A propos de Mila (journal)

Dimanche 30 mai 2021 :

A l’origine, en réponse à un ami, concernant Mila (nous parlions initialement d’un article de Konbini News sur Mila, relatant la sortie de son livre : j’avais pris connaissance avec dégoût des commentaires en dessous de la publication, les gens en mettaient plein la figure à cette fille), modifié et intégré dans mon journal :

“Je sais que le « droit au blasphème » n’existe pas à proprement parler, en revanche, officieusement, il y en a un, dans le sens où notre loi ne reconnaît pas de délit de blasphème. De Charlie Hebdo à Mila, blasphémer est un acquis de société.
Concernant Mila, c’est elle la victime de cette histoire. Y a pas à retourner la situation, à relativiser. Elle est victime, point.
Son cas met en exergue le problème de cette société concernant la liberté de blasphémer, de critiquer la religion. Qu’elle n’ait pas été des plus élégantes, c’est une chose, mais le blasphème – qui est un garde-fou essentiel dans une société libre – a justement vocation à être outrancier. Dans tous les cas, jamais les propos de Mila n’auraient du provoquer de telles réactions, jamais des milliers de gens dans notre pays* n’auraient du se sentir assez « tranquilles », protégés et en sécurité pour oser faire ce qu’ils lui ont fait et détruire sa vie. Ces gens-là devraient vivre dans la honte et la peur, pas Mila. Elle a reçu d’innombrables et très graves menaces de mort, elle vit sous protection policière, est déscolarisée car aucune école ne peut assurer sa sécurité. Sa vie entière est bouleversée, ainsi que toute possibilité de normalité et d’anonymat en France. Ces gens lui ont volé ce droit. Le problème est là. Qu’elle ne fasse pas profil bas ? Qu’elle utilise les réseaux sociaux, réponde à ses détracteurs, publie un livre au lieu de se « faire oublier » ? Elle a entièrement raison. Ce n’est pas à elle de baisser la tête. Il manquerait plus que ça ! Ces gens lui ont déjà tout pris et il faudrait qu’elle aille se terrer dans un coin en priant pour qu’on la laisse vivre ?
Elle a compris ce qu’elle incarne et tout ce que son cas implique. Elle a compris qu’elle avait le droit de s’excuser, de ramper, de se taire, mais que ce n’était pas cela, la vraie liberté. Et surtout, qu’elle incarne désormais quelque chose de plus grand qu’elle-même qui lui interdit moralement de « se faire oublier ».
Elle brûle pour que d’autres vivent. Pour que la liberté de conscience et d’expression, aujourd’hui si menacée, ne s’éteigne pas dans les mains de ceux qui s’en foutent ou n’ont pas les couilles de la défendre.
Son courage est immense, précieux. Mila est une digue précieuse. Même s’il est anormal que ce soit une jeune fille de son âge qui occupe ce rôle. Elle devrait être en train de vivre sa vie d’adolescente et profiter du soleil avec ses amis, pas servir de gilet par balles à des lâches qui se cachent derrière elle pour défendre leurs libertés. La société entière a failli, les adultes, les institutions, les politiciens électoralistes qui ont laissé faire pendant des années, laissé l’islamisme et la bigoterie avancer ses pions, tous ces gens sont coupables de son calvaire et du fait qu’elle doive désormais jouer un rôle de « martyre ».”




*Mila a reçu plus de 50 000 menaces de mort et de viol
https://www.midilibre.fr/2021/02/10/affaire-mila-plus-de-50-000-menaces-de-mort-et-de-viol-le-calvaire-de-ladolescente-devoile-9364510.php

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

LAISSEZ LES FEMMES ALLAITER EN PAIX

Ces femmes donnent le sein en public. Et elles t’emmerdent.
Crédit : Trina Carry

A Bordeaux, une femme s’est faite gifler publiquement parce qu’elle donnait le sein.

Maÿlis était dans la file d’attente d’un point relais lorsque son petit de 6 mois a réclamé d’être nourri. Et à cet âge-là, un enfant n’attend pas.

Elle l’a fait patienter et lui a sans doute intimé de mettre ses larmes en sourdine, avec cette tendresse inquiète qui est celle des mères qui ont peur de déranger et qui prient en leur for intérieur pour que l’enfant ne pleure pas, comme on prie pour qu’une digue déjà croulante ne cède pas.

Comme trop de mères qui vivent dans l’appréhension d’être dévisagées, alpaguées, embêtées, agressées pour avoir osé sortir un bout de sein en public et avoir effectué l’acte le plus naturel et simple qui soit, et qui, durant l’une des périodes les plus vulnérables et sacrées de leur vie, font des concessions à leur environnement pour ne pas heurter le petit français de base qui a peur d’une paire de loches, Maÿlis a attendu.

Après une dizaine de minutes de sursis, après qu’elle ait probablement négocié et repoussé jusqu’à la dernière minute le moment fatidique de l’angoissante tétée en terrain hostile, son enfant s’est remis à pleurer et elle a donc décidé de le nourrir.

Lorsqu’elle a commis son crime, elle portait un vêtement adapté à l’allaitement – sans doute une espèce de camisole que de nombreuses mères ont désormais adoptée et qui ne sert souvent pas tant à faciliter le quotidien des mères les plus pudiques qu’à préserver les bigots du traumatisme que représenterait un tête-à-tête avec une paire de nénés. Par dessus, elle avait une veste. Tant et si bien qu’au final, on ne voyait même pas un bout de peau.

Malgré ces larges précautions, une bécasse est passée par là, n’a pas apprécié, l’a sermonnée puis l’a giflée.

Le pire ? Personne n’a réagi. Une autre connasse, pardon, femme, s’est même empressée de féliciter la vieille bique. Solidarité de bigotes qui dorment sans doute avec leur soutien-gorge pour ne pas choquer leur mari.

C’est drôle, la femme qui l’a agressée a invoqué entre autres les enfants qui pourraient être choqués par cette scène d’allaitement. Sans même se rendre compte que les enfants, eux, s’en foutent (surtout quand on ne leur a pas lavé le cerveau au white spirit depuis la naissance), et que ce sont essentiellement les mégères de son espèce – hommes et femmes – qui sont choquées par les conditions de Mère nature. Les enfants, ne mordent pas le sein qui les nourrit.

C’est drôle, aussi, la femme qui l’a agressée ne voyait même pas les seins de cette mère, intégralement couverts par une camisole et une veste : ce n’est donc même pas la vue d’un sein mais la simple idée de l’allaitement qui suffisait à la mettre dans cet état de colère.

Ce n’est pas la première fois que de telles histoires surviennent. Régulièrement, la presse fait état, partout dans le monde, de faits divers au sujet de femmes qui allaitent. Ce sont parfois ces femmes elles-mêmes qui prennent la parole sur les réseaux sociaux, pour raconter une désagréable anecdote. Ne parlons même pas de la guerre menée contre la nudité, surtout féminine. De cette femme agressée et passée à tabac par une dizaine de personnes car elle était seins nus à la plage. Ou encore de la censure stupide d’Instagram, qui interdit le nu, et plus précisément les tétons de femme, sans appliquer évidemment ces normes ridicules aux hommes.

Lorsque je vois en pleine rue, en plein bitume citadin, un mec sortir son arrosoir dans un coin et pisser à l’aise – ce qui pour le coup n’a franchement rien d’hygiénique -, je n’entends personne, absolument personne, émettre ne serait-ce qu’une protestation. Vous comprenez, les besoins du pater familias, ça se respecte. Monsieur avait besoin. Et quand Monsieur a besoin, tout le monde ferme sa gueule.

Mais une femme qui a besoin, même lorsque son besoin ne sert en réalité que d’antenne au besoin d’un autre qu’est son enfant, ça mérite une gifle dans la gueule, n’est-ce pas ?

Cette agression est juste une énième atteinte au corps de la femme, ici de la femme en tant que mère. Une énième atteinte au droit naturel à la nudité, à notre habit de naissance, encore criminalisé dans une société hypocrite pourtant abreuvée de porno, de sexe, de corps nus, mais incapable de regarder en face une paire de seins dans toute sa grâce essentielle.

Et dans toute son utilité. Car oui, les seins sont utiles et servent aussi à nourrir les enfants. Non, un enfant ne peut pas “être nourri à heures fixes”. Non, il ne peut pas “attendre” lorsqu’il pleure.

L’allaitement, c’est peut-être la nature que vous détestez tous. La nature qui n’attend pas et fait irruption par les larmes d’un enfant en plein centre commercial. L’allaitement, c’est peut-être la nudité – de corps et d’esprit – que vous détestez en vous-mêmes. L’honnêteté. La pureté. La vérité.

L’allaitement, pratique immémorielle, véritable médicament, nectar de santé pour les enfants, comme le savaient nos ancêtres, et comme le confirme de plus en plus la science.

Une pratique largement menacée dans la société actuelle qui, tout en reconnaissant de plus en plus les bienfaits de l’allaitement, est incapable de fournir aux mères toutes les conditions qui leur permettent d’allaiter sereinement. En cause notamment, trop de temps passé loin des enfants et des congés maternité peaux de chagrin. Dans les tribus primitives, où la santé est d’une robustesse inégalée, on allaite jusqu’au sevrage naturel et progressif, décidé par l’enfant lui-même, vers l’âge de 6 ans. Or, la vie moderne ne permet à la majeure partie des mères que quelques mois d’allaitement (parfois prolongés quand la femme peut rester au foyer, ou quand elle usera de tous types de gadgets morbides comme les tire-lait dans les chiottes du boulot).

C’est assez d’obstacles à vaincre pour que les femmes n’aient pas en plus à se soucier du regard médisant et des coups de la mégère du point relais, ou du petit con qui a oublié d’où il sortait (ou qui sans doute, ne le sait que trop).

Dans le cas de Maÿlis, par ailleurs, son enfant est un prématuré : elle est obligée de l’allaiter, c’est une condition essentielle pour l’aider à reprendre du poids. Or, depuis cet incident, outre la nuque bloquée de son fils, elle dit n’avoir plus “une goutte de lait”.

Passons sur l’indignité de l’acte et la facilité de la cible : une femme, vulnérable par ailleurs car seule avec un nourrisson.

Lorsque même la plus émouvante des scènes, une femme qui donne le sein à son bébé, arrêtant un instant la fureur du monde pour faire un cadeau de tendresse et de nourriture à une âme nouvelle, lorsque même cette scène-là, pacifique, immémorielle et pleine d’amour, génère une telle violence, de manière aussi régulière, on sait qu’on vit dans une société qui a perdu toute connexion avec la nature et le sacré.

On aime à diviser la femme entre la mère et la putain (spoiler : nous sommes les deux. Et il faut même avoir été d’abord putain, ne serait-ce qu’un soir, pour devenir mère). Et bien souvent, dans la société, lorsque la femme obtient à peu près le droit d’être l’une, elle perd le droit d’être l’autre.
Ici, on ne parle même pas de la liberté des femmes à être des ‘putains’ : à s’habiller comme elles le veulent, à baiser avec qui elles le veulent, à faire comme elles le veulent. On parle du droit à être une mère. Soit justement la figure à laquelle on aime tant assigner la femme pour lui imposer toutes sortes de concessions et restrictions sur sa sexualité ; en bref, pour l’empêcher d’être une putain.
Eh bien, même ça, c’est un crime. Même être une mère, ça ne va pas.

Mais que veut au juste cette société qui n’est même pas capable d’être cohérente dans ses tentatives d’oppression ?

Il va falloir que vous imprimiez, si possible en copies multiples et abondantes, que l’allaitement, ce n’est pas négociable. Et ce sera dans ta gueule, s’il le faut.

Je ne suis pas mère mais je suis en colère pour toutes les femmes qui le sont.

Le sexisme est déjà considéré comme une circonstance aggravante en cas de délit ou crime. Toute entrave à l’allaitement, toute agression verbale ou physique envers une femme qui allaite, devrait entrer dans la catégorie des délits ou crimes de nature sexiste. Et être jugée à ce titre comme un fait à la gravité supérieure. La législation doit se mettre du côté des femmes qui allaitent, en défendant leur place dans l’espace public jusqu’à ce que cette pratique soit banalisée et intouchable. Jusqu’à ce que les bigots s’habituent. Jusqu’à ce que la honte change de camp. Jusqu’à ce que de nouveau, les jardins publics grouillent de mille femmes sans honte, semblables à un tableau, une vision de paradis ; des femmes de tous âges, tous styles, tous types, toutes couleurs, toutes morphologies, en train d’effectuer l’un des actes les plus beaux et les plus simples : donner du lait et de l’amour à un enfant.


Sources :
– Le topless en net recul chez les femmes, notamment à cause de la peur des agressions ; « Étude Ifop pour VieHealthy.com réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 11 au 15 avril 2019 auprès d’un échantillon de 5 026 femmes,
représentatif de la population féminine âgée de 18 ans et plus résidant en Italie, en Espagne, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. »
https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2019/07/synthc3a8se_fk.pdf
« Quels sont les bienfaits de l’allaitement pour votre bébé ? »
https://www.medela.fr/allaitement/experience-de-maman/bienfaits-allaitement-pour-bebe
« This stunning photoshoot features 14 moms breastfeeding on the beach during a Full Moon »
https://www.parents.com/baby/breastfeeding/this-stunning-photo-shoot-featured-14-moms-breastfeeding-on-the-beach-during-a/
« Charente : une femme agressée pour avoir été seins nus »
https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/charente-une-femme-agressee-pour-avoir-ete-seins-nus-7784626123
« Pyrénées-Orientales : des femmes seins nus sur une plage sommées de se recouvrir par des gendarmes »
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/pyrenees-orientales-des-femmes-seins-nus-sur-une-plage-sommees-de-se-couvrir-par-des-gendarmes-20200825
« Bordeaux : une maman giflée en pleine poire pour avoir allaité en public »
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/bordeaux-une-maman-giflee-en-pleine-poire-pour-avoir-allaite-en-public-20210518
« En Grande-Bretagne, l’allaitement dans les lieux publics fait débat »
https://madame.lefigaro.fr/societe/en-grande-bretagne-lallaitement-dans-les-lieux-publics-fait-debat-081214-93298

Publié dans Uncategorized | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Weyes Blood, fenêtre sur l’univers

« Treat me right
I’m still a good man’s daughter
Let me in if I break
And be quiet if I shatter
»

Joyeuse Ascension, Aïd Moubarak !

Deux fêtes religieuses d’importance ont lieu ce même jour. A cela s’ajoutent les énergies dilapidées qu’il reste encore de la nouvelle Lune du 11 mai. La Lune est en Gémeaux, particulièrement forte puisque conjointe à Mercure, maître du signe : mobilité printanière, agilité d’oiseau volant d’arbre en arbre à la recherche de cerises, chants primesautiers, dédoublement de personnalité, danse, joie, jeu, spiritualité magique, verbe et geste créateurs, incantations divinatoires, communications sacrées, conversations avec l’au-delà, légèreté adolescente, éphémère, errance et vagabondage constituent l’humeur du soir.

Cet alignement des astres était sans doute le moment idéal pour parler de musique.
Et partager ce superbe morceau de Weyes Blood (une artiste Gémeaux en plus), Andromeda.

En effet, je conçois la musique comme une expérience mystique et j’aime avant tout les artistes capables de s’inscrire dans ce sillage, qu’on écoute les yeux fermés, en communiant, en priant, en adorant. MGMT, Beach House (2018, année bénie où j’ai eu la chance de voir ces deux groupes en concert, à Bruxelles et Paris !), Jeff Buckley, Tame Impala, George Harrison, Tchaïkovski, Dvorak ou Lana Del Rey… et maintenant Weyes Blood, de son vrai nom Natalie Mering, bout de femme aux airs d’elfe, à la silhouette de grand oiseau agile, cachée derrière une sombre et timide crinière de prêtresse, que j’ai découverte il y a un an je crois. D’abord, Everyday, ritournelle profane et joyeuse aux airs de chant sacré. Puis Andromeda, fenêtre sur l’univers et l’océan cosmique. Et puis, toutes les autres que vous découvrirez par vous-mêmes : je vous laisse faire par vous-mêmes ce beau pèlerinage, comme il se doit.

Weyes Blood, je l’aime. Et j’attends de la voir s’envoler. Le décollage est peut-être imminent, pour cette vestale discrète toute dévouée à ses mélopées. Lana Del Rey l’a récemment invitée avec Zella Day pour une reprise de la chanson For Free de Joni Mitchell : elle se sont bien trouvées, entre sirènes qui ont fait de l’envoûtement une seconde nature.

Weyes Blood, c’est une musique vibratoire et troublante qui pénètre le système et l’âme, oscillant entre une grâce éthérée et une gravité convoquant ce qu’il y a de plus essentiel. Une voix dévotionnelle qui porte en elle toute la mémoire du sacré depuis la nuit des temps. Parfois, lorsqu’on l’écoute, on se demande si la chanson a été enregistrée aujourd’hui… ou il y a des décennies. Si l’on entend chanter une morte ou une vivante. Il y a là quelque chose qui vient de loin, ou précisément, de toujours. Qui est moderne et d’aujourd’hui, mais sans appartenir tout à fait à cette époque. Qui ne peut qu’inspirer la nostalgie. Comme un oiseau qui survole les paysages sans s’y poser jamais. Comme une Amish échappée de sa réclusion et s’intégrant parmi les jeunes de son âge sans tout à fait leur ressembler : Weyes Blood se dédouble entre une intemporalité fondamentale, une profondeur rare et des atours d’une jeune fille à la mode bien à l’aise dans ses jeans. L’éternité, dans toute sa clarté troublante. La perfection de sa musique se joue à un fil, à d’imperceptibles et d’irretranscriptibles détails et nuances, dans une apparente simplicité, ce qui achève de la rendre insaisissable, comme la photographie magnétique d’une jeune inconnue trouvée dans un vieux grenier. Et dont l’identité restera à jamais secrète, noyée dans un mystère que mille songes, questions et possibilités remuent.

Alignement des astres oblige, profitez de la belle fenêtre qui s’ouvre ce soir pour faire un rituel d’inspiration Géminique. Et n’oubliez pas de mettre de l’eau pour les oiseaux.

Publié dans Uncategorized | Tagué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Chahinez

Photo-montage trouvé sur le site Amomama. Hommage à Chahinez.

C’est pas pour rien que les enfers de toutes les religions sont faits de feu. Il n’y a pas pire que de mourir dans les flammes. Brûler vivant est une mort cruelle, déchirante, inhumaine.

Même à l’époque des attentats du 11 septembre, beaucoup des gens piégés par l’incendie consécutif au crash des avions dans les tours jumelles ont fait le choix de sauter : ils ont préféré s’écraser comme des mouches, tous boyaux dehors, après une chute libre de plusieurs centaines de mètres qui ne laisserait rien d’eux, plutôt que de subir les flammes et l’ambivalente agonie qu’elles offrent, aussi furieuse qu’horriblement lente.

Chahinez est morte dans les flammes. Mère de famille. Tuée par son propre époux.

Y a tellement de femmes mortes ces dernières années, assassinés par des enflures nuisibles que la justice protège. Mais elle, Chahinez… c’est différent. C’est la femme de trop. Mourir dans les flammes, après avoir essuyé des tirs, c’est la fois de trop, l’image de trop, l’indignité de trop. L’histoire de trop où la femme est un objet, un gibier, plus que jamais, une existence comme un morceau de paille jeté dans la cheminée, comme ça, un jour de mai où les oiseaux chantent.

Elle est morte ; abattue comme un chien qu’un voisin soulard et bas du front descend avec un fusil parce qu’il fait trop de boucan, puis brûlée comme une sorcière. La énième sorcière. La énième femme ayant osé vivre sa vie. Tout un symbole. Et vous pensez qu’on va la laisser passer, celle-là ?

Vous convoquez par le symbole toutes nos ancêtres mortes, toutes les sorcières que notre mémoire chérit comme le totem d’une féminité si libre, trop libre, et pour cette raison trop captive. Et vous pensez qu’on va se taire.

Quitte à la tuer, ce qui est déjà d’une cruauté monumentale, il aurait pu faire les choses proprement, cliniquement, sans trop faire mal, mais non. La souffrance et les cris d’une femme agissent comme un aphrodisiaque pour certains hommes.

Ça se croyait un homme, sans doute, n’est-ce pas ? Ça se croyait un homme, à rétablir son ‘honneur’ perdu, à traiter un être humain en bien meuble, à reprendre alors ce ‘bien’ qu’il pensait lui appartenir – quitte à le tuer pour que personne d’autre que lui n’en ai jamais la jouissance -, à montrer qui commande, à éteindre une vie – celle d’une mère de famille de surcroît – juste pour montrer que c’est lui qui éteint, regarde, j’ai éteint, c’est moi qui décide.
Ça se croyait un homme quand ça n’est qu’une limace. Et encore, respect pour les limaces.

Ça se pensait sans doute viril, valeureux, désespéré, passionnel, guidé par l’amour. Non, ça n’est qu’une limace. Une limace avec un fusil et une allumette, qui préfère tuer celle qu’il dit aimer plutôt que de la savoir ailleurs, vivante, heureuse, libre, aimée d’un autre. Est-ce ça l’amour ? L’amour qui ne veut pas voir et favoriser le bonheur de l’autre n’est pas de l’amour. C’est du narcissisme sous-évolué déguisé en amour.

Que ces hommes brûlent comme ils ont brûlé, leur monde et leur vice avec eux, à jamais.

Car Chahinez est la énième femme tuée par un mec dangereux et connu des services de police, de la justice, du voisinage, de tous. Chahinez est la énième femme qui a, sans doute, envoyé des signalements, des plaintes, des suppliques, que sais-je encore. La énième femme qui a trouvé porte close chez les administrations alors que sa vie était menacée et qu’elle en avait toutes les preuves. La énième femme que tout le monde a vu se balader avec des cocards en allant chercher ses enfants à l’école. C’est cela, le pire. Tout cela était grandement évitable.

Cet ex-mari spirituellement malade, qu’on le laisse à son karma, qu’on le soigne, qu’on l’aide. Il a fait ce que son bas niveau d’intelligence lui dictait de faire dans cette vie-là. A savoir le pire. Il le paiera cher.

Mais protéger Chahinez, ça, on pouvait faire et on n’a pas fait. Et c’est la énième d’une longue liste. La énième vie qui nous a filé entre les doigts pour pas grand chose, à ça près, le ‘ça’ étant le soutien de l’état, de la justice, de l’administration, de la police ; quelques mesures pour la mettre en sécurité et hors d’atteinte. L’énième être humain dont le rire ne sera plus entendu par ses enfants et ceux qui l’aiment, lorsqu’ils pousseront la porte de sa maison, désormais en cendres.

Il a brûlé Chahinez comme une sorcière. Sans doute pensait-il la tuer. Il l’a rendue immortelle. Il en a fait une martyre. Chahinez sera comme du bois pour cet immense feu de forêt qu’est la cause des femmes battues.

Et moi je brûle un morceau de cyprès pour toi, Chahinez. Pour que ton souvenir soit chéri, ton âme accueillie, ta mort féconde. Qu’il pousse sur ta tombe d’innombrables fleurs qui seront celles de la renaissance et de la vie éternelle.

Publié dans Uncategorized | Tagué , , , , , | Un commentaire

Qui je suis

Mille fois, on me l’a demandé. Quelles sont mes idées, ce que je pense vraiment, qui je suis.
Les gens ont, je le sais, l’impression de ne pas toujours bien saisir, de voir des paradoxes là où je ne vois personnellement que de la complexité. Sans doute car je ne suis jamais assez rentrée dans les détails, j’ai abordé mille sujets mais j’ai souvent choisi un angle, un angle partiel qui ne rend pas compte de tout de ce que je pense et qui, même, donne peut-être une idée biaisée de ce que je pense vraiment. Car comme chacun sait, un angle, ce n’est pas tout. Le fait est que ce « tout », je le réserve à un roman que j’écris depuis des années, depuis mes 17 ans – et j’en ai 29. C’est pourquoi j’ai toujours rechigné à en dire plus. J’ai beaucoup écrit ici et ailleurs mais en réalité, j’ai toujours considéré ces textes comme profondément accessoires et me suis bien gardée de trahir mon secret, celui que je porte depuis tant d’années. C’est pour cela, d’ailleurs, que j’ai disparu. Pour me concentrer sur l’essentiel.
Je suis toujours surprise de voir qu’il y a encore du monde qui passe ici, ou qui tente de me retrouver par divers moyens, quelquefois même des commentaires, ou des messages privés, qui me sont allés droit au coeur. Même si je n’y ai pas forcément répondu, je tiens à vous remercier
Maintenant que je sens que j’arrive au bout de ce travail qui m’a pris tant d’années, une forme de printemps revient, j’ai envie de m’ouvrir un peu, j’ai envie d’en dire plus, envie de dire qui je suis. Le retour de Saturne, sans doute.

Evidemment, j’ai horreur de me définir. De placer sur l’infini d’une âme des mots trop froids et carrés, comme on mettrait l’océan dans une bouteille. C’est pourquoi je préfère souvent l’évocation, la poésie, qui justement, elle, dit tout. Ou en tout cas l’essentiel.

Mais disons que sur le plan des idées, je pratique la remise en question permanente, l’ouverture, l’honnêteté intellectuelle, l’outre-partisme politique et que je recherche avant tout la cohérence et la vérité. Je ne suis ni de gauche ni de droite et je veux dépasser cette dualité. J’ai en horreur le dogmatisme et apprécie le débat d’idées avec tous, considérant que chacun peut avoir quelque chose à apprendre et à apporter aux autres. Ce qui compte, c’est finalement les connaissances mises en commun par la discussion et ce qu’elles apporteront au corps collectif.

Même si j’ai horreur de ce mot, je suis une féministe qui ne se reconnaît pas dans l’essentiel du féminisme actuel.
Matrilinéaire (certains diraient ‘matriarcale’). Je crois aux différences biologiques, aux principes naturels, tout en ne considérant pas qu’ils sont des prisons : un homme peut avoir une grande part féminine et mettre du noir sur les yeux, tout en étant bien un homme ; une femme peut être affirmée et courageuse, tout en étant bien une femme. Je ne vois pas en quoi nous avons besoin de créer des cases (« non binaire », etc) pour définir et mettre sous cloche l’immense diversité possible dans chaque sexe : l’appartenance à un sexe n’a pas vocation à désigner autre chose qu’un ensemble de caractéristiques biologiques et génitales, de possibilités naturelles, un ensemble de comportements (oui, effectivement, la plupart des filles seront plus sensibles, joueront à la Barbie plutôt qu’aux camions, s’intéresseront aux gens plutôt qu’aux concepts abstraits ; oui, la plupart des garçons voudront jouer au foot, seront plus entreprenants et scientifiques. Ce que la science démontre par ailleurs. Il faut les laisser libres au lieu de projeter sur eux des désirs d’adultes) : mais à partir de là ? Nous sommes libres. Penser qu’une fille doit se maquiller et mettre des talons pour être de son sexe, c’est franchement réduire le féminin à de ridicules gimmicks. Je crois qu’être un homme ou une femme détermine pas mal de choses, mais pas tout non plus. Je ne crois pas au mariage ni au couple (ni même au polyamour, pas assez radical à mon sens, et encore trop ancré). Je suis pour une libération sexuelle saine (mais sans le caractère glauque à la Houellebecq) et pour la nudité ; pour la légalisation de la prostitution afin de protéger les travailleurs, tout en pensant que ce n’est pas un métier comme un autre, que le commerce de la sexualité est une pratique à ne pas relativiser, qui détruit l’âme qui s’y adonne, qu’il faut aider les gens qui en font un métier à en sortir ou à ne pas y tomber. Je suis pour le droit à la séduction et contre le puritanisme actuel (tout en étant contre le harcèlement, évidemment, mais considérant qu’on doit cesser de voir du harcèlement partout). Je suis contre l’écriture inclusive avec points et tirets car c’est illisible, moche, impraticable à l’oral comme à l’écrit, mais tout en pensant qu’une réforme de la langue française visant à faire émerger un sexe neutre serait la bienvenue (si elle est possible), et que cet ambitieux projet devrait être confié à des spécialistes, non des idéologues. Je suis pour la contraception naturelle et contre le gavage aux hormones ; pour que la recherche exhume des savoirs anciens et explore des contraceptions alternatives et naturelles ; pour l’avortement que j’assume de ne pas trouver « dramatique », mais qui est pour moi quasiment un moyen de contraception contre un autre, et un droit pour toute femme. Je considère que l’avant-garde du combat féministe se joue sur le sujet de la maternité et des différences biologiques : il est temps que cette société s’adapte aux femmes, et non l’inverse.

Je suis spiritualiste. Ma foi, ancrée depuis le plus jeune âge, a une grande place dans mes croyances, y compris politiques et intellectuelles, et je veux réintégrer le spirituel dans ce domaine, aider le débat à sortir du matérialisme et du nihilisme ambiants. Ma foi est spirituelle, en aucun cas religieuse, et ce depuis l’adolescence. En revanche, je crois que toutes les religions sont venues nous enseigner quelque chose à une période donnée de l’Histoire ; elles étaient adaptées à un contexte, à des mentalités d’époque qui avaient alors besoin d’une structure et de rites pour évoluer mais n’étaient pas non plus capables d’accepter des idées trop éloignées de leurs certitudes d’alors. Il faut désormais en jeter les vieilles peaux, en tirer le meilleur, en abandonner les dogmes et le séparatisme, les regarder avec recul et sens critique, en faire une lecture approfondie et mythologique. Mes croyances empruntent essentiellement aux écoles ésotériques de tous types (théosophie, anthroposophie, etc), au christianisme et aux religions orientales. Je crois en l’amour, au sacrifice, au miracle, au karma, à la réincarnation, aux aliens, aux étoiles, en la nature comme en la grâce, et suis attachée au Christ comme figure symbolique montrant le chemin à accomplir par toute âme. Je pense que Dieu, c’est nous. A 18 ans, après avoir découvert le Bouddhisme, j’ai voulu me raser le crâne et aller au Tibet, bien que je ne me sentais pas attachée à une religion mais à une vérité avant tout. Je serai sans doute toujours cette fille qui veut donner sa vie au divin. Et dans le fond, c’est pour ça que j’écris. Pour dire et aimer Dieu, pour le faire aimer, pour guérir et aider à guérir. C’est ma manière à moi d’être moine, à défaut d’avoir une église à laquelle me rattacher, n’étant pas religieuse.

Je crois en l’homme universel. Je suis une horrible citoyenne du monde qui pense qu’il ne faut pas laisser les migrants crever en mer, tout en étant critique de l’aveuglement, du relativisme culturel actuellement érigé en dogme, ou de l’altruisme comme posture politique se faisant aux dépens des autres et non de soi. Je crois profondément en l’immigration – qui est l’expression de la destinée humaine, changeante, voyageuse – tout en pensant qu’à l’heure actuelle, elle doit encore obéir à des règles, se faire avec raison et dosage, loin des aveuglements idéologiques de certains : disons que pour moi, l’homme universel est notre futur, de même qu’une société sans frontières, mais je ne pense pas que le monde entier soit encore prêt pour cet idéal. Les différences culturelles sont encore trop fortes et il serait dangereux de les nier, de jouer aux apprentis sorciers avec la vie des gens. Je crois que la mondialisation, souvent critiquée – à juste titre sur certains sujets, notamment économique – a été pourvoyeuse de richesses inégalées pour l’humanité et que c’est elle qui nous permettra, demain, d’effacer les différences encore artificielles entre nos continents. Je crois qu’un jour, les hommes ne feront qu’un et que c’est même là toute leur tâche.

Je crois en l’amour, pas en la niaiserie, pas au laxisme, pas en la démagogie, en la bien-pensance et au signalement de vertu. Pour moi, l’amour est une force, un courage, une droiture, pas une posture, une faiblesse ou un sentimentalisme en forme de guimauve.

Je crois au progrès, mais dans le respect de la nature et de certaines règles éternelles. Je pense que le futur sera beau, et que des choses immenses nous attendent, loin des discours pessimistes de rigueur.

Je crois en la justice réparatrice et aimerais que notre société voie les criminels ou les délinquants comme des âmes de Dieu pour lesquelles une rédemption est possible, et non pas comme des bannis à corriger et laisser croupir dans des prisons où ils se puniront les uns les autres, perdant un peu plus en humanité à chaque fois ; je crois qu’il faut se demander comment les aider et non comment les punir ou venger leurs victimes. Pour autant, je ne crois pas au laxisme judiciaire, je crois en une fermeté animée par l’amour ; il faut faire ce qui est utile et ce qui fonctionne. L’autorité est nécessaire, y compris pour tirer une personne vers le haut, et l’incapacité à faire preuve de cette vertu est une grave faiblesse.

Je pense qu’il faut être prudents et très fermes au sujet de l’intégrisme religieux et des tentatives actuelles de noyauter notre liberté durement acquise et exemplaire. Pour autant, je considère que l’essentialisme est le début du fascisme, et qu’il est complètement à côté de la plaque de s’adonner à la stigmatisation, de penser que tout croyant est une bombe à retardement n’attendant que d’exploser, de voir en une communauté croyante une masse informe et monolithique en ne la réduisant qu’à des textes religieux que presque plus aucun croyant ne respecte dans son intégralité tant ils sont contextuels et obsolètes ; la plupart des croyants n’aspire qu’à vivre en paix et je crois profondément au pouvoir de l’éducation : plus les gens sont instruits, plus ils pensent par eux-mêmes, dépassant les dogmes déjà construits. Surtout à une époque comme la nôtre où tant de connaissances sont disponibles. Plutôt que de pleurer le niveau d’évolution de certaines personnes, demandons-nous comment nous pouvons les amener à s’améliorer, car c’est là notre vocation humaine. En revanche, il faut être d’une fermeté absolue sur le respect de nos valeurs et cesser de fermer les yeux quand elles ne sont pas respectées, ce que tant de personnes ont fait ces dernières anneés, lâchement.

Je crois en la nature, je crois en ses règles et en son rythme. Je pense que la nature a vocation à être transcendée : c’est-à-dire qu’il faut la dépasser tout en respectant ses lois fondamentales. Je ne suis donc pas pour le retour à la chandelle, même si je pense qu’il est très bien de savoir faire retraite de temps en temps, pour retrouver le silence et le sauvage, et que je confesse une nature de moine. Oui, je pense que l’humain a vocation à transformer, civiliser, aller sur Mars et visiter tout ce qui lui est possible de visiter. Tout en s’inscrivant dans des lois éternelles et tout en respectant la vie sauvage.

Je suis presque vegane (je consomme encore du miel, des oeufs ou des fruits de mer), et ce depuis mes 17 ans (2009), avec une interruption de quelques années (2016, 2017). Je suis à dominante crudivore et je reviendrai sans doute un jour au crudivorisme total. Je crois que l’être humain a évolué – physiquement, spirituellement, vibratoirement – pour dépasser le besoin de viande, même si je respecte le choix de ceux qui en mangent encore. Je suis pour le respect du vivant tout entier, de la bête à la plante, en passant par l’eau. Tout ce qui est vie doit être aimé, et utilisé avec la plus grande conscience. Pour autant, je crois en une hiérarchie dont l’homme est le maître : il n’est pas supérieur à proprement parler, mais plus évolué, et il a développé la conscience, le mental et la vocation alchimique à transformer, améliorer, embellir, faire fructifier son environnement. Ce qui ne signifie absolument pas qu’il doive se servir de ce pouvoir pour faire n’importe quoi : au contraire, le pouvoir s’accompagne de la responsabilité, et la transformation doit se faire avec amour. Le permaculture et la biodynamie ont tout mon intérêt.
Je crois aux médecines alternatives, à l’importance de l’alimentation, de l’invisible, du spirituel, sur la santé physique et mentale. Je crois que tout est énergie, amour, vibration, expression divine. J’aimerais que les médecines – alternatives et traditionnelles – se réunissent un jour pour n’en former qu’une.

Je crois au partage des richesses. Les humains vivent dans un état d’interdépendance et le monde est une famille élargie. La vocation de l’homme n’est pas seulement de s’aider soi mais aussi d’aider les autres. Pour autant, je ne suis pas égalitariste, mais karmiste, et je ne vois pas dans le drame humain et l’inégalité quelque chose d’insurmontable ou d’insupportable : ce n’est pour moi qu’un état transitoire ; ma foi m’explique les choses.

Je crois que l’école actuelle est une machine à broyer et qu’il faut y enseigner la compassion, le respect du vivant, la liberté d’être soi… mais aussi la fermeté, la discipline, l’intégrité, le respect de l’autorité quand elle est juste. Je crois qu’il faut apprendre aux enfants à être eux-mêmes et autonomes tout en leur apprenant à être humbles, travailleurs et respectueux de ce qui doit l’être. Je crois que l’état de l’éducation est actuellement catastrophique (du moins en France) et que l’école doit de toute urgence retrouver sa vocation à transmettre des savoirs solides, construire des citoyens forts, libres, éclairés, et capables de penser par eux-mêmes. Je crois que nous surprotégeons trop les enfants et qu’il faut arrêter de projeter sur eux des peurs d’adultes, peurs qui constituent le cache-sexe d’une possessivité qui ne dit pas son nom, qui se croit altruiste quand elle cherche simplement à contrôler l’autre et l’image qu’elle se fait de lui, voyant en l’enfant un prolongement de soi qui ne doit jamais se blesser, ni commettre d’erreurs ou porter de cicatrice.

J’assume ma part irrationnelle et poétique dans la vie et je pense qu’il faut arrêter de rendre des comptes aux scientistes qui veulent tout expliquer et réduire l’infini cosmique à des chiffres et des savoirs qui sont encore incomplets et partiels (l’être humain ne sait pas encore tout) ; il faut cesser d’aller sur leur terrain comme si c’était le seul. Parfois, avant de savoir, et de pouvoir expliquer, on pressent. C’est ma part féminine, je la chéris et l’assume. Le féminin a aussi sa place dans notre monde.

Je crois que l’humain doit être tiré vers le haut et non conforté dans ses croyances les plus basses ; que l’altruisme et l’amour bien compris – c’est-à-dire lucides, forts, non dévoyés par la niaiserie, l’aveuglement, la faiblesse, l’ego – constituent la plus précieuse des ressources.

Je suis pour certaines choses, contre d’autres (même si j’ai horreur du terme “contre”, pourtant utilisé à loisir dans ce texte par commodité), et je compte bien parler librement de tout cela. Mais je n’impose en aucun cas mes vues aux autres et je crois profondément en la liberté. D’expression, d’action, de pensée. Car elle est l’émanation du divin et que les actes qui en résultent, aussi imparfaits soient-ils, sont au final une manifestation de l’ordre des choses et de l’état karmique du monde. Par ailleurs, la liberté d’expression est pour moi l’un des grands combats qui attendent d’être menés aujourd’hui.

Je suis passionnée par la musique, la poésie, la psyché, la spiritualité, le paranormal, l’occultisme, le mysticisme, l’ésotérisme, l’astrologie, la nature, la vie animale, l’amour, l’anthropologie, le voyage, les étoiles, la santé, et j’adore me baigner nue à l’aube et au crépuscule dans des rivières cernées de montagnes rocheuses lorsque la vie me le permet.

Je suis née le 28 décembre 1991, à 1h57 ou 58 du matin, dans une ville nommée Sucy-en-Brie (94).

Je porte bien mon prénom : il provient du masculin « Altan », qui signifie « aube rouge » en turc (pour répondre à cette question revenue mille fois). Prénom auquel mes parents – certains au départ que j’allais être un garçon – ont finalement rajouté un « a ».

Je suis d’origine balkanique, par mes deux parents, pour répondre à une autre question revenant souvent dans ma vie. Ces derniers viennent d’une minorité musulmane du sud du Montenegro, à la frontière albanaise.
Selon un test ADN, j’appartiens à l’haplogroupe de référence H7g, qui désigne les Carpatho-Rusyn (“Ruthènes des Carpates”), un groupe originaire des Carpates (et précisément d’une région correspondant à l’actuelle Ukraine, Slovaquie, Pologne, Mer Noire…) et d’une partie des Balkans nommée la Pannonie ; d’après de nombreuses hypothèses, cette population aurait pour ancêtres des Russes, ou des Eurasiens, ou des Croates, ou des Valaques, on ne sait pas trop.
Ce qui n’est guère étonnant pour moi, qui me suis toujours sentie profondément slave dans l’âme, pas seulement physiquement, tout en ayant conscience que ce n’est qu’un tempérament, une richesse et non une limitation, et que ces tests sont faillibles et partiels.
Selon ce même test,
Mes origines plus lointaines remontent au Caucase, à l’Egypte et au Proche-Orient (« Croissant Fertile » ; actuelle Syrie, Irak, etc).
Mes origines récentes se trouvent en Europe du Sud-Est (selon l’étude, cette zone géographique recouvre les Balkans – l’ex-Yougoslavie, l’Albanie, la Grèce, la Bulgarie, la Mer Noire, etc), en Europe de l’Est (pays slaves, en somme), en Suède et dans les îles Britanniques (Irlande précisément).
J’aime le Brésil et l’Iran, dont je chéris la culture et veux apprendre les langues, et je crois avoir été de ces pays dans une autre vie.

Par dessus-tout, je suis une âme animée par la foi, en quête d’absolu et de vérité, et c’est sans doute ce qui me caractérise le mieux. Je n’appartiens à personne. Je me donne le droit de me perdre et de me retrouver, de brûler tout ce en quoi je croyais et de recommencer à zéro, si c’est là que se trouve l’absolu. Quand quelque chose doit mourir, je ne suis pas de ceux qui hésitent à mettre le doigt sur la gâchette.

J’écris depuis mes 17 ans (2009) un roman dans lequel je développe l’ensemble de ces idées auxquelles je crois. Idées dont l’essentiel du terreau était constitué avant mes 20 ans, mais que j’ai approfondies et enrichies durant ma vingtaine, parfois dans la douleur, souvent dans l’erreur, toujours dans la foi. Ces années m’ont été nécessaires pour me construire et me trouver. Il me faudra peut-être encore d’un à trois ans pour terminer cet ouvrage qui m’a demandé un travail de chaque instant, colossal et sacrificiel.

Certains d’entre vous auront lu tout cela et auront compris qui je suis, ce que cela veut dire, compris qu’on peut être tout cela à la fois, et dans quelle mesure. D’autres, de nature plus binaire et moins complexe, auront haussé les épaules, n’y voyant qu’un mélange informe : « ça veut tout dire et ça veut rien dire ».

En définitive, comme dirait Nietzsche : « Malheur à moi, je suis nuances ».

Il y aura forcément des gens qui ne comprendront pas cet infini qui se joue en moi, et ma nature neptuno-uranienne. J’y suis très habituée, par ailleurs. Je ne prends rien personnellement : toutes les ressources se trouvent en moi-même, je suis un organisme auto-suffisant.

Tant mieux si vous comprenez, tant pis si vous ne comprenez pas. Je cherche à m’exprimer et si j’aime l’idée de me faire comprendre, je ne suis attachée à rien et ne cherche pas à être aimée des autres.
J’offre mes mots, mes idées, ma poésie, mon savoir, comme une offrande : sans rien attendre en retour.



Publié dans Uncategorized | 3 commentaires

Une bonne idée : les patrons laissent les clés de leurs bureaux aux sans-abris le soir et le week-end

À défaut d’avoir un État qui fasse de la pauvreté une réelle priorité, chacun peut agir à sa manière.

https://actu.fr/societe/ces-patrons-laissent-les-cles-de-leurs-bureaux-aux-sans-abri-le-soir-et-le-week-end_38785058.htmlhttps://actu.fr/societe/ces-patrons-laissent-les-cles-de-leurs-bureaux-aux-sans-abri-le-soir-et-le-week-end_38785058.html

Publié dans Uncategorized | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Plot twist

Tout ce qui doit être dit sera dit, en temps et en heure, et de la meilleure des manières.

Ce qui compte, ce n’est pas de tirer le premier mais le dernier.

Et de viser le coeur.

♑︎

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Le solstice du siècle



Demain, 21 décembre 2020, c’est le solstice d’hiver. Plus encore, c’est aussi le jour d’une conjonction historique entre Saturne et Jupiter, qui ne se sont pas rencontrés aussi étroitement depuis… 800 ans* ! Le moment sera historique.

En effet, durant un solstice – d’hiver ou d’été -, un véritable portail invisible s’ouvre ; la réceptivité et le pouvoir de chacun à communiquer avec l’univers et l’au-delà se trouvent alors décuplés.

La rencontre exceptionnelle, le même jour, des plus grandes planètes de notre système solaire, Saturne (planète de la Loi, du temps, du karma, de la cristallisation) et Jupiter (planète de l’abondance et de l’optimisme, exagérant tout ce qu’elle touche), amplifie l’importance de ce solstice, en plus de suggérer par sa rareté un véritable changement d’ère.

Ne perdez donc pas l’occasion de faire un rituel, de méditer, de prier, de visualiser, de vous purger, de demander lumière et guérison, d’oser l’espoir, de pardonner aux autres ainsi qu’à vous-mêmes, de réfléchir à ce que vous êtes et à ce que vous pouvez faire pour vous améliorer, de faire votre examen de conscience, d’émettre voeux et intentions pour les temps à venir ; enfin, d’aider vos ancêtres ou proches défunts qui seraient coincés dans l’astral à passer de l’autre côté par la pensée et le rituel. Donnez-leur de l’énergie et de l’amour.

Faites un grand nettoyage, effectuez des sacrifices symboliques, enfilez votre plus doux et beau vêtement, entourez-vous de musique et de fleurs, brûlez des bâtons et des plantes**, enivrez-vous du sentiment d’être en vie, consumez ce qui est mort et ancien et accueillez l’avenir. Ce sera le moment idéal. Ne ratez pas cette précieuse fenêtre.

Votre pouvoir de manifestation sera accru : faites-en bon usage et demandez-vous comment progresser et apporter Amour et secours au monde autour de vous. Cela commence en vous-mêmes. Osez vous aimer. Osez vous transformer.

La conjonction aura lieu ce lundi – jour lunaire – 21 décembre 2020 à 19h22, mais les occultistes savent que l’aube la plus nouvelle, l’instant de grâce juste avant le lever du jour, où tout est suspendu dans le silence et l’éternité, constitue le moment le plus puissant pour un rituel et une méditation. Ne vous en privez pas, quitte à refaire un rituel le soir venu. Le lendemain, 22 décembre, très tôt, sera aussi bénéfique. Si pour vous, le terme d’aube est trop vaste, référez-vous aux heures de prières musulmanes : c’est l’heure de la toute première prière. La lune sera en Poissons, dernier signe du zodiaque symbolisant la fin du cycle ; d’élément eau, hautement réceptif, le Poissons est lié au mysticisme, à l’intuition, à la dissolution de l’ego dans le grand Tout, à l’amour divin : il est peu dire que cet espace temporel sera l’occasion de s’ouvrir à sa part de Dieu, d’amour, de don et de pardon. La lune sera en premier quartier, période de dynamisme où il est bon de se débarrasser de l’ancien et de se faire plus léger.

« En réalité, ce rapprochement a lieu environ tous les 20 ans, mais il n’avait pas été aussi serré depuis…l’an 1623 ! Et pour retrouver des conditions d’observation similaires à celles de 2020, il faut même remonter en 1226. Les conjonctions entre les astres, dont la Lune, sont fréquentes, mais si celle-ci est surnommée « Grande » conjonction, c’est parce qu’elle concerne les deux plus grosses planètes de notre Système solaire. ». Science & Vie.

**Je n’ai pas l’habitude de faire de la publicité ici, mais j’aimerais recommander LunarAltar, une adorable petite boutique locale qui vend toutes sortes de produits sur Etsy, y compris des bâtons fumigation de très grande qualité, faits avec le coeur, et incroyablement mignons.



Publié dans Uncategorized | 2 commentaires

La saison des oiseaux a commencé !

La saison froide a commencé : n’oubliez pas de mettre de l’eau et des graines sur vos fenêtres ou dans vos jardins pour les oiseaux ! Et ce jusqu’au retour des beaux jours.


Alimentation :

– Des graines, surtout de tournesol, de l’avoine, des céréales comme l’orge, des boules de graisse, des amandes ou des noix, des fruits (pommes, poires, baies, raisin, …), des insectes séchés, des aliments riches (notamment en lipides) afin que les oiseaux puissent passer l’hiver (80% des passereaux n’y survivent pas…).

Pas de sel, de charcuterie, de produits laitiers, de riz cru, pas de graines de lin ou de ricin, pas de noix de coco séchée : ils peuvent tuer les oiseaux ! Pas d’asticots, dangereux également.

De l’eau, changée chaque jour (dans une coupelle lavée régulièrement).
Contrairement à la nourriture, l’eau doit être donnée toute l’année, surtout en période de canicule ou de fortes chaleurs.


***

– Si vous avez de l’espace ou un jardin, un abreuvoir assez grand pour qu’ils puissent aussi faire leur toilette (essentiel pour des raisons d’hygiène, mais aussi pour qu’ils puissent voler correctement !).
En hiver, on essaie de mettre l’eau au soleil pour qu’elle ne gèle pas.
En été, à l’inverse, on met l’eau dans un coin d’ombre lorsque c’est possible.

– Ceux qui le peuvent (qui ont un jardin, peuvent installer plusieurs mangeoires, etc), prévoyez une mangeoire destinée aux petits oiseaux (avec une petite ouverture généralement) afin que les grands oiseaux ne monopolisent pas toute la nourriture et que les petits oiseaux puissent aussi se nourrir.

– Il faut nourrir les oiseaux avec continuité, chaque jour (tôt le matin et le soir de préférence) : une fois qu’ils comptent sur vous, ils sont constants… ne les abandonnez pas !

– Il faudra cesser de nourrir les oiseaux au retour du printemps : progressivement, afin qu’ils comprennent et s’adaptent ; cet arrêt du nourrissage est nécessaire pour qu’ils ne deviennent pas dépendants, que la chaîne alimentaire et l’écosystème ne soient pas perturbés. Surtout, les oiseaux entrent alors en période de reproduction. Les oisillons en pleine croissance doivent recevoir beaucoup de protéines (insectes chassés par leurs parents ; se reposer sur les graines de tournesol serait insuffisant pour eux) et les jeunes oiseaux devront apprendre à se nourrir par eux-mêmes. Il y a de beaucoup d’autres raisons très importantes…

– Mettez abreuvoirs et mangeoires hors de portée des prédateurs (chats, etc), autant que possible.

– On considère que les oiseaux doivent être nourris dès l’arrivée du gel (en général, vers fin octobre, début novembre) jusqu’aux beaux jours (fin mars semble faire consensus). Il faut bien sûr s’adapter aux températures du moment.

Bien qu’il existe encore des divergences de points de vue (quelques rares spécialistes estiment qu’il ne faut jamais nourrir les oiseaux, même en hiver ; ce n’est toutefois pas l’avis de la majorité d’entre eux) cette méthode est celle qui fait le plus consensus.

De nombreux sites comme celui de la LPO vous donneront de plus amples renseignements.

Piou piou !

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Du courage et de la liberté (Samuel Paty)

Les vrais esprits pacifiques ne sont pas ceux qui, face à une menace avérée, vont jusqu’à se vautrer pour espérer qu’on leur laisse la paix*, mais ceux qui sont prêts à affronter le conflit pour la défendre.

Les lâches, les hypocrites, les clientélistes plus préoccupés par leur ascension sociale que par la vérité, qui se sont planqués durant des années derrière un pseudo-pacifisme de façade pour ne pas voir en face la réalité des enjeux, ne sont pas des pacifistes mais des couilles-molles avec du sang sur les mains.

Ce sont justement eux qui nous mènent à la violence, pas ceux qui ont osé établir depuis des années les constats les plus justes et les plus évidents, quitte à être ridiculisés, lynchés, bannis, montrés du doigt. Au contraire, bien des experts et diseurs de vérité auraient pu être les vrais garants de la paix si la société avait daigné sortir de son rêve narcissique pour écouter leur parole.

Que ces couilles-molles – à la faveur des tristes évènements survenus ces dernières années – rejoignent progressivement et un peu tard le train en marche du réalisme face aux enjeux du terrorisme islamiste, par opportunisme ou par obligation, après avoir craché sur tous ceux qui étaient dedans… après tout, mieux vaut tard que jamais.
Mais qu’ils cherchent encore aujourd’hui à accuser, évincer, cracher sur ceux qui ont osé dire la vérité en les désignant comme la cause de ce qui est arrivé ou en les présentant comme le réel danger, et ce pour tenter de se donner le beau rôle et réparer leur image en miettes, voilà qui est très fort.

Ces gens, s’ils ont encore un honneur, devraient plutôt faire leur mea-culpa et tirer – maintenant que l’état du monde les a violemment obligés à recouvrer la raison – toutes les leçons qui s’imposent, au lieu d’essayer d' »en être », par tous les moyens, tout le temps, au lieu d’essayer d’effacer les visages de tous ceux qui ont eu plus de courage qu’eux, pour faire oublier qu’ils ont laissé faire.

Ils feraient mieux de se racheter une conduite et mettre tous leurs efforts au service de la justice, de la vérité, de la liberté, au lieu de les employer à préserver leur statue croulante et leur égo blessé de ne pas avoir été dans le bon camp.

On n’oubliera pas que le pauvre Samuel Paty a été décapité grâce à nos plus respectables couilles-molles. Les mêmes qui le pleurent sans doute aujourd’hui l’ont non seulement laissé se faire lyncher par des parents d’élèves, mais ils ont même participé à son lynchage : d’après les informations du Point, Samuel Paty a été désavoué par sa hiérarchie, ses collègues, et il allait être sanctionné par le rectorat, pour avoir montré les fameuses caricatures qui lui ont valu de se faire trancher comme un morceau de bifteck sur du bitume froid. Si cela est avéré, ce n’est ni plus ni moins que de la complicité.

Si c’est bien un islamiste fou qui a commis le geste final et tranché la tête de cet homme, c’est un ensemble d’énergumènes capables de toutes les compromissions qui ont en dernière instance rendu ce geste possible.

Je ne sais pas si ces gens pourtant « respectables » qui ont laissé faire, laissé intimider, laisser tuer, sont sincèrement persuadés du bien fondé de leurs réactions et de leur volonté de ne « pas faire de vagues », quand ces vagues étaient déjà là depuis longtemps.
Si tous les agents (direction, administration, syndicats, collègues) face auxquels Samuel Paty a trouvé porte close lorsqu’il a cherché du soutien après avoir reçu de graves menaces savaient ce qu’ils faisaient et à quoi cela pouvait mener.
Mais je crois personnellement qu’ils ne pouvaient pas ne pas savoir : ils ne sont pas stupides, ils sont éduqués, cultivés, intelligents. Tout adulte sait qu’on ne négocie pas avec un ennemi prêt à tout, on ne négocie pas avec l’intégrisme religieux, sinon c’est la fin. Mon avis c’est que sans doute ces gens voulaient juste gagner un peu de temps, sur le mode « après moi le déluge », en espérant que l’écroulement aurait lieu après eux ; c’est vieux comme le monde. Sans doute voulaient-ils grappiller un peu de paix sociale, recaler l’inévitable conflit ouvert où il s’agirait de rester droit dans ses bottes face à des gens prêts à tout pour obtenir gain de cause, traverser quelques tempêtes, quelques menaces.
Quitte à désavouer Samuel Paty, pour se faire bien voir de ceux dont ils redoutent les attaques.

Mon avis est que ces gens, n’ayant pas le courage de défendre la liberté, préfèrent se cacher derrière des valeurs montées de toute pièces, pour ne pas avoir à se regarder en pensant : « je suis un lâche ».
Ils préfèrent se faire croire que c’est ce qu’ils pensent, qu’il y a des choses qui ne se disent pas, des limites à ne pas dépasser (une simple caricature, un dessin d’enfant constituant cette inacceptable limite), pour ne pas s’admettre qu’ils sont en train d’accepter le pire parce qu’ils tremblent et non parce qu’ils approuvent réellement ce à quoi ils ont laissé le champ libre.

Plutôt que de s’admettre leur peur, ils ont préféré la déguiser en vertu.
Et laisser ceux qui ne mangent pas de ce pain-là leur servir de gilet pare-balles.

En réalité, dans cette histoire comme dans toutes les histoires de ce type, ce qu’il faut observer pour comprendre les mouvements collectifs et la société (sa lâcheté, son aveuglément, sa peur), ce sont avant tout des hommes et des femmes, avec leurs égos, leurs psychologies, leurs manquements, leurs places à sauver, leurs mythes à écrire, leurs couronnes à préserver.
Si on ne comprend pas ça, dans le fond, que le collectif se forge à partir d’une somme d’individus faillibles chacun dévorés par quelque chose et parfois par le pire, alors on ne comprend rien.

Il ne faut pas désespérer du monde. Il ne faut pas non plus le sacraliser et refuser de le tenir pour ce qu’il est au présent.

Il est parfois, même dans ses actes les plus anodins et les plus souriants, même sans le vouloir, capable d’aider à édifier le pire.

L’islamiste fou dont nous aurons demain oublié le nom n’a pas égorgé Samuel Paty tout seul, en vérité. Cet assassinat sauvage est une oeuvre collective, le fruit des compromissions et des passions de chacun ; du recteur qui craint pour sa place au collègue professeur qui veut briller devant la machine à café.

Et c’est ainsi que cet homme a été tué.

Il est mort pour une sordide histoire de couilles molles.

Et le karma collectif de la société toute entière continuera de s’exprimer ainsi, tant que le monde dans lequel nous vivons ne sera pas fait d’hommes libres capables d’aller chercher leur liberté.

Car l’homme incapable de se battre pour sa liberté démontre qu’il n’est pas digne d’elle.

Même si cette liberté nous était donnée demain sur un plateau d’argent, qu’en ferions-nous à part la dilapider et la détruire ?

Le monde est de nature vibratoire et l’on attire ce qui nous ressemble : tout ce qui est plus grand que l’Homme qui le détient ne survit pas longtemps entre ses mains.
Ce n’est qu’en se hissant à la hauteur de sa liberté, en se montrant son égal, comme Samuel Paty a osé le faire un instant, qu’il peut en conquérir les prérogatives.

Cette mort servira, je l’espère, à interroger les individus sur ce qu’ils sont prêts à accepter, sucer, avaler, pour « ne pas faire de vagues ». Les intentions ne valent pas grand chose, surtout quand on sait à quoi nos actes mèneront. Le mal est fait.

Une société saine et heureuse, ce n’est pas une société où on a réussi à élire un bon dirigeant qui aura par sa seule volonté transcendé les médiocrités individuelles de chacun.
Une société saine et heureuse, c’est une société faite d’individus capables de se tenir debout comme les Dieux qu’ils sont. La grandeur, la civilisation et la liberté commencent là. Dans le courage.


*non seulement cela ne marche pas, mais cela produit même l’effet inverse : votre adversaire comprend que vous n’êtes qu’une carpette sur laquelle il pourra s’essuyer les pieds à loisir

Le professeur Samuel Paty, froidement décapité pour avoir montré des caricatures, des dessins d’enfant du prophète Mahomet
Publié dans Uncategorized | Un commentaire