Chahinez

Photo-montage trouvé sur le site Amomama. Hommage à Chahinez.

C’est pas pour rien que les enfers de toutes les religions sont faits de feu. Il n’y a pas pire que de mourir dans les flammes. Brûler vivant est une mort cruelle, déchirante, inhumaine.

Même à l’époque des attentats du 11 septembre, beaucoup des gens piégés par l’incendie consécutif au crash des avions dans les tours jumelles ont fait le choix de sauter : ils ont préféré s’écraser comme des mouches, tous boyaux dehors, après une chute libre de plusieurs centaines de mètres qui ne laisserait rien d’eux, plutôt que de subir les flammes et l’ambivalente agonie qu’elles offrent, aussi furieuse qu’horriblement lente.

Chahinez est morte dans les flammes. Mère de famille. Tuée par son propre époux.

Y a tellement de femmes mortes ces dernières années, assassinés par des enflures nuisibles que la justice protège. Mais elle, Chahinez… c’est différent. C’est la femme de trop. Mourir dans les flammes, après avoir essuyé des tirs, c’est la fois de trop, l’image de trop, l’indignité de trop. L’histoire de trop où la femme est un objet, un gibier, plus que jamais, une existence comme un morceau de paille jeté dans la cheminée, comme ça, un jour de mai où les oiseaux chantent.

Elle est morte ; abattue comme un chien qu’un voisin soulard et bas du front descend avec un fusil parce qu’il fait trop de boucan, puis brûlée comme une sorcière. La énième sorcière. La énième femme ayant osé vivre sa vie. Tout un symbole. Et vous pensez qu’on va la laisser passer, celle-là ?

Vous convoquez par le symbole toutes nos ancêtres mortes, toutes les sorcières que notre mémoire chérit comme le totem d’une féminité si libre, trop libre, et pour cette raison trop captive. Et vous pensez qu’on va se taire.

Quitte à la tuer, ce qui est déjà d’une cruauté monumentale, il aurait pu faire les choses proprement, cliniquement, sans trop faire mal, mais non. La souffrance et les cris d’une femme agissent comme un aphrodisiaque pour certains hommes.

Ça se croyait un homme, sans doute, n’est-ce pas ? Ça se croyait un homme, à rétablir son ‘honneur’ perdu, à traiter un être humain en bien meuble, à reprendre alors ce ‘bien’ qu’il pensait lui appartenir – quitte à le tuer pour que personne d’autre que lui n’en ai jamais la jouissance -, à montrer qui commande, à éteindre une vie – celle d’une mère de famille de surcroît – juste pour montrer que c’est lui qui éteint, regarde, j’ai éteint, c’est moi qui décide.
Ça se croyait un homme quand ça n’est qu’une limace. Et encore, respect pour les limaces.

Ça se pensait sans doute viril, valeureux, désespéré, passionnel, guidé par l’amour. Non, ça n’est qu’une limace. Une limace avec un fusil et une allumette, qui préfère tuer celle qu’il dit aimer plutôt que de la savoir ailleurs, vivante, heureuse, libre, aimée d’un autre. Est-ce ça l’amour ? L’amour qui ne veut pas voir et favoriser le bonheur de l’autre n’est pas de l’amour. C’est du narcissisme sous-évolué déguisé en amour.

Que ces hommes brûlent comme ils ont brûlé, leur monde et leur vice avec eux, à jamais.

Car Chahinez est la énième femme tuée par un mec dangereux et connu des services de police, de la justice, du voisinage, de tous. Chahinez est la énième femme qui a, sans doute, envoyé des signalements, des plaintes, des suppliques, que sais-je encore. La énième femme qui a trouvé porte close chez les administrations alors que sa vie était menacée et qu’elle en avait toutes les preuves. La énième femme que tout le monde a vu se balader avec des cocards en allant chercher ses enfants à l’école. C’est cela, le pire. Tout cela était grandement évitable.

Cet ex-mari spirituellement malade, qu’on le laisse à son karma, qu’on le soigne, qu’on l’aide. Il a fait ce que son bas niveau d’intelligence lui dictait de faire dans cette vie-là. A savoir le pire. Il le paiera cher.

Mais protéger Chahinez, ça, on pouvait faire et on n’a pas fait. Et c’est la énième d’une longue liste. La énième vie qui nous a filé entre les doigts pour pas grand chose, à ça près, le ‘ça’ étant le soutien de l’état, de la justice, de l’administration, de la police ; quelques mesures pour la mettre en sécurité et hors d’atteinte. L’énième être humain dont le rire ne sera plus entendu par ses enfants et ceux qui l’aiment, lorsqu’ils pousseront la porte de sa maison, désormais en cendres.

Il a brûlé Chahinez comme une sorcière. Sans doute pensait-il la tuer. Il l’a rendue immortelle. Il en a fait une martyre. Chahinez sera comme du bois pour cet immense feu de forêt qu’est la cause des femmes battues.

Et moi je brûle un morceau de cyprès pour toi, Chahinez. Pour que ton souvenir soit chéri, ton âme accueillie, ta mort féconde. Qu’il pousse sur ta tombe d’innombrables fleurs qui seront celles de la renaissance et de la vie éternelle.

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Qui je suis

Mille fois, on me l’a demandé. Quelles sont mes idées, ce que je pense vraiment, qui je suis.
Les gens ont, je le sais, l’impression de ne pas toujours bien saisir, de voir des paradoxes là où je ne vois personnellement que de la complexité. Sans doute car je ne suis jamais assez rentrée dans les détails, j’ai abordé mille sujets mais j’ai souvent choisi un angle, un angle partiel qui ne rend pas compte de tout de ce que je pense et qui, même, donne peut-être une idée biaisée de ce que je pense vraiment. Car comme chacun sait, un angle, ce n’est pas tout. Le fait est que ce « tout », je le réserve à un roman que j’écris depuis des années, depuis mes 17 ans – et j’en ai 29. C’est pourquoi j’ai toujours rechigné à en dire plus. J’ai beaucoup écrit ici et ailleurs mais en réalité, j’ai toujours considéré ces textes comme profondément accessoires et me suis bien gardée de trahir mon secret, celui que je porte depuis tant d’années. C’est pour cela, d’ailleurs, que j’ai disparu. Pour me concentrer sur l’essentiel.
Je suis toujours surprise de voir qu’il y a encore du monde qui passe ici, ou qui tente de me retrouver par divers moyens, quelquefois même des commentaires, ou des messages privés, qui me sont allés droit au coeur. Même si je n’y ai pas forcément répondu, je tiens à vous remercier
Maintenant que je sens que j’arrive au bout de ce travail qui m’a pris tant d’années, une forme de printemps revient, j’ai envie de m’ouvrir un peu, j’ai envie d’en dire plus, envie de dire qui je suis. Le retour de Saturne, sans doute.

Evidemment, j’ai horreur de me définir. De placer sur l’infini d’une âme des mots trop froids et carrés, comme on mettrait l’océan dans une bouteille. C’est pourquoi je préfère souvent l’évocation, la poésie, qui justement, elle, dit tout. Ou en tout cas l’essentiel.

Mais disons que sur le plan des idées, je pratique la remise en question permanente, l’ouverture, l’honnêteté intellectuelle, l’outre-partisme politique et que je recherche avant tout la cohérence et la vérité. Je ne suis ni de gauche ni de droite et je veux dépasser cette dualité. J’ai en horreur le dogmatisme et apprécie le débat d’idées avec tous, considérant que chacun peut avoir quelque chose à apprendre et à apporter aux autres. Ce qui compte, c’est finalement les connaissances mises en commun par la discussion et ce qu’elles apporteront au corps collectif.

Même si j’ai horreur de ce mot, je suis une féministe qui ne se reconnaît pas dans l’essentiel du féminisme actuel.
Matrilinéaire (certains diraient ‘matriarcale’). Je crois aux différences biologiques, aux principes naturels, tout en ne considérant pas qu’ils sont des prisons : un homme peut avoir une grande part féminine et mettre du noir sur les yeux, tout en étant bien un homme ; une femme peut être affirmée et courageuse, tout en étant bien une femme. Je ne vois pas en quoi nous avons besoin de créer des cases (« non binaire », etc) pour définir et mettre sous cloche l’immense diversité possible dans chaque sexe : l’appartenance à un sexe n’a pas vocation à désigner autre chose qu’un ensemble de caractéristiques biologiques et génitales, de possibilités naturelles, un ensemble de comportements (oui, effectivement, la plupart des filles seront plus sensibles, joueront à la Barbie plutôt qu’aux camions, s’intéresseront aux gens plutôt qu’aux concepts abstraits ; oui, la plupart des garçons voudront jouer au foot, seront plus entreprenants et scientifiques. Ce que la science démontre par ailleurs. Il faut les laisser libres au lieu de projeter sur eux des désirs d’adultes) : mais à partir de là ? Nous sommes libres. Penser qu’une fille doit se maquiller et mettre des talons pour être de son sexe, c’est franchement réduire le féminin à de ridicules gimmicks. Je crois qu’être un homme ou une femme détermine pas mal de choses, mais pas tout non plus. Je ne crois pas au mariage ni au couple (ni même au polyamour, pas assez radical à mon sens, et encore trop ancré). Je suis pour une libération sexuelle saine (mais sans le caractère glauque à la Houellebecq) et pour la nudité ; pour la légalisation de la prostitution afin de protéger les travailleurs, tout en pensant que ce n’est pas un métier comme un autre, que le commerce de la sexualité est une pratique à ne pas relativiser, qui détruit l’âme qui s’y adonne, qu’il faut aider les gens qui en font un métier à en sortir ou à ne pas y tomber. Je suis pour le droit à la séduction et contre le puritanisme actuel (tout en étant contre le harcèlement, évidemment, mais considérant qu’on doit cesser de voir du harcèlement partout). Je suis contre l’écriture inclusive avec points et tirets car c’est illisible, moche, impraticable à l’oral comme à l’écrit, mais tout en pensant qu’une réforme de la langue française visant à faire émerger un sexe neutre serait la bienvenue (si elle est possible), et que cet ambitieux projet devrait être confié à des spécialistes, non des idéologues. Je suis pour la contraception naturelle et contre le gavage aux hormones ; pour que la recherche exhume des savoirs anciens et explore des contraceptions alternatives et naturelles ; pour l’avortement que j’assume de ne pas trouver « dramatique », mais qui est pour moi quasiment un moyen de contraception contre un autre, et un droit pour toute femme. Je considère que l’avant-garde du combat féministe se joue sur le sujet de la maternité et des différences biologiques : il est temps que cette société s’adapte aux femmes, et non l’inverse.

Je suis spiritualiste. Ma foi, ancrée depuis le plus jeune âge, a une grande place dans mes croyances, y compris politiques et intellectuelles, et je veux réintégrer le spirituel dans ce domaine, aider le débat à sortir du matérialisme et du nihilisme ambiants. Ma foi est spirituelle, en aucun cas religieuse, et ce depuis l’adolescence. En revanche, je crois que toutes les religions sont venues nous enseigner quelque chose à une période donnée de l’Histoire ; elles étaient adaptées à un contexte, à des mentalités d’époque qui avaient alors besoin d’une structure et de rites pour évoluer mais n’étaient pas non plus capables d’accepter des idées trop éloignées de leurs certitudes d’alors. Il faut désormais en jeter les vieilles peaux, en tirer le meilleur, en abandonner les dogmes et le séparatisme, les regarder avec recul et sens critique, en faire une lecture approfondie et mythologique. Mes croyances empruntent essentiellement aux écoles ésotériques de tous types (théosophie, anthroposophie, etc), au christianisme et aux religions orientales. Je crois en l’amour, au sacrifice, au miracle, au karma, à la réincarnation, aux aliens, aux étoiles, en la nature comme en la grâce, et suis attachée au Christ comme figure symbolique montrant le chemin à accomplir par toute âme. Je pense que Dieu, c’est nous. A 18 ans, après avoir découvert le Bouddhisme, j’ai voulu me raser le crâne et aller au Tibet, bien que je ne me sentais pas attachée à une religion mais à une vérité avant tout. Je serai sans doute toujours cette fille qui veut donner sa vie au divin. Et dans le fond, c’est pour ça que j’écris. Pour dire et aimer Dieu, pour le faire aimer, pour guérir et aider à guérir. C’est ma manière à moi d’être moine, à défaut d’avoir une église à laquelle me rattacher, n’étant pas religieuse.

Je crois en l’homme universel. Je suis une horrible citoyenne du monde qui pense qu’il ne faut pas laisser les migrants crever en mer, tout en étant critique de l’aveuglement, du relativisme culturel actuellement érigé en dogme, ou de l’altruisme comme posture politique se faisant aux dépens des autres et non de soi. Je crois profondément en l’immigration – qui est l’expression de la destinée humaine, changeante, voyageuse – tout en pensant qu’à l’heure actuelle, elle doit encore obéir à des règles, se faire avec raison et dosage, loin des aveuglements idéologiques de certains : disons que pour moi, l’homme universel est notre futur, de même qu’une société sans frontières, mais je ne pense pas que le monde entier soit encore prêt pour cet idéal. Les différences culturelles sont encore trop fortes et il serait dangereux de les nier, de jouer aux apprentis sorciers avec la vie des gens. Je crois que la mondialisation, souvent critiquée – à juste titre sur certains sujets, notamment économique – a été pourvoyeuse de richesses inégalées pour l’humanité et que c’est elle qui nous permettra, demain, d’effacer les différences encore artificielles entre nos continents. Je crois qu’un jour, les hommes ne feront qu’un et que c’est même là toute leur tâche.

Je crois en l’amour, pas en la niaiserie, pas au laxisme, pas en la démagogie, en la bien-pensance et au signalement de vertu. Pour moi, l’amour est une force, un courage, une droiture, pas une posture, une faiblesse ou un sentimentalisme en forme de guimauve.

Je crois au progrès, mais dans le respect de la nature et de certaines règles éternelles. Je pense que le futur sera beau, et que des choses immenses nous attendent, loin des discours pessimistes de rigueur.

Je crois en la justice réparatrice et aimerais que notre société voie les criminels ou les délinquants comme des âmes de Dieu pour lesquelles une rédemption est possible, et non pas comme des bannis à corriger et laisser croupir dans des prisons où ils se puniront les uns les autres, perdant un peu plus en humanité à chaque fois ; je crois qu’il faut se demander comment les aider et non comment les punir ou venger leurs victimes. Pour autant, je ne crois pas au laxisme judiciaire, je crois en une fermeté animée par l’amour ; il faut faire ce qui est utile et ce qui fonctionne. L’autorité est nécessaire, y compris pour tirer une personne vers le haut, et l’incapacité à faire preuve de cette vertu est une grave faiblesse.

Je pense qu’il faut être prudents et très fermes au sujet de l’intégrisme religieux et des tentatives actuelles de noyauter notre liberté durement acquise et exemplaire. Pour autant, je considère que l’essentialisme est le début du fascisme, et qu’il est complètement à côté de la plaque de s’adonner à la stigmatisation, de penser que tout croyant est une bombe à retardement n’attendant que d’exploser, de voir en une communauté croyante une masse informe et monolithique en ne la réduisant qu’à des textes religieux que presque plus aucun croyant ne respecte dans son intégralité tant ils sont contextuels et obsolètes ; la plupart des croyants n’aspire qu’à vivre en paix et je crois profondément au pouvoir de l’éducation : plus les gens sont instruits, plus ils pensent par eux-mêmes, dépassant les dogmes déjà construits. Surtout à une époque comme la nôtre où tant de connaissances sont disponibles. Plutôt que de pleurer le niveau d’évolution de certaines personnes, demandons-nous comment nous pouvons les amener à s’améliorer, car c’est là notre vocation humaine. En revanche, il faut être d’une fermeté absolue sur le respect de nos valeurs et cesser de fermer les yeux quand elles ne sont pas respectées, ce que tant de personnes ont fait ces dernières anneés, lâchement.

Je crois en la nature, je crois en ses règles et en son rythme. Je pense que la nature a vocation à être transcendée : c’est-à-dire qu’il faut la dépasser tout en respectant ses lois fondamentales. Je ne suis donc pas pour le retour à la chandelle, même si je pense qu’il est très bien de savoir faire retraite de temps en temps, pour retrouver le silence et le sauvage, et que je confesse une nature de moine. Oui, je pense que l’humain a vocation à transformer, civiliser, aller sur Mars et visiter tout ce qui lui est possible de visiter. Tout en s’inscrivant dans des lois éternelles et tout en respectant la vie sauvage.

Je suis presque vegane (je consomme encore du miel, des oeufs ou des fruits de mer), et ce depuis mes 17 ans (2009), avec une interruption de quelques années (2016, 2017). Je suis à dominante crudivore et je reviendrai sans doute un jour au crudivorisme total. Je crois que l’être humain a évolué – physiquement, spirituellement, vibratoirement – pour dépasser le besoin de viande, même si je respecte le choix de ceux qui en mangent encore. Je suis pour le respect du vivant tout entier, de la bête à la plante, en passant par l’eau. Tout ce qui est vie doit être aimé, et utilisé avec la plus grande conscience. Pour autant, je crois en une hiérarchie dont l’homme est le maître : il n’est pas supérieur à proprement parler, mais plus évolué, et il a développé la conscience, le mental et la vocation alchimique à transformer, améliorer, embellir, faire fructifier son environnement. Ce qui ne signifie absolument pas qu’il doive se servir de ce pouvoir pour faire n’importe quoi : au contraire, le pouvoir s’accompagne de la responsabilité, et la transformation doit se faire avec amour. Le permaculture et la biodynamie ont tout mon intérêt.
Je crois aux médecines alternatives, à l’importance de l’alimentation, de l’invisible, du spirituel, sur la santé physique et mentale. Je crois que tout est énergie, amour, vibration, expression divine. J’aimerais que les médecines – alternatives et traditionnelles – se réunissent un jour pour n’en former qu’une.

Je crois au partage des richesses. Les humains vivent dans un état d’interdépendance et le monde est une famille élargie. La vocation de l’homme n’est pas seulement de s’aider soi mais aussi d’aider les autres. Pour autant, je ne suis pas égalitariste, mais karmiste, et je ne vois pas dans le drame humain et l’inégalité quelque chose d’insurmontable ou d’insupportable : ce n’est pour moi qu’un état transitoire ; ma foi m’explique les choses.

Je crois que l’école actuelle est une machine à broyer et qu’il faut y enseigner la compassion, le respect du vivant, la liberté d’être soi… mais aussi la fermeté, la discipline, l’intégrité, le respect de l’autorité quand elle est juste. Je crois qu’il faut apprendre aux enfants à être eux-mêmes et autonomes tout en leur apprenant à être humbles, travailleurs et respectueux de ce qui doit l’être. Je crois que l’état de l’éducation est actuellement catastrophique (du moins en France) et que l’école doit de toute urgence retrouver sa vocation à transmettre des savoirs solides, construire des citoyens forts, libres, éclairés, et capables de penser par eux-mêmes. Je crois que nous surprotégeons trop les enfants et qu’il faut arrêter de projeter sur eux des peurs d’adultes, peurs qui constituent le cache-sexe d’une possessivité qui ne dit pas son nom, qui se croit altruiste quand elle cherche simplement à contrôler l’autre et l’image qu’elle se fait de lui, voyant en l’enfant un prolongement de soi qui ne doit jamais se blesser, ni commettre d’erreurs ou porter de cicatrice.

J’assume ma part irrationnelle et poétique dans la vie et je pense qu’il faut arrêter de rendre des comptes aux scientistes qui veulent tout expliquer et réduire l’infini cosmique à des chiffres et des savoirs qui sont encore incomplets et partiels (l’être humain ne sait pas encore tout) ; il faut cesser d’aller sur leur terrain comme si c’était le seul. Parfois, avant de savoir, et de pouvoir expliquer, on pressent. C’est ma part féminine, je la chéris et l’assume. Le féminin a aussi sa place dans notre monde.

Je crois que l’humain doit être tiré vers le haut et non conforté dans ses croyances les plus basses ; que l’altruisme et l’amour bien compris – c’est-à-dire lucides, forts, non dévoyés par la niaiserie, l’aveuglement, la faiblesse, l’ego – constituent la plus précieuse des ressources.

Je suis pour certaines choses, contre d’autres (même si j’ai horreur du terme “contre”, pourtant utilisé à loisir dans ce texte par commodité), et je compte bien parler librement de tout cela. Mais je n’impose en aucun cas mes vues aux autres et je crois profondément en la liberté. D’expression, d’action, de pensée. Car elle est l’émanation du divin et que les actes qui en résultent, aussi imparfaits soient-ils, sont au final une manifestation de l’ordre des choses et de l’état karmique du monde. Par ailleurs, la liberté d’expression est pour moi l’un des grands combats qui attendent d’être menés aujourd’hui.

Je suis passionnée par la musique, la poésie, la psyché, la spiritualité, le paranormal, l’occultisme, le mysticisme, l’ésotérisme, l’astrologie, la nature, la vie animale, l’amour, l’anthropologie, le voyage, les étoiles, la santé, et j’adore me baigner nue à l’aube et au crépuscule dans des rivières cernées de montagnes rocheuses lorsque la vie me le permet.

Je suis née le 28 décembre 1991, à 1h57 ou 58 du matin, dans une ville nommée Sucy-en-Brie (94).

Je porte bien mon prénom : il provient du masculin « Altan », qui signifie « aube rouge » en turc (pour répondre à cette question revenue mille fois). Prénom auquel mes parents – certains au départ que j’allais être un garçon – ont finalement rajouté un « a ».

Je suis d’origine balkanique, par mes deux parents, pour répondre à une autre question revenant souvent dans ma vie. Ces derniers viennent d’une minorité musulmane du sud du Montenegro, à la frontière albanaise.
Selon un test ADN, j’appartiens à l’haplogroupe de référence H7g, qui désigne les Carpatho-Rusyn (“Ruthènes des Carpates”), un groupe originaire des Carpates (et précisément d’une région correspondant à l’actuelle Ukraine, Slovaquie, Pologne, Mer Noire…) et d’une partie des Balkans nommée la Pannonie ; d’après de nombreuses hypothèses, cette population aurait pour ancêtres des Russes, ou des Eurasiens, ou des Croates, ou des Valaques, on ne sait pas trop.
Ce qui n’est guère étonnant pour moi, qui me suis toujours sentie profondément slave dans l’âme, pas seulement physiquement, tout en ayant conscience que ce n’est qu’un tempérament, une richesse et non une limitation, et que ces tests sont faillibles et partiels.
Selon ce même test,
Mes origines plus lointaines remontent au Caucase, à l’Egypte et au Proche-Orient (« Croissant Fertile » ; actuelle Syrie, Irak, etc).
Mes origines récentes se trouvent en Europe du Sud-Est (selon l’étude, cette zone géographique recouvre les Balkans – l’ex-Yougoslavie, l’Albanie, la Grèce, la Bulgarie, la Mer Noire, etc), en Europe de l’Est (pays slaves, en somme), en Suède et dans les îles Britanniques (Irlande précisément).
J’aime le Brésil et l’Iran, dont je chéris la culture et veux apprendre les langues, et je crois avoir été de ces pays dans une autre vie.

Par dessus-tout, je suis une âme animée par la foi, en quête d’absolu et de vérité, et c’est sans doute ce qui me caractérise le mieux. Je n’appartiens à personne. Je me donne le droit de me perdre et de me retrouver, de brûler tout ce en quoi je croyais et de recommencer à zéro, si c’est là que se trouve l’absolu. Quand quelque chose doit mourir, je ne suis pas de ceux qui hésitent à mettre le doigt sur la gâchette.

J’écris depuis mes 17 ans (2009) un roman dans lequel je développe l’ensemble de ces idées auxquelles je crois. Idées dont l’essentiel du terreau était constitué avant mes 20 ans, mais que j’ai approfondies et enrichies durant ma vingtaine, parfois dans la douleur, souvent dans l’erreur, toujours dans la foi. Ces années m’ont été nécessaires pour me construire et me trouver. Il me faudra peut-être encore d’un à trois ans pour terminer cet ouvrage qui m’a demandé un travail de chaque instant, colossal et sacrificiel.

Certains d’entre vous auront lu tout cela et auront compris qui je suis, ce que cela veut dire, compris qu’on peut être tout cela à la fois, et dans quelle mesure. D’autres, de nature plus binaire et moins complexe, auront haussé les épaules, n’y voyant qu’un mélange informe : « ça veut tout dire et ça veut rien dire ».

En définitive, comme dirait Nietzsche : « Malheur à moi, je suis nuances ».

Il y aura forcément des gens qui ne comprendront pas cet infini qui se joue en moi, et ma nature neptuno-uranienne. J’y suis très habituée, par ailleurs. Je ne prends rien personnellement : toutes les ressources se trouvent en moi-même, je suis un organisme auto-suffisant.

Tant mieux si vous comprenez, tant pis si vous ne comprenez pas. Je cherche à m’exprimer et si j’aime l’idée de me faire comprendre, je ne suis attachée à rien et ne cherche pas à être aimée des autres.
J’offre mes mots, mes idées, ma poésie, mon savoir, comme une offrande : sans rien attendre en retour.



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Une bonne idée : les patrons laissent les clés de leurs bureaux aux sans-abris le soir et le week-end

À défaut d’avoir un État qui fasse de la pauvreté une réelle priorité, chacun peut agir à sa manière.

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Plot twist

Tout ce qui doit être dit sera dit, en temps et en heure, et de la meilleure des manières.

Ce qui compte, ce n’est pas de tirer le premier mais le dernier.

Et de viser le coeur.

♑︎

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Le solstice du siècle



Demain, 21 décembre 2020, c’est le solstice d’hiver. Plus encore, c’est aussi le jour d’une conjonction historique entre Saturne et Jupiter, qui ne se sont pas rencontrés aussi étroitement depuis… 800 ans* ! Le moment sera historique.

En effet, durant un solstice – d’hiver ou d’été -, un véritable portail invisible s’ouvre ; la réceptivité et le pouvoir de chacun à communiquer avec l’univers et l’au-delà se trouvent alors décuplés.

La rencontre exceptionnelle, le même jour, des plus grandes planètes de notre système solaire, Saturne (planète de la Loi, du temps, du karma, de la cristallisation) et Jupiter (planète de l’abondance et de l’optimisme, exagérant tout ce qu’elle touche), amplifie l’importance de ce solstice, en plus de suggérer par sa rareté un véritable changement d’ère.

Ne perdez donc pas l’occasion de faire un rituel, de méditer, de prier, de visualiser, de vous purger, de demander lumière et guérison, d’oser l’espoir, de pardonner aux autres ainsi qu’à vous-mêmes, de réfléchir à ce que vous êtes et à ce que vous pouvez faire pour vous améliorer, de faire votre examen de conscience, d’émettre voeux et intentions pour les temps à venir ; enfin, d’aider vos ancêtres ou proches défunts qui seraient coincés dans l’astral à passer de l’autre côté par la pensée et le rituel. Donnez-leur de l’énergie et de l’amour.

Faites un grand nettoyage, effectuez des sacrifices symboliques, enfilez votre plus doux et beau vêtement, entourez-vous de musique et de fleurs, brûlez des bâtons et des plantes**, enivrez-vous du sentiment d’être en vie, consumez ce qui est mort et ancien et accueillez l’avenir. Ce sera le moment idéal. Ne ratez pas cette précieuse fenêtre.

Votre pouvoir de manifestation sera accru : faites-en bon usage et demandez-vous comment progresser et apporter Amour et secours au monde autour de vous. Cela commence en vous-mêmes. Osez vous aimer. Osez vous transformer.

La conjonction aura lieu ce lundi – jour lunaire – 21 décembre 2020 à 19h22, mais les occultistes savent que l’aube la plus nouvelle, l’instant de grâce juste avant le lever du jour, où tout est suspendu dans le silence et l’éternité, constitue le moment le plus puissant pour un rituel et une méditation. Ne vous en privez pas, quitte à refaire un rituel le soir venu. Le lendemain, 22 décembre, très tôt, sera aussi bénéfique. Si pour vous, le terme d’aube est trop vaste, référez-vous aux heures de prières musulmanes : c’est l’heure de la toute première prière. La lune sera en Poissons, dernier signe du zodiaque symbolisant la fin du cycle ; d’élément eau, hautement réceptif, le Poissons est lié au mysticisme, à l’intuition, à la dissolution de l’ego dans le grand Tout, à l’amour divin : il est peu dire que cet espace temporel sera l’occasion de s’ouvrir à sa part de Dieu, d’amour, de don et de pardon. La lune sera en premier quartier, période de dynamisme où il est bon de se débarrasser de l’ancien et de se faire plus léger.

« En réalité, ce rapprochement a lieu environ tous les 20 ans, mais il n’avait pas été aussi serré depuis…l’an 1623 ! Et pour retrouver des conditions d’observation similaires à celles de 2020, il faut même remonter en 1226. Les conjonctions entre les astres, dont la Lune, sont fréquentes, mais si celle-ci est surnommée « Grande » conjonction, c’est parce qu’elle concerne les deux plus grosses planètes de notre Système solaire. ». Science & Vie.

**Je n’ai pas l’habitude de faire de la publicité ici, mais j’aimerais recommander LunarAltar, une adorable petite boutique locale qui vend toutes sortes de produits sur Etsy, y compris des bâtons fumigation de très grande qualité, faits avec le coeur, et incroyablement mignons.



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La saison des oiseaux a commencé !

La saison froide a commencé : n’oubliez pas de mettre de l’eau et des graines sur vos fenêtres ou dans vos jardins pour les oiseaux ! Et ce jusqu’au retour des beaux jours.


Alimentation :

– Des graines, surtout de tournesol, de l’avoine, des céréales comme l’orge, des boules de graisse, des amandes ou des noix, des fruits (pommes, poires, baies, raisin, …), des insectes séchés, des aliments riches (notamment en lipides) afin que les oiseaux puissent passer l’hiver (80% des passereaux n’y survivent pas…).

Pas de sel, de charcuterie, de produits laitiers, de riz cru, pas de graines de lin ou de ricin, pas de noix de coco séchée : ils peuvent tuer les oiseaux ! Pas d’asticots, dangereux également.

De l’eau, changée chaque jour (dans une coupelle lavée régulièrement).
Contrairement à la nourriture, l’eau doit être donnée toute l’année, surtout en période de canicule ou de fortes chaleurs.


***

– Si vous avez de l’espace ou un jardin, un abreuvoir assez grand pour qu’ils puissent aussi faire leur toilette (essentiel pour des raisons d’hygiène, mais aussi pour qu’ils puissent voler correctement !).
En hiver, on essaie de mettre l’eau au soleil pour qu’elle ne gèle pas.
En été, à l’inverse, on met l’eau dans un coin d’ombre lorsque c’est possible.

– Ceux qui le peuvent (qui ont un jardin, peuvent installer plusieurs mangeoires, etc), prévoyez une mangeoire destinée aux petits oiseaux (avec une petite ouverture généralement) afin que les grands oiseaux ne monopolisent pas toute la nourriture et que les petits oiseaux puissent aussi se nourrir.

– Il faut nourrir les oiseaux avec continuité, chaque jour (tôt le matin et le soir de préférence) : une fois qu’ils comptent sur vous, ils sont constants… ne les abandonnez pas !

– Il faudra cesser de nourrir les oiseaux au retour du printemps : progressivement, afin qu’ils comprennent et s’adaptent ; cet arrêt du nourrissage est nécessaire pour qu’ils ne deviennent pas dépendants, que la chaîne alimentaire et l’écosystème ne soient pas perturbés. Surtout, les oiseaux entrent alors en période de reproduction. Les oisillons en pleine croissance doivent recevoir beaucoup de protéines (insectes chassés par leurs parents ; se reposer sur les graines de tournesol serait insuffisant pour eux) et les jeunes oiseaux devront apprendre à se nourrir par eux-mêmes. Il y a de beaucoup d’autres raisons très importantes…

– Mettez abreuvoirs et mangeoires hors de portée des prédateurs (chats, etc), autant que possible.

– On considère que les oiseaux doivent être nourris dès l’arrivée du gel (en général, vers fin octobre, début novembre) jusqu’aux beaux jours (fin mars semble faire consensus). Il faut bien sûr s’adapter aux températures du moment.

Bien qu’il existe encore des divergences de points de vue (quelques rares spécialistes estiment qu’il ne faut jamais nourrir les oiseaux, même en hiver ; ce n’est toutefois pas l’avis de la majorité d’entre eux) cette méthode est celle qui fait le plus consensus.

De nombreux sites comme celui de la LPO vous donneront de plus amples renseignements.

Piou piou !

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Du courage et de la liberté (Samuel Paty)

Les vrais esprits pacifiques ne sont pas ceux qui, face à une menace avérée, vont jusqu’à se vautrer pour espérer qu’on leur laisse la paix*, mais ceux qui sont prêts à affronter le conflit pour la défendre.

Les lâches, les hypocrites, les clientélistes plus préoccupés par leur ascension sociale que par la vérité, qui se sont planqués durant des années derrière un pseudo-pacifisme de façade pour ne pas voir en face la réalité des enjeux, ne sont pas des pacifistes mais des couilles-molles avec du sang sur les mains.

Ce sont justement eux qui nous mènent à la violence, pas ceux qui ont osé établir depuis des années les constats les plus justes et les plus évidents, quitte à être ridiculisés, lynchés, bannis, montrés du doigt. Au contraire, bien des experts et diseurs de vérité auraient pu être les vrais garants de la paix si la société avait daigné sortir de son rêve narcissique pour écouter leur parole.

Que ces couilles-molles – à la faveur des tristes évènements survenus ces dernières années – rejoignent progressivement et un peu tard le train en marche du réalisme face aux enjeux du terrorisme islamiste, par opportunisme ou par obligation, après avoir craché sur tous ceux qui étaient dedans… après tout, mieux vaut tard que jamais.
Mais qu’ils cherchent encore aujourd’hui à accuser, évincer, cracher sur ceux qui ont osé dire la vérité en les désignant comme la cause de ce qui est arrivé ou en les présentant comme le réel danger, et ce pour tenter de se donner le beau rôle et réparer leur image en miettes, voilà qui est très fort.

Ces gens, s’ils ont encore un honneur, devraient plutôt faire leur mea-culpa et tirer – maintenant que l’état du monde les a violemment obligés à recouvrer la raison – toutes les leçons qui s’imposent, au lieu d’essayer d' »en être », par tous les moyens, tout le temps, au lieu d’essayer d’effacer les visages de tous ceux qui ont eu plus de courage qu’eux, pour faire oublier qu’ils ont laissé faire.

Ils feraient mieux de se racheter une conduite et mettre tous leurs efforts au service de la justice, de la vérité, de la liberté, au lieu de les employer à préserver leur statue croulante et leur égo blessé de ne pas avoir été dans le bon camp.

On n’oubliera pas que le pauvre Samuel Paty a été décapité grâce à nos plus respectables couilles-molles. Les mêmes qui le pleurent sans doute aujourd’hui l’ont non seulement laissé se faire lyncher par des parents d’élèves, mais ils ont même participé à son lynchage : d’après les informations du Point, Samuel Paty a été désavoué par sa hiérarchie, ses collègues, et il allait être sanctionné par le rectorat, pour avoir montré les fameuses caricatures qui lui ont valu de se faire trancher comme un morceau de bifteck sur du bitume froid. Si cela est avéré, ce n’est ni plus ni moins que de la complicité.

Si c’est bien un islamiste fou qui a commis le geste final et tranché la tête de cet homme, c’est un ensemble d’énergumènes capables de toutes les compromissions qui ont en dernière instance rendu ce geste possible.

Je ne sais pas si ces gens pourtant « respectables » qui ont laissé faire, laissé intimider, laisser tuer, sont sincèrement persuadés du bien fondé de leurs réactions et de leur volonté de ne « pas faire de vagues », quand ces vagues étaient déjà là depuis longtemps.
Si tous les agents (direction, administration, syndicats, collègues) face auxquels Samuel Paty a trouvé porte close lorsqu’il a cherché du soutien après avoir reçu de graves menaces savaient ce qu’ils faisaient et à quoi cela pouvait mener.
Mais je crois personnellement qu’ils ne pouvaient pas ne pas savoir : ils ne sont pas stupides, ils sont éduqués, cultivés, intelligents. Tout adulte sait qu’on ne négocie pas avec un ennemi prêt à tout, on ne négocie pas avec l’intégrisme religieux, sinon c’est la fin. Mon avis c’est que sans doute ces gens voulaient juste gagner un peu de temps, sur le mode « après moi le déluge », en espérant que l’écroulement aurait lieu après eux ; c’est vieux comme le monde. Sans doute voulaient-ils grappiller un peu de paix sociale, recaler l’inévitable conflit ouvert où il s’agirait de rester droit dans ses bottes face à des gens prêts à tout pour obtenir gain de cause, traverser quelques tempêtes, quelques menaces.
Quitte à désavouer Samuel Paty, pour se faire bien voir de ceux dont ils redoutent les attaques.

Mon avis est que ces gens, n’ayant pas le courage de défendre la liberté, préfèrent se cacher derrière des valeurs montées de toute pièces, pour ne pas avoir à se regarder en pensant : « je suis un lâche ».
Ils préfèrent se faire croire que c’est ce qu’ils pensent, qu’il y a des choses qui ne se disent pas, des limites à ne pas dépasser (une simple caricature, un dessin d’enfant constituant cette inacceptable limite), pour ne pas s’admettre qu’ils sont en train d’accepter le pire parce qu’ils tremblent et non parce qu’ils approuvent réellement ce à quoi ils ont laissé le champ libre.

Plutôt que de s’admettre leur peur, ils ont préféré la déguiser en vertu.
Et laisser ceux qui ne mangent pas de ce pain-là leur servir de gilet pare-balles.

En réalité, dans cette histoire comme dans toutes les histoires de ce type, ce qu’il faut observer pour comprendre les mouvements collectifs et la société (sa lâcheté, son aveuglément, sa peur), ce sont avant tout des hommes et des femmes, avec leurs égos, leurs psychologies, leurs manquements, leurs places à sauver, leurs mythes à écrire, leurs couronnes à préserver.
Si on ne comprend pas ça, dans le fond, que le collectif se forge à partir d’une somme d’individus faillibles chacun dévorés par quelque chose et parfois par le pire, alors on ne comprend rien.

Il ne faut pas désespérer du monde. Il ne faut pas non plus le sacraliser et refuser de le tenir pour ce qu’il est au présent.

Il est parfois, même dans ses actes les plus anodins et les plus souriants, même sans le vouloir, capable d’aider à édifier le pire.

L’islamiste fou dont nous aurons demain oublié le nom n’a pas égorgé Samuel Paty tout seul, en vérité. Cet assassinat sauvage est une oeuvre collective, le fruit des compromissions et des passions de chacun ; du recteur qui craint pour sa place au collègue professeur qui veut briller devant la machine à café.

Et c’est ainsi que cet homme a été tué.

Il est mort pour une sordide histoire de couilles molles.

Et le karma collectif de la société toute entière continuera de s’exprimer ainsi, tant que le monde dans lequel nous vivons ne sera pas fait d’hommes libres capables d’aller chercher leur liberté.

Car l’homme incapable de se battre pour sa liberté démontre qu’il n’est pas digne d’elle.

Même si cette liberté nous était donnée demain sur un plateau d’argent, qu’en ferions-nous à part la dilapider et la détruire ?

Le monde est de nature vibratoire et l’on attire ce qui nous ressemble : tout ce qui est plus grand que l’Homme qui le détient ne survit pas longtemps entre ses mains.
Ce n’est qu’en se hissant à la hauteur de sa liberté, en se montrant son égal, comme Samuel Paty a osé le faire un instant, qu’il peut en conquérir les prérogatives.

Cette mort servira, je l’espère, à interroger les individus sur ce qu’ils sont prêts à accepter, sucer, avaler, pour « ne pas faire de vagues ». Les intentions ne valent pas grand chose, surtout quand on sait à quoi nos actes mèneront. Le mal est fait.

Une société saine et heureuse, ce n’est pas une société où on a réussi à élire un bon dirigeant qui aura par sa seule volonté transcendé les médiocrités individuelles de chacun.
Une société saine et heureuse, c’est une société faite d’individus capables de se tenir debout comme les Dieux qu’ils sont. La grandeur, la civilisation et la liberté commencent là. Dans le courage.


*non seulement cela ne marche pas, mais cela produit même l’effet inverse : votre adversaire comprend que vous n’êtes qu’une carpette sur laquelle il pourra s’essuyer les pieds à loisir

Le professeur Samuel Paty, froidement décapité pour avoir montré des caricatures, des dessins d’enfant du prophète Mahomet
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Rêves d’ailleurs (poème)



Je ne peux pas ne pas rêver
A des rêves d’ailleurs
Mon corps est là, prisonnier
Mon coeur est voyageur

Happé tout entier par un horizon prometteur
Meilleur

Je vis pour aujourd’hui, je brûle pour demain
Pour tout ce qui est en fleurs

Une débauche de couleurs
Attend d’être admirée
Par des yeux peu ingrats

Tant de paysages
Attendent d’être fécondés
Par chacun de nos pas

Je peux aimer l’instant
Mais je ne peux pas le figer
Je ne peux pas rêver à des rêves passés

Le vent n’est pas fossile, la mer n’est pas de marbre, fixée dans son azur
Aujourd’hui comme hier, je continue de marcher jusqu’à la rupture

Je continuerai demain de vivre ma vie comme une grande aventure

Les oiseaux sont beaux parce qu’ils volent librement
Ils sont si tristes en cage
Alors dites-moi qui a
Décidé que l’homme
Devait prendre racine dans un seul paysage ?

L’oiseau a des ailes, moi j’ai des jambes longues, des idées court vêtues
Je reprendrai la route demain première heure
En direction d’un nouveau
Paradis perdu

J’irai poser mon pied sur la branche qui craque
Dans le silence des bois
J’irai gagner mon droit d’être libre et vivante
Dans ces paysages fous
Où la nature fait loi

Loin de vos fleuves sales, des poissons à deux sexes, des humains détraqués
Que la vue chaque soir d’un ciel sans étoiles
Ne fait pas frissonner.

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Are Immigrants More Creative?

Avatar de keithsawyerThe Creativity Guru

A provocative claim: in any country, immigrants are statistically more likely to generate exceptionally creative works. There’s a long list of immigrant geniuses: Victor Hugo, W. H. Auden, Vladimir Nabokov, Nikolas Tesla, Marie Curie, Sigmund Freud, Albert Einstein. But single cases don’t make a scientific argument. Do we have any statistical data on this?

Eric Weiner gives us some numbers in today’s Wall Street Journal:

An awful lot of brilliant minds blossomed in alien soil. That is especially true of the U.S., where foreign-born residents account for only 13% of the population but hold nearly a third of all patents and a quarter of all Nobel Prizes awarded to Americans.

Those are some pretty convincing numbers, somewhere between a 12 and 20 percent increase in creativity among immigrants.

Creativity research has the explanation: Psychologists have shown that bigger creative insights result from distant associations–when your mind has many different types…

Voir l’article original 210 mots de plus

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Zuraja (Zouraya) / Je descends de cette femme

Voir légende en bas d’article

Texte de 2017


Elle s’appelait, paraît-il, Zuraja*, ma mère n’est pas très sûre. On ne sait pas grand chose d’elle, si ce n’est qu’elle était très grande et très belle, et qu’elle portait une longue natte noire sur le côté. 

Elle était mariée et avait une petite fille qui devait avoir, selon la cohérence du récit, 7 ou 8 ans, pas moins de 6, pas plus de 10. Zuraja était probablement très jeune, comme souvent les femmes qui n’avaient encore qu’un seul enfant à cette époque. Ma mère pense qu’elle avait à peu près mon âge, la mi-vingtaine, ce qui me semble en effet assez jeune pour le morceau de bravoure et de sang-froid dont elle fut capable. Son mariage était heureux. Son époux travaillait la terre, comme souvent les gens de cette époque. Il avait fait fortune dans la production d’huile d’olive. Cet homme avait un frère, et ce frère était jaloux. Ils étaient tous deux partis avec les mêmes chances, mais l’aîné, armé de son génie et de son sens du commerce, avait su faire fructifier l’héritage familial. Le cadet n’était pas malheureux, il vivait dans l’aisance, mais il avait moins, et surtout, il était second. On prélevait à l’époque un impôt auquel il valait mieux ne pas se soustraire. Les moeurs de l’époque étaient autres et les sanctions en cas de manquement sans appel : on venait vous chercher chez vous, et votre famille n’avait plus jamais de vos nouvelles. On vous jetait dans un cachot ou l’on vous exécutait. Plus probablement les deux, le premier épisode étant prélude au second. 

Un beau jour, durant les récoltes, paraît-il, on est venus chercher le mari de Zuraja pendant qu’il s’occupait de ses champs d’oliviers, un peu plus loin de la maison. 

Il devait être midi, le soleil à son zénith, car c’est l’heure à laquelle sa fille est venue lui apporter son repas. De loin, en s’approchant, elle a aperçu la scène. Les hommes qui embarquaient son père adoré, leurs chevaux, leurs fusils. Vite, elle s’est cachée derrière un arbre. Là, impuissante, elle a assisté au spectacle, dans son habit d’innocence. L’orage passé, les hommes partis, elle a couru jusque chez elle raconter l’histoire à sa mère. 

Zuraja a encaissé la nouvelle mais ne s’est pas effondrée. 

Quelques jours ont passé. L’espoir de revoir un jour son amour, son mari, le père de sa fille, s’amenuisait cruellement à chaque instant. Bien sûr, elle savait qu’elle ne le reverrait jamais vivant. Pas dans cette vie-là. Bien sûr, elle savait aussi d’où ça venait, quelle était la taupe cachée derrière sa perte. Etait-ce une dénonciation mensongère, calomnieuse, comme il y en avait si souvent à cette époque, qu’on ne s’embêtait même pas à vérifier, préférant sortir la mitraille de manière automatique et industrielle, ou de la délation fondée sur un véritable défaut de déclaration ? Car le mari possédait bien de grands réservoirs, de grands silos remplis, on ne sait plus de quelles ressources, mais il s’agissait d’un bien assez conséquent pour l’époque. Les avait-il soustraits à l’impôt ? Peu importe. L’information n’a pas traversé le temps. Toujours est-il qu’il fut, à tort ou à raison, dénoncé par quelqu’un. Et Zuraja savait d’où venait la dénonciation qui lui avait arraché son mari. Alors, elle ne s’est pas effondrée et a préparé son coup. 

Elle a mis sa petite en lieu sûr, là où nulle représaille ne pourrait l’atteindre, et cousu pour elle-même une ceinture dans laquelle elle a dissimulé une rangée bien serrée de Napoléons. Bien serrée, pour que les pièces ne retentissent pas en se cognant les unes contre les autres. Ma mère ne sait s’il s’agissait vraiment de Napoléons ou d’un abus de langage pour désigner des pièces d’or, mais l’aïeule qui leur a transmis cette histoire a utilisé le terme de ‘Napoleoni’. Elle a mis cette ceinture autour de sa taille, autour de sa robe, s’est occupée de deux trois formalités puis a fait appeler son beau-frère qui habitait non loin d’ici. Elle l’attendait sur le pas de la porte lorsqu’il est arrivé, sur son cheval. Il s’est arrêté face à elle. Ils se sont entretenus quelques instants au sujet de son mari. Elle a écouté son char de frère éploré. Bien sûr, il était triste et choqué par ce qui était arrivé à son frère. Bien sûr, il ne comprenait pas du tout ce qui s’était passé et la raison de cet enlèvement très officiel. Bien sûr, il promettait de tout faire pour retrouver le disparu… Bien sûr, elle ne croyait pas un mot de ce qu’il disait. Elle avait entendu assez de conneries, à présent. Alors, simplement, elle a fait ce qu’elle avait prévu depuis le départ : elle s’est saisie de la hache posée près d’elle, contre le mur de la maison, et a fracassé d’un coup d’un seul le crâne de son beau-frère, qui est tombé raide mort de son cheval. Là, sans même rentrer chez elle, Zuraja a enjambé le cadavre de ce rat (respect pour les rats) puis elle est partie. Elle a parcouru des kilomètres entiers sans s’arrêter, tracé tout droit sans véritablement savoir où elle allait, passé des jours sans vraiment boire ni manger, dormant dans les forêts, se lavant dans les ruisseaux qu’elle avait la chance de croiser sur sa route, en bonne fugitive qu’elle était désormais. La plus grande discrétion était de mise : une femme seule et perdue, fuyant on ne sait quoi, allant on ne sait-où, il n’en faudrait pas davantage pour attirer l’attention et éveiller les soupçons. Après quelques jours, elle a tout de même fini par s’arrêter chez un paysan qui lui a offert de quoi boire, de quoi manger. Elle a sorti une pièce de sa ceinture pour le payer puis elle est repartie.Après plusieurs jours de marche encore, elle a fini par arriver dans une petite ville côtière à l’architecture médiévale, un charmant petit village de pêcheurs nommé Ulcinj (Oultsigne). Trouvant la ville accueillante et bénéficiant de la bienveillance d’un couple qui la prit sous son aile, elle est restée, a fait son nid dans ce nouvel arbre puis fait venir sa fille, une fois la situation stabilisée. Elle fut la première de ma lignée à élire domicile dans cette ville qui est devenue, en quelque sorte, le foyer géographique de ma famille maternelle. Jusqu’à aujourd’hui. 

Je descends de cette femme, de cette amazone insoumise en robe de lavandière adriatique, de cette belle fugitive, de cette brune volcanique qui n’a pas accepté l’outrage, a défendu ce qu’elle avait de plus cher, payé le prix de l’exil, fui avec panache et trouvé avec succès une autre terre d’accueil pour sa progéniture. Zuraja était son prénom. Et en sa mémoire, en son nom, je sais qui je suis et ce que je ne dois jamais cesser d’être. 

*Zuraja, se prononce « Zouraya ».

Vidéo : Loli Phabay/Andro Verdan (« la pomme rouge »/ »dans ma caravane »), une superbe chanson tzigane utilisée dans le film « Cigani lete u nebo » (Tzgani lété ou nebo, « Les Tziganes vont au paradis »), d’Emil Loteanu, adaptation d’une nouvelle de Maxim Gorki. Cette chanson est ma madeleine, ma berceuse, me rappelant à mes origines, à mon coeur nomade et sauvage, à ce que je suis intimement, profondément. Et la beauté de Rada, jouée par Svetlana Toma… ténébreuse, insoumise, à l’audace cavalière et à l’envoûtant magnétisme de sorcière, me rappelle le visage de toutes mes ancêtres femmes. Et le charisme romanichel de Zobar… Je crois qu’il n’y a pas une personne, proche ou moins proche, à laquelle je n’ai pas fait découvrir cette chanson.

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