SOLEIL GLACÉ (donne-moi la douleur, j’en ferai un empire) / Journal

Journal – 19 juin 2023 – 18h22

On a tous nos mythes personnels, ceux qui nous portent et nous maintiennent debout. Me concernant, j’aime à me concevoir comme une machine de guerre, de fabrication slavo-balkanique, solide et increvable. Et c’est vrai que je suis sanguine, passionnée, humide et vivante, que le sang bat à mes tempes, d’amour, de colère, de n’importe quoi pourvu que ce soit de quelque chose ; que d’une émotion je fais un drame ou une extase, d’une source un océan, d’une graine une forêt, d’un feu de paille un incendie. Tout ce que la vie me jette, je le recrache en pire : donne-moi la douleur, j’en ferai un empire. Mais en réalité, plus que portée sur les effets pyrotechniques, je suis surtout d’une grande patience. Cela ne paie pas de mine, à notre époque, à notre jeune âge, à première vue, mais ma grande audace est là. J’ai le courage suprême de croire, et de ne jamais cesser de le faire, même lorsque tout me condamne, de dédaigner quoiqu’il en coûte les charmes trompeurs de la facilité, de suivre ma vérité les yeux fermés, et de savoir m’abandonner au destin, là où tant de gens se pressent à forcer les choses ; et chaque jour me confirme la sagesse profonde de mes inclinations. L’authenticité coûte parfois cher, mais elle paie toujours. Toutes les plus belles choses qui m’ont été données, je les ai eues comme ça, à commencer par mes idées et ma force d’écriture : en m’abandonnant. C’est toujours celui qui a les mains ouvertes vers le ciel, dans l’acceptation totale de ce qui est, qui reçoit. J’ai reçu. La vie m’a confié beaucoup de fardeaux : je les ai acceptés un par un, humblement, silencieusement. Mais j’ai toujours su qu’ils étaient le revers d’une grâce, sans commune mesure avec les épreuves traversées, et la vie m’a donné raison, et elle m’a donné tout ce que je lui ai demandé au bout du compte. Ainsi, s’il y a en moi matière à tourment, beaucoup, je n’ai jamais été un terreau fertile pour les regrets. Tout me traverse, et très profondément : rien ne s’enracine. Je m’arrange toujours pour transformer à mon avantage ce qui m’arrive ou ce qu’on me fait : donne-moi la douleur, j’en ferai un empire. Je pleure et doute beaucoup, oh tellement que même ceux qui pleurent et doutent en abondance doivent me prendre pour une cinglée, mais en dernière instance, je méconnais le doute fondamental et le vide métaphysique : je suis un peu comme une barque sur l’océan, que les vagues et la tempête font vaciller violemment, dangereusement, mais qui s’accroche et qui, in fine, arrive à bon port, on ne sait comment ; tant de Titanic ont coulé en chemin, ne passant pas l’épreuve de la première traversée. Je suis remplie à chaque instant, toute débordante de ma substance, comme un petit coquillage tout plein de sa chair et dans lequel on entend tout l’océan. Régie par un instinct silencieux mais implacable, si éloignée c’est vrai des modes et des fanfares bruyantes des jeunes de mon âge, je laisse dire, je fais sagement mon travail, sans calcul, et je m’applique à accomplir le devoir du jour. Je peux attendre une proie très longtemps et je sais reconnaître l’exact moment où il faut fondre sur elle. Qu’importe que les choses prennent tout leur temps : je vise directement la tête. Le casse, et rien d’autre. Dans le fond, je perds infiniment moins de temps que ceux qui courent les turpitudes et négligent l’essentiel car j’arrive finalement au résultat espéré, et eux jamais : ce qu’ils voient ne sont que des mirages. Tandis que mon oasis à moi est bien réel. J’ai mille fois nourri des complexes sur cette nature que la société dévalue si souvent, et qui m’a tant placée en porte-à-faux avec le monde, sans jamais chercher à changer cependant, sûre de mon coup au fond de moi. En mûrissant, j’ai compris que le trésor réservé aux sincères était souvent difficile à obtenir, et lent à parvenir, menacé par mille découragements, trahisons et tentations en chemin, mais qu’il était de ceux qui remplissent l’âme, bien loin des colifichets et des pièces d’or en chocolat que la facilité fait pleuvoir sur les opportunistes et les mesquins, en veux-tu en voilà.

Je marche au dessus d’un gouffre, sur un fil précaire, le vide sous mes pieds. Je chancelle, chacun retient son souffle, et tant pronostiquent ma chute, voire la souhaitent, mon chemin se borde de mille frayeurs, mais j’arrive de l’autre côté, saine et sauve, et je n’ai jamais eu peur de me lancer, et je n’ai jamais laissé à ceux qui me regardent peiner le privilège de me décourager. Alors comment pourrais-je ne pas croire aux miracles ? J’en suis un. Vivant et bouillonnant. C’est la fondation même sur laquelle est construite ma vie : à chaque mort a toujours succédé une spectaculaire renaissance. Je suis le gage sanglant de ma propre foi.

Une image ne me quitte pas : celle d’un Soleil glacé, figé dans un hiver qui semble au final le rendre plus puissant dans son éclat, car survivant de mille embûches pour parvenir à destination, attendant son dégel imminent.

Je suis comme cette vieille chanson de Simon & Garfunkel – assez typique d’un Capricorne ascendant Balance – qui me suit depuis des années, et dans laquelle j’ai toujours bien du me reconnaître sans le vouloir : Like a bridge over troubled water.

(Écrit et publié le 19 juin 2023 sur Facebook)

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Les femmes et l’infidélité des hommes (texte/roman)


Je n’ai pas l’habitude de partager ce type de texte, et il est possible que je ne le laisse pas en ligne longtemps, mais voici un extrait du livre que j’écris depuis mes 17 ans.

Beaucoup de femmes, lucides et conscientes de la propension de leur homme à aller voir ailleurs, préfèrent lâcher prise et accepter, plutôt que de se donner des migraines et de l’amertume à fliquer un animal qui ne sera jamais fidèle. Elles se font une raison, se disant qu’après tout, cela fait partie de ce qu’elles aiment chez lui, que sa virilité se déploie justement à travers un goût de la liberté et de l’insoumission, le besoin de prendre le large et que ce serait commettre un crime semblable à la mise en cage d’un oiseau sauvage que de vouloir le priver de ce souffle vital trouvé dans le renouvellement permanent des horizons. Beaucoup d’hommes, après tout, en tout cas dès qu’ils le peuvent, ne restent pas en pantoufles dans leur salon, ils ne rentrent pas toujours le soir, ils considèrent comme une insulte de mourir de vieillesse dans leur lit, ils trompent la mort, même modestement et piteusement, avec les moyens parfois dérisoires qu’ils parviennent à arracher au quotidien et qui ne sont pas les mêmes pour tous, jouent leur argent au casino ou au poker en ligne, et même lorsqu’ils ne font rien de tout ça, sans doute en rêvent-ils encore ; ils ont besoin de vivre en au bord d’un précipice, de se sentir proches de la chute, et donc de l’envol salutaire que cette dernière permet. N’est-ce pas même ce qui fait tout leur charme ? Alors les femmes acceptent. Quelque part, l’important, se disent-elles, ce n’est pas qu’ils s’en aillent : c’est qu’ils reviennent. L’infidélité n’est-elle pas après tout un butin de guerre rapporté à la personne véritablement aimée ? C’est ce qu’elles décident de penser. Elles se cimentent de nouveau, cette fois autour de la fierté précaire d’être l’unique femme qui accueille le retour de son marin sur la grève, d’être la photo qu’un soldat garde précieusement dans sa poche et ressort avec émotion pour y trouver de la force, avec laquelle il mourra peut-être, à l’opposé des coureuses sans importance rencontrées dans le train et au bar, des petites aventures multiples et dispersées qui sont comme un essaim de fourmis face à l’éléphant qu’est la femme officielle.
Elles se rengorgent donc dans le rôle de l’épouse centrale, et choisissent de voir dans ces tromperies des jeux inoffensifs qui sont tout autant d’offrandes à leur personne et qui leur permettent, à chaque fois, de récupérer un homme un peu plus vivant, un peu plus complet, qui viendra déverser à leurs pieds tous les trésors glanés durant ses voyages.
Renonçant à l’illusion de la fidélité, ces femmes en embrassent une autre en pensant pouvoir encadrer l’infidélité de leur mari. Après tout, le bénéfice de l’acceptation et de la lucidité, se disent-elles, c’est au moins de pouvoir prétendre avoir un minimum de contrôle sur le sujet, d’honnêteté de la part de leur conjoint. Cela leur permet de mettre des limites aux dégâts, de ne prendre que le mieux.
Je veux bien que tu ailles voir ailleurs, mais à condition de rester le pivot central de ton existence, à condition que ma supériorité sur les autres soit admise en tous lieux et en tous temps, à condition que tu me protèges et ne m’humilies jamais, à condition que tu ne t’abandonnes jamais trop, à condition que tu ne tombes pas amoureux, à condition que tu n’offres jamais à une femme les mêmes mots qu’à moi, à condition que tu ne penses jamais et ne laisses jamais tes conquêtes penser que je ne suis pas la meilleure de toutes, à condition que tu te protèges et mettes des capotes, à condition que tu ne m’apportes pas d’enfant illégitime, à condition que tu évites les conduites à risques et les endroits trop glauques. En somme, à condition que tu établisses une stricte hiérarchie qui, dans le fond, relègue toutes tes maîtresses au rôle de servantes utiles de notre relation, de serpillière dévaluées pour ma propre gloire, sans leur donner jamais l’importance que tu me donnes à moi.
Les conditions de l’infidélité deviennent alors, pour l’homme, presque aussi rébarbatives que l’idée même de fidélité.
La chose est vaine. Car ces hommes naturellement disposés à aller voir ailleurs, et assez virils pour arracher au forceps cette possibilité aux conventions sociétales, le font par goût du sexe et de la diversité, bien sûr, mais aussi par goût de la nouveauté et de l’aventure, par besoin de renouveler l’aube de l’existence en ayant sans cesse accès à de nouveaux visages, de nouveaux corps, en pénétrant et en possédant toujours un peu plus l’inépuisable beauté du monde. Les hommes qui en viennent à écouter et concrétiser cette nature, au mépris des interdits ou des conséquences parfois graves de leurs choix dans la société actuelle, sont des individus guidés par leur instinct et leur liberté, et sont par essence portés à rechercher l’expérience totale. Ils désirent étirer à l’infini le sentiment de pouvoir vivre mille vies, l’abandon à l’instant et l’oubli total qu’il procure. L’oubli. Ils ne veulent pas se souvenir de leur femme quand ils en séduisent une autre, cela nuirait au caractère fatidique et unique de l’instant : ils veulent oublier qu’ils sont mariés. À ce moment, la femme qui a les honneurs de leur désir éclipse toutes les autres, épouse comprise. Ils aiment l’adrénaline, le danger, les interdits brisés, les limites repoussées, le sentiment de marcher en lisière de ce qui est acceptable, la jeunesse éternelle du cœur. Il n’est à ce titre jamais possible d’encadrer leur infidélité, puisque c’est précisément dans la sortie de route qu’ils entendent s’accomplir, et qu’ils recherchent de par leurs mille histoires à recréer un absolu dont leur épouse n’est qu’une pièce, centrale mais moins totale que ce qu’elle croit.
Leur entrouvrir la porte, à ces hommes, c’est automatiquement voir cette dernière s’ouvrir de plus en plus. Il n’y a pas de juste milieu. Et étant admis que ces hommes – comme tous les hommes et tous les êtres humains d’ailleurs -, n’étant pas calibrés pour l’exclusivité sexuelle, seront toujours plus portés à enfreindre et ouvrir une porte qu’à la laisser fermée, il est illusoire de penser qu’entrouvrir cette dernière et collaborer avec les désirs de leur époux changerait quoi que ce soit au schmillblik.
Combien d’hommes d’État, connus pour être des coureurs, ne se sont pas contentés d’avoir des plans cul et ont eu d’importantes histoires d’amour avec d’autres femmes, nourries et attestées par des correspondances romanesques et colossales, au point où l’on finissait souvent par découvrir une seconde femme, parfois aussi importante que la première, bien que dans l’ombre, jouant un rôle différent, mais parfaitement égal ?
L’idée de l’homme qui différencie totalement l’amour du désir, qui trompe son épouse avec mille femmes mais qui n’aime que la première et ne fait que désirer les secondes, les prenant pour du gibier ou des trous ambulants, n’est que partiellement juste. S’il est vrai que les hommes sont souvent capables de séparer l’amour du désir, et qu’ils idéalisent leur femme qui a d’une certaine manière pris la suite de leur figure maternelle, on se raconte trop souvent des histoires sur leur incapacité prétendue à aimer plusieurs femmes ; précisément parce qu’aucune d’entre elles n’est sa mère, une source totale ou un absolu. Ils vivent très bien cette duplicité, cet éclatement, cette dispersion, et cela, les femmes ne veulent pas l’entendre. C’est la dernière corde qui les rattache au couple conventionnel et à ses illusions, l’extrême limite qu’elles ne veulent pas voir franchie, mais elles ont précisément épousé des individus – des hommes – portés à repousser ces dernières, à ne connaître d’autre règle que celle de l’instant, et à trouver là une forme d’éternité. Seuls quelques êtres à la concentration rare et passionnée font exception à cela. Ce sont les hommes de serment qui trouvent de la force dans l’intensification, dans l’acte de creuser un même vivier jusqu’à la fin de leur vie ; ce sont les hommes d’une seule femme, qui s’épanouissent dans le quotidien, mangent avec plaisir le même repas tous les jours, pourvu qu’il tienne au corps, s’endorment le soir agrippés comme des marmots aux plis du ventre de leur épouse et y trouvent du contentement, du réconfort ; ils ont le goût des agriculteurs à la vie pénible, des mineurs fatigués, des sédentaires, qui puisent infatigablement et chaque jour, dans la même terre, la ressource qui donnera le repas. Et même eux, n’ont-ils jamais rêvé d’ailleurs ? Sont-ils tous fidèles par fidélité essentielle ou parce que leur survie, cristallisée autour de quelques éléments-clés, ne permet que peu d’évasion ? Le labeur est dur, la vie est dure, et ils viennent le soir se consoler de l’existence auprès de celle qui la rend un peu plus belle, avec une gratitude toute enfantine, et une fixité touchante qui est celle de l’honnête homme dont la vie quotidienne n’est pas facile et qui ne souhaite pas se la compliquer en courant des chimères.
Il y a aussi des hommes qui vont voir ailleurs mais idéalisent leur épouse, et pour qui les maîtresses ne sont que des liaisons de passage, des orifices sans distinction les uns des autres.
Oui, il y a des exceptions, mais elles doivent leur existence à la multiplicité des tempéraments et à une nature plus concentrée chez les uns que chez les autres : elles ne constituent, en aucun cas, une règle.
Attendre d’un homme qu’il puisse s’abandonner à une autre femme sans jamais être ébloui par elle, c’est illusoire, touchant de naïveté et d’un narcissisme bien compréhensible puisqu’encouragé par la société. C’est même, à bien y regarder, une insulte au foisonnement et à la beauté du monde. Vouloir être le seul oiseau d’une forêt… !!
D’ailleurs, si elles sont parfaitement honnêtes avec elles-mêmes, les femmes devront reconnaître que cette tendance se trouve aussi en elles, à un état plus inhibé, par la société, et par la biologie qui leur permet d’avoir mille partenaires sexuels mais leur commande en revanche, durant les neuf mois d’une grossesse, une certaine fermeture au monde.
Cela, d’ailleurs, les hommes ne veulent pas l’entendre non plus : les femmes sont moins constantes qu’elles n’y paraissent. Elles aiment aussi le sexe pour le sexe. Elles y mettent du sentiment, souvent, bien sûr, la plupart en tout cas… mais combien de sentiments de femmes sont fugaces et ne passent pas l’embouchure de la nuit ! Rien d’autre que de la rosée matinale qui se croit bonne pour l’éternité au moment où elle tombe sur l’herbe, mais qui s’évapore aux premières heures du jour.

Écrit et publié le 13 janvier 2023 sur FB.

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Je suis venue vous dire que la joie est possible (poème)

Je suis venue vous dire que la joie est possible.
Je vous le dis les yeux encore pleins de larmes,
Dans un sourire fragile qui menace de chavirer ;
Comme un pécheur encore tout plein de ses péchés
Et qui s’avance pourtant à la tribune pour défendre la vertu,
Cramponné à sa sincérité comme un enfant à son doudou
Les soirs d’orage et d’obscurité ;
Perdu, la voix brisée, mais sûr d’une chose, d’une seule :
Il vient dire la lumière parce qu’il y croit
Et qu’il sait que sa propre faiblesse d’homme ne suffit pas à ternir
Le glorieux éclat du soleil.


Écrit à la volée le soir du 15 mai 2023 et publié le même jour sur FB.

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Les hommes simples (poème)

Jean Ferrat, qui incarne bien cette énergie. Le passage sur le poulet transgénique est une référence indirecte au poulet aux hormones dont il parle dans l’une de ses chansons…

J’aime les hommes simples. 
Ceux qui n’ont qu’une vieille chemise, solide et rêche, raccommodée au linon des rêves
Et qui donneraient leur dernier sou à un homme de passage ;
Sur le visage desquels on lit le goût de la nature, des aliments simples mangés dehors. 
Ceux qui n’ont pour eux que leur bonté,
Un vieux couteau dans la poche pour couper le pain
Et une maison toujours ouverte aux pauvres, aux voyageurs, aux oiseaux blessés, tombés du nid.
Un coin de table dans la cuisine, une nappe qui a traversé les âges, qui a gardé l’odeur des rires et des soirs.
Ceux à qui un simple jeu de cartes et une bande d’amis suffisent à être heureux.
Et un petit chat au coin du feu.
Tous les humains sont leurs frères, tous les petits insectes sont leurs amis,
Et ils sortent avec patience les araignées de la maison, avec un verre et un mouchoir,
Quand ils ne cohabitent pas avec elles.
Ils savent que c’est là que l’on trouve Dieu,
Jusqu’au plus petit d’entre nous.
Les tentations du monde, la méchanceté banalisée, ne peuvent pas les corrompre ni les acheter.
Elles ne leur font rien. 
Transparents comme l’eau des rivières près desquelles ils ont grandi,
Authentiques comme le coton dont ils se vêtissent,
Droits comme des arbres forts de leurs racines,
Mais humbles comme la branche qui ploie sous le poids de ses fruits et dont le destin est de s’offrir à l’appétit des hommes et des oiseaux,
Ils ne savent même pas qu’autre chose que cela existe,
Et qu’il est un monde où les gens se tuent pour un regard, un crédit, une chimère. 
Ils aiment le bruit des clochers
Mais ils vont en forêt comme d’autres vont à l’église,
Ils ont une grand-mère qui leur tire le tarot et lit dans le marc de café,
Ils parcourent les vallées habitées de fantômes avec la conscience du temps et de l’esprit,
Ne ratent pas un solstice et grouillent de petits rituels qu’ils n’oublient jamais, tout en disant ne pas y croire. 
Leur vie est simple. Ils sont du matin, sauf le samedi et les lendemains de fêtes – et encore, même là, la joie fraîche de l’aube les cueille et ils se contenteront souvent d’une sieste l’après-midi.
Ils veillent quand ils ont des invités, et cela est souvent.
Leur porte est toujours ouverte, la clé est on ne sait-où, et ils habitent en réalité chez leurs chats, leurs chiens et leurs voisins. 
Ils parlent avec une politesse désuète, un accent démodé qui rappelle l’époque où les mômes écrivaient comme des calligraphes.
Leur vie est rythmée par les naissances, les mariages et les enterrements,
Et le coq qu’il faut bien saigner, le poisson qu’il faut bien trancher
Pour qu’il y ait quelque chose à manger dans les assiettes du souper. 
Ils savent que quelque chose a existé avant eux, et que quelque chose existera après eux.
Ils le voient dans l’envol rieur des enfants qu’ils regardent jouer dehors et sauter dans les ruisseaux à la pureté glaciale,
Et dans le regard émouvant des petits vieux qu’ils aident et dans les yeux desquels se déploie tout l’horizon d’un monde désormais mort.
La médiocrité et les modes n’ont même pas le temps d’arriver jusqu’à eux.
Elles disparaissent avant de faire effet
Et laissent intacts ces mondes préservés.
Ils lisent de la poésie et écoutent de la musique.
Beaucoup.
Ils sont poètes jusque dans chacun de leurs gestes
Et ont parfois de l’encre sur les doigts
Comme un enfant a de la confiture de fraise autour de la bouche.
Et ils baladent cette enfance avec un sourire de gosse fier de lui-même et de sa facétie.
De trois bouts de bois, ils font une flûte,
Pêchent à mains nues,
Ont le goût du chant et de la danse,
Et se moquent des breloques du monde 
– Celui où l’on mange du poulet transgénique.
Ils ont mille histoires et rient
De tout ce qu’ils ont perdu et raté.
Ils ont les lèvres pleines et débordantes comme leur coeur,
Leur appétit de vivre et de donner ;
Des lèvres exprimant la ferveur et l’offrande, la dévotion simple.
Ils savent fléchir et ployer pour ce qui est beau et grand,
Mais ils savent aussi quelles choses sont vraiment dignes de ces adjectifs.
Les cynismes, les comédies, les postures, les violences, ils en connaissent le prix, ils n’aiment pas ça et referment gentiment la fenêtre sur ces billevesées. 
Rien de ce qui dénature ou grime l’homme en créature de cirque ne les fascine ou n’a de prise sur eux.
Ils font l’amour. Leur désir est blanc.
Ils touchent une femme comme on rentre dans un temple,
Comme on dévore une figue – en connaissant le labeur du figuier qui l’a permise -,
Et savent mettre dans chaque étreinte la substance du sacré.
Rien n’est sale, chez eux, pas même l’habit plein de sueur et de boue qu’ils retirent avant d’avoir franchi le pas de la porte, assommés d’une saine fatigue.
Ils sont les gardiens d’un monde
Dont tout le monde rêve et dit vouloir,
Mais que plus personne n’a le courage de faire perdurer. 
Personne ne connaîtra jamais leur nom.
Personne, sauf la mémoire de l’univers.
Et moi, qui sans les connaître, les chéris tous.
Ils seront enterrés dans un petit cimetière de village,
Le même où toute leur famille a été enterrée,
Depuis des générations ;
Justes parmi les justes
De la nation.
Ou sous un arbre heureux 
Qui rappelle de son sourire l’inimportance de ce pour quoi les hommes s’agitent, et la grande éternité des choses.
Ils n’ont rien de ce qui s’achète
Et tout de ce qui ne s’achète pas,
Dans ces villages où les femmes accouchent chez elles
Et les vieux meurent dans leur lit, entourés d’une descendance qui ne les a jamais abandonnés.

Ces hommes meurent souvent dans leur lit, oui,
Illustration d’une vie tranquille et inoffensive
Que la nature récompense de s’être humblement nichée en son sein
Apportant aux forêts qui grouillent du chant des oiseaux
Le chatouillement supplémentaire de leurs rires humains. 
Ils sont ce qui continue d’être
Après avoir été.
Leur lumière les prolonge
Et permet au soleil de briller encore ;
Ils ne le savent même pas.

Je ne suis pas sûre, parfois, d’être à la hauteur de ces hommes que j’aime. 
Peut-être suis-je trop compliquée, avec mes airs de sirène au bord du gouffre,
Si prête de tomber,
Et qu’il faut sans cesse rattraper.
Intense comme une absinthe qui finit par monter à la tête
Et viole le sommeil de la nature,
Enfermée dans le bocal de sa mélancolie slave.
Je ne suis même pas sûre qu’ils ne soient pas tout ce que je suis profondément incapable d’être ;
Même pas sûre de ne pas jurer 
Avec ce monde qu’ils ont su garder vivant ;
Je ne suis même pas sûre, en vérité, que ces hommes existent encore
Et qu’ils ne soient pas le reflet d’une illusion
Dont je ne suis pas digne. 
Mais peut-être qu’un peu de ce qui les porte et les anime
Survit encore dans le sang quiet de quelques uns ;
Et peut-être qu’un de ces hommes, un seul, attend de soulever mon corps
Et de renouveler avec moi le paradis du monde.
Et alors, je pourrais le dire, sûre et sereine : 
La vie suffit et elle est belle.


Terminé le 26 avril 2023 (commencé quelques mois plus tôt…) et publié le même jour sur FB.

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Nuit noire (poème)

Je sais ce qu’est la vraie solitude.
Nuit du coeur sans étoile à suivre,
Sentier noir sans âme qui vive ;

Etre seule parmi les gens,
Orpheline aux parents vivants,
Fleur qui saigne de n’être jamais cueillie,
Sauf parfois, arrachée, par des doigts méchants.

J’ai l’ennui sans le repos,
L’amour sans ses flambeaux,
L’épreuve sans le beau,
L’enfance sans le berceau ;

Je n’ai rien que mes mots.
J’y tiens, ils sont à moi.
Je les donne comme on jette
Des graines aux alouettes.

Je sais ce que je suis
Et ce que je me dois.

Tout ce qui m’a détruit,
J’en ai fait un palais,
Aux colonnes anciennes,
Hanté par les oiseaux,

Et le vide et l’absence
Qu’ont laissé les fantômes
De tous mes idéaux.

J’ai fermé le rideau
Sur ma propre existence
Comme on scelle un tombeau.

Écrit et publié le 7 avril 2023 sur FB. Celui-là, je l’ai littéralement écrit en deux minutes. 30 secondes, même. À la volée.

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L’amour ne nous laisse pas le choix (poème)

Écrit et publié le 19 janvier 2023 sur FB.

L’amour ne nous laisse pas le choix.
Il est cette succession de fenêtres décevantes qui ne s’ouvrent que sur des enfers multiples, et qui finissent par imposer comme seule option valable cette grande porte tout en haut de la tour, qui donne sur le vide et les étoiles
Et que nous aurons déclinée jusqu’au bout
Freinant des quatre fers et nous accrochant aux pieds de toutes les tables
L’amour nous vient quand nous avons tout épuisé
Quand nous avons essayé tout ce qui n’est pas lui
Jusqu’à nous y brûler
Ce n’est qu’à cet instant que notre cœur, enfin, acculé, au pied du mur, mûrit et dit :
Je n’en peux plus, délivrez-moi.
Je suis prêt à tout, même à essayer cette porte sur le vertige et le néant.
La détresse est telle que sauter, d’un coup, ne fait plus peur.
Un peu comme les piégés du World Trade Center, qui se savaient condamnés et qui ont pourtant tous choisi de sauter plutôt que de se laisser dévorer par les flammes.
L’amour est patient, il nous pardonne tout
Y compris de ne pas l’avoir aimé tout de suite
D’avoir boudé ses charmes
Et préféré d’abord les courbes de l’illusion
À sa lumière totale.
Il connaît bien les hommes.
Il sait combien nous sommes faibles.
Petits êtres de glaise, il sait que nous ne pouvons pas regarder en face
La lumière du soleil
Tant que nous ne devenons pas nous même
Le soleil.
Alors il attend.
Disperse quelques rayons pour que nous sachions
Pour que nous nous rappelions
De ce à quoi il ressemble.
Il a le sourire de ceux qui savent.
Mais il ne nous laisse quand même pas le choix.
Il nous regarde avec un grand sourire fixe et béat
Mais insiste pour que nous finissions notre assiette
Et ne nous laissera pas sortir de table
Avant que ce soit fait.
« Mange ».
L’amour a assez d’amour pour nous voir souffrir
Sans chercher à nous délivrer de la souffrance
Sans céder à la facilité de la pitié et des pleurs
L’amour nous veut grands, libres, forts et droits
Et bien souvent, nous lui en voulons,
Oubliant si facilement sa vraie vocation
Qui est de nous ouvrir à sa lumière
Et pour nous ouvrir
Il faut
D’abord
Mille fois
Nous briser.
Comme une noix de coco récalcitrante
Tant de gens ont usurpé son nom
Que nous en avons oublié son vrai visage
Ou plutôt
Son absence de visage
L’amour est si différent de l’idée qu’on s’en fait
De l’idée qu’on nous en vend
Que bien souvent, on ne le reconnaît plus
Quand il se présente à nous
L’on donne son nom à tous ceux qui se réclament de lui
Sans rien connaître de son essence
Tandis qu’on lui refuse à lui le droit à sa propre identité, l’entrée en sa propre maison
Étranger en son propre pays, il regarde à chaque instant son héritage qu’on défigure
Et sa lumière qu’on détourne
Au profit de mauvais soleils
Sans en dire jamais rien
L’amour nous aime si fort
Qu’il ne craint pas de nous faire mal
Pourtant, quand il surprend parfois
Une petite graine qui donne
Une toute petite pousse
Fragile, maladroite, misère de misère,
Il envoie tous ses rayons sur elle
Pour couver sa croissance
Et lorsque l’un de nous enfin le rencontre
C’est un concert de larmes en forme d’étoiles
Qu’il fait pleuvoir sur nous
Jusqu’à ce que nous ayons l’idée
Un jour
Enfin
De rejoindre cette grande fête donnée pour nous
Et nous y dissoudre.

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L’accident (poème)

Écrit et publié sur FB le 8 février 2023

La nuit pour nous se fait muette.
Quelques rêves roulent à mes pieds.
Le ciel est grand comme un désastre
Où se bousculent tous les astres.

À l’arrière de ta voiture,
Deux amoureux accidentés
Forcent la serrure du temps
Pour un morceau d’éternité.

Tu termines ta soupe entre mes cuisses
Et tu te ressers mille fois.
Tes bras sont bien les seuls bras d’homme
Dans lesquels il ne fait pas froid.

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Le berceau d’épines (poème)

À propos de l’étrange sentiment d’avoir vu Dieu trop jeune, d’avoir tué ses illusions avant de pouvoir les vivre et les éprouver par l’usure, d’avoir accédé à une vérité trop tôt pour pouvoir l’accepter.
Sans toutefois jamais pouvoir revenir sur ce qui a été vu.

Écrit et publié sur FB le 14 février 2023.



Trop souvent regardée sans jamais être vue,
Le monde est un carrefour où je me tiens nue,
Epluchée jusqu’à l’os par des yeux vides et sales,
Ange parmi tous ces démons de carnaval.

J’aimerais être une âme, et n’être que cela.
Mon corps est un bagage trop lourd pour mes bras.
Mais je suis trop fragile, oui je suis trop gamine
Pour fuir cet horizon qui ne veut plus de moi.

Je désire et repousse mes propres passions,
Veuve d’un idéal, fille d’un cataclysme,
Traînant derrière moi, pour unique chanson
La cloche assourdissante de mon fatalisme.

Architecte stupide de ma propre ruine,
J’ignore tant la joie qu’à force de tourment,
Je fais de chaque douleur un pressentiment
Et répète à loisir mon errance chagrine.

Mélancolie s’affirme et prend bientôt racine,
Peine qui coagule devient un destin ;
Entre sol et plafond, j’épuise mes matins
Dans des fatigues qui m’assomment et m’assassinent.

Mes songes me raniment pour mieux m’anéantir :
Tirée de mon apathie par des voeux fébriles,
Ma conscience punit mes rêveries futiles
Un rocher dans la face ; je paie chaque soupir.

Mes illusions sont mortes, n’en reste que le deuil.
Toutes les couleurs ont déjà lassé mon oeil.
Je ne sais qu’une chose : l’amour n’existe pas
Dans les refuges où je le trouvais autrefois.

Je ne peux plus jouir de tout ce que j’aimais
Car j’en ai vu l’envers, la vanité profonde.
Percutée bien trop jeune, ma lucidité est
Trop prématurée pour être vraiment féconde.

Dieu, je l’ai entrevu : il était un mirage.
Je sais qu’il est partout, mais je ne le vois pas.
Je crois toujours en lui, mais je suis trop sauvage
Pour comprendre à quel point il étincèle en moi.

Jetée dans l’océan, loin de tous les rivages,
Ou je nage à mourir, ou je sombre et me noie.
Trop tard pour la candeur, trop tôt pour être sage,
J’oscille entre deux gouffres : aucun ne veut de moi.

Tombée dans l’angle mort où plus rien ne respire,
Comme un jouet coincé derrière un meuble lourd,
Je rêve du meilleur et je m’attends au pire,
J’ai perdu l’habitude de chercher le jour.

Je pleure un passé dont même la poussière
Est tarie ; l’avenir est un lit éventré
Où tous mes ennemis ont mangé et couché,
Où des chiens ont pissé leur vessie toute entière.

Dans mes poches trouées reste un triste poème.
Dans mon coeur abattu un simple requiem.
Il ne fait bon dormir, il ne fait bon rêver
Dans ce berceau d’épines nommé réalité.

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Toute la beauté du monde (poème)

Écrit et publié sur FB le 18 janvier 2023.

Je ne veux pas être le seul oiseau de la forêt.
Je veux juste ne pas être aimée moins qu’un autre,
Et que l’utilité de chaque colibri soit reconnue égale à celle de n’importe quel rossignol.
Je ne suis pas venue pour te confisquer
Tes précieux souvenirs,
Vestiges d’un monde ancien
Qui vit encore en toi,
À l’état de silences et de craquements,
Et tous les sourires reçus et donnés
À d’autres que moi.

Quelle vilaine personne je serais
De vouloir effacer de ton tableau
Toutes les fleurs qui te constituent,
Toutes les rivières qui t’ont donné de l’eau,
Tous les soleils qui t’ont offert le matin un peu de cette force qui permet de surmonter
La douleur parfois déchirante qu’engage l’acte de vivre.
Tout cet amour que tu as reçu, ou qu’on t’a refusé, du sein de ta mère à celui d’une belle de passage, a fait de toi ce que tu es,
C’est-à-dire celui que j’aime d’un amour qui n’a rien à envier aux abysses et aux cieux.
Il est la paire d’épaules sur laquelle je me suis juchée pour t’embrasser.
Et qui suis-je pour prétendre, du haut de mon présent, que ton passé m’appartient ?
Je ne peux pas t’aimer sans aimer les routes qui t’ont permis d’arriver jusqu’à moi.

Quand je te regarde, je vois au fond de tes yeux chaque femme que tu as aimée, qui t’a aimé, ou pas aimé,
De la première à moi-même,
Et chacune a donné à tes yeux un peu de leur couleur actuelle.
Te regarder, c’est aussi les regarder.
Te regarder, c’est regarder un puits sans fonds qui porte tout l’Univers dans sa gorge.
Tu es l’océan : tu es la surface ondoyante, aussi bien que les innombrables sirènes, poissons, mollusques, algues, qui y grouillent et en habitent la profondeur.
Ne deviens pas, pour moi, une grande flaque vide et sans souvenirs, une page blanche, un livre sans histoires.
Ne sois pas de ces ingrats qui insultent leur passé, aussi beau a-t-il été, quand ils rencontrent leur présent.
Si c’est le cadeau que tu as à me faire, je ne peux pas l’accepter.
C’est aussi moi que tu outrages
Quand tu enlèves à ces gens jusqu’à l’écho de leur nom dans ton cœur.
Un jour, de notre chant, il ne restera qu’une onde lointaine que seule la mémoire du monde entendra encore.
Nous aussi nous périrons.
Comme tous les autres avant nous.
Nos cendres et nos larmes nourriront la terre
Qui accouchera du fruit
Que d’autres mangeront demain,
Sans même savoir que nous avons existé.

Alors aime-moi sans insulter toute la beauté du monde,
Mais n’oublie pas que j’en fais partie.
Sois comme l’oiseau sur mon épaule.
Et sens-toi libre de faire un nid,
Si tu le veux, pour aujourd’hui,
Entre mes deux bras réunis.

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Une sieste au soleil (poème)

Écrit et publié sur FB le 28 février 2023.

Prends-moi par la main.
J’ai dans le coeur mille vers oubliés
Que le sommeil a ensevelis
Mais qui habitent ma mémoire ;
Ils ont fondé en moi un nid
Seulement pour t’y recevoir.

Je porte tellement d’histoires
Mais plus une seule tragédie.
Tout en moi conspire à t’aimer,
Je rêve de grands champs de blé
Où le soleil tombe et s’oublie.

Je veux que la vie toute entière
Ressemble à cet astre têtu
Qui triomphe à chaque printemps.
Qu’est l’existence si ce n’est
Un grand bel été retrouvé
Par delà nos hivers cinglants.

Je voudrais cueillir à tes lèvres
L’insouciant verdict de la joie,
Quand la douleur enfin n’est plus.
Alors heureuse, toute à ma fièvre,
Je m’endormirai dans tes bras,
Comme une femelle repue.

Je sourirai dans mon sommeil
Comme un enfant un peu taquin
Qui fait semblant d’être assoupi,

Comme un vieillard qui a tout eu
Et qui voit s’éteindre, serein,
Le grand spectacle de sa vie.

La mer est un grand ventre chaud
Et j’ai plié pour nos vacances
Des linges de toutes couleurs.

Même les voiles sont au repos
Et tes yeux me le font promettre :
Je n’écrirai que le bonheur.

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