au sens collectif, et des individualités, la promotion de figures considérées comme minoritaires, marginales, originales, un plus grand humanisme, une plus grande égalité, et de nombreuses innovations dans tous les domaines. Et la Révolution, au sens le plus pur. 

Pluton en Verseau, c’est la promotion des valeurs et concepts de type Verseau (technologie, science, innovation, progrès, individualisme et originalité mais esprit de communauté (sur un mode libertaire cependant), liberté, humanitaire, électricité, aliens et tout ce qui touche à l’étude de l’univers, etc), qui seront à l’avant-poste pour transformer notre société. 

Il est fréquent de dire que Pluton en Verseau donne, historiquement, « le pouvoir au peuple » (Pluton = le pouvoir. Verseau = le peuple, au sens souvent assez révolutionnaire, libertaire et fraternel du terme, mais aussi rebelle).

Le Verseau archétypal est un philanthrope, un esprit idéaliste, innovant, libre, détaché, fraternel. Il déteste les hiérarchies, les inégalités, l’injustice. C’est Prométhée, Ganymède ou une belle bande d’amis un peu rebelles, marginaux et dans l’entraide ; c’est le scientifique progressiste et humaniste, le musicien neuf qui casse les codes. C’est aussi le savant fou, l’anarchiste, le rebelle sans cause, le gourou, le messie autoproclamé. C’est le progrès et l’éléctricité.

Si ce transit de Pluton en Verseau fait autant parler dans la communauté astrologique, et bien au-delà, et ce dans le monde entier, c’est que ses effets sont radicaux et nous concernent tous. Il faut imaginer que la planète Pluton régit le signe du Scorpion. Ce dernier est en carré (aspect de tension, de violence) au signe du Verseau, ce qui constitue un premier facteur de mésentente. Cette mésentente est accrue par le fait que nous avons là deux signes fixes (= de milieu de saison), c’est-à-dire endurants, portés à l’intensification des qualités de leur saison, et peu enclins à en démordre. Autre paramètre explosif : il s’agit des deux signes les plus radicaux du zodiaque. Le Scorpion est lié à la transformation, souvent douloureuse, à la mort, à l’obsession, à la lutte âpre pour la survie, au rapport de force, à la quête de pouvoir, au contrôle (et à sa perte). Le Verseau est lié à l’émancipation, à l’individualisme, au progrès, à la rebéllion. Ce sont deux signes qui ne sont pas enclins à lâcher du terrain, ou à se laisser dicter leur conduite. 

Comme beaucoup le savent déjà : la dernière fois que Pluton était en Verseau, signe d’égalité, de liberté, de fraternité (ça ne s’invente pas), d’idéal collectif, d’innovation, de progrès (social, technologique, scientifique, etc), globalement entre 1778 et 1798, nous avons eu la Révolution française, la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, l’abolition des privilèges, de l’esclavage dans de nombreux pays, la lutte pour l’indépendance de nombreux états (Haïti…), l’adoption de la Constitution américaine, l’invention de la pile voltaïque et pléthore d’avancées liées à l’électricité, la Révolution industrielle (qui ne débute pas pendant Pluton en Verseau mais qui en couvre cependant toute la période), l’extension des libertés individuelles (avec en France, par exemple, la suppression du délit de blasphème et une plus grande liberté d’expression), etc. 

Certains pays ont été frappés de plein fouet par ce transit et ont joué un rôle de premier ordre dans le destin mondial, faisant sans doute écho à leur nature astrologique (forte composante Verseau, etc) : nous voyons cependant que chacun a joué sa partition. Qu’il s’agisse de pays marqués par le signe du Verseau (ou Uranus, ou la maison 11, qui lui sont analogiques) ou non, aucun n’en est ressorti et n’en ressortira sans être profondément transformé. 

Je vais cependant prendre un exemple que je connais bien, forcément : celui de la France.

L’exemple de la France : cycle de Pluton et cycle des civilisations

Si l’on se réfère aux analyses de Sir John Glubb, on peut croire que c’est en 1789 (Révolution française) ou en 1792 (proclamation de la 1ère République française) que la société française actuelle est apparue : c’est l’âge où la pensée des Lumières et les découvertes scientifiques ont fait florès et concrètement enfanté un nouveau type d’organisation du monde, fondé sur la raison, l’égalité, la liberté, une plus grande coopération, rompant radicalement avec le passé, la Révolution française ayant donné le coup d’envoi de ce changement dans notre pays, qui s’est concrétisé par notre Constitution actuelle. C’est cette période qui correspond à « l’âge de l’émergence ». À ce dernier a succédé l’âge de l’expansion, bien représenté par les conquêtes napoléoniennes et coloniales. Puis l’âge du commerce, avec les échanges, et en prime les premières locomotives et les trains à vapeur qui ont évidemment favorisé l’ouverture du champ des possibles. Puis l »âge de l’affluence, avec le rayonnement artistique : les plus grands écrivains français, comme Victor Hugo, Charles Baudelaire, Honoré de Balzac, sont essentiellement de cette période, de même que les plus grands peintres (Monet, Cézanne, Matisse, Renoir, Manet, Delacroix…). C’est l’époque de l’école obligatoire, pour tous, avec l’interdiction du travail des enfants. Enfin, l’âge de l’intellect surgit à la première moitié du XXème siècle avec ses grands drames (les deux Guerres mondiales), la remise en question de la condition humaine qui en découle, et pléthore de penseurs de type existentialiste ou absurde, comme Sartre, de Beauvoir, Camus, l’athéisation grandissante de la société et la disparition du sens. Les plus grandes idoles françaises sont à partir de cette époque des stars de cinéma connues à travers le monde, des chanteurs : Delon, Bardot, Deneuve, Cardinale, Gainsbourg, etc. Le goût des plaisirs et de l’hédonisme lié à cet âge est bien symbolisé par les années 60-70, qui furent aussi une période de libéralisation des moeurs et de la sexualité, avec l’acquisition de nombreux droits pour les femmes (IVG, divorce…), et l’éclatement de la cellule familiale traditionnelle. Puis, le choc pétrolier, la fin des 30 glorieuses, la crise économique de 2008 et celle du Covid en 2020, ont sonné le glas de cette insouciance. C’est ainsi que nous en sommes arrivés à l’âge de la décadence, qui radicalise les caractéristiques du cycle précédent et augmente l’importance de l’État-providence, avec l’alourdissement de la dette et des dépenses publiques, des « aides tampons » qui servent à calmer le peuple mais ne résolvent toutefois pas toujours le problème, le divertissement et le grandiose servant de cache-sexe aux immenses problèmes économiques (JO 2024 à Paris, dépenses faramineuses pour des dîners politiques, sans l’usuel « retour sur investissement » pour le peuple), une mise en avant permanente du gossip et des « stars », une libéralisation bienvenue et une sexualisation toujours plus croissante de la société et des expressions, l’essor des identités jugées non conformes (non binaires, trans, etc), des débats continuels (avec notamment les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu) qui semblent toutefois ne jamais déboucher sur rien de concret, la polarisation de la société et le sentiment de stagnation, de pessimisme, d’action tuée dans l’oeuf, de manifestations sans grande portée. Comme à chaque cycle, nous l’avons dit plus tôt : il y a du bon et du moins bon. Ici, nous ne cherchons pas à juger de la valeur des choses mais simplement à en faire le constat. 

Si l’on considère qu’une nouvelle ère a commencé pour la France en 1789 ou en 1792, et que le cycle des empires semble se calquer sur celui de la planète Pluton, la fin de l’ère actuelle pour la France se produira autour du retour de Pluton à sa position initiale, c’est-à-dire lorsqu’elle rentrera définitivement en Verseau (donc tout bientôt, en novembre 2024), et plus précisément lorsqu’elle parviendra à 18° : soit vers 2034, si l’on prend pour base le thème astral de la prise de la Bastille, qui constituerait symboliquement l’émergence d’un nouveau cycle ; ou vers 2037, si l’on préfère se référer à la proclamation de la Première république française. Je préfère pour ma part la première option. Certains argueront que le thème à prendre en compte est celui de la Ve République : je n’en crois rien. Si l’on se réfère aux descriptions de Sir John Glubb, il ne me semble pas que le pays ait changé d’ère à ce moment. D’après les critères qu’il édicte, la France est bien en période de « décadence » et si 1958 a constitué une rupture, elle n’a pas pour autant signé le passage à une ère totalement nouvelle, un renouveau ou un « âge de l’émergence ». Cette rupture était dans la continuité des cycles précédents.

La France s’apprête donc à connaître son retour plutonien, et une période de grands bouleversements. Ce sera, potentiellement, la fin d’une ère, et peut-être le début d’une autre. 

Le Pluton natal de la France se situant en maison 4, qui concerne le foyer, les origines, la famille, la notion d’accueil, c’est dans ce domaine que la France devra se transformer, et douloureusement. 

On peut imaginer une remise en cause ou une relecture de son passé, notamment colonial, avec une reconnaissance officielle de certains évènements, et des compensations en conséquence. On sait par exemple qu’Haïti doit payer à la France, depuis la déclaration de son indépendance, une dette compensatoire faramineuse, qui étrangle ce petit pays ; de même, d’autres anciennes colonies sont assignées à des politiques similaires dont elles estiment qu’elles les maintiennent dans la pauvreté. Ces prérogatives pourraient disparaître. Depuis quelques temps, des révoltes éclatent en Outre-mer, de même que des revendications indépendantistes, face à un sentiment d’oubli par rapport à la Métropole : cette colère est vouée à s’intensifier. Il faudra y trouver une solution équitable. Il est tout à fait possible que des territoires français quittent le navire et la « famille ». Pluton en maison 4, qui est en effet la maison de la famille, évoque l’idée d’un deuil familial : dans le thème d’un individu, il est fréquent qu’un tel transit amène la mort (réelle ou symbolique) d’un ou plusieurs parents, d’un ancêtre, d’un enfant même parfois, mais aussi des ruptures familiales, de grands tourments ou bouleversements au foyer (déménagements, cataclysmes touchant les origines ou la maison, remises en cause de la généalogie, examen et liquidation des blessures et traumas d’enfance, etc), dans l’intimité, dans la vie intérieure. En tout cas, ici, un deuil est à prévoir : il sera soit celui de la transformation, du lâcher prise, de la perte (accepter de rendre ce qui lui appartient à qui de droit, ou de défaire son emprise de mère totalitaire sur ses « petits »…), soit celui de la séparation pure et simple si l’examen de conscience – Pluton étant une planète de psychologie profonde – n’est pas fait. Pluton signant les rapports de force, les choses se passent hélas rarement dans l’accalmie. Ce retour plutonien en maison 4 pourrait aussi signifier un changement dans les politiques d’accueil, notamment migratoires : sans doute moins de laxisme là où il y en a, plus d’humanisme là où il en manque ; moins de complaisance envers ce qui « menace » le foyer, et aussi la prise de conscience que certaines choses ne le menacent pas autant que ce que l’on pensait. Également, une explosion des conflits identitaires, relatifs aux immigrés : qu’il s’agisse d’un manque d’intégration de certains individus issus de l’immigration, d’une incompatibilité de valeurs, ou à l’inverse du ressentiment venant du fait de ne pas être accepté, de ne pas « faire partie de la famille » en dépit de ses efforts et de son mérite, et nous parlons là notamment des plus vulnérables et des plus jeunes, de l’enfance. La maison 4 convoque aussi la notion de foyer et donc d’autochtones : cela pourrait donc aussi signer une révolte des « gens d’ici », des « français de souche » qui ont le sentiment d’être oubliés, notamment ceux qui vivent dans les campagnes, en périphérie de tous les privilèges urbains (certains n’aiment pas l’emploi du terme de « français de souche », considérant que nous sommes tous, dans une certaine mesure, des immigrés, ce qui est vrai ; mais il s’agit simplement pour moi de décrire ce que je considère comme la concomitance de longue date entre le roman familial et le roman national, et le fort sentiment d’identification qui en résulte ; c’est à ce titre que j’emploie ce terme). 

Il y a en tout cas, avec Pluton en maison 4, l’idée du « loup dans la maison » : une attaque dans l’intimité profonde d’une nation, dans son identité séculaire ; ou la crainte d’une attaque ; ou à l’inverse la conscience que certaines métamorphoses ne constituent pas des attaques. Toutes ces hypothèses pouvant parfaitement se chevaucher et cohabiter.

La maison 4 convoque une notion qui est celle de l’appartenance, notamment au groupe fermé : la patrie, la famille, le microcosme petit mais accueillant. L’identité nationale, et la manière dont on se situe par rapport au monde extérieur, la façon dont on accueille les autres, dont on « forme une famille » et « protège ses petits » seront au coeur de ce transit. 

Surtout, la maison 4 est celle de la transmission et des anciens, de la lignée. La dernière fois que Pluton s’est trouvé en Verseau, et en maison 4, lorsque la France a entamé une nouvelle ère après la Prise de la Bastille, le bouleversement majeur – celui qui a construit notre société actuelle – fut le renversement de la noblesse, la remise en cause des privilèges de naissance et de l’hérédité (ce qui est typique de la maison 4 : l’inné, le familial), au profit du peuple au sens large (Verseau). C’est en général le facteur premier qui vient à l’esprit des gens quand on évoque cette période de l’Histoire. Cette dernière ne se reproduit jamais deux fois de la même manière, mais elle comporte son lot d’invariants. Si l’on s’en tient aux thématiques englobées par la maison 4, il est donc très facile, en analysant le contexte actuel, de deviner quel sujet causera cette fois prioritairement l’ire populaire ou des transformations profondes : outre l’immigration et l’identité, évoqués plus tôt, il s’agira évidemment des retraites ; et de l’éducation. 

C’est en effet le noeud du problème en France, à l’heure actuelle : la population vieillit partout dans le monde, nous le savons, à la fois parce que nous faisons moins d’enfants, et parce que les gens vivent plus longtemps. Avec cette situation vient un cortège de défis et de questionnements d’autant plus difficiles qu’il ne semble probablement pas souhaitable d’augmenter notre natalité (pour des raisons écologiques, et parce que les gens ne le veulent plus). 

Cette problématique du vieillissement n’est pas propre à la France, qui n’est pas la seule à devoir faire face au défi du « grand âge » ; elle est mondiale. En revanche, là où la France doit faire face à une problématique bien plus « personnalisée » et nationale, c’est au sujet des retraites : car le système français des retraites repose, depuis son instauration après la Seconde guerre mondiale, sur une répartition collective, à l’opposé d’autres pays comme les USA, ou d’autres pays encore qui n’ont pas de retraite à proprement parler, et où les anciens sont directement pris en charge par la famille et la communauté. Le pacte est le suivant : ce sont les actifs actuels qui financent les pensions des retraités actuels (on ne cotise pas pour sa propre retraite, comme on l’entend souvent). Les retraites reposent donc sur deux éléments majeurs : une forte natalité et une espérance de vie basse post-retraite. Lorsque la retraite a été instaurée en France, nous avions 4 actifs pour 1 retraité. Aujourd’hui, à peine 1,67 actifs pour 1 retraité. Donc, pour caricaturer, il y a quelques décennies, si Roger était à la retraite, il touchait les « dividendes » qui lui étaient versés par 4 travailleurs actifs : si chacun de ces actifs était prélevé de 300 euros par mois sur son salaire, Roger touchait à la fin du mois une retraite de 1200 euros. Pour que Roger puisse toucher la même retraite en 2024, les « 1,67 » travailleurs restants doivent être prélevés à hauteur de plus de 700-800 euros chaque mois, individuellement. Ce qui est évidemment intenable pour le moment. Ajoutons à cela que Roger avait en 1946 une espérance de vie de… 60 ans. Sa femme, Jeannette, de 65 ans. Aujourd’hui, Roger a une espérance de vie de 79 ans, et Jeannette, de 85 ans. 20 ans de plus ! 

Pour revenir à l’équilibre, il y a deux choix possibles : serrer la ceinture du côté des retraités (baisser les pensions, notamment les plus élevées, repousser l’âge de la retraite, notamment pour les métiers les moins exigeants physiquement, etc, afin de baisser les cotisations versées par les actifs), ou la serrer du côté des actifs (prélever ces derniers, de plus en plus, pour maintenir les pensions à leur niveau actuel et ne pas repousser l’âge de la retraite). C’est la première option qui a été choisie : les gens tiennent aux retraites, en méconnaissent d’ailleurs souvent le fonctionnement et le financement, et les retraités ont par ailleurs le poids électoral le plus élevé. 

Pour augmenter artificiellement le nombre d’actifs, afin de financer les retraites, l’État a recours a l’immigration de masse : ce qui explique pourquoi cette dernière n’est pas freinée, malgré la désapprobation croissante d’une partie des électeurs, et les promesses électorales de certains partis au pouvoir. Cette solution n’a évidemment qu’un temps : à l’heure actuelle, elle submerge et déstabilise de beaucoup la société, créé des problèmes d’intégration ; surtout, le robinet se tarira naturellement quand la France sera jugée de moins en moins attractive par ceux qui aspirent à partir de chez eux.

Comme le démontrent par ailleurs des chiffres éloquents : les retraites siphonnent une grande partie de l’argent public, et de plus en plus. C’est la raison pour laquelle les gens ont le sentiment de payer de plus en plus pour des services publics (écoles, hôpitaux, etc) de moins en moins performants, et ce alors que l’État fait la chasse aux chômeurs, et va jusqu’à baisser les rentes d’invalidité : l’argent alloué à ces services publics n’a pas forcément augmenté. C’est en fait la part du budget consacré aux retraites qui ne cesse d’exploser, et qu’on tente de juguler par des économies de bouts de chandelle un peu désespérées sur tous les autres postes de dépense, à défaut de pouvoir toucher aux retraites. Il semble donc évident que notre problématique majeure afférente au passage de Pluton en 4 sera liée aux retraites. Il va falloir réformer ce système. Certains (souvent à droite) plaident pour un passage à un système à l’américaine, d’autres (souvent à gauche) estiment que les retraites peuvent être payées autrement que par l’argent des cotisations… les voies sont multiples. Mais il est certain qu’une refonte profonde sera nécessaire, et qu’on imagine mal, au vu du contexte actuel, qu’elle se fera en douceur. 

L’enfance, l’éducation et l’école sont une autre problématique qui semble incontournable : celle-ci touche bien d’autres pays, mais la France fait partie de ceux qui accusent la plus grande dégradation du niveau scolaire et du respect de l’autorité ; de plus en plus d’élèves ne maîtrisent pas les fondamentaux. Et pour cause : leurs professeurs sont de plus en plus nombreux à ne pas les maîtriser non plus. Sans doute à cause de la précarisation du métier, de la montée des violences et des attaques physiques parfois mortelles contre les professeurs, beaucoup de jeunes, notamment les meilleurs élèves, boudent le métier ; les démissions pleuvent, et parfois même les suicides (note du 23 octobre 2024 : on vient d’apprendre le suicide d’une prof dans sa salle de classe). Pour boucher les trous, des enseignants sont donc recrutés de manière anarchique, sans compétences satisfaisantes ; nombre de candidats au poste de professeur ont été admis avec des notes bien en dessous de la moyenne, qui auraient du être éliminatoires en temps normal. Cette situation, dénoncée depuis des années, des décennies même, et qui ne fait que s’envenimer, explosera vraisemblablement durant le retour plutonien de la France, et constituera sans doute l’une des problématiques prioritairement activées par Pluton en Verseau… et ce d’autant plus qu’une partie du transit de Pluton en Verseau se jouera d’abord dans la maison 3 de la France, relative à l’éducation, aux communications, à l’entourage proche, aux petits déplacements, aux frères et soeurs, aux camarades de classe, etc. 

Pluton rentre en Verseau fin 2024, et le retour plutonien de la France, en Verseau et en maison 4, aura lieu en 2034 : entre temps, il y aura une dizaine d’années. Et Pluton sera dans la maison 3 de la France. Les remous qui précèdent le retour plutonien concerneront donc vraisemblablement des sujets liés à l’éducation, l’intelligence, aux communications, au voisinage. Avant l’entrée dans le lard de la maison 4, avec les thématiques abordées précédemment. Pluton en Verseau se jouera donc en France en partie dans la maison 3, puis en partie dans la maison 4 (et c’est seulement une fois dans la maison 4 que surviendra donc le retour plutonien français).

La maison 3 régissant généralement l’environnement, les petits déplacements, les actes à petite échelle, le voisinage, l’école, avec Pluton en Verseau dans cette maison, tous les actes isolés plutoniens (donc destructeurs) seront favorisés. Vous l’aurez compris : le « petit » terrorisme, celui de la rue, de l’école de banlieue au hasard, mobile et rapide. D’ailleurs, c’est quand Pluton est rentré dans la maison 3 de la France, au 5e degré du Capricorne, que nous avons a eu l’incendie de Charlie Hebdo, qui a sans doute constitué une entrée en matière, et aussi l’interdiction de porter la burqa, en 2011. Et ces dernières années ont été marquées par des actes de terrorisme, parfois de grande ampleur, parfois de petite échelle, commis par des « autodidactes », souvent capricieusement, à gauche à droite. Et par la régulation de la vie « de proximité » : prières de rue, port du burqa dans l’espace public, abaya à l’école, etc. 

Revenons-en à la maison 4. La dernière fois que Pluton est passé dans la maison 4 de la France, il y a eu la guerre d’indépendance d’Haïti (qui fut cédée finalement en 1804) et la guerre d’indépendance des USA (qui a indirectement concerné la France). Pluton n’était plus en Verseau mais était encore dans la maison 4 de la France (en Poissons) lorsque cette dernière a vendu la Louisiane de l’époque* (1803) aux USA et cédé à Haïti son indépendance (1804). 

(* Je dis « la Louisiane de l’époque » car cette dernière ne comprenait alors pas seulement la Louisiane telle qu’on la connaît actuellement, mais presque un quart du territoire américain actuel ! : des morceaux entiers de l’Arkansas, du Kansas, du Dakota nord et Sud, de l’Iowa, du Minnesota, du Colorado, du Montana, de l’Oklahoma, etc, et même un bout de l’actuel Canada (Alberta..). Cette cession a changé le destin du monde.)

Nous voyons donc que ce transit peut engager une sévère refonte du foyer national. 

Cependant, comme on l’a vu dans le livre de John Glubb, le chiffre de 250 ans en tant que durée de vie d’un empire est un à peu près. Certains empires ont duré un peu plus (267 ans pour l’Empire Mamelouk ; 207 ans pour l’Empire Romain, etc). Pour la France, il se pourrait que la fin survienne bien avant son retour plutonien au sens strict, en 2034 : au vu de la situation actuelle, il est difficile d’imaginer que le pays tiendra encore très longtemps dans le même système, sans connaître de transformation radicale, notamment avec la crise politique actuelle. La coïncidence exacte avec le retour de Pluton sur sa position natale n’est donc pas assurée. Mais tous les facteurs sont au vert pour un grand bouleversement, d’après les analyses de Sir John Glubb. 

Ce qui est certain, c’est que la France arrive à la fin de son ère actuelle. Et il est probable que le coup d’arrêt se produise durant Pluton en Verseau, qui produit toutes les conditions de la déstabilisation. C’est en tout cas ce qui ferait sens astrologiquement parlant. 

Pluton en Verseau aura un impact sur le monde entier, de par la radicalité de ce transit et des grands bouleversements qu’il occasionne : c’est pour cette raison qu’on en parle partout dans le monde, alors que tous les pays n’ont pas pour position natale Pluton en Verseau. Mais si l’on considère que c’est le cas de la France, dont le Pluton natal est effectivement en Verseau (ce n’est donc pas pour rien que même à l’étranger, le pays est considéré comme un foyer de révolutions** !), il est tout à fait possible que le pays joue un rôle de premier ordre dans les bouleversements qui se produiront durant ces 20 années, ou qu’il fasse partie des pays les plus fortement touchés par ce transit. Une autre révolution ou prise de conscience pourrait-elle commencer ici ? 

(**La cuspide Verseau en maison 4, cela correspond bien à cette image : foyer (maison 4) des Révolutions (Verseau). Surtout avec Pluton (pourvoyeur d’intensité, de métamorphoses) dans ce signe)


USA, Russie, Chine

Les USA ayant leur Pluton natal à la fin du Capricorne, et Pluton s’apprêtant à sortir définitivement de ce signe, le « retour plutonien » de ce pays est donc en train de se terminer (avec une tentative d’assassinat de Trump, ce qui illustre bien cette période astrologique), et prendra définitivement fin une fois que Pluton aura passé les premiers degrés du Verseau. Ce transit les touchera donc un peu moins directement que la France, qui s’apprête à commencer son retour plutonien. En effet, c’est bien la dernière fois que Pluton a été en Capricorne (et non en Verseau) que les USA ont obtenu leur indépendance. Cependant, comme dit plus tôt, qu’un pays ait Pluton en Verseau ou non, l’atmosphère astrale reste la même pour tous. Pluton en Verseau signe par essence de grands bouleversements d’ordre technologique, scientifique : cela, personne n’y échappera. Simplement, on peut imaginer que la période sera pour eux plus calme, et pour la France plus chaotique. Les USA semblent par ailleurs incontournables durant la période qui s’annonce, étant dotés d’une Lune en Verseau, d’autant plus importante dans le thème du pays qu’elle en régit le Soleil, Jupiter, Vénus et Mercure, situés, eux, en Cancer. Ils joueront sans doute encore une fois un grand rôle, probablement en étant le foyer des innovations technologiques typiquement Verseau qui seront au centre du jeu durant les prochaines années. 

Il semble toutefois important de préciser que le thème astral de tous les pays dont nous parlons (France, USA, et autres) pourrait être amené à changer, notamment dans le cas où certains de ces états en viendraient à entrer dans une « nouvelle ère » (par l’adoption d’une nouvelle constitution, ou même un acte symbolique signant l’émergence d’un nouveau modèle de société, de gouvernance, ou une transformation en profondeur des institutions). Auquel cas, il faudra se référer aux positions du nouveau thème astral. 

D’autres pays comme la Russie et la Chine pourraient naturellement jouer un grand rôle dans cette période. Cela dépend bien sûr du thème astral auquel on se réfère : si l’on considère que la Russie moderne est née suite à la Révolution de 1917, alors celle-ci possèderait Mercure, Lune, Vénus et Uranus en Verseau, ce qui la rendrait très à même de tirer les marrons du feu durant cette période. 

Pour la Chine, si l’on prend pour référence la Proclamation de la 1ère République chinoise, le 1er octobre 1949, on remarque que ce pays est extrêmement marqué par le Verseau, dans lequel il a notamment deux placements clés : la Lune, et l’Ascendant. C’est ce qui me semble le plus cohérent, puisqu’il s’agit là d’un changement de régime important. En revanche, si l’on considère qu’il faut se référer à d’autres dates (le mouvement du 4 mai 1919, ou la proclamation de la République par Sun Yat-sen le 1er janvier 1912), le constat astrologique diffère. Ne connaissant pas suffisamment l’histoire de ces deux pays – Russie et Chine -, je préfère ébaucher ces hypothèses sans aller plus loin. 

Plus globalement, Pluton en Verseau signe la prise d’indépendance, la mise en avant d’entités ou d’individus, de sociétés, jusque là marginalisées ou en minorité : il paraît donc évident que beaucoup de pays émergeront en et que l’ordre du monde en sera bouleversé.
Outre l’hypothèse naturelle de la Chine, de la Russie, et peut-être de l’Ukraine, je parierais également sur le Brésil, dont le Noeud Nord et l’Ascendant, tous deux en Verseau, seront activés par ce transit. Surtout si l’on ajoute à cela le fait que Pluton en Verseau sera en trigone avec son propre maître, Uranus, qui, en Gémeaux plus ou moins de 2025 à 2033, transitera la conjonction Jupiter/Lune en Gémeaux en maison 4 de ce pays, et lui apportera sans doute une grande abondance (même si avec un carré natal de Jupiter/Lune au Soleil en Vierge en maison 7, cela passera par une remise en cause de l’identité, notamment dans le cadre de ses partenariats, de ses associations et contrats, et par la nécessité de prendre davantage sa place dans ce domaine).

Pluton en Lion, Pluton en Verseau : mise à l’épreuve des valeurs, générations et pays léonins (boomers, culture du vedettariat, Israël, Ukraine…)

Lorsque Pluton, planète la plus lente du zodiaque, associée à la destruction, la mort, la purge, la régénération, au pouvoir, à la psychologie des foules, à la transformation, entre dans un signe, elle opère bien sûr de profonds changements dans les caractéristiques associées à ce signe. Mais elle met aussi à l’épreuve les caractéristiques associées au signe opposé. Ceux qui possèdent d’ailleurs des planètes natales dans le signe du Lion auront donc Pluton en opposition à ces dernières.

Avec l’entrée de Pluton en Verseau, ce sont naturellement les valeurs et les caractéristiques du Lion, notamment les plus négatives, qui subissent une grande liquidation. Ici, l’on sera frappé dans notre ego.

Il ne faut évidemment pas trop se fouler pour comprendre que les valeurs et les concepts qui ont été mis à l’épreuve durant le dernier transit de Pluton en Verseau étaient ceux que l’on associe généralement au Lion, son signe opposé : la royauté (avec têtes coupées et abolition des privilèges pour l’aristocratie, en France par exemple), le rayonnement de l’individu au détriment du collectif, le conformisme social, le narcissisme, la créativité et le leadership auto-centrés. Pluton en Verseau représente la promotion du peuple, au sens collectif du terme, de ce que les anglophones nomment les « commoners », mais aussi de tous les marginaux, de tous les originaux, des canards à trois pattes, des humanistes, des Cassandre, des lanceurs d’alerte, qui n’ont pas su trouver leur place dans la société jusque là, des scientifiques, des innovateurs, de ceux qui portent un monde nouveau, sont tournés vers l’avenir et vers le bien commun. 

Si chaque transit de Pluton en Verseau est évidemment unique, cet état de fait constitue un invariant. Nous n’aurons pas les mêmes innovations qu’il y a plus de deux siècles (Révolution industrielle, balbutiements de l’électricité, etc), mais nous en aurons d’autres, sur mesure. Cette fois, l’intelligence artificielle, la haute technologie, la robotique, le nucléaire (avec peut-être découverte de la fusion ?), joueront vraisemblablement un très grand rôle ; on peut aussi attendre de très grandes avancées scientifiques et médicales, sans doute liées au principe de régénération, de mortalité, que régit Pluton (repousse ou reconstitution d’organes ou de membres amputés, arrêt ou renversement du vieillissement, recherche d’immortalité, etc). Des scientifiques ont par exemple réussi à faire repousser des dents chez les souris et ont bon espoir de pouvoir proposer dans seulement quelques années un remède similaire aux humains. Beaucoup rêvent déjà de technologies permettant de « remettre à zéro » (concept très plutonien en effet) le corps. D’autres de transformer le corps à l’envi, de manipuler l’ADN, le génome, le QI, y compris celui des enfants avant leur naissance, d’accéder à l’immortalité (fun fact : nous sommes déjà immortels). Il y a là à boire et à manger, du bon, et du moins bon, mais ce sera globalement l’orientation prise par la société, qui devra aussi passer par cette mise à l’épreuve : à nouveau niveau débloqué, nouvelles responsabilités qu’il conviendra de gérer au mieux. Et de même que les incroyables mouvements de libération du dernier transit de Pluton en Verseau ont d’abord été l’occasion de grandes purges collectives (notamment la Terreur qui a suivi la Révolution française), avant de se stabiliser, il paraît incontournable que des idéologies radicales liées au progrès seront de la partie, avant que les choses ne se calment de nouveau. Avec au programme, peut-être, un progressisme violent, revanchard, ou autoritaire, la vengeance des minorités longtemps bafouées, un scientisme poussé à l’extrême, le transhumanisme… C’est d’autant plus vrai que ce sont les progressistes, scientifiques et innovateurs de tous types qui auront carte blanche pour agir durant ce transit, avec potentiellement leur cortège d’apprentis sorciers, ou de gens honnêtes essayant simplement d’utiliser au mieux l’incroyable pouvoir qui leur est donné, et qui, parfois, se tromperont, c’est inévitable. La direction que prendra la société dépendra essentiellement de la sagesse des individus qui la constituent, des illusions ou des erreurs qui l’aveuglent. En d’autres termes : c’est de nous que les choses dépendent. Le collectif étant avant tout la somme des individus d’une société, c’est en nous-mêmes qu’il faudra trouver les ressources qui permettent de progresser, de s’émanciper, de se responsabiliser (n’oublions pas que si le Verseau a pour maître moderne Uranus, son maître traditionnel demeure Saturne, planète de structure, de responsabilité, de maturité, d’âge adulte). Encore plus avec Pluton dans le signe du Verseau, lié à l’indépendance. Dans une société à l’idéologie matérialiste, n’admettant pas l’idée d’un au-delà, comment le scientisme et le transhumanisme ne pourraient-il pas se développer ? Cependant, un nouveau poison ne vient jamais sans son antidote : de plus en plus d’études démontrent des choses que nos ancêtres et les sages d’anciennes spiritualités savaient déjà. Le paysan qui chante à ses vaches, le chaman qui parlent aux plantes, ont désormais de leur côté une batterie d’études scientifiques qui confirment leurs pratiques, de même que l’idée que tout est vie. On exhume avec soudain plus d’intérêt des travaux menés il y a pourtant des décennies sur des concepts comme la réincarnation (ex : ceux du Dr Ian Stevenson). On discute très sérieusement de vie après la mort, et de vie extraterrestre. La jeunesse s’empare de sujets comme la spiritualité et le développement personnel. La physique quantique fait d’immenses bons en avant. Des thérapies et médecines dites alternatives prennent de plus en plus de place et l’on sait que la science se penche très sérieusement sur ces dernières ; que ces mêmes médecines alternatives ont constitué un salut inespéré pour beaucoup de malades face auxquels la médecine traditionnelle a été impuissante ; que dans certains hôpitaux, on envoie des malades chez le magnétiseur : on ne sait pas expliquer pourquoi et comment ça marche, mais on voit des résultats, alors on agit en conséquence et on s’ouvre. Je constate très personnellement à quel point des sujets un peu marginaux, voire moqués ou inaudibles il y a encore 15 ans, sont devenus presque des banalités (= en gros, les mêmes qui se moquaient de nous si l’on disait que l’eau était « vivante » sont désormais convertis à une forme de spiritualisme). L’astrologie, discipline Verseau par essence, a été grandement démocratisée, et elle le sera de plus en plus, de même que de nombreuses pratiques ésotériques (pourra-t-on enfin prouver leur validité ? C’est une possibilité réelle avec Pluton en Verseau). Une vraie évolution des mentalités a donc lieu. Partout autour de nous se dessine l’idée d’une grande conscience spirituelle. Ces forces aussi seront à l’oeuvre : nous ne serons donc pas laissés tous seuls dans le noir, face au scientisme le plus froid. Le monde évolue à son rythme et si ressources nouvelles, défis nouveaux, l’inverse est aussi valable : à défis nouveaux, ressources nouvelles, parfois insoupçonnées, à l’émergence soudaine et spectaculaire, à point nommé. 

Il ne faut aussi pas oublier que Pluton en Verseau met les hiérarchies à l’épreuve. Précédemment (avant fin 2024, donc), Pluton était en Capricorne, signe du père, du travail, de la politique, de l’État, de l’économie, des grandes structures, des ambitions. L’entrée dans ce signe en 2008 à coïncidé avec la fameuse crise des subprimes. Ce transit a interrogé et bousculé les gouvernances, les structures politiques et économiques, le capitalisme, la richesse, encouragé l’essor des empires (tels qu’Amazon, dont le fondateur Jeff Bezos, avec son grand amas de planètes en Capricorne, est un excellent exemple) ainsi qu’un boom des milliardaires, vu les grandes fortunes s’enrichir de manière exponentielle (ces dernières n’ont jamais été aussi riches que ces dernières années, comme chacun le sait, et la pandémie du Covid en 2020 a joué un grand rôle), et les pauvres et les petites gens s’appauvrir même dans les pays occidentaux. L’impossibilité de se loger correctement, de trouver du travail, le caractère machinal et aliénant de ce dernier (au négatif, le Capricorne régit le capitalisme débridé), qui semble de plus en plus insupportable, l’exploitation professionnelle, et tout cela pour des résultats et des récompenses de plus en plus aléatoires, le manque de sens, ont été des thèmes majeurs durant ce transit. Et ce sont en effet les valeurs du signe opposé, le Cancer, qui ont souffert : l’incapacité ou à la difficulté à fonder une famille (à cause de l’éclatement des structures familiales et des communautés d’entraide traditionnelles, à cause du fait que les deux parents travaillent désormais, et loin de la maison, sans compter le manque de temps, d’argent, la crise du logement, l’affirmation des ambitions personnelles), à trouver du temps pour soi et pour cultiver son jardin secret, à l’abri des structures productivistes et des grands rouages capitalistes (le Cancer, lié à la Lune, régit le « self care », la préservation de soi, les émotions intimes, etc), a découlé de ces années de Pluton en Capricorne. Avec l’entrée de Pluton en Verseau – qui partage avec le Capricorne la planète Saturne comme maître traditionnel – s’achève un grand cycle politique : après la cure de lucidité et la prise de conscience capricorniennes, après la douloureuse confrontation avec la réalité, vient le temps de la Révolution Verseau, populaire et collective. Le ressentiment et l’amertume accumulés en Capricorne accouchent du sentiment électrique et urgent de devoir changer les choses en Verseau. 

Or, si comme nous l’avons vu, Pluton en Capricorne a signé la montée en puissance des grands empires économiques et enrichi les plus riches, qui a incarné mieux que personne le pouvoir – économique et pas seulement – durant ce transit ? Ce ne sont pas les politiciens, traditionnellement associés au signe du Capricorne, et dont la marge de manoeuvre semble s’être encore réduite, au point où les gens ne actuellement placent plus beaucoup d’espoir dans le système politique. C’est bien sûr la finance, mais aussi… le monde de la Tech. Elon Musk, Jeff Bezos… ce sont ces gens qui ont eu ces dernières années le plus grand pouvoir, au point d’être en capacité d’influer précisément sur la politique : en rachetant Twitter/X, par exemple, et en mettant cette puissance économico-médiatique au profit du candidat à la présidence Donald Trump, Elon Musk se trouve investi d’un pouvoir qui confine au monopole, ce que de plus en plus de gens dénoncent. Avec Amazon, sa multinationale ayant atteint le stade du monopole dans le secteur du commerce, avec de nombreuses violations à la protection sociale des salariés, astreints par ailleurs à des cadences de plus en plus infernales, proches de l’esclavage Capricornien (on se souvient de la fameuse affaire des employés obligés de porter des couches, faute d’obtenir des pauses leur permettant de se soulager), le magnat Jeff Bezos illustre également très bien ce principe. L’ère de Pluton en Capricorne, débutée en 2008, coïncide aussi avec l’essor véritable des réseaux sociaux et des smartphones (notamment de l’Iphone), qui ont changé nos vies. Ils n’ont pas été inventés durant ce transit, mais c’est en son sein qu’ils ont pris une place de plus en plus démesurée. Au point où l’on ne cesse de dénoncer la place totalitaire qu’ils occupent dans nos vies… tout en ne sachant que faire pour la contrer. De nombreuses enquêtes et de nombreux livres sont sortis sur le sujet, et nous savons que ces réseaux sociaux et ces appareils sont conçus pour être addictifs. Et ils le sont. De nombreuses études démontrent que les rencontres amoureuses, autrefois diversifiées dans leur nature, se déroulent en grande majorité aujourd’hui sur internet (là encore, le romantisme du Cancer, signe de la famille, du confort enveloppant, a pâti de ce transit de Pluton en Capricorne !). Que les plus jeunes passent plusieurs heures par jour sur les écrans, à scroller des vidéos dont ils sont les premiers à admettre l’inutilité coupable. Que les écrans ont brûlé notre cerveau, pour ainsi dire, et sont devenues de vraies drogues, détruisant notre circuit dopaminergique (lié à la récompense) et entamant sérieusement notre capacité à nous concentrer, à être productifs et fiers de nous-mêmes, à lire, au point où il est fréquent pour beaucoup d’individus aujourd’hui d’effectuer régulièrement une « détox » des réseaux sociaux ; au point où les professeurs d’université se plaignent de ne plus être capables de proposer des livres entiers ou des textes longs… même dans les filières littéraires ! Que la solitude, les dépressions, les pathologies de déconnexion à la réalité (dysmorphophobie, mauvaise image de soi, etc) ont gravement explosé, notamment chez les plus jeunes, et plus encore chez les jeunes filles, avec l’augmentation exponentielle du recours au faux : filtres, artifices, chirurgie esthétique. Que le QI a baissé, de même que le niveau en orthographe. Un point de culmination semble avoir été atteint : tout le monde sait, désormais, et quasiment tout le monde en souffre. La situation devient peu à peu intenable, menaçant la santé mentale, le bien-être, le temps, de la majorité des individus. Il va falloir agir, c’est inévitable. Un peu comme l’amiante a fini par être reconnue comme dangereuse, avec à la clé des travaux de désamiantage, il paraît très évident que ce monde virtuel négatif, de même que ces outils technologiques, seront fortement interrogés durant Pluton en Verseau et que des solutions se feront jour. On a même vu, ces dernières années, des jeunes générations de « néo-luddites » revendiqués, qui évitent le virtuel et les smartphones, préfèrent le téléphone à clapet ancien, tentent de recréer des communautés dans la vraie vie, pour dessiner, peindre, composer de la musique, et lire, refusant les règles du monde. 

Bien que Pluton en Verseau favorise les technologies, il remet aussi en cause les hiérarchies négatives ; on peut donc tout à fait espérer qu’il bousculera les incarnations les plus négatives du monde de la Tech : son pouvoir démesuré sur nos vies, ses inventions qui vont à l’encontre du bien commun, mais aussi du sens collectif, puisqu’il s’agit d’un pouvoir centralisé, fermé, concentré, très Capricornien, et très éloigné des revendications Verseau d’égalité et de fraternité. 

Durant Pluton en Verseau, on peut aussi très naturellement imaginer que les royautés qui existent encore seront décimées, notamment dans les pays où elles possèdent un grand pouvoir. Cela est moins certain dans les pays occidentaux, où elles ont davantage un rôle symbolique : mais elle pourraient tout de même être liquidées et s’il faut que cela arrive, la période de Pluton en Verseau semble privilégiée. La royauté n’étant plus centrale aujourd’hui, c’est aussi un autre archétype qui sera mis à l’épreuve, notamment dans les pays occidentaux : celui de la célébrité (la star, en particulier de cinéma, est associée au signe du Lion) ; globalement, tous les « descendants symboliques » de la royauté traditionnelle, au pire sens du terme, tous les individus qui sont « connus pour être connus », qui recherchent avidement la gloire et sont prêts à toutes les combines pour l’obtenir, ceux qui ne sont là que par hérédité (edit d’octobre 2024 : l’affaire P. Diddy semble à cet égard à marquer d’une pierre blanche, tant elle jette une lumière crue sur les agissements gravissimes et organisés d’une partie de l’industrie du « show business ») ; de même, les gouvernants auto-centrés et ayant un rapport très vertical au pouvoir, les artistes et créateurs qui manquent d’authenticité ou d’altruisme, ont renié leur propre originalité, se calquant sur des recettes presque algorithmiques pour plaire au plus grand nombre, se croyant parfois le sel de la terre et ayant développé un véritable complexe de supériorité, un élitisme de classe, même s’ils n’aiment pas l’admettre… et dont l’IA pourrait bien faire une bouchée. Tous les archétypes incarnant un rayonnement individuel, parfois égoïste, sont menacés. Tous ceux dont le talent ne sert pas la communauté Verseau au sens large du terme, qui ne s’inscrivent pas dans quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes, qui n’innovent pas et travaillent à partir d’un logiciel daté. Nous voyons par ailleurs qu’avec les réseaux sociaux – qui permettent la proximité – et les nombreux scandales touchant des personnes « de pouvoir » (MeToo et les nombreuses accusations d’agressions sexuelles par exemple, qui ont mis au jour un système basé sur l’exploitation et la complaisance, etc), un rapport de désacralisation a eu lieu. Les « gens du peuple » vivent de plus en plus mal les privilèges officieux d’un petit groupe d’individus qui font la pluie et le beau temps sur le monde, et dont ils voient par ailleurs de plus en plus les défauts criants, le manque de mérite, et dont le vernis d’irréprochabilité a été sérieusement entamé : nepotisme (l’exemple des « nepo babes »), ascenseur social en panne, subventions accordées au cousin d’un tel ou un tel, ou en raison d’opinions politiques, etc. Cette rancoeur arrivant à saturation, un renversement de la situation s’annonce. 

Cela ne veut pas dire que le Verseau signifie forcément, en tous lieux et en tous temps, la victoire du bien commun. En tout cas à court terme. À long terme, oui, évidemment. Le Verseau incarne aussi son propre archétype négatif : celui du savant fou, du messie ou du prophète auto-proclamé, du progressiste borné, du gourou qui tire sa gloire de la rébellion par tous les moyens, qui s’enorgueillit d’apporter la liberté aux autres, de briller dans la communauté, en flattant les instincts de la population. Un boulevard sera donné aux individus incarnant cette possibilité d’expression, et certains d’entre eux ne se priveront pas de l’exploiter (comme ce fut d’ailleurs le cas lors du transit précédent de Pluton en Verseau, avec les purges et les dérives consécutives à la Révolution française : les révolutionnaires sanguinaires qui se sont érigés en messies incontestables ont été légion). Là encore, c’est de nous que les choses dépendent. 

Le transit de Pluton en Verseau va donc globalement beaucoup éprouver le signe opposé, celui du Lion, ou les gens marqués par cette énergie. 

Cela peut concerner des gens de toutes générations, qui ont des planètes en ce signe, ou une forte énergie Lion (par exemple : des planètes en maison 5, un Soleil fort, etc). Ou qui ont aussi des planètes dans des signes fixes, en carré au Verseau (donc Lion, mais aussi Scorpion et Taureau).

Mais naturellement, une génération se démarque ici : les gens nés entre 1937 et 1958 (à quelques mois près, pour les rétrogradations). C’est-à-dire, globalement, et en grande partie, ceux qu’on nomme les boomers. 

Il suffit de s’intéresser à l’actualité pour comprendre que de nos jours, la génération des Boomers est âprement contestée par les plus jeunes. Le terme est même devenu une insulte pour stigmatiser un point de vue rétrograde et déconnecté des réalités actuelles émis par un senior (« Ok boomer »). Même s’il convient de faire la part des choses et de ne pas tomber dans les généralités, il faut voir là un processus tout à fait normal : chaque génération fait avancer le monde, et commet aussi des erreurs, des excès de radicalité dans le domaine dont elle a la charge, qui seront corrigés, rééquilibrés, par les générations futures. La génération Pluton en Lion, qui a globalement eu 20 ans dans les années 60 et 70, est celle qui a découvert et fait rayonner le principe d’individualité, de rayonnement personnel, très léonin, mais aussi celle qui nous a donné l’insouciant et le narcissique « moi je » qui se trouve à la racine de bien des maux de la société actuelle, détruisant au passage l’esprit de communauté et le souci du bien commun. De nombreuses politiques ont été mises en place sans souci de leur viabilité pour les générations futures. Beaucoup de jeunes personnes se sentent aujourd’hui lésées par les décisions de leurs aînés, leur reprochant de s’être « taillés la part du Lion » (!), d’avoir fait preuve d’un égoïsme décomplexé, ou de complaisance avec des sujets graves (écologie, islamisme, sécurité, immigration mal gérée, etc) pour mieux rayonner socialement, d’avoir acheté tout l’immobilier des grandes villes pour une bouchée de pain (et de le louer aujourd’hui à prix d’or à des jeunes qui ne peuvent pas se loger, se soigner, fonder une famille, tout en refusant de nouvelles constructions qui pourraient en faire baisser la valeur, et tout en augmentant les loyers dès que possible, alors que leurs crédits sont déjà payés depuis longtemps), pour au final, avec l’argent du plein emploi, de la retraite, et de la spéculation immobilière, se tirer en croisière, au Maroc ou à Bali, se payant en plus le luxe d’influencer les élections et de décider de l’orientation politique prise par le pays : les seniors sont en effet la première force démographique actuelle, et ce sont essentiellement eux qui ont porté et maintenu au pouvoir le président Emmanuel Macron, contesté par une grande partie des autres générations, notamment les plus jeunes (fun fact : Emmanuel Macron possède un ascendant Capricorne, signe de maturité : il n’est pas étonnant qu’il ait une aura rassurante pour les plus âgés, malgré un stellium en maison 11… analogiquement liée au Verseau).

Pluton, d’ailleurs, illustre à chaque époque le conflit des générations : car quand Pluton se trouve dans un signe, les gens nés lorsque Pluton était dans le signé opposé sont alors très âgés (dans le cas présent : ils ont de 66 à 86 ans). C’est le moment où beaucoup d’entre eux meurent (même si bien entendu, cette réalité varie en fonction de l’espérance de vie), notamment ceux nés en début de transit, ou prennent leur retraite et se retirent des prises de décision, passant donc le relai de l’autorité aux plus jeunes générations. C’est aussi le moment où, plus globalement, on « règle nos comptes » avec ce qu’ils nous ont légué : à l’idéalisation des années 60-70 d’il y a encore quelques années, a succédé ces derniers temps un discours bien plus critique, teinté d’amertume envers cette génération qui a « braqué la banque », a profité de la meilleure conjoncture économique et qui entend, pour une partie, ne rien laisser à ses enfants, nés dans un tout autre contexte, quand elle n’accuse pas les générations actuelles d’être tout bonnement fainéantes – alors que, là encore, le contexte économique n’est plus du tout le même et que les voies sont bouchées. J’aime prendre l’exemple du journalisme : beaucoup de grands journalistes comme Catherine Nay ont commencé leur carrière simplement en frappant à la porte d’une rédaction et en proposant leurs services, à peine sortis de l’adolescence ; d’autres intellectuels, comme Michel Onfray, disent avoir travaillé dans des rédactions pour « payer leurs études ». Un peu d’audace et de talent suffisait alors. Aujourd’hui, pour obtenir ne serait-ce qu’un stage sous-payé dans ces rédactions, il faut ruser et se démarquer, il faut préférentiellement passer par des écoles très sélectives, après avoir potassé des analles et passé une batterie de concours. Et même ça, ça ne suffit pas : je connais des gens qui sortent de ces prestigieuses écoles et qui ont fini par se réorienter, faute de trouver une place pérenne, fatigués par la précarité, les CDD ou les postes de pigiste sous-payé : ils ont un savoir encyclopédique et travaillent dans des bars ou retournent à la terre. Nous sommes arrivés à la surproduction des élites, décrite par Peter Turchin. Cela, beaucoup de seniors refusent de le comprendre : il y a beaucoup plus d’appelés aujourd’hui qu’à leur époque. Mais pas beaucoup plus de place d' »élus » à pourvoir.. 

Évidemment, nous généralisons à l’excès. Beaucoup de « boomers » sont les premiers à s’être battus contre les erreurs de leur propre génération, à en avoir dénoncé trop tôt les sorties de route sans avoir été entendus, à avoir fait preuve de sens critique sur le passé. De la même manière que de nombreux jeunes actuels ne se reconnaissent pas dans les errements de leur génération. Il est important de comprendre qu’il ne s’agit pas d’accuser sans discernement une génération tout entière : nous évoquons là des archétypes, des énergies collectives. Et nul besoin de préciser que les jeunes d’aujourd’hui seront pour beaucoup les vieux de demain.

On peut souligner, comme l’a fait une astrologue sur Twitter (pour le coup, l’argument n’est pas de moi), qu’il y a quelques années, le transit de Saturne (planète des responsabilités, du labeur, des « factures à payer », des limites, du karma, de la construction lente et durable, mais aussi de la vieillesse) en Verseau (les grands phénomènes collectifs) avait coïncidé avec la pandémie du Covid, qui a touché en premier lieu les personnes âgées.

Si l’on se penche sur les présidents américains de ces dernières années (et c’est d’autant plus important que les USA sont encore – fin 2024 – en plein « retour de Pluton » : lorsque Pluton revient sur sa position initiale), on constate en effet que Joe Biden, l’actuel président, et Donald Trump, l’ancien président, en lice pour le redevenir, sont tous deux issus de la génération Pluton en Lion (cet article a été essentiellement rédigé début juillet 2024, avant le retrait de Joe Biden). Ils sont tous les deux une parfaite illustration de ce qui est reproché à leur génération : Joe Biden devient totalement gâteux, embarrasse son propre parti, mais il s’accroche à la « fonction suprême » (Lion). Il sera vraisemblablement décimé (ajout : il s’est finalement retiré au profit de Kamala Harris). Attention, cela ne veut pas dire qu’il ne sera pas d’abord élu : il pourrait aussi très bien être élu cahin caha, puis partir ou mourir en début de mandat, ou voir sa réélection gravement contestée (les gens ne voulant pas d’un président qui ne peut plus assurer ses fonctions..), ou se retirer de lui-même, avant ou après une potentielle élection, etc. Donald Trump est présenté comme celui qui tirera les marrons du feu si Joe Biden n’est pas réelu (ajout : et d’autant plus maintenant que ce dernier s’est retiré de la course) : je n’en crois rien, du moins sur le long terme. Car Donald trump a également Pluton en Lion, et il est en plus très marqué par ce signe (Lion, donc), dont il est très représentatif et dont il a tous les défauts (égocentrisme solaire, sens de la mise en scène, quête de grandeur et de grandiose, etc), bien plus que Joe Biden. Cet espèce d’immense « shit show » ne passera vraisemblablement plus, et les gens bouderont les égocentrés, les tireurs de couverture à eux-mêmes, les Rois Soleil, ceux qui ne sont pas à l’écoute du progrès, des marginaux, des minorités, des individualités. Même si Trump est élu, ce qui ne semble pas improbable en effet, il est tout à fait possible que son mandat soit écourté, ou fortement contesté au point de provoquer une démission, ou qu’il soit le point de départ d’une prise de conscience collective, d’un retournement de situation, de régime, de politique, d’un grand mouvement de contestation populaire, d’une rébellion hors de contrôle (ajout : la tentative d’assassinat dont il a fait l’objet démontre en tout cas que lui aussi est « sur la sellette »). On peut être élu sans être approuvé, et sans jouir d’un règne paisible. 

L’hypothèse d’un décès, de mort naturelle ou non (assassinat, accident, etc) sera pour lui plus d’actualité que jamais durant Pluton en Verseau : lorsque Pluton, planète de la mort, fait une opposition aux planètes natales d’un individu (ce qui sera le cas de Trump, avec son stellium en Lion), et surtout à Pluton lui-même, cette opposition est souvent synonyme de mort. Le Pluton natal de Trump étant en maison XII (analogique aux secrets, à la spiritualité, à l’inconscient collectif, mais aussi aux épreuves, aux maladies chroniques, aux ennemis cachés), et Pluton transitant actuellement sa maison VI (analogique à la santé, au travail, au service, aux habitudes quotidiennes, à l’utilité publique), il n’est pas impossible qu’il meure d’une maladie, ou bien assassiné ou de manière mystérieuse (maison XII) dans le cadre de ses fonctions de président (maison VI).

On le voit, donc, être élu ne signifie pas être aimé, incontesté, ou libre d’agir. 

La promotion des valeurs Verseau et la mise à l’épreuve des valeurs léonines s’applique aussi aux pays. À cet égard, les cas de l’Ukraine et d’Israël sont frappants.

Comme nous le savons, l’Ukraine subit depuis février 2022 une invasion de son territoire par la Russi. Israël a quant à lui subi des attaques sans précédent de la part du Hamas en octobre 2023, ouvrant un nouveau chapitre du long conflit meurtrier qui l’oppose depuis plusieurs décennies déjà à la Palestine. 

Or, sur un plan astrologique : Pluton (planète des métamorphoses, de la mort, du « détruire pour mieux reconstruire ») est depuis quelques années dans la maison 4 (relative au foyer, symbolique ou réel) d’Israël, et en opposition à son MC (image publique, réputation, héritage laissé). C’est déjà violent en soi (et je peux le dire avec d’autant plus de force que j’ai personnellement ce transit depuis quelques années). 

Mais l’entrée définitive de Pluton en Verseau tout bientôt va signer une opposition à l’amas de planètes en Lion de ce pays, essentiellement en maison 10. Ce qui sera d’une violence explosive. Cette opposition touchera la Lune (le foyer, la zone de confort, les origines, les racines), Pluton natal lui-même (les capacités de résistance et de survie, la guerre psychologique), Saturne (la structure élémentaire d’un corps ou d’un individu, son karma, ses épreuves), et Mars (la libido, l’agressivité, la force d’action, la violence, la guerre). C’est le signe de très, très grandes difficultés, surtout si l’on ajoute à cela un carré au Soleil (l’identité, l’ego) et au Noeud Nord (la destinée) qui se trouvent tous deux en Taureau. Et le fait qu’avec son ascendant en Balance, et son Soleil en Taureau, ce pays s’est récemment pris deux éclipses dans la figure.

Bref, autant dire que le contexte sera très, très douloureux, ce qui pourrait même amener un écroulement total du pays.

Concernant l’Ukraine, si l’on considère que cette dernière est officiellement née le 24 août 1991, le thème qui en résulte est, tout comme Israël, riche de nombreuses planètes en Lion : Jupiter, Mercure, Vénus. Ce qui signifie que ces dernières subiront une opposition de Pluton lorsque la planète rentrera en Verseau, avec à la clé un risque de violence, de tension, d’atteinte au rayonnement et à la gloire nationale, à la paix, à la capacité d’expansion. Cela n’est guère encourageant pour le pays. Cependant, ces planètes sont à la toute fin du Lion, ce qui signifie que l’opposition ne sera effective qu’à la fin du transit de Pluton en Verseau, dans plus d’une dizaine d’années. En revanche, l’Ukraine dispose de deux planètes en Verseau, Saturne et la Lune : là se trouve son espoir. Lorsque Pluton s’opposera aux planètes en Lion de l’Ukraine, elle fera au même moment une conjonction à sa Lune, planète de la mère, du foyer, de l’enfance, de l’intimité, qui se trouve dans la maison 1, relative au moi et à l’identité. Ce transit surviendra dans plus d’une dizaine d’années, mais il signera peut-être pour le pays un retour favorable à la maison, à la douceur du « chez soi », un empouvoirement (empowerment) personnel. Cependant, là où les choses se corsent, c’est que la Lune de l’Ukraine n’est pas bien aspectée : évidemment, les planètes en Lion – Jupiter, Mercure, Vénus – lui sont opposées, et le passage de Pluton sur la Lune ne fera que réactiver ces placements, mais cette même Lune reçoit aussi le carré… de Pluton natal, justement, et du Milieu du Ciel, signe de grandes tensions. Elle ne reçoit aucun aspect positif. 

La conjonction de Saturne, qui se trouve en revanche au début du Verseau, et qui surviendra donc dès l’entrée de Pluton dans ce signe, devenant exacte en 2026, est à double tranchant. En principe, la conjonction est un aspect favorable. Une conjonction de Pluton sur Saturne, planète des limites, peut signifier aussi bien l’édification (avec de nouvelles frontières), ou une prise de pouvoir… qu’une douloureuse confrontation à la réalité de la part du pays. Ici, on est atteint et forcé de céder ou transformer (Pluton) ce qui nous structure et nous construit. Ou bien on se retrouve fortifié, mais avec des fondations neuves. 

Pluton transite depuis de longues années la maison 1 de l’Ukraine, très grande, relative à l’identité, à l’image de soi, et cela ne changera pas durant le transit de Pluton en Verseau. 

Mes connaissances ne me permettent pas de décréter ce qui arrivera et si toutes ces tensions astrologiques aboutiront favorablement. Mais on peut penser, hélas, que l’Ukraine n’est vraisemblablement pas au bout de ses peines. Et même si la guerre prenait fin immédiatement, avec restitution des territoires confisqués par la Russie, elle aura de toute façon à reconstruire un pays, un destin, et à affronter la mort d’innombrables jeunes ayant combattu dans la fleur de l’âge, de civils, et d’une idée de soi-même en tant que Nation.

http://martinebarbault.com/pluton4.htm


Métamorphoses du pouvoir et du rayonnement personnel… part sombre du Verseau, du peuple et de la rébellion.

Comme dit plus tôt, beaucoup de férus d’astrologie prédisent que Pluton en Verseau signera la fin de la « celeb culture » (la célébrité ou star de cinéma étant représentée par le Lion). 

Disons que ce ne sera pas l’archétype le plus populaire durant ces 20 ans. Ce ne sera pas forcément sa fin, mais sa transformation : les gens en auront assez d’idolâtrer des gens qui ne sont là que… parce qu’ils sont là et prennent tout l’espace. Les individus égocentriques qui prospèrent sur des mensonges d’égo, des mises en scène malsaines ou une inflation de leur valeur réelle, et vendent des poudres de perlimpinpin, un peu comme Kim Kardashian, tomberont en désuétude. Etrangement, je ne crois pas en la « passation de pouvoir » au profit des idoles d’internet et des influenceurs, comme cela est souvent avancé : si l’on s’en tient au profil de gens comme Kardashian, qui se sont effectivement fait connaître par des moyens et supports de type Verseau (technologie, réseaux sociaux, télé-réalité qui érige les « commoners » en célébrités, etc), il n’en demeure pas moins que ces derniers représentent au contraire le très mauvais versant du Lion (juste dans un univers plus technologique propre au Verseau). À mon sens, ce qui changera, c’est davantage l’idée que l’on se fait de la réussite. Verseau étant lié à internet, cela favorisera bien sûr ceux qui en sont issus, mais cela pourrait aussi signer un retour à la « vraie vie », aux « vrais gens », le Verseau étant un signe d’authenticité et de communauté. Et ce d’autant plus qu’on a justement atteint une forme de culmination du « miroir aux alouettes » d’internet, avec tous les effets négatifs des écrans et des réseaux sociaux à outrance, aujourd’hui bien connus, documentés par de plus en plus d’études et dont nous sommes tous désireux de sortir, voyant le mal qui a été fait, notamment aux plus jeunes générations, qui en sont de plus en plus dépendantes, addicts, sont esseulées et désinvestissent la « vraie vie », ne parviennent plus à se concentrer, y passent 10 h par jour, et admettent en souffrir. Ce sujet a pris trop d’importance : comme l’amiante, il sera incontournable. Donc disons que ce qui comptera ne sera pas tant le flacon que le contenu : internet et les technologies joueront un rôle central, mais ce ne sera pas tout. Et il est vraisemblable que ces nouvelles technologies/internet sortiront aussi transformées de ce transit. On peut aussi s’attendre à ce que tous les phénomènes qui ont bloqué l’ascenseur social ces dernières années (népotisme, favoritisme, etc) et déconnecté ces élites du peuple, se dissipent enfin et rendent la possibilité de réussir plus juste et moins liée à des « facteurs annexes » tels que la capacité à savoir se mettre en scène de manière malhonnête, se tirer la couverture à soi sans penser aux autres, s’affirmer aux dépens des autres, créer des idéalisations malhonnêtes, mensongères, être issu d’une lignée prestigieuse, etc. Il faudra être vrai, original, et s’inscrire dans le collectif. Il se peut aussi que la réussite soit plus horizontale et individualisée, avec l’émergence massive d’opportunités pour les individus, permettant à chacun de se créer sa propre fonction, sur mesure : ces derniers seront livrés directement au jugement du public et de la collectivité, là où il fallait jusque là passer par des filtres hiérarchiques et être validé par les décisionnaires (par exemple, lorsque l’IA permettra à chacun de réaliser ses propres films, etc, sans avoir à se soucier de financements, de réseaux). Mais ce n’est pas tout rose : l’ombre potentielle de cet archétype Verseau, cependant… c’est le gourou. Le Robespierre. L’individu qui créé un culte autour de lui-même : certes, il s’inscrit dans le collectif, mais son ego est démesuré, son collectivisme n’est qu’apparent. Il n’aime la liberté des autres que pour s’ériger en libérateur ou sauveur, est prêt à jouer l’anarchiste ou l’empêcheur de tourner en rond, pour le plaisir de détruire davantage que par élan constructif, etc. C’est le rebelle sans cause. On le voit d’ailleurs très bien avec la démocratisation de sujets comme l’astrologie, les spiritualités, les ovnis (domaines fortement liés au Verseau) : beaucoup se prennent pour des messies, créent des cultes négatifs au centre desquels ils se mettent, parlent avec certitude avant de savoir ou d’étudier, s’érigent en maîtres avant d’avoir été élèves, etc. N’oublions pas, si Lion et Verseau sont deux signes opposés, ils forment un axe : ils ont donc aussi beaucoup de caractéristiques communes. La principale étant… un ego créateur démesuré. En Verseau, cela pourrait être l’égo technologique et scientifique : l’archétype d’Ahriman, selon Rudolf Steiner. Ici, sans doute, le milieu de la Tech va nous donner à voir autant de merveilles que de désastres. Et certains n’hésiteront pas à jouer les apprentis sorciers avec nos existences. Tout pouvoir leur sera donné durant ce transit, même s’ils auront aussi à en répondre (c’est ce qui s’est produit avec les individus les plus sanguinaires durant la Révolution française : tout pouvoir leur a été donné, mais ceux qui ont vécu par l’épée sont souvent aussi morts par l’épée). Ce seront des découvertes mais aussi des rééquilibrages. Et beaucoup de tâtonnements. On adore souligner que la dernière fois que Pluton était en Verseau, nous avons eu la Révolution française, l’adoption par les USA de leur Constitution, l’indépendance ou la lutte pour l’indépendance de nombreux pays (Haïti, etc), la fin de l’esclavage, etc. Ce qu’on dit moins, c’est que cela a bien pris 20 ans et qu’on a connu en France la Terreur, toutes sortes de conflits, d’épurations, avant de stabiliser le nouveau système qui a émergé. La Révolution française, ça n’était pas juste « La déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen ». C’était aussi beaucoup de sang pour y parvenir. Cependant, le calme revient en effet toujours : ceux qui ont profité du contexte qui leur était favorable pour agir n’importe comment, ont testé les limites, finissent par le payer et par être sortis du tableau. Mais souvent après avoir longuement joué leur rôle : là encore, cela ne dépend que de nous, du peuple, et de la force que nous acceptons de donner à ces gens-là en les suivant, ou en les ignorant. 

Plus globalement, le danger, c’est justement le peuple lui-même, qui est capable d’une folie sanguinaire, ou de suivre ceux qui la défendent. L’ombre de Pluton en Verseau, c’est la rage collective, la colère aveugle de la « populasse », le désir non plus de remettre les points sur les i, mais d’en découdre violemment avec ceux qui ont été jugés trop bien dotés. 


Le couple, la famille, le village

Il y a mille autre sujets qui mériteraient d’être abordés et qui seront d’actualité durant Pluton en Verseau. Mais je ne peux m’empêcher de penser à une notion de plus en plus évoquée ces dernières années, et qui est depuis longtemps chère à mon coeur : celle du « village ». « Il faut un village pour élever un enfant », dit le proverbe africain. De plus en plus de gens le réalisent. En tant que femme séduite et globalement convaincue depuis près de 15 ans par la notion de tribu matrilinéaire, d’amour libre, hors du couple, je tiens beaucoup à ce concept de « village » puisqu’évidemment, j’ai pu constater douloureusement durant ces longues années que dans la société actuelle, rien n’était prévu pour les gens qui dévient du modèle familial sur lequel notre société est construite, alors qu’ils sont de plus en plus nombreux, et que le même modèle dont ils se détachent a été fortement mis à mal au point de n’être plus du tout une norme.

À une époque où les gens même jeunes sont de plus en plus isolés, addicts aux écrans, ne connaissant parfois même pas leurs voisins, où l’on s’expatrie, déménage, refait sa vie, où le couple traditionnel a du plomb dans l’aile, où beaucoup de gens élèvent des enfants seuls, comment refonder une communauté, sans renoncer pour autant à ce qui a été acquis, à notre mobilité, notre liberté, notre individualité ? 

Ce sujet, brocardé il y a encore peu de temps comme une lubie de marginaux, est devenu un questionnement majeur : de plus en plus de gens en souffrent ; même ceux qui se sont lancés dans la voie la plus traditionnelle ou conformiste ne parviennent pas à faire tenir un mariage, divorcent, étouffent, ont envie d’ailleurs. Et la pression économique, la solitude, ajoutent à l’embûche : dans une société qui est conçue autour du couple monogame et de la famille traditionnelle, dévier du modèle officiel se paie cher, et seuls ceux qui ont les moyens d’être aidés, de déléguer, ou qui peuvent se reposer sur un cercle solide, parviennent à vivre authentiquement, et sans trop en souffrir. La résurgence ces dernières années de valeurs « tradi » (avec le phénomène des trad wives, par exemple) est sans doute une tentative – maladroite mais sincère – de colmater, d’essayer de régénérer l’ancien à défaut de pouvoir immédiatement faire sortir de terre un nouveau monde.

On a liquidé le couple traditionnel et on ne reviendra peut-être pas en arrière, il faudra donc potentiellement trouver de nouveaux moyens de « faire famille », du moins pour ceux qui le souhaitent. Et, cela tombe bien, le Verseau, c’est la famille du coeur, libre et ouverte, par opposition à celle du sang. Le groupe qui embrasse les proscrits, les inutiles, les canards à trois pattes, les infirmes, les boîteux. 

Si l’on considère que Pluton, c’est la sexualité, et le Verseau, la liberté, alors la notion d’amour libre pourrait enfin s’imposer, plus seulement dans les conversations, mais dans le mode de fonctionnement de la société. Peut-être qu’il n’existera pas un modèle sentimental et familial mais plusieurs, qui cohabiteront dans ce grand espace qu’est notre monde. 


L’égalité d’âge, autre chantier Verseau

On parle souvent du nivellement, ou d’une forme d’égalité, que pourraient apporter les divers progrès technologiques et scientifiques qui nous attendent. Les progrès, aussi bien que les égalités de fait qui en résultent, étant typiquement Verseau. Il y a un autre domaine d’uniformisation qui se profile : c’est l’âge. 

Nous vivons dans une société construite sur une forme de turn over générationnel. Les enfants vont à l’école, généralement à un âge prédéfini, suivent un « tronc commun » qui est le même pour beaucoup, et n’ont pas forcément leur mot à dire à ce sujet. Puis ils deviennent jeunes ados et adultes et déferlent sur le monde. Dans beaucoup de domaines, lorsque les jeunes arrivent, les anciens laissent leur place. Pour d’autres rôles, notamment ceux qui demandent maturité et sagesse, c’est l’inverse, et ce sont les anciens qui règnent. Un danseur étoile raccroche ses chaussons à 42 ans. Un athlète de haut niveau a quelques années de performance maximale devant lui. Une personne trop jeune est souvent perçue comme peu crédible dans certains secteurs, en tout cas à notre époque (car à d’autres, la vigueur de la jeunesse a été très valorisée, y compris à des places de commandement. La faute sans doute à une éducation d’élite très spécialisée et à une plus grande rapidité d’action sociétale qui permettaient aux gens de se former dès le plus jeune âge et donc aux génies d’émerger très vite). 

Mais de plus en plus, les choses changent : à travers le monde, des enfants de toutes catégories sociales ou ethnies, sont déjà des génies et vont à l’université à 8, 10, 12 ans. Des adolescents, filles et garçons, ont résolu des équations et des problèmes mathématiques ou scientifiques restés sans réponse depuis des décennies. On peut imaginer qu’ils sont repérés plus tôt qu’autrefois, et qu’une plus grande partie de la population a accès à une éducation très solide. En tout cas, le constat peut être fait. Les athlètes partent à la retraite de plus en plus tard. Des lycéens fantasment sur Salma Hayek qui a 60 ans et on peut se faire voler son petit-ami par une femme âgée – souvenir d’un ‘réel’ où un beau gosse devait choisir entre deux bombes, Billie Eilish, Alexa Demie, et bien d’autres (et son choix final fut Salma Hayek). Ce qui paraissait improbable il y a encore 20 ans, où l’on représentait déjà la trentaine comme l’âge de la vieillesse, fatiguée et décrépie. Aujourd’hui, des trentenaires incarnent des lycéens dans des séries (Alexa Demie dans Euphoria), sans que la crédibilité de ces dernières n’en souffre, et sans que le public ne s’en rende visuellement compte. La chirurgie est passée à l’ère de l’indétectable (Lindsay Lohan, qui a récemment beaucoup fait parler d’elle, pour son apparence renouvelée, après des années de vieillissement précoce, dûes à ses excès, est un très bon exemple de ce phénomène). Comme dit plus tôt, les scientifiques sont en bonne voie pour faire repousser des dents, des organes, guérir des maladies graves, etc.

Avec Pluton, planète de la régénération (« mourir pour mieux renaître »), des transformations, des choses cachées, symbolisant par essence le principe du phénix, dans le Verseau, signe des technologies et de la science, les progrès dans ces domaines se trouveront augmentés à des niveaux exponentiels. Plus personne n’en doute désormais, il en est question tous les jours, notamment avec l’émergence récente de l’IA dans le débat public. Tout le monde sait désormais que nous sommes à l’aube d’un tout nouveau monde. 

Lorsqu’il sera possible de traiter bien les afflictions liées à l’âge, qu’il s’agisse du viellissement interne ou externe, des maladies, de l’apparence, le turnover générationnel sur lequel se fonde notre société en sera fortement diminué, voire disparaîtra, à terme. Ce qui est un immense bouleversement puisque certains secteurs déborderont d’appelés, à haut niveau, et qu’ils ne dépendront plus d’une « fenêtre de tir temporelle » pour livrer leurs meilleures performances. Il faut imaginer à quoi ressemblerait le milieu du sport par exemple, si de nouveaux athlètes s’ajoutaient sans cesse sans que les anciens ne partent jamais à la retraite. Au Brésil, on verrait dans la même équipe de foot plusieurs légendes comme Pelé, Neymar, Ronaldinho, etc ! Sans cette purge liée à l’âge, et à laquelle nous étions habitués, on peut imaginer qu’une forme de compétition disparaîtra ou se trouvera amoindrie. Ou à l’inverse renforcée (mais Pluton en Verseau plaide généralement pour une plus grande égalité). Ou simplement transformée. On peut imaginer des classes d’âge dans le sport par exemple, mais celles-ci ne démarqueraient alors pas par une diminution de la performance mais serviraient essentiellement d’outil de répartition. En tout cas, le facteur d’obsolescence disparaîtra ou se réduira grandement. 


Quelques prédictions coïncidant avec Pluton en Verseau

Ceux qui pratiquent l’Human Design savent qu’il existe quatre types humains (Generator, Manifestor, Projector, Reflector). Cinq, si l’on compte le Manifestor Generator, qui est un hybride entre deux profils. Le Projector est le plus récent d’entre eux. Il est apparu en 1781, soit au début du dernier transit de Pluton en Verseau (qui avait commencé en 1778). Ce type incarne le nouveau management, plus libre, par opposition aux méthodes plus musclées et verticales du Manifestor, un autre profil. Ce qui, en revanche, ne vient pas sans heurts. En effet, il s’agit d’un profil dit « non énergétique », tout comme le Reflector. Il est donc peu adapté aux réalités productivistes qui prévalent encore actuellement, notamment dans le monde professionnel (et qui s’apprêtent à changer). Intuitif, il est le « voyant » de l’Human Design, et son rôle est de faire circuler l’énergie, et non de la produire, contrairement au Generator, profil majoritaire sur la planète, et dont la force de travail brute porte le monde. Le Projector représentant pour le moment environ 20% de la population, malgré sa montée en puissance, il reste minoritaire. 

L’Human Design a établi depuis plusieurs décennies l’année 2027 comme celle qui signerait l’entrée dans un nouveau monde, avec un mode de gouvernance plus collaboratif et horizontal, typique du Projector, et une manière de vivre et de travailler beaucoup plus libre et vibrante, reposante. 

Évidemment, on ne peut pas ne pas constater que cela intervient au début du transit de Pluton en Verseau, qui sera par ailleurs en trigone avec son propre maître, Uranus, en Gémeaux (nous avons donc deux signes d’air – Verseau et Gémeaux – qui signeront en grande partie l’époque). Et on ne peut pas ne pas constater non plus que le Projector est apparu en 1781, la dernière fois que Pluton était en Verseau. On peut donc voir ici la poursuite d’un cycle entamé en 1781. 

L’on peut également se référer aux indices astrologiques d’André Barbault, censés prédire avec efficacité les périodes de difficultés et à l’inverse d’abondance : ils semblent y être parvenus jusque là puisqu’André Barbault avait notamment prédit le Covid des années avant que ce dernier ne survienne (et sa prédiction avait été abondamment exhumée en 2020, et mondialement, un an après sa mort). Selon André Barbault, l’année 2026 représentera un tournant. Nous verrons ce qu’il en sera, mais il n’est pas anodine de voir que là encore, cette prédiction effectuée il y a très longtemps est censée se produire en tout début de Pluton en Verseau, trigone à son propre maître Uranus en Gémeaux, signature d’une nouvelle ère « air », qui fera donc plus que jamais la part belle à la mobilité, la flexibilité, l’intelligence, la science, la logique, la communication, le jeu, la technologie.

Ajouts :

Edit du décembre 2024 :
J’ai vu passer un tweet relatant plusieurs évènements très « Pluton en Verseau », rien qu’en décembre 2024, c’est-à-dire au tout début de l’entrée définitive de Pluton en Verseau :
Loi martiale déclarée en Corée du Sud, élections roumaines annulées, chute du régime de Bachar al Assad (après plus d’une décennie de guerre), gouvernement français en refonte, assassinat du PDG américain d’une compagnie d’assurance par Luigi Mangione (un acte très typique de Pluton en Verseau pour le coup : la violence, la mort, comme vengeance sociale et arme d’accès à l’égalité), vote de la Suisse qui remet en question sa neutralité, etc. 

Edit de janvier 2025 : 
Le Sénégal retire les noms de rues français. Là encore se confirment les thèmes présent pour la France durant ce transit, avec cette fois une remise en cause potentielle de son héritage colonial à travers le monde.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Journal – 27 juillet 2025 – John Lennon – Real Love

La version démo de 1970, de Lennon seul. Ma préférée.

Publié le 27 juillet 2025 sur Facebook

C’est vrai, j’ai déjà publié cette chanson il y a quelques semaines. Mais voilà, je la republie car elle me hante et m’habite. Pas un jour ne passe sans que je l’écoute.

Longtemps, John Lennon m’a agacée. Je reconnaissais son génie, mais il m’agaçait. Cela n’a pas toujours été le cas. Mais c’est arrivé, sur la pointe des pieds, je ne sais trop comment. Je le trouvais surcoté, peut-être parce qu’il était trop évident et qu’il n’est quand même pas le seul à avoir été génial. Peut-être parce que j’adore George Harrison – un autre génie des Beatles – et que le duo Lennon-McCartney ne lui a laissé que peu d’espace dans le groupe, par pure jalousie, comme l’admettra Lennon plus tard – c’est en solo qu’il déploiera ensuite son talent. Peut-être parce que je me méfie des mythes érigés à coup de revolver, ne connaissant que trop le caractère artificieux de ces grandes histoires que l’on se raconte et qui n’ont finalement plus grand chose de commun avec la réalité, exagérant les mérites d’un tel ou d’un tel et oubliant ceux d’un autre – il m’agaçait alors comme agacent les Dieux faciles et totalitaires. Peut-être parce qu’il chantait la paix mais battait sa femme Cynthia et son fils Julian – ce qui n’était que la triste répétition de son enfance -, or si je sais qu’aucun artiste n’est un saint, et que je ne suis pas fan des purges, admettant qu’un monstre peut avoir dit ou pensé des choses magnifiques et dignes de sens, cette contradiction profonde me tapait sur les nerfs, car elle n’était pas celle du pêcheur assumant ses péchés mais celle du donneur de leçons qui cache ses propres crottes sous terre. Sa chanson Imagine m’a toujours prodigieusement énervée ; je la trouve niaise, et aujourd’hui encore, je pense que c’est loin d’être sa meilleure. Bien sûr, j’aimais les Beatles et on ne peut pas tout à fait aimer les Beatles si on n’aime pas Lennon ; il en a été l’énergie rugueuse et le souffle rebelle et rock. Puis, en écoutant les Beatles, justement, je suis tombée sur « Real Love », une chanson de lui, en suggestion Youtube, et j’étais d’humeur à ce qu’on me parle d’amour, car j’en manquais un peu dernièrement. D’abord, quelques accords précaires sur un piano – c’est une démo après tout – qui donne le sentiment d’une mélodie provenant d’une maison hantée, d’une solitude bordée de tendresse. Une sobriété enveloppante, un peu comme un berceau dans le froid. On ne sait pas si la chanson est triste ou heureuse. En fait, elle est heureuse, mais fragile, claudiquant comme l’oisillon à la patte brisée au cœur encore battant de panique, tout juste sauvé d’un sort funeste par une main soudaine. Elle parle d’amour après tout, de l’avoir trouvé, mais elle en parle avec cette mélancolie qui est celle de la consolation après les dévastations multiples : quand, recevant une merveilleuse nouvelle, le corps, encore tremblant de tout ce qu’il a traversé, se relâche d’abord dans une ultime crise de larmes qui est celle du soulagement. Nous sommes tous, dans une certaine mesure, surtout dans le monde actuel, à l’âge adulte et même dans l’enfance pour les plus malchanceux d’entre nous, des nourrissons qui pleurent dans un berceau, attendant que quelqu’un vienne nous prendre dans ses bras. Cette chanson, c’est quand quelqu’un vient finalement vous chercher. C’est maman qui vous berce et vous serre et vous dit que tout va bien, qu’il n’y a plus besoin d’avoir peur ni de pleurer, seul, dans le noir. Et murmurant, à voix basse, avec un émerveillement de fée clochette :

« No need to be alone, no need to be alone. »

Me saute aux yeux ce qu’est Lennon, dans le fond. Un homme fragile et habité par la grâce, se battant de tous poings contre ses propres démons, perdant parfois la lutte, mais laissant entrevoir entre deux éclats de verre une forme de lumière profonde et primordiale. Il a été génial parce qu’il a été vrai.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Le charme sous-estimé des saturniens et des ascendants Capricorne

Tweets du 21 mars 2025

Sur X (ex-Twitter), une internaute se lamente : « i really dislike like being saturnian because it’s not a sexy placement. i wish i had the allure of a venusian. or the wit of a jupiterian. or even the sensitivity of a lunarian. i just feel like it’s super boring and it’s made me becoming overly controlling or critical. idk  » (Je n’aime vraiment pas être saturnienne, car ce n’est pas une position sexy. J’aimerais avoir le charme d’un vénusien. ou l’esprit d’un jupitérien. ou même la sensibilité d’un lunarien. je trouve juste cela extrêmement ennuyeux et cela m’a rendue trop contrôlant et critique. je ne sais pas »)

Monica Bellucci, Sophia Loren, Megan Fox sont pourtant toutes des ascendant Capricorne. Pour Bellucci, cela se double même d’un Saturne en 1. Pour Loren, d’une conjonction Saturne-Lune. Pour Fox, d’un trigone Saturne-Lune avec Mars en Capricorne… Au vu de l’aura incontestable de ces femmes, qui règnent en maîtres sur les fantasmes, notamment masculins, on peut considérer que l’influence saturnienne est très sous-estimée, pour ce qui est du sexy ou de l’attirant.

Évidemment, personne n’a une seule influence. Ce qui fait justement une beauté, un charme, c’est le combinaison unique des influences. Mais même à cet égard, Saturne ne reçoit pas les lauriers qui lui reviennent. 

Les plus belles femmes que j’ai vues dans ma vie avaient un ascendant Capricorne. Je peux le dire d’autant mieux que j’ai pour ma part un ascendant Balance – souvent considéré comme le plus harmonieux du zodiaque, mais sur lequel moi-même je ne me retourne pas beaucoup. Certes, j’ai un Soleil dans ce signe (Capricorne), je suis donc réceptive à cette énergie. Mais les femmes citées ici sont objectivement considérées comme des sex symbols ultimes.

J’aime aussi les ascendants Sagittaire (les plus sexy à mon sens), Taureau (sensuels), et un peu Scorpion (magnétiques ; j’y ai ma Vénus et ma Pluton, conjointes, quand même : c’est donc une énergie qui m’attire).

Pourquoi cette mise à l’index du Capricorne et de Saturne, pourrait-on se demander ? 

Je dirais que le Capricorne sur l’ascendant, c’est un peu la « mob wife » (avec sans doute un peu de Scorpion et de Lion peut-être). Un archétype froid, tout en distance, tout en force silencieuse.

L’influence du Capricorne ou du Saturne sur l’ascendant est souvent sous-estimée parce qu’elle donne avant tout une « structure » (Saturne régit en effet le squelette) : c’est ce qu’on ne voit pas mais dont l’absence ferait pourtant s’écrouler tout l’édifice ; c’est en fait l’essentiel (et l’essentiel est un principe très saturnien, qui renvoie à l’hiver profond incarné par le Capricorne, avec l’ascèse, la privation, la perte des illusions et du superflu, l’ambition structurée, prudente et sacrificielle qui en découle)

C’est pour cela que les ascendants marqués par l’influence de Capricorne ou de Saturne ont souvent de magnifiques visages de statue, avec de belles pommettes, qui semblent comme taillés pour la photographie, même quand ils ne sont pas considérés comme beaux au sens propre par la plupart des gens.

Tout le monde parlera de beaux traits, de belles formes, de beaux cheveux, car c’est l’ornement. Mais la structure est la base de toute beauté, et ça, c’est Saturne. Beaucoup de gens ont de belles caractéristiques isolées, mais ils n’ont pas cette architecture fondamentale, qui est pourtant – et un coup d’oeil à nos idoles le démontre – le prérequis des très grandes beautés. Mais comme c’est une structure, on n’y prête guère attention et on en sous-estime l’importance. Un peu comme on ne prête pas attention aux fondations d’une maison quand celles-ci sont saines et belles : on ne les remarque que quand elles sont défaillantes. On remarquera bien davantage dans un premier temps la décoration, le jardin. Or, c’est le premier domaine que régit Saturne ; l’architecture. D’ailleurs, celle-ci signe la pérénnité d’une maison : le Capricorne est le seul signe dont on dit qu’il rajeunit (après avoir été précocement vieux). En tout cas, il est le signe de la longévité, qui fait les gens « bien conservés ». Une jolie maison bien décorée peut ne pas passer la décennie : cette beauté légère mais sans densité et sans solidité de fond est à l’opposé des principes de Saturne, qui se veut détourné des colifichets mais riche d’une inébranlable colonne vertébrale.

Saturne tout seul donne la structure pure, sans l’ornement : c’est l’austérité ; la solidité sobre. Même si, comme dit plus tôt, personne ne possède une seule influence dans son thème astral ou sur son ascendant. Une personne strictement saturnienne afficherait évidemment des rétractations physiques qui ne plairaient pas à tous et se révèleraient fort éloignées de l’idée traditionnelle que nous avons de la beauté, un peu comme une forme de café noir sans sucre. Mais le raisonnement est valable dans le sens inverse : même si certaines planètes comme Vénus signent l’harmonie physique et le charme, l’influence bien placée de Saturne se révèle incontournable à toute grande beauté devenue « cathédrale » (comme Bellucci ou Loren, monuments révérés s’il en est) : elle en est précisément l’armature.

On invitera par ailleurs les lecteurs de ces lignes à se renseigner sur les mythes associés au signe du Capricorne : parmi eux se trouvent Amalthée (et la corne d’abondance) mais aussi Pan, dieu lubrique s’il en est, sexuellement insatiable et symbolisant la nature la plus sauvage, féconde mais terrifiante dans sa puissance. 

Je terminerai par cette phrase de Jean-Pierre Nicola dans la Condition solaire, que je juge fort à propos : « Ainsi, les hommes reconnaissent les mérites d’un Capricorne lorsqu’ils cessent d’exagérer les leurs, c’est-à-dire assez tard ».

Des mérites sous-estimés n’en demeurent pas moins des mérites. Et c’est souvent le temps qui ouvre les yeux des gens sur ceux sur Capricorne et de Saturne. 

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Sur cette injonction permanente et malsaine à la sainteté dans nos sociétés (archive – 18 septembre 2024)

Texte écrit et publié sur X (ex-Twitter) puis sur Facebook à 8:44, le 18 septembre 2024

Sur X (Twitter), il y avait un tweet montrant une nounou colombienne tout à fait charmante qui s’occupait d’un enfant, manifestement né d’un couple d’américains (cet enfant, du reste, parlait très bien l’espagnol, ce qui démontre une fois de plus que les nounous ou les professeurs, qu’on veuille l’admettre ou pas, éduquent et élèvent les enfants, et jouent un rôle bien plus essentiel que ce que l’on veut bien dire, parfois au même titre que les parents).

Avec une certaine autodérision, une internaute a souligné qu’elle n’accepterait jamais d’avoir une nounou aussi attirante sous son toit. 

Si l’essentiel des gens qui ont répondu à son tweet ont très bien compris son propos, sans la juger, on a aussi eu le droit à la louchée habituelle de petites saintes nitouches qui sont tellement au dessus de toutes ces considérations triviales, et qui rétorquent à cette femme, avec un ton sentencieux, de mieux choisir son mari. Ou de petits mecs trop contents de pouvoir prouver leur petite théorie selon laquelle toutes les femmes sont des harpies insécures et en compétition permanente entre elles, faisant semblant d’ignorer au passage que les histoires d’adultère avec la baby-sitter sont un classique. Les mêmes hommes adoreraient que leur femme prenne des cours du soir, préférentiellement de salsa ou de piano, avec un Chad au physique de top model, n’est-ce pas ? Sans en concevoir la moindre arrière-pensée ? Soyons honnêtes deux minutes. 

Ce qui est sans doute encore plus détestable que la jalousie et l’envie (en particulier quand on s’abandonne à ces dernières avec auto-complaisance, sans jamais chercher à lutter contre soi-même), c’est la négation toxique de nos penchants naturels et humains, cette injonction à se comporter comme un saint n’ayant ni insécurité ni défaut, et cette manière de faire honte à ceux qui ont eu le courage d’admettre qu’ils sont humains. Tout cela bien sûr dans le but de se présenter comme meilleur que ces derniers, et tellement au dessus des basses passions humaines comme l’insécurité, la faiblesse, la peur. La joie que certains individus éprouvent à souligner ce qu’ils identifient comme le travers d’autrui n’a d’égal que leur désir profond de s’en présenter comme l’antidote. Il n’y a rien de très noble là-dedans.

Évidemment qu’il y a matière à insécurité dans une telle situation, et évidemment que, si ça n’est pas idéal, ou forcément glorieux, c’est compréhensible et humain. D’autant plus que nous ne sommes pas ici dans un domaine lambda, dans la rue, dans la vie courante et extérieure, dans la vie sociale ou professionnelle, mais dans le foyer ; lieu sacré par essence, lieu d’intimité et de vulnérabilité profonde, où l’être humain vient rechercher sa zone de confort – car chacun en a une, ce n’est pas un crime – ; lieu où il peut rendre les armes et, parfois, cesser d’être un héros, pour n’être que lui-même ; lieu où il peut se recharger afin d’affronter précisément les luttes qui lui demanderont de devenir meilleur que ce qu’il est. 

Déjà, une nounou joue un peu le rôle de la mère, et la remplace en son absence, même si les gens n’aiment pas l’admettre. Ce n’est pas une femme lambda croisée au centre commercial ou en vacances. C’est très concret : le mari la voit jouer avec les enfants, et prendre cette place qu’est celle de la mère. On est dans le sacré.

Je me mets à la place d’une femme qui a enfanté et qui est peut-être pleine de ses insécurités, qui manque cruellement de temps – une personne embauche une nounou parce qu’elle en manque manifestement – pour s’occuper d’elle-même, et qui voit débouler dans son propre foyer une bombe célibataire et sans enfants qui passe sa vie à la salle de sport. 

Évidemment que dans l’idéal, l’épouse ne serait pas insécure, mais peut-on lâcher un peu la grappe aux gens et arrêter de leur faire honte d’être des humains, et de vouloir se préserver ou se régénérer un peu dans leur propre foyer, à l’abri des inquiétudes, comme de honteuses petites créatures que la vie éprouve déjà, et qui préfèrent réserver leur sang-froid et leur force à des luttes plus importantes dans l’immédiat ? Évidemment que l’épouse et son mari croiseront de telles femmes au supermarché et dans la rue et à la plage, et que l’évitement fondamental sera d’autant plus inutile qu’il ne fera que recaler ou déplacer le problème, mais le foyer, c’est autre chose ; c’est sacré, et ce n’est précisément pas un lieu comme un autre, comme dit plus tôt. 

Il y a une raison pour laquelle les adultères avec des nounous sont fréquents – et d’ailleurs, au vu de certains commentaires masculins, on comprend que les inquiétudes féminines ne sont pas totalement infondées. On rentre là en effet dans l’intimité ; la nounou joue tout la journée avec les gosses de ces gens, le mari la voit dans le rôle attendrissant et dévoué de celle qui prend soin de sa progéniture, parfois à temps plein. On joue sur des ressorts très intimes. Et risqués. Inconsciemment, cela agite d’autant plus chez certaines l’angoisse de se faire tromper ou remplacer dans ce qu’elles ont de plus cher : ce n’est pas un crime. Se faire potentiellement tromper par son mari, ce doit être dur. Mais c’est sans doute encore plus humiliant de se faire potentiellement tromper avec la femme qu’on a laissée rentrer dans le foyer, qui est adorée par nos propres enfants, validée par ceux que nous aimons le plus, ce qui ajoute en définitive au sentiment de trahison, de défaite et de dépossession. Alors je comprends cette crainte, pour les gens qui ont fait le choix de la monogamie, et je crois qu’elle est digne d’être regardée sans jugement.

Certains répondent à cette femme : « si ton mari est fiable, et si tu lui fais confiance, tu n’as rien à craindre ». Et ils ont raison. Mais c’est là qu’intervient un questionnement d’une complexité profonde : l’humain est porté à la monogamie par goût de l’édification, et parce que divers facteurs l’ont amené à se choisir ce mode de fonctionnement… mais ce n’est en même temps pas sa nature profonde d’être monogame. Même moi qui suis assez opposée au couple traditionnel et qui ai des sensibilités matrilinéaires de très longue date (depuis au moins 2012-13), je puis admettre que rien n’est simple, que ce sont des impératifs de tous types – et qui pèsent leur poids -, qui ont amené l’humain à choisir sur un plan civilisationnel la monogamie (ou éventuellement dans d’autres sociétés la polygamie) plutôt qu’un autre système ; pas seulement parce qu’il est une créature vile et basse, mais parce que cela correspondait aux défis posés par son environnement et constituait une réponse pérenne à certaines problématiques, que d’autres systèmes ne réglaient peut-être pas assez. Mais cette exclusivité sexuelle reste un défi en soi, pour les deux sexes, et plus encore pour l’homme. Et même quand on fait le choix de prendre ce chemin, il n’est pas interdit d’en prendre acte. 

À cet égard, la négation des tentations – et du fait que l’être humain y soit naturellement sujet – de même que la négation de la complexité des choses, a quelque chose d’assez malsain. Ce purisme hypocrite est fréquent dans nos sociétés actuelles par ailleurs, où il est de bon ton d’afficher sa supériorité morale sur tout et tous, et de feindre un stoïcisme détaché sur les vicissitudes de l’existence ; où la honteuse tendance à s’adonner à ses plus basses passions humaines (à la manière de l’épouse qui découvre qu’on la trompe et qui choisit de s’en prendre à la maîtresse plutôt qu’au mari qui lui a fait voeu de fidélité) a été détrônée par une attitude qu’on croit être son opposé, mais qui n’est en réalité que son pendant négatif : la tendance à se faire le juge permanent de l’humanité des autres, pour mieux s’ériger en exemple ; à pointer du doigt celui qui est au moins encore assez humain pour admettre ses vulnérabilités (sans pour autant les glorifier). À la tête du bateau, c’est toujours le même capitaine : l’ego. 

Ajoutons à cela que les premières années de la vie d’un enfant sont très compliquées pour les parents et en particulier pour la mère. Cette dernière, grandement sollicitée, souvent surmenée, et peut-être peu à l’aise dans son corps, a le droit de trouver un peu de tranquillité quand elle est chez elle, ou au sujet de ce qu’elle a de plus cher : son foyer, ses enfants.

On ne peut pas éviter, dans la vie, les questionnements et les épreuves. Ces derniers s’imposeront d’eux-mêmes. La zone de confort que l’on se ménage est faite pour être bouleversée, et elle le sera, à son rythme, quand il sera temps de passer à la leçon suivante, on peut compter sur la vie pour cela. Mais une femme a le droit de ne pas vouloir être H24 une « guerrière » en lutte permanente contre ce qu’il y a de plus humain en elle, et d’être absolument stoïque aux assauts de son environnements. Elle a aussi le droit de se reposer. D’être une femme, pas une machine. Il y a là, c’est drôle, comme une énième injonction de perfectionnisme morbide envers les membres du beau sexe, qui n’ont le droit que d’être parfaites, sans jamais être humaines. 

Qu’on promeuve le perfectionnement moral et le dépassement de soi comme la voie idéale, c’est compréhensible. Ce qui est toxique, c’est de l’imposer au forceps, de faire honte à ceux qui n’ont commis aucune faute et ont juste eu la sincérité d’admettre qu’ils sont humains, c’est de se présenter systématiquement comme au dessus de cette humanité qu’on dénigre. Ce qui n’est vraisemblablement pas le signe d’une tendresse constructive pour ses semblables, mais d’une volonté bien moins glorieuse de se montrer comme l’élément triomphant de ce bourbier dans lequel nous nageons tous, d’instrumentaliser la vulnérabilité d’autrui pour en faire un tremplin à la gloire de soi-même et de sa petite supériorité mesquine.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Pourquoi les femmes n’aiment pas être moins qu’un 10/10 ? (Note du 28 septembre 2024)

Note du 28 septembre 2024, publiée le 16 avril 2025 sur Facebook

Il y a quelques temps, un grand débat a éclaté sur Twitter/X, suite au tweet d’une fille – jolie – qui racontait que son copain l’avait notée 6 ou 7 sur 10. Beaucoup se sont indignés. Des femmes bien sûr, mais aussi pas mal d’hommes, qui trouvent que la personne que l’on aime devient forcément la plus belle à nos yeux, que l’amour rend aveugle et que l’objectivité est à cet égard impossible ; d’autres ont à l’inverse défendu le point de vue du copain et plaidé la cause du réalisme. Cette discussion, qui ressurgit régulièrement, ne date pas d’hier. Je me souviens des classements relatifs à l’apparence faits par certains garçons au lycée, et au collège, sur les filles de la classe. Mais sans doute dans la continuité du caractère algorithmique et scientiste de la société actuelle, l’on voit d’autant plus pulluler ces dernières années sur internet cette habitude de noter les physiques, notamment ceux des femmes.

J’ai du écrire mille notes disparates à ce sujet, depuis des années, car c’est un sujet qui m’intéresse, notamment pour mon livre. En voici une qui date de ce 28 septembre 2024. Elles n’est pas exhaustive – il faudrait prendre mes notes dans leur ensemble pour y trouver de l’exhaustivité – mais je crois qu’elle peut apporter quelque chose à la réflexion.

Concernant le fait que les femmes n’aiment pas être notées, ou surtout avoir moins que 10/10 :

Deux raisons me viennent à l’esprit.

Je crois d’une part que les femmes s’identifient bien davantage que les hommes à leur physicalité.

Il suffit déjà de comparer la silhouette archétypale des hommes et des femmes. Chez les femmes, c’est un sablier. Chez les hommes, un triangle inversé dont la plus grande partie est tournée vers le haut. Bien sûr, toutes les femmes ne sont pas exactement gaulées comme Sophia Loren, et tous les hommes ne sont pas montés comme Henry Cavill. Nous parlons là d’architecture primordiale. Avec ses hanches aussi rondes que son buste est épanoui, la femme est donc en équilibre entre la terre et le ciel, et ce faisant, entre le corps et l’esprit, le présent et le futur, les ancêtres et l’avenir, le principe matériel et spirituel. Tandis que l’homme, de par ses grandes épaules, est tout entier tourné vers le ciel, l’esprit, l’avenir. Ce plus grand ancrage de la femme dans la physicalité, tout le confirme d’ailleurs : le principe de grossesse qui nécessite attention, chaleur et sécurité ; un plus grand sens de la propreté car une plus grande crainte des maladies ; le besoin de prendre soin d’elles-mêmes et d’être belles, qui s’oppose à la nature visuelle de l’homme qui jouit précisément du résultat de ce soin et de ce qu’il voit. Ce besoin de beauté s’applique aussi à l’environnement : en témoignent les clichés assez fondés de la femme d’intérieur, faisant de sa maison un nid douillet même quand elle est seule et, à l’inverse, de l’homme célibataire qui vit dans un studio avec un simple matelas au sol, mange directement dans la casserole, a une hygiène de vie anarchique.

Pour une femme, il est beaucoup plus difficile de renoncer à une image idéale d’elle-même. Elle conçoit son corps comme le véhicule sacré qui englobe l’âme. Pour les hommes, le corps n’est souvent qu’une pièce du puzzle comme une autre.

D’autre part, les hommes et les femmes diffèrent dans leur manière de voir les choses. Évidemment, nous parlons là encore d’archétypes, la plupart d’entre nous étant des hybrides entre l’énergie féminine et masculine. La logique masculine s’oppose à l’émotion féminine. La logique masculine culmine chez l’ingénieur, le mécanicien, professions de décortication ; ou dans le fait de se délecter de photos de parties du corps féminines séparées : une fesse, un sein, émoustillent facilement les hommes. L’inverse arrive bien moins car les femmes ne décortiquent pas les corps masculins mais les regardent davantage en entier. On verra d’ailleurs bien plus rarement des hommes hétérosexuels se prendre en photo en détail, mettre leur œil, leur bouche, leur décolleté, en photo de profil, comme les femmes, pour séduire ces dernières, ou même envoyer des photos sexy.

À l’inverse, les femmes sont des êtres holistiques, tournés vers le principe de totalité, parfaitement illustré par la symbolique de la grossesse, qui représente la fusion. Tandis que les hommes fécondent, dispersent, répandent la semence à tout vent, les femmes concentrent et intensifient, couvent, se dévouent.

Le point de vue masculin est celui du mécanicien qui change une pièce de sa machine : il peut répondre à cette question (« quelle note tu mets à ton amoureuse ? ») de manière très dépassionnée, sans attachement aucun. La femme, beaucoup moins.

En fait, la plupart des hommes et des femmes ne comprennent sans doute même pas cette question de la même manière, c’est pourquoi ils y apportent des réponses différentes : pour un esprit purement masculin, la question sera purement mécanique et logique. Se noter, c’est juger la symétrie des traits, la fermeté d’un corps. Bref, l’aspect objectif de la beauté. Le jugement est ici purement plastique et porte sur des pièces détachées que sont les parties du corps d’un individu. D’où l’étonnement attristé de certains hommes, témoignant sur des forums comme Reddit, qui ne comprennent sincèrement pas que leur femme puisse avoir été blessée d’être moins qu’un 10/10 physiquement à leurs yeux, alors qu’ils disent aimer cette dernière telle qu’elle est, qu’ils ne changeraient rien chez elle, et que d’ailleurs ils ne se mettraient pas un 10/10 à eux-mêmes.

Pour la femme, la question sera plus imagée, métaphorique, spiritualisée. Devoir adopter un point de vue objectif et mécanique sur leur propre corps, c’est devoir réduire le sacré et l’infini de leur âme, accueillie par ce même corps, à des notations profanes, à des considérations triviales. Cette vision purement mécanique sur leur propre apparence peut donc être perçue comme violente car elle menace le « tout ». D’où la nécessité de ne pouvoir répondre que 10, non car elles se croient parfaites, mais parce qu’elles se voient avant tout comme une créature spirituelle, appartenant à une forme de perfection et de lumière originelles, dont il n’est pas possible de se séparer pour répondre à cette question. Pour une femme, dire qu’elle est autre chose qu’un 10, c’est devoir se juger en pièces.

De cette différence de perception et de point de vue découle une différence de vocabulaire. Beaucoup d’hommes croient donc que les femmes se surnotent et se mentent à elles-mêmes alors que cette propension féminine à se mettre un 10/10, beaucoup plus que les hommes, même sans être plastiquement parfaites, dénote autre chose : le simple refus de se noter.

Un homme peut dire de sa femme qu’elle est un 8, tout en pensant qu’elle est celle qui lui fait le plus d’effet, qu’il a choisie, qu’il aime et regarde avec les yeux de l’amour, qu’il trouve parfaite telle qu’elle est, sans y voir de contradiction. Alors qu’aux oreilles de la femme, être moins qu’un 10 signifie : je ne suis pas assez bien, je ne te procure pas de plaisir, tu ne m’aimes et ne me désires pas autant que tu aimerais ou désirerais une autre femme à laquelle tu accorderais ce sésame.

Bien entendu, on peut ajouter que ce point de vue est beaucoup plus nuancé en réalité : c’est ainsi qu’il y a un certain nombre de filles (sur Twitter/X ou ailleurs) qui disent ne pas avoir de problème avec le fait de ne pas être un 10 aux yeux de la personne aimée, et de nombreux hommes qui estiment que la femme aimée est forcément un 10/10 (et admettent qu’eux-mêmes n’aimeraient pas qu’on leur colle une note « objective »).

C’est l’éternel débat entre les rationnels et les exaltés. Si l’on considère que la beauté peut se définir – selon tous les dictionnaires – soit par la qualité objective, soit par le fait de susciter une émotion, les rationnels se réfèrent à la première définition, et les exaltés à la seconde. Nous retrouvons là notre simple désaccord de vocabulaire : les gens apportent une réponse différente à cette question parce qu’ils ne l’interprètent pas de la même manière pour commencer. Il y a fort à parier que si l’on demandait à un rationnel de noter une personne en fonction de l’émotion qu’elle lui procure, de l’amour qu’il lui porte, sa notation varierait évidemment ; idem si l’on demandait à un exalté de faire fi de ses émotions.

Dans le fond, chacun est libre d’aller avec celui qui partage sa vision des choses. Je crois que les hommes comme les femmes doivent tendre à une forme de complétude quasi androgyne, dépassant les défauts de leur sexe. La femme scientifique, ou l’homme poète. Je renverrai mes lecteurs au poème L’idéal de Baudelaire, qui impose l’imperfection assumée comme condition à la vraie beauté – celle qui bouleverse et procure un frisson à celui qui la contemple. Je ne pense pas que Victor Hugo ou Lord Byron parleraient de la femme aimée en lui collant une note.

J’avoue faire partie pour ma part de la catégorie des exaltés : quand j’aime un homme, il est forcément à mes yeux le plus bel homme qui soit. De cela, au moins, il n’aura jamais besoin de douter.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Annonce / lectures de poèmes

Publié le 24 avril 2025 sur Facebook

Je me suis rendue compte que si je lisais beaucoup les poèmes des autres, et publiais régulièrement ces lectures, je n’enregistrais pas forcément beaucoup de lectures de mes propres poèmes. Peut-être parce qu’il y a quelque chose là-dedans qui tient presque du fait de ravaler son propre crachat ? Cela faisait pourtant partie du projet au départ. Je compte m’y mettre petit à petit. Tout mon travail poétique, produit au fil des années, qui découle d’un apprentissage fait de sueur et de sang, mérite aussi, je crois, d’être enveloppé par l’hommage et la considération de ma propre voix. Alors, sans doute, dans les semaines qui viennent, je vais me faire un peu plus de place, et me donner un peu plus d’amour, et m’offrir ce cadeau.

Après quelques mois d’oubli, de détours et d’accidents, je reviens à moi-même. Ce processus de rupture, effectif notamment depuis quelques semaines – mars -, est arrivé à son point final : je me suis délestée d’un poids. Je n’ai pas beaucoup écrit durant cette période. Il fallait sans doute qu’il en soit ainsi : j’incubais. Cette prise de distance est parfois nécessaire, elle permet de remettre en perspective son propre travail, de clarifier, d’y revenir avec un oeil plus neuf. Désormais, de nouveau, je jette toutes mes forces dans l’écriture. Il est temps de finir. Mon roman notamment. Je suis née pour écrire. Après m’être perdue, je me retrouve, riche sans doute de tout ce que j’ai appris ; j’ai rappelé mes énergies à moi. Le rythme de croisière de la plupart des jours s’enlise parfois en mélancolie, certains soirs. Mais c’est de plus en plus rare et je laisse le passé derrière moi. J’ai eu le courage de le faire et de ne pas me retourner. Si jamais les larmes viennent, j’ai compris qu’il fallait juste s’arrêter pour les accueillir, les laisser couler, et repartir le coeur léger. C’est ainsi qu’elles viennent de moins en moins.

Je me suis choisie.

Alors de la même manière que je me suis réalignée et que je reviens à l’écriture de mon roman, de la même manière, je vais faire un peu de place à mes propres textes dans mes lectures.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire