All things must pass, de George Harrison, un classique à réécouter en cette saison du Scorpion

Il n’y a pas de moment pour écouter cet album de George Harrison, All things must pass. C’est un de mes grands essentiels. Mais en cette saison du Scorpion et des feuilles mortes, il semble encore davantage faire corps avec la vérité profonde des éléments, l’environnement, la nature et l’instant. La mort et la renaissance, les métamorphoses, la profondeur des choses derrière les apparences.
Ce n’est guère étonnant si l’on considère que George Harrison était lui-même Ascendant et Lune en Scorpion. Un jour, justice sera faite à ce génie, âme mystique et profonde des Beatles, longtemps resté dans l’ombre du binôme Lennon-McCartney (que la jalousie a conduit à ne pas lui donner trop de place, comme Lennon l’aura lui-même admis plus tard), et qui a pu montrer de quoi il était capable une fois seul. Les chansons les plus élevées, les plus spirituelles du répertoire des Beatles, c’est à lui qu’on les doit. Et je crois que plus ce monde évoluera, y compris spirituellement, plus il sera capable de se défaire des effets de modes et des illusions, plus il sera sensible au génie de cet homme, et à même de reconnaître l’héritage inestimable qu’il a laissé.

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Force aux iraniennes et aux iraniens qui se battent pour leur liberté

Jeunes écolières iraniennes tombant le voile et adressant leur majeur aux représentants du régime.

L’Iran a toujours exercé sur moi une enivrante fascination, au point que je me suis souvent demandé si je n’y avais pas vécu, dans une vie antérieure. D’abord, il y a cette langue allongée, alanguie, s’étalant tout son soûl, comme un chat qui s’étire, comme une femme sensuelle et indocile sur un lit défait, constellée de H qui sont comme les voûtes d’un palais fastueux où se nichent des bassins d’eau pure. Khorassan, Ispahan, le Shah, Kermanshah, Shiraz, Golshifteh, Anousheh.

Et puis, il y a les femmes iraniennes, que j’ai toujours considérées comme les plus belles femmes au monde. Leurs visages nobles, aristocratiques même dans la misère et l’adversité, emplis de la fierté tenace de descendre d’une des plus belles réussites civilisationnelles, la Perse, celle de Rumi, celle de la Conférence des oiseaux, celle de Forough Farrokhzad, celle de Maryam Mirzakhani, celle de Hossein Alizadeh. Leurs traits à l’allure sculpturale, d’une grâce solide qui relève de l’architecture, mâchoires, mentons et nez de marbre exprimant la fougue royale et l’insoumission ; le regard qui recèle mille secrets, prédit l’intelligence et la profondeur, la gravité prompte, tout autant que la plus volcanique intensité ; les arrondis de sensualité extrême, qu’une féminité totale vient parachever jusqu’à l’absolu.
Et lorsque les années passent, elles vieillissent comme des reines conscientes de leur pouvoir, grandes roses dignes qui exhalent dans leur flétrissement leur plus obsédant parfum.

Il suffit pour s’en convaincre de voir Chahdortt Djavann, qui est l’exemple le plus abouti de la femme iranienne. Son rêve (elle a écrit « Bas les voiles ! ») est peut-être en train de se réaliser.
Les iraniens, femmes en tête, mènent à cet instant leur plus grand combat. Les générations se lèvent, dans la solidarité, charriant derrière elles une poésie qui préfigure la victoire. Et partout, comme des fleurs qui se lèvent au soleil, une armée de chevelures nues, en pleine reconquête de leur liberté, fait face aux gardiens rouillés de leurs chaînes quotidiennes. Aucun peuple ne mérite l’esclavage, aucun. Mais aux Iraniens, plus qu’à n’importe quel autre, l’asservissement sied particulièrement mal.
Il offense leur nature profonde, leur grandeur, leur beauté.

Je me souviens encore de ma première année d’études à l’université de Nanterre : c’était en 2011. C’était il y a si longtemps. Un Monsieur d’origine iranienne, Kaveh, attendait à l’endroit où se déversaient les étudiants à la sortie des cours, évangélisant au compte-goutte ceux qui étaient prêts à lui consacrer deux minutes – c’est-à-dire pas grand monde – afin de le laisser raconter son histoire et les horreurs qui avaient lieu dans son pays, dont il était exilé. Il me parlait de la courageuse Maryam Radjavi, voilée pourtant, qui se battait depuis l’étranger et défendait la laïcité, celle que nous prenons chez nous pour un acquis de longue date. Je l’avais écouté. Il m’avait donné un CD, que je possède encore je crois, et de la documentation. Je recevais parfois des appels de leur comité, pour des évènements. Je n’ai pas toujours répondu présente, je n’ai pas toujours pu donner des nouvelles, la vie étant ce qu’elle est, c’est-à-dire un infernal tourbillon qui n’a pas toujours pitié de la condition humaine, mais je ne les ai jamais oubliés. Je ne suis pas certaine de les avoir beaucoup aidés, pas certaine que les quelques argumentaires tenus à mon entourage sceptique, ou à des camarades de classe qui n’en avaient pas grand chose à foutre, aient fait avancer leur cause d’un pouce. Mais je ne les ai jamais oubliés, non, et j’ai toujours gardé dans mon coeur une modeste flamme pour tous ces gens qui, comme eux, ont semé humblement des années durant, sans jamais se décourager, renouvelant à chaque instant de leurs petites mains humaines la possibilité d’une révolution. C’est sans doute un peu sur leurs épaules que se hisse aujourd’hui la jeunesse venue poser, espérons-le, la première pierre d’un nouvel édifice. Je les imagine, aujourd’hui, pleins d’espoir, émus comme devant les vendanges d’une vie.

Ici, je pose cette pensée comme une offrande. Que toutes nos prières, partout dans le monde, convergent vers vous et vous donnent la force – à vous qui en possédez déjà tant – d’écrire votre Histoire. A l’encre de feu.

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La Crimée est ukrainienne (de même que tous les états « séparatistes pro-russes »). Point à la ligne.

Il ne sera jamais inutile de rappeler, encore une fois, que la Crimée, c’est l’Ukraine. Comme le prouvent tous les recensements linguistiques d’avant le XXème siècle, la Crimée a été ukrainienne, avec une majorité écrasante d’ukrainophones, pendant des siècles… avant d’être confisquée par les Russes sous l’URSS, avant que des programmes de russification forcée dans les pays soviétiques ne brouillent les cartes, avant que les Ukrainiens ne soient décimés par le génocide de l’Holodomor et que l’URSS n’envoie des Russes sortis du goulag pour repeupler (et russifier par la même occasion) l’Ukraine.

Le caractère pseudo-russe de la Crimée est donc totalement artificiel, monté de toutes pièces par les Russes et obtenu par la force. Ce qu’il y a de russe aujourd’hui en Ukraine est en grande partie le fruit d’un viol : quand les Russes estiment que certaines zones de l’Ukraine sont russes, qu’ils expliquent donc pourquoi et qu’ils aillent au bout de l’histoire, au lieu de se contenter de babiller que la Crimée est Russe parce qu’elle était soviétique il y a encore quelques décennies. Eux qui sont si fiers d’expliquer qu’il y a beaucoup de russophones et de pro-russes en Crimée, mais aussi dans le Donbass, qu’ils expliquent ce qu’ils ont infligé à l’Ukraine au cours des dernières décennies pour que ce soit le cas.

Imaginons : une femme est violée par un homme. Elle donne naissance à un enfant, qui est le fruit de ce viol, et s’en occupe avec tout l’amour du monde. Bientôt, l’homme qui l’a violée réclame des droits sur cet enfant. Il rameute la foule, et raconte à qui veut l’entendre qu’il est le père de cet enfant… sans jamais expliquer dans quelles conditions s’est faite la fécondation.

Telle est la position délirante de la Russie.

Du reste, même parmi les personnes qui parlent le russe en Ukraine aujourd’hui, beaucoup avaient des ancêtres pourtant ukrainophones, qui ont cessé de parler leur langue par la force, de même que beaucoup de descendants Bretons aujourd’hui en France ne savent plus parler le breton, car on le leur a violemment interdit, et n’en demeurent pas moins des Bretons qui se considèrent comme tels. La majorité russophone de certaines zones ukrainiennes, brandie par la Russie pour justifier son avidité territoriale, est donc un argument bancal : ce n’est pas parce qu’un ukrainien parle le russe, par la force des choses, qu’il souhaite être rattaché à la Russie et à Poutine, ou qu’il s’estime Russe, loin de là. D’ailleurs, même le fait d’être d’origine russe (et pas seulement russophone) n’implique en aucun cas l’adhésion à l’idéologie pro-russe et pro-Poutine. Andreï Kourkov, écrivain ukrainien le plus célèbre au monde, est russe d’origine comme de langage, mais il se considère comme ukrainien, il est fondamentalement contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et c’est un porte-parole fervent de la cause ukrainienne à travers le monde.

La Crimée est historiquement Ukrainienne et appartient à l’Ukraine. Point à la ligne.

Demander à ce qu’elle soit « rendue » à la Russie, et faire reposer les négociations sur cette condition, c’est comme demander à votre voisin de vous « rendre » SA jambe ou SA couille droite : ça ne vous appartient pas pour commencer. Personne n’a à offrir ses couilles à l’adversaire pour obtenir la paix, c’est à Poutine de lâcher les cojones de l’Ukraine et de rentrer dans sa tanière.

Si l’on considère que la terre n’appartient à personne et que les frontières ne sont que des limites transitoires permettant de mieux organiser le monde actuel, alors il fait sens que la Crimée soit en Ukraine. Nulle part ailleurs.



Edit du 19 décembre 2023 : ajout de l’exemple d’Andreï Kourkov.

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La mort d’Elisabeth II sera la plus grande menace pour une royauté obsolète

Les médecins sont inquiets pour l’état de santé de la Reine Elizabeth II. C’est apparemment assez grave pour que le Buckingham Palace aille jusqu’à publier un communiqué à ce sujet, aujourd’hui 8 septembre 2022. Agée de 96 ans, et veuve depuis plus d’un an maintenant, l’horizon de sa mort se concrétise de plus en plus.
Cette dernière doit quant à elle être plutôt franchement inquiète à l’idée de laisser le trône à son guignol de fils Charles…

Un type sans doute drôle, qui aime la nature et faire pousser des tomates, écolo avant l’heure, pas une mauvaise graine en somme, lui aussi sacrifié comme sa défunte épouse Diana – à laquelle il fut marié de force – à l’exigence de la royauté, ce qu’on oublie trop souvent. Mais peut-être un peu lâche et sans grande stature, coupable d’être à jamais aux yeux des gens celui qui a trompé sa femme et n’a pas su la protéger. Etre soumis et ne pas savoir protéger : crime des crimes. Pour un homme, déjà. Et plus encore, pour un Roi.

Si la Couronne pouvait sauter une génération et passer directement à William, et Kate indirectement, la royauté britannique pourrait plus facilement prétendre survivre encore quelques temps, si l’on considère le grand capital sympathie de ce couple, perçu comme moderne, discret, honnête et relativement les pieds sur terre. Sans compter que William est en plus le fils de Diana, – c’est-à-dire pas n’importe qui, une femme ayant suscité un élan affectif d’une intensité rare – et il reste à jamais pour beaucoup ce jeune adolescent timide et beau comme un champ de blés, fauché trop tôt par le décès de sa mère, marchant derrière son cercueil devant des millions de gens, l’air sérieux, abdiquant une part de son enfance et de son intimité sur l’autel du devoir de représentation médiatique.

La royauté est déjà en soi un système obsolète qui se maintient cahin caha, dans une société où le pouvoir s’éparpille et se partage de plus en plus, où il s’acquiert surtout, et où plus personne ne veut vivre à l’ombre de souverains indéboulonnables. Or, aucune faute n’est permise à un système obsolète : la moindre erreur signe son écroulement.

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L’amour de Dieu (poème)

Migratory birds in Mumbai



Vivent comme des rois tous ceux qui savent
S’aimer comme des pauvres
Ceux qui boivent l’eau à sa source
Et viennent assouvir leur appétit à la mamelle du jour
Un vent joyeux les porte
Qui se nomme l’amour
Ils savent être des feuilles mortes
S’en allant où la nécessité du destin les amène
Sans autre prétention
Que d’être des travées de fleurs
Offertes aux caprices de ceux qui les cueilleront
Et qui ploient sous la tendre faux
Des écureuils et des oiseaux

La vie, elle leur suffit
Comme le bonheur simple
De n’être là qu’un fruit
Pour tous les affamés

De n’être là qu’un puits
Pour tous les assoiffés

De n’être là qu’une ombre
Pour tous les éprouvés

C’est Dieu lui-même en costume d’humanité
Tu hi tu nazar aaye* (too hee too nazer ayé)

Comme une terre immense embrassée de soleil
Sur laquelle triomphe l’aube après la nuit
Ils sont cette bonté qui n’a jamais sommeil
Et qui vient se livrer à chaque instant de pluie

Comme l’arbre patient qui déborde d’oiseaux
Et dont l’homme a meurtri tant de fois la forêt
Mais qui étend toujours dans un élan secret
Ses branches pour donner la faveur du repos

Comme l’humble maison aux fenêtres rieuses
Dont toutes les lumières sont toujours allumées
Un vallon à la rivière presque moqueuse
Qui rigole un instant pour mieux vous enlacer

Source jamais tarie, offerte à toutes bouches
Les propres comme les sales aux chicots pourries
Femme aux courbes glorieuses, qui permet qu’on la touche
Et qui donne le sein à tous ceux qu’on renie

Leur vie c’est d’être
La graine jetée aux moineaux
La lampe discrète accompagnant les soirs
Qu’on allume avant de raconter nos histoires
Qui éclaircit nos vies, mais sans se laisser voir

Trouvant dans la joie des autres
Leur unique couronne
Leur amour est un vœu
Tous les jours exaucé
Une bouche qui offre, un regard qui pardonne
Une main qui soulage nos genoux blessés

Ils sont la joie folle et la folie la plus sage
L’étreinte qu’on donne les jours de grand orage
À l’enfant craintif, au chaton terrifié
Un instant de miracle et leurs pleurs ont cessé

Dans leur sourire confiant où se lit la justice
La force sans orgueil, l’empathie sans faiblesse
Rayonne une vertu qui démode le vice
L’air du temps fane un jour, et pour eux rien ne presse

Ils ont toutes les vertus les plus opposées
Leur cœur a toutes les pièces de l’échiquier
Le dévouement et la tendresse d’une mère
L’épaule et le courage rassurant d’un père

Ils sont le meilleur et de la femme et de l’homme
Soupe chaude pour les mendiants que nous sommes
Vin de gaieté qui réchauffe tous les hivers
Et fait de chaque larme une grande rivière

La tristesse devient un beau jour un poème
Et la douleur vestige du lointain passé
Sous le geste et l’amour de ces humbles qui sèment
À chaque heure du jour, avec le dos courbé

Il y a toujours à boire et toujours à manger
Dans leur cœur grand ouvert comme un banquet d’été
Une miche de pain discrètement posée
Devant la porte d’une maison délaissée

Nous sommes tous un peu comme des orphelins
Dérivant sur un fleuve, seuls et abandonnés ;
Et blottis désormais dans un nouveau destin
Depuis que leurs bras sont venus pour nous chercher

On se sent bien stupides pour tous nos péchés
On voudrait leur plaire
Oubliant un instant
Que ces gens
Ne savent qu’aimer
De toute manière
D’un amour transparent

Et leur amour n’exige que de se donner
Il n’attend rien cependant il espère tout
Que la paix nous recueille, que le sort nous soit doux
Comme un été de sieste sous un olivier

Rois sans nulle couronne, au plus grand des royaumes
Âmes sans autre trésor que leur tendre paume
Offerte au voyageur et à l’homme de peu
Ce sont leurs doigts qui peignent le bleu de nos cieux

Ils avancent sans cour, et les yeux dans les yeux,
Ceux qui comme des colombes
Portent la bonne nouvelle
Qu’est l’amour de Dieu



*Tu hi tu nazar aaye, chanson dévotionnelle hindoue, qui m’a beaucoup accompagnée. « Tu es vu ».

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Et caetera… (poème)

Béatrice Dalle, 37°2 le matin

Dans ma robe sans pitié, d’un rouge d’alarme
Comme un cabriolet écrasé de soleil
Je m’assois et je bois ; je me lève et je paie
Après avoir étalé sans gêne mes charmes

Dans les cafés bondés asphyxiés de chaleur
Où les ventilateurs y vont de leur musique
Les faïences se heurtent ; un boucan romantique
À peine couvert par des chansons sans valeur

Les serveurs affairés prennent leurs bénéfices
Les jolies femmes recueillent leurs avantages
La facture est salée : mon cœur a mille ans d’âge
Et le sang qui l’irrigue a une odeur d’hospice

La vie est plus facile, comme le désespoir
Dans ces mois fatidiques où la joie règne en maître
Et quand il fera noir
Je me pendrai peut-être

À quelques heures d’ici, en heures d’aéroport
Les vagues revenantes se livrent à l’encore
Près des plages aux couleurs de cartes postales
Bonus les vacanciers et leurs ardeurs létales

Et moi, je n’ai ni la mer ni toi
C’est le mois d’août et j’ai froid
Il m’aurait fallu tes bras
Envie de rien sauf de ça

Quelle heure il est, je ne sais pas
Quel temps il fait, je ne sais pas
Beau jour pour se tuer, n’est-ce pas
Tu aurais pu me sauver, je crois

L’amour, c’est vrai, n’a pas de loi
À ce jeu-là tu es le roi
Oui je vais mal ne t’en fais pas
Sois courageux, pour une fois
Suicide-moi

La blonde de la dernière fois
Celle qui te parlait tout bas
Qu’est-ce qu’elle avait de plus que moi
Peut-être toi ?
Et cætera…

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Le scandale autour de la naturopathe Irène Grosjean déshonore le débat public


Je suis absolument dégoûtée et ulcérée par le comportement putassier et sans scrupules de certains journalistes, dénués de la morale la plus élémentaire et prêts à vendre père et mère pour quelques clics.

Ces jours-ci, on peut lire sur internet : « Doctolib suspend 17 profils liés à la naturopathe Irène Grosjean, accusée d’attouchements sur mineurs », « Une naturopathe qui promeut l’agression sexuelle sur des enfants suscite l’indignation ».

En somme et à première vue, des accusations extrêmement graves, choquantes et sans équivoque, qui suggèrent que la petite dame de 92 ans est pédophile, ou défend la pédophilie, crime parmi les crimes. 

En réalité, une lecture plus attentive de ces articles nous apprend que la pauvre Irène Grosjean recommande simplement les bains de Louis Kuhne, ce que nous appelons en France les « bains dérivatifs », déterrés et enseignés notamment par la scientifique et navigatrice France Guillain.

Le bain dérivatif, technique ancestrale utilisée par de nombreux peuples, consiste à se frictionner l’entrejambe avec de l’eau fraîche tout en maintenant le reste du corps au chaud, afin de reproduire sur l’organisme les effets de la marche nu dans un pays chaud, condition originelle de l’homme. 
Ce, afin d’activer la motilité des intestins et des fascias – dont le rôle essentiel dans la santé humaine est de plus en plus mis en avant ces dernières années par la science – et de débarrasser l’organisme de ses déchets et inflammations, guérissant en conséquence tout un tas de petits et grands bobos.
Je parlerai sans doute dans un article futur de cette méthode, dont je suis une convaincue depuis plus de 10 ans ; par ailleurs, un simple tour sur les forums en ligne permet de se rendre compte qu’elle a aidé beaucoup de gens.

Le scandale vient ici plus précisément du fait qu’Irène Grosjean a préconisé cette méthode pour les bébés, afin de faire redescendre leur fièvre (je la crois volontiers : je fais passer une migraine avec un bain dérivatif en 10 minutes. C’est plus rapide – et plus sain – qu’un doliprane !). Cela lui a donc valu, par amalgame, l’accusation douteuse, injuste et dégoûtante d’attouchements, ou d’incitation aux attouchements, de la part de nombreux internautes, personnalités de Twitter, et surtout journalistes à qui je ne ferai pas la moindre publicité en les citant – ce qui est peut-être une erreur, compte tenu du fait que ces derniers n’ont pas hésité à jeter en pature une dame de 92 ans pour faire du buzz. 

Précisons d’abord que le bain dérivatif a vocation à être pratiqué seul (sauf entre adultes consentants, si vous y tenez et que c’est vraiment votre délire). En aucun cas un adulte ne doit « frictionner » un enfant. Dès lors que ce dernier est en âge de faire sa toilette par lui-même et n’a plus besoin d’être aidé… alors il n’a besoin de personne pour faire le bain dérivatif !
Dans la présente situation, la recommandation d’Irène Grosjean s’adresse uniquement aux nourrissons, qui ne peuvent effectivement pas se frictionner tout seuls. 

Si c’est cela qui provoque une telle vague d’indignation, et de si graves accusations de pédophilie, alors il est bon de rappeler qu’à cet âge, un bébé ne peut pas non plus s’essuyer ou se laver tout seul. Selon la grille de lecture tout à fait originale de ces individus qui ont le scandale facile, ceux qui torchent le cul de leur nouveau-né de 6 mois ou lui essuient les parties génitales seraient donc en train de pratiquer… des attouchements ! Pour suivre cette logique, il faudrait laisser le dit nouveau-né en parfaite autonomie, patauger dans sa merde, et puis éviter de lui donner le sein si possible (sait-on jamais si sa sorcière de mère ne serait pas sexuellement excitée par l’acte). 

Dans le fond, on pourrait même arguer que seul un cerveau malade est capable d’avoir l’esprit si mal placé et s’imaginer prendre un quelconque plaisir à frictionner l’entrejambe d’un nouveau-né, au point de projeter sur les autres des intentions pédophiles. Mais passons.

Qu’il y ait hélas dans notre société des individus pédophiles, c’est un fait. On peut tout à fait comprendre le besoin de prendre des précautions ou de redoubler de zèle afin de protéger les enfants. Mais cela n’interdit pas un minimum de déontologie et de sens moral, d’honnêteté dans le jugement et le choix des mots employés. Cela n’autorise pas à dire tout et n’importe quoi au sujet d’un individu, même sous couvert de bonnes intentions.

Par ailleurs, comme dit précédemment, si le bain dérivatif pratiqué sur un bébé est un attouchement, alors nettoyer les fesses d’un nouveau-né l’est aussi : cette logique préventive est donc sans fin. 

Que certains aient une dent contre la médecine dite alternative et qu’ils aient envie de l’exprimer, ça les regarde, c’est leur droit. Mais un minimum de bonne foi, de droiture face à l’adversaire, de dignité dans le choix des arguments, ne serait pas de trop. Mener une guerre propre, en somme, au lieu de se comporter comme des rats (et respect pour les rats). Car les gens ne sont pas dupes : plus qu’Irène Grosjean, c’est eux-mêmes, leur profession et le débat public que ces personnes déshonorent. Ce qui est précisément l’une des raisons pour lesquelles les citoyens se méfient de plus en plus des journalistes et des discours officiels, du reste.

Jeter en pature une dame de 92 ans, l’accuser gratuitement de pédophilie, non, vraiment, ça ne passe pas. Pour rester dans le registre pipi-caca, il va falloir mettre un jour le nez dans leur merde à tous ces journalistes ou internautes narcissiques qui, parce qu’ils se croient les défenseurs suprêmes du bien, parce qu’ils se croient les élus dynamiques qui font avancer la société dans le bon sens, se donnent le droit de jeter leur venin et leur mépris sur ce qui sort des clous de leur idéologie rationaliste, d’attenter à la dignité des autres avec des accusations diffamatoires qui leur permettent également au passage de vernir de vertu leur image sociale et de gratter du clic, à peu de frais. 

Du reste, le réflexe immédiat et pavlovien de critique, de dédain et de moquerie qui est celui de ces gens face aux médecines alternatives, leur usage de méthodes déloyales, mesquines, dégradantes, les place à rebours de tout esprit scientifique, contrairement à ce qu’ils croient et revendiquent. En effet, la qualité première d’un scientifique, c’est l’humilité. Face à une hypothèse, même farfelue, un scientifique digne de ce nom ne se moque pas, ne se ferme pas comme une huître. Il pense plutôt : « je vais me renseigner », « je ne pense pas mais je peux me tromper », « je ne suis pas d’accord ». En d’autres termes, il ouvre ses horizons au lieu de les fermer, admet les possibilités infinies qui régissent l’existence et la petitesse de son savoir face à l’immensité de la connaissance qui reste à découvrir. Réagir immédiatement par la moquerie et l’indignation sur un sujet dont on ignore tout, comme le font beaucoup d’internautes et de journalistes, c’est l’inverse d’un esprit scientifique et cela démontre surtout le narcissisme, l’empressement de se montrer comme un ‘sachant’. Et je dis ça alors même que je n’estime pas que la science au sens propre soit l’alpha et l’omega de la connaissance : il y a dans l’existence et la recherche de vérité une part d’irrationnel, d’empirique, d’intuitif, d’instinctif, de sensoriel, que j’estime précieuse.

Pour finir, le karma se chargera de remettre tout le monde à sa place, de toute manière. 
Les masques finissent toujours par tomber et chacun se trouve éventuellement tout nu face à sa vérité.

En attendant, n’oubliez pas de mettre de l’eau pour les oiseaux !


Addendum : précisons toutefois que selon la méthode France Guillain, il existe aussi comme alternative aux bains dérivatifs les poches de gel glacées – je laisse les intéressés se renseigner sur le sujet. Ce qui est très pratique également pour les nourrissons et permet de sortir du débat « faut-il ou non prodiguer un bain dérivatif aux bébés », pour ceux que cela gêne. Et ce qui convient aussi très bien aux adultes pressés.

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La complaisance envers la magie noire dans certains milieux spirituels, et ce qu’elle révèle


Photo : trouvée sur Pinterest

Un nouveau petit fléau s’est développé ces dernières années dans les milieux ‘spiritualistes’ à la mode. Ce phénomène est mondial, mais il faut bien comprendre que comme beaucoup d’effets de mode à notre époque, il prend d’abord sa source aux Etats-Unis, se nourrissant des problématiques locales pour les exporter ensuite dans d’autres pays. 

Ce fléau, c’est une forme de relativisme toxique autour de la magie noire.

De plus en plus de gens semblent cautionner ces pratiques et toutes leurs dérives morales les plus inquiétantes. On le constate sur les réseaux sociaux, par exemple, où les références à la magie noire se sont très sérieusement banalisées, où beaucoup louent les sorcelleries noires traditionnelles ou se font gloire de pouvoir jeter des sorts. Je me souviens avoir vu passer un documentaire très instructif sur les sorcières en Roumanie. Outre les actes moralement contestables auxquelles ces dernières s’adonnaient, comme jeter des sorts pour séparer des couples sur demande, j’avais été choquée par les réactions complaisantes dans les commentaires, notamment de certaines « sorcières » qui érigeaient en « badass » et « bad bitches » ces femmes qui osaient « embrasser leur vrai pouvoir ». Y compris celui de détruire, gratuitement, la vie des autres. 

J’ai pu remarquer plusieurs raisons à cette complaisance autour de la magie noire. 

Il y a à mon sens et en tout premier lieu une forme de dérive pseudo féministe là-dedans. 
La force, même vicieuse, est systématiquement valorisée, excusée, glorifiée chez la femme, puisqu’elle est systématiquement perçue comme un pied-de-nez au système dominant. C’est encore plus le cas lorsque nous avons affaire à la matriarche non-occidentale porteuse de savoirs anciens : à la fois femme, mais aussi âgée, non-occidentale, elle est censée incarner fondamentalement une forme d’opposition symbolique à toutes les oppressions. Ce qui, apparemment, la prémunit des critiques et lui donne tous les droits, y compris celui d’abuser de son pouvoir pour devenir bourreau à son tour. 

Ensuite, beaucoup cautionnent ces dérives, notamment aux Etats-Unis, uniquement parce qu’elles sont pratiquées par des ‘brujas’, des sorcières non-blanches (hispaniques, afros, etc) et qu’il est à ce titre mal vu de les critiquer ou de s’en prendre à des éléments de leur culture. Cela est perçu comme une attitude raciste de paternalisme et d’impérialisme occidental. A l’heure où les américains font l’inventaire et les poubelles de leur histoire, et entendent rendre justice aux cultures dominées, un extrême négatif a surgi de ce processus : des amalgames totalement foireux, tribaux et infantiles qui poussent à dédouaner ou accuser des gens, à en faire des bourreaux ou des victimes, en fonction de leur appartenance communautaire et de l’histoire qui y est liée. Il est donc vu comme systématiquement déplacé et malvenu de critiquer la magie noire parce qu’elle est un élément fondamental de la magie telle que pratiquée par certaines communautés, ce qui me semble être une insulte à l’intelligence de tous.

La magie blanche seule est en plus jugée ‘édulcorée’ car préférée et vulgarisée par les pratiquants occidentaux, qui tendent à porter des jugements négatifs sur la magie noire. Pour cette raison, défendre la magie noire et ses dérives donne sans doute à certains le sentiment d’être des rebelles, avec en prime le frisson de pouvoir jouer les antiracistes de bac à sable et les justiciers vis-à-vis des cultures non-blanches. Parfois, chez les gens provenant de ces dites cultures, il y a aussi un réflexe de résistance et de défense communautaire quelque peu automatique. 

C’est aussi beaucoup d’égo différenciateur. La chaise roulante pour son ex, casser le couple des gens, c’est cool et c’est hype, ça donne à quelques pétasses à faux ongles le sentiment d’être un peu plus extrêmes et radicales que les autres jeunes « sorcières », d’être dotées d’un plus grand pouvoir. « Not like the other girls » comme on dit. En fait, ce sont des pick me* qui s’ignorent (et dieu sait que je déteste ce terme, souvent très galvaudé). Le principe de la pick me s’appliquant dans le fond tout aussi bien aux hommes qui cherchent à se différencier par tous les moyens des autres. Même s’il faut admettre que les milieux ésotériques jeunes et branchés sont davantage investis par des femmes de nos jours. 

Alors même que certains principes de magie noire sont en opposition complète avec les principes spirituels auxquels ces gens font allégeance par ailleurs et qui ont été popularisés ces dernières années (ex : ne pas nuire, laisser agir le karma, etc), ils les défendent par simple réflexe pavlovien idéologique. Et par confort, aussi, puisque le recours à de telles pratiques permet de justifier à peu de frais sa face sombre, son impatience spirituelle, son maléfisme. 

En effet, depuis que certains milieux spirituels ont redécouvert le grand Carl Jung, ils aiment relire à la lumière de leurs vices et de leurs mauvaises habitudes son concept pourtant beaucoup plus complexe de « part d’ombre », qui n’implique en aucun cas la complaisance envers soi-même et ses défauts. Même chose avec les concepts spirituels qui défendent l’idée que rien n’est fondamentalement bon ou mauvais dans cet univers, et qui sont devenus une excuse permettant à chacun d’agir comme bon lui semble, avec son égo pour seule boussole.

Embrasser sa part d’ombre, ce n’est pas vivre librement le fait d’être un connard, un vilain, un jaloux, de vouloir tuer quelqu’un ou briser un couple, c’est simplement cesser de se mentir sur ses vrais désirs et cesser de projeter ces derniers sur les autres : par exemple, accepter son envie de briller ou son ambition au lieu de les restreindre et, en conséquence, mal réagir lorsque l’on se trouve confronté à ceux qui osent ce que nous n’osons pas et portent librement en étendard une part de nous que nous avons reniée. C’est aussi vouloir guérir de ses travers, mais prendre conscience qu’il faut pour cela se défaire de sa honte et de ce penchant égocentrique consistant à se voir comme irréprochable et sans tâches, empêchant ainsi tout processus d’évolution de s’amorcer réellement.

De même, admettre qu’il n’existe rien de fondamentalement mauvais dans l’univers, cela ne veut pas dire prétendre qu’il n’y a ni bien ni mal au sens propre : simplement, que le mal a sa raison d’être, qu’il arrive pour une raison et correspond à un ordre spirituel, à une destinée karmique, et qu’il faut parfois laisser les choses, y compris douloureuses, se faire, sans vouloir constamment interférer, se positionner en sauveur, sans se culpabiliser de ne pouvoir sauver tout le monde ou mettre fin à tous les drames possibles (élan qui cache en réalité bien souvent le sentimentalisme, l’immaturité, l’illusion narcissique de la toute-puissance et l’incapacité à laisser l’autre aller vers sa propre destinée et le lot d’erreurs qu’elle comporte). 

En aucun cas ce principe n’incite à créer sciemment le mal autour de soi, y compris pour son propre bénéfice, et à déranger l’ordre des choses pour satisfaire son avidité, son égoïsme, son désir de domination, voire son sadisme ou son goût pour la vengeance.

Seulement, voilà, certains y ont trouvé du grain à moudre : la manière dont nous interprétons les croyances et les concepts en dit beaucoup sur nous-mêmes, nos désirs, notre niveau d’évolution et ce que nous cherchons à exprimer ou obtenir de l’existence. 

Au lieu d’admettre leurs défauts – ce qui leur permettrait d’enclencher un travail d’évolution, ou au moins en premier lieu de lucidité avec eux-mêmes -, ces gens adaptent à leur guise certains principes spirituels et les réorientent dans le sens de leurs intérêts immédiats, de leurs courants intérieurs personnels. 

De même, il est intéressant de voir qu’une espèce de fusion s’est produite entre certains milieux politiques de gauche et la spiritualité ; ces milieux politiques sont en train de revenir vers la spiritualité mais s’approprient des principes millénaires essentiellement pour les tourner dans le sens de leur idéologie, y compris lorsque la greffe ne prend pas, quitte à défigurer ou modifier les dits principes, ou fermer volontairement les yeux sur ce qui n’est pas en adéquation avec leurs idées.

Beaucoup de ces milieux ne sont plus des milieux spirituels à proprement parler, mais avant tout des milieux politiques ou des milieux branchés augmentés d’une appropriation de l’esthétique spirituelle, parfois sincère mais encore très bancale et viciée.

En même temps qu’une véritable ascension spirituelle collective se joue ces dernières années, on peut aussi penser que le politiquement correct, la complaisance et l’ego ont fortement atteint ces milieux, peut-être encore plus qu’auparavant, puisque la démocratisation des concepts spirituels augmente le nombre d’individus en présence et réduit le niveau d’exigence demandé pour accéder à des savoirs auparavant plus inaccessibles, qui réclamaient souvent une « initiation » préalable et une validation hiérarchique. Les charlots, les faux-prophètes et les saints de plastique ont toujours existé, mais il faut être encore plus prudent avec les milieux actuels, et faire un travail de sélection. Il n’existe pas un mais des milieux spirituels, et des individus variés qui les composent. Tout ce qui est estampillé spirituel n’est pas valable et bon par essence. De même que les gens ne sont pas ce qu’ils revendiquent mais ce qu’ils font.

Rappelons à toutes fins utiles que les personnes qui nuisent à autrui, par le biais de la magie noire ou de quelque autre manière que ce soit, paieront un jour ou l’autre leur karma, comme tout un chacun. « Sorcières » ou pas. De même, ceux qui savent se protéger, qui ont atteint un certain niveau de sagesse, sont en paix avec eux-mêmes et porteurs de bonnes énergies, ou ceux dont ce n’est pas le destin ou le karma de passer par certaines épreuves, ne seront jamais touchés par les tentatives de nuisance qui leurs sont adressées. Peu importe les mauvais sorts qui leurs sont jetés et les illusions de toute puissance de ceux qui pensent pouvoir les atteindre. 

Pour finir, chacun expérimente la vie et évolue à son propre rythme ; chacun doit vivre ses défauts et purger ses passions négatives pour s’en débarrasser. Toutes ces dérives ont besoin d’exister pour finalement arriver en bout de course, s’autodétruire d’elles-mêmes et faire passer ceux qui les font vivre au stade supérieur. Ceux qui doivent faire de mauvaises rencontres les feront, ceux qui doivent explorer leur égo négatif et abuser de leur pouvoir le feront également. Mais il est toujours bon de savoir faire preuve d’esprit critique et d’informer les gens sur ce qui existe. Ils aviseront, ensuite, selon les possibilités de leur être. 

*Une « pick me », c’est une personne (généralement une fille) qui dévalorise les autres filles pour se rendre supérieure ou pour flatter la misogynie de certains hommes, même de manière non frontale. Parfois, c’est en crachant ouvertement sur les autres femmes, parfois en cherchant par tous les moyens la différenciation. Mais en bref, cela veut dire « regardez-moi, je ne suis pas comme toutes ces autres !! »

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Ton amour et ton nom (poème)

Meadow in dawn, Åsmund Kværnstrøm

Par les forêts sauvages où le bois mort craque
Et leurs sentiers mouillés que l’orage détraque

Par les océans furieux jouant dans la nuit
Les mouvements d’une violente symphonie

Par les cieux angéliques traversés d’avions
Qui volent vers des rêves d’azur et de coton

Par les toisons fumeuses qu’on nomme nuages
Et qui nous font penser à la barbe d’un sage

Par le grand indigo piqué d’étoiles vives
Signées des pointes d’une danseuse perfide

Par les vallées dorées où les chevaux s’ébattent
Où rien ne semble avoir de limite ou de date

Par les prairies anciennes qui couvent nos songes
Et qui se donnent nues aux moutons et aux hommes

Par la terre pluvieuse, pleine comme une éponge
Où les amants rieurs viennent croquer la pomme

Par les criques servant de refuge à nos âmes
Et de berceau secret aux bateaux fatigués

Par les grandes savanes à l’horizon de flammes
Où le soleil déploie son éternel été

Par les massifs de marbre, dressés tels des colosses
Dans la vapeur d’un ciel puissant comme l’absinthe

Par les chemins de faim, où l’arbre évoque l’os
Où l’on croit certains jours voir pleurer une sainte

Par les contrées où l’on entend bien davantage
La chanson des balles que celle des oiseaux

Par les rues pacifiques aux allures de plages
Où les maisons de sable accueillent le repos

Par les pays brumeux aux mystères d’enclume
Carte postale estompée d’une laine blanche

Par leurs matins sans fin dont les froids vous consument
Et leurs grands arbres droits qui jamais ne se penchent

Par les Irlandes aux lèvres bordées de sang
Par les plaines figées dans un jour noir et blanc

Par les ruelles mortes aux maisons fusillées
Par les coins de cris sourds que la joie a reniés

Par les tropiques blancs au climat de brasier
Et les coins alanguis de générosité

Où la mangue orange, humide comme un baiser
Se donne à qui le veut au rebord des sentiers

Par les vieux autocars où s’entassent les gens
Des belles filles mates tenant leurs enfants

Par les cafés suants où la musique est d’or
Par ces contrées brûlées où l’on aime plus fort

Par les casinos où l’homme joue sa fortune
Où le risque couronne le sens d’une vie

Par les routes des côtes qui tutoient la Lune
Où tous les virages aguichent la tragédie

Par les temples de bois où les voyants travaillent
Pour des gens de pays où ils n’iront jamais

Par les villages où tous les vieux semblent de paille
Brûlés par le soleil, et le corps décharné

Par les bleds que l’hiver fige comme un poignard
Que réchauffe seulement le brave labeur

Où les gens sont au choix des anges ou des barbares
Dont le calvaire donne le lait et le beurre

Par les villes d’ivresse aux promesses sans fin
Où bourdonne la jeunesse au petit matin

Par les quais surpeuplés de fourmis à foison
Dégorgeant le rêve à la prochaine station

Par les chemins tracés et ceux qui sont à faire
Par tous les détours que permet cet Univers

À chaque impasse et à chaque destination
J’irai porter, mon Dieu, ton amour et ton nom.

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Tem mais samba – Chico Buarque

Chanson d’été brûlant et de canicule. Bienvenue dans la saison du Lion.

La mélodie est sensualité pure, et les paroles poésie.

(Je crois que le Brésilien est forcément une langue Poissons. Mystique, poétique, océanique, douce.
Belle tout en étant originale et déviante, différente des autres langues latines car plus désordonnée.
Enveloppante tout en étant quelque peu insaisissable et incohérente.)


Paroles :

Tem mais samba no encontro
Que na espera
Tem mais samba a maldade
Que a ferida

Tem mais samba no porto
Que na vela
Tem mais samba o perdão
Que a despedida

Tem mais samba nas mãos
Do que nos olhos
Tem mais samba no chão
Do que na lua

Tem mais samba no homem
Que trabalha
Tem mais samba no som
Que vem da rua

Tem mais samba no peito
De quem chora
Tem mais samba no pranto
De quem vê

Que o bom samba
Não tem lugar, nem hora
O coração de fora
Samba sem querer

Vem que passa
Teu sofrer
Se todo mundo sambasse
Seria tão fácil viver

Vem que passa
Teu sofrer
Se todo mundo sambasse
Seria tão fácil viver

Vem que passa
Teu sofrer
Se todo mundo sambasse
Seria tão fácil viver

Vem que passa
Teu sofrer
Se todo mundo sambasse
Seria tão fácil viver

Vem que passa
Teu sofrer

Traduction :

Il y a plus de samba dans la rencontre
Que dans l’attente
Il y a plus de samba dans la méchanceté
Que dans la blessure

Il y a plus de samba dans le port
Que dans la voile
Il y a plus de samba dans le pardon
Que dans l’adieu

Il y a plus de samba dans les mains
Que dans les yeux
Il y a plus de samba dans le sol
Que dans la lune

Il y a plus de samba dans l’homme
Qui travaille
Il y a plus de samba dans le son
Qui vient de la rue

Il y a plus de samba dans la poitrine
De ceux qui pleurent
Il y a plus de samba dans le pranto
De ceux qui voient

Cette bonne samba
N’a ni lieu ni moment
Le cœur à l’extérieur
Samba sans le vouloir

Vienne et passe
Votre souffrance
Si tout le monde sambassait/s’adonnait à la samba
Ce serait si facile de vivre

Vienne et passe
Votre souffrance
Si tout le monde s’adonnait à la samba
Ce serait si facile de vivre

Vienne et passe
Votre souffrance
Si tout le monde s’adonnait à la samba
Ce serait si facile de vivre

Vienne et passe
Votre souffrance
Si tout le monde s’adonnait à la samba
Ce serait si facile de vivre

Vienne et passe
Votre souffrance

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