Pensées autour de la pensée : pourquoi il ne faut pas relativiser les contradictions des politiciens

Cela fait un certain temps que j’accumule des textes de réflexion qui touchent à la thématique de la pensée, et aux pièges de cette dernière. J’aimerais les réunir dans un petit cycle que je publierai au fil du temps, et qui s’intitule « Pensées autour de la pensée ». Voici le tout premier.


Des contradictions, tout le monde en a : il faudrait, pour y échapper, avoir une intelligence d’ordinateur, ou vivre dans un monde idéal où aucun ajustement n’est à faire avec la réalité. Emil Cioran écrivait d’ailleurs à ce sujet, dans son livre Sur les cimes du désespoir : « Ceux qui n’ont que peu d’états d’âme et ignorent l’expérience des confins ne peuvent se contredire, puisque leurs tendances réduites ne sauraient s’opposer. »*
En d’autres termes, il faut être profondément simplet pour n’afficher aucune contradiction.

Lorsque des politiciens commettent des actions qui se trouvent en opposition apparente avec leur morale ou les principes qu’ils prônent – voire cherchent à imposer -, il est d’usage pour les gens de les mettre en face de leurs contradictions. Mais parfois, ces contradictions peuvent aussi faire l’objet d’une certaine indulgence.

Ainsi, il n’est pas rare que les citoyens ferment les yeux lorsque des politiciens prônent des idées qu’ils n’appliquent pas entièrement en privé, notamment lorsqu’ils voient là l’illustration que ces politiciens ne sont pas si différents d’eux que ça sur un plan idéologique, puisqu’après tout, ils ont démontré des signes de souplesse sur certains points de leur morale jugés épineux.

Par exemple, prenons le cas d’un politicien jugé très conservateur, un peu anti soixante-huitard, mais qui a construit sa vie en profitant allègrement des droits accordés par Mai 68, qui défend le mariage sérieux, la famille traditionnelle, la religion, est contre l’avortement, les valeurs libérales, mais qui a lui-même divorcé et eu des enfants avec plusieurs conjoints, qui va voir des escorts ou a une vie sexuelle libre, avec des liaisons, des histoires courtes… A décliner au masculin comme au féminin.

Certains citoyens qui ne sont pas conservateurs et apprécient l’essentiel des libertés léguées par Mai 68 interprèteront ces contradictions répétées comme le fait que ce politicien n’est finalement pas si dangereux que ça pour le monde qu’ils défendent : « regardez, il ne représente aucune menace pour nos libertés : la preuve, ils n’a pas passé toute sa vie marié à la même personne, ou n’a pas eu tous ses enfants avec le même conjoint ». Alors que bien souvent, cela démontre en réalité tout l’inverse..

Beaucoup de ces politiciens contradictoires rationalisent et minimisent en général parfaitement leurs propres incohérences, considérant que ces dernières n’existent pas vraiment, ou qu’elles sont moins graves chez eux, parce que eux, contrairement aux autres, ont des principes, et que même s’ils ne vivent pas toujours dans le sens de ces derniers, ces principes-là existent et font office de colonne vertébrale, d’armure, de garde-fou, peut-être, les mettant à l’abri de ce qu’ils considèrent comme la vraie dérive (incarnée, elle, par l’ « autre », toujours, évidemment).

Cela me fait penser au grand débat qui a entouré la décision de la Cour suprême des USA de renverser l’arrêt Roe V Wade qui garantissait aux femmes de tout les états américains le droit d’avorter, mettant les femmes vivant dans des états conservateurs à la merci d’éventuelles interdictions fédérales, qui ne se sont effectivement pas faites attendre. Ce changement historique a évidemment causé beaucoup d’émoi et de remous.

De nombreuses employées de cliniques spécialisées avaient témoigné sur internet du fait que beaucoup de femmes « pro-vie », chrétiennes, souvent épouses ou filles de pasteurs et autres députés anti-avortement, militantes de leur cause, venaient régulièrement se faire avorter dans leurs établissements. Certaines insultaient même leurs « avorteuses » en disant « vous irez en enfer pour avoir accepté de commettre ce crime », alors qu’elles étaient elles-mêmes venues se faire avorter, de leur plein gré.. La plupart étaient évidemment moins violentes. Mais toutes s’arrangeaient pour relativiser la situation : non seulement, cela ne remettait pas en question leurs idées anti-avortement, pour lesquelles elles continuaient à lutter avec véhémence une fois l’évènement passé, mais elles semblaient elles-mêmes oublier en quelque sorte qu’elles s’étaient faites avorter et que leur avortement à elles n’était pas moins réel que celui des vilaines femmes démocrates venues en sifflant. Qu’il avait bien eu lieu, qu’importe les idées qu’elles pouvaient nourrir par ailleurs à ce sujet. 
Selon ces mêmes témoignages, certaines de ces femmes pro-vie se permettaient de mépriser ouvertement, devant le personnel, l’avortement, avec l’air de celle à qui l’on a mis un couteau sous la gorge et qui a fini par se plier de bonne grâce à une volonté qui n’était pas du tout la sienne… drôle de tableau pour des femmes entièrement consentantes et maîtres de leurs décisions.
Les hommes ne sont pas en reste. Plusieurs anecdotes succulentes en témoignent. Par exemple, le sénateur Herschel Walker, qui a défendu une interdiction de l’avortement, aurait selon un rapport financé l’avortement de sa petite copine en 2009. Et lorsqu’il a voulu s’en défendre, c’est son propre fils, George, qui est monté au créneau pour enfoncer le clou : selon lui, son père ment et les faits décrits par le rapport se sont bien produits, la signature serait la sienne. De plus, il ne serait pas du tout ce qu’il prétend être : « Il a quatre enfants, de quatre femmes différentes, il n’en a pas élevé un seul. Il sortait coucher avec d’autres femmes… tout a été un mensonge ! (…) Tu n’es pas un ‘homme de famille’, tu nous as abandonnés pour te taper plein de femmes, tu as menacé de nous tuer et tu nous as fait déménager 6 fois en 6 mois pour fuir ta violence. »
Selon l’ex petite amie en question, Herschel Walker aurait tenté une seconde fois de la pousser à avorter. Elle a refusé et mis un terme à la relation, dont un enfant est donc finalement né.
Un autre politicien anti-avortement dont j’ai oublié le nom avait été copieusement moqué sur Twitter après qu’une jeune femme ait répliqué, à son tweet se réjouissant de la suppression de l’arrêt Roe V Wade, que le propre fils de ce politicien, avec lequel elle disait avoir couché, l’avait ensuite enjointe à « faire le nécessaire » pour que ces relations sexuelles ne débouchent pas sur une éventuelle paternité… Il n’y a certes, dans le cas présent, pas de preuves tangibles. Mais l’homme n’a pas démenti. Et surtout, ce genre de moments de grâce où des donneurs de leçons sont pris « la main dans le pot à confiture » ont eu lieu suffisamment de fois pour que nous sachions qu’effectivement, les incohérents et les menteurs existent bel et bien dans le monde politique, et que leurs actes ne sont pas toujours en conformité avec leur image publique et leurs combats.

Beaucoup seraient tentés de penser : « tiens, ces femmes militent pour interdire l’avortement, mais bon, c’est un détail car elles se sont quand même faites avorter, c’est la preuve qu’elles n’empêcheront sans doute pas d’autres femmes de le faire », ou « tiens, ces hommes sont mariés à des épouses qui ont avorté, ont des filles ou des belles-filles qui ont avorté, cela les poussera sans doute à éprouver de la compassion à l’égard de celles qui avortent et à leur lâcher un peu la grappe ». Ils se mettent sans doute le doigt dans l’oeil…

Placé devant ses incohérences et devant la terrible et tant redoutée dissonance cognitive, l’être humain, qui rêve de cohérence et de perfection, n’a souvent pas l’humilité ou le courage de reconnaître la complexité ou l’imperfection des choses, le fait que le système auquel il croit profondément ne fonctionne pas et comporte des failles ; d’admettre sa petitesse et sa faillibilité. Il faut dire que cela n’aide pas de prier un Dieu** cruel et terrifiant qui réserve apparemment le bûcher à toutes les femmes qui se sont fait avorter, et à ceux qui les ont aidées… 

Par conséquent, quand on se trouve face à des personnages dont les décisions sont en décalage avec leurs idées officielles et dont les actes semblent prouver qu’ils sont moins différents de nous que ce qu’on croit, sur un sujet donné, en réalité, il n’y a non seulement pas matière à être rassuré et à se sentir proche d’eux, mais au contraire, il y a plutôt matière à fuir : chacun a des contradictions, mais tout l’être de ces gens se fonde sur un déni porté à des degrés très malsains, sur une capacité à voir la paille dans l’oeil du voisin sans jamais voir la poutre dans le sien, et, ce faisant, à retirer sans aucune vergogne aux autres des droits qu’ils s’accordent à eux-mêmes très largement. 




* La citation complète d’Emil Cioran : « Ceux qui n’ont que peu d’états d’âme et ignorent l’expérience des confins ne peuvent se contredire, puisque leurs tendances réduites ne sauraient s’opposer. Ceux qui, au contraire, ressentent intensément la haine, le désespoir, le chaos, le néant ou l’amour, que chaque expérience consume et précipite vers la mort ; ceux qui ne peuvent respirer en dehors des cimes et qui sont toujours seuls, à plus forte raison lorsqu’ils sont entourés – comment pourraient-ils suivre une évolution linéaire ou se cristalliser en système ? »

**pauvre Dieu, à qui on fait dire tout et n’importe quoi. Alors que Dieu n’est qu’Amour, et que Dieu, c’est nous.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Musique : François-Henri (+ petite découverte du grenier balkanique)

Je n’écoute pas beaucoup de chanson française, surtout récente, et surtout ce qui passe en radio. Les artistes français récents que j’écoute et que je considère comme de qualité sont en général passés du côté anglophone, tant et si bien que même s’ils sont nombreux, en les écoutant, on oublie souvent qu’ils sont français (ce que je trouve dommage, d’ailleurs ; mais c’est un autre sujet, que j’aborderai peut-être ici). Mais il y a quelques mois, grâce aux algorithmes, j’ai fait une excellente découverte que j’avais très envie de partager ici, et ce d’autant plus que les 30 000 vues me paraissent bien peu au regard de son talent : François-Henri. Notamment la chanson « Nouvelle ville », que j’écoute beaucoup dernièrement. La mélodie est magnifique, on ne peut que penser à Michel Berger et à toute l’euphorie musicale des années 80. Les paroles me plaisent beaucoup, belles tout en étant d’une étonnante simplicité. Et le style de cadre sup’ bronzé des années 70-80 abonné à Globe est original, il fallait y penser.

C’est un peu dans la lignée de ce que font certains artistes français actuels comme Catastrophe, ces dernières années, inspirés sans doute par Michel Berger, Starmania, toutes ces références un peu kitsch et vitalistes des années 80 et des sitcoms vitaminées des années 90, période où la joie semblait plus aisée que jamais.

Je ne peux donc pas ne pas déterrer du grenier cette chanson yougoslave de Dino Dvornik, « le Roi croate du Funk », Tebi pripadam (1989), à laquelle elle me fait immanquablement penser. La même ambiance, sans doute.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Hommage à Jean-Pierre Nicola, père de l’astrologie conditionaliste

Jean-Pierre Nicola, père de l’astrologie conditionaliste

Ecrit le 27 octobre 2022, publié ici le 18 novembre.

Jean-Pierre Nicola, père de l’astrologie conditionaliste (ou naturaliste), est décédé le 21 octobre 2022. Il nous a offert une contribution à mon sens égale à celle de Dane Rudhyar et quelques autres grands astrologues… Gratitude infinie pour cet immense monsieur. Son héritage ne fait que commencer.

Cet homme au bagage scientifique et biologique a mis au point une méthode hors norme et d’une rigueur mathématique, construite sur l’étude pointue des cycles, de la nature, et je suis certaine que tous ses mérites seront reconnus dans les années à venir. Je ne partage pas toutes ses idées : par exemple, je crois, contrairement à lui, que l’astrologie est aussi un outil prévisionnel (même s’il ne s’agit pas tant de prédire que de déterminer des potentialités, des risques, etc) ; et je crois bien entendu au karma, à la réincarnation, et l’astrologie karmique me semble à ce titre essentielle. Mais les travaux de Jean-Pierre Nicola restent nécessaires et d’une richesse rare. Peu d’astrologues peuvent prétendre avoir à ce point isolé la mécanique générale, l’architecture, le fonctionnement profond et biologique de l’astrologie.

Les curieux qui souhaiteraient le découvrir peuvent aller faire un tour sur le site AstroAriana, qui diffuse sa méthode et lui rend hommage ; je recommande notamment pour les néophytes les articles thématiques sur les signes, qui expliquent extrêmement bien la valeur de chaque archétype, loin des caricatures habituelles répandues par l’astrologie populaire (celle que l’on trouve dans pas mal de journaux féminins ou sur pas mal de réseaux sociaux, même si un approfondissement est heureusement aussi en train de s’imposer petit à petit). Egalement, ses plus grands livres comme La condition solaire, ou encore Le grand livre de l’astrologue… Ou bien cet excellent ouvrage de vulgarisation, synthétique mais d’une grande profondeur : Les rythmes du zodiaque de Françoise Hardy, inconditionnelle de cette école. Idéal pour ceux qui cherchent à comprendre la psychologie de chaque signe.



Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

All things must pass, de George Harrison, un classique à réécouter en cette saison du Scorpion

Il n’y a pas de moment pour écouter cet album de George Harrison, All things must pass. C’est un de mes grands essentiels. Mais en cette saison du Scorpion et des feuilles mortes, il semble encore davantage faire corps avec la vérité profonde des éléments, l’environnement, la nature et l’instant. La mort et la renaissance, les métamorphoses, la profondeur des choses derrière les apparences.
Ce n’est guère étonnant si l’on considère que George Harrison était lui-même Ascendant et Lune en Scorpion. Un jour, justice sera faite à ce génie, âme mystique et profonde des Beatles, longtemps resté dans l’ombre du binôme Lennon-McCartney (que la jalousie a conduit à ne pas lui donner trop de place, comme Lennon l’aura lui-même admis plus tard), et qui a pu montrer de quoi il était capable une fois seul. Les chansons les plus élevées, les plus spirituelles du répertoire des Beatles, c’est à lui qu’on les doit. Et je crois que plus ce monde évoluera, y compris spirituellement, plus il sera capable de se défaire des effets de modes et des illusions, plus il sera sensible au génie de cet homme, et à même de reconnaître l’héritage inestimable qu’il a laissé.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Force aux iraniennes et aux iraniens qui se battent pour leur liberté

Jeunes écolières iraniennes tombant le voile et adressant leur majeur aux représentants du régime.

L’Iran a toujours exercé sur moi une enivrante fascination, au point que je me suis souvent demandé si je n’y avais pas vécu, dans une vie antérieure. D’abord, il y a cette langue allongée, alanguie, s’étalant tout son soûl, comme un chat qui s’étire, comme une femme sensuelle et indocile sur un lit défait, constellée de H qui sont comme les voûtes d’un palais fastueux où se nichent des bassins d’eau pure. Khorassan, Ispahan, le Shah, Kermanshah, Shiraz, Golshifteh, Anousheh.

Et puis, il y a les femmes iraniennes, que j’ai toujours considérées comme les plus belles femmes au monde. Leurs visages nobles, aristocratiques même dans la misère et l’adversité, emplis de la fierté tenace de descendre d’une des plus belles réussites civilisationnelles, la Perse, celle de Rumi, celle de la Conférence des oiseaux, celle de Forough Farrokhzad, celle de Maryam Mirzakhani, celle de Hossein Alizadeh. Leurs traits à l’allure sculpturale, d’une grâce solide qui relève de l’architecture, mâchoires, mentons et nez de marbre exprimant la fougue royale et l’insoumission ; le regard qui recèle mille secrets, prédit l’intelligence et la profondeur, la gravité prompte, tout autant que la plus volcanique intensité ; les arrondis de sensualité extrême, qu’une féminité totale vient parachever jusqu’à l’absolu.
Et lorsque les années passent, elles vieillissent comme des reines conscientes de leur pouvoir, grandes roses dignes qui exhalent dans leur flétrissement leur plus obsédant parfum.

Il suffit pour s’en convaincre de voir Chahdortt Djavann, qui est l’exemple le plus abouti de la femme iranienne. Son rêve (elle a écrit « Bas les voiles ! ») est peut-être en train de se réaliser.
Les iraniens, femmes en tête, mènent à cet instant leur plus grand combat. Les générations se lèvent, dans la solidarité, charriant derrière elles une poésie qui préfigure la victoire. Et partout, comme des fleurs qui se lèvent au soleil, une armée de chevelures nues, en pleine reconquête de leur liberté, fait face aux gardiens rouillés de leurs chaînes quotidiennes. Aucun peuple ne mérite l’esclavage, aucun. Mais aux Iraniens, plus qu’à n’importe quel autre, l’asservissement sied particulièrement mal.
Il offense leur nature profonde, leur grandeur, leur beauté.

Je me souviens encore de ma première année d’études à l’université de Nanterre : c’était en 2011. C’était il y a si longtemps. Un Monsieur d’origine iranienne, Kaveh, attendait à l’endroit où se déversaient les étudiants à la sortie des cours, évangélisant au compte-goutte ceux qui étaient prêts à lui consacrer deux minutes – c’est-à-dire pas grand monde – afin de le laisser raconter son histoire et les horreurs qui avaient lieu dans son pays, dont il était exilé. Il me parlait de la courageuse Maryam Radjavi, voilée pourtant, qui se battait depuis l’étranger et défendait la laïcité, celle que nous prenons chez nous pour un acquis de longue date. Je l’avais écouté. Il m’avait donné un CD, que je possède encore je crois, et de la documentation. Je recevais parfois des appels de leur comité, pour des évènements. Je n’ai pas toujours répondu présente, je n’ai pas toujours pu donner des nouvelles, la vie étant ce qu’elle est, c’est-à-dire un infernal tourbillon qui n’a pas toujours pitié de la condition humaine, mais je ne les ai jamais oubliés. Je ne suis pas certaine de les avoir beaucoup aidés, pas certaine que les quelques argumentaires tenus à mon entourage sceptique, ou à des camarades de classe qui n’en avaient pas grand chose à foutre, aient fait avancer leur cause d’un pouce. Mais je ne les ai jamais oubliés, non, et j’ai toujours gardé dans mon coeur une modeste flamme pour tous ces gens qui, comme eux, ont semé humblement des années durant, sans jamais se décourager, renouvelant à chaque instant de leurs petites mains humaines la possibilité d’une révolution. C’est sans doute un peu sur leurs épaules que se hisse aujourd’hui la jeunesse venue poser, espérons-le, la première pierre d’un nouvel édifice. Je les imagine, aujourd’hui, pleins d’espoir, émus comme devant les vendanges d’une vie.

Ici, je pose cette pensée comme une offrande. Que toutes nos prières, partout dans le monde, convergent vers vous et vous donnent la force – à vous qui en possédez déjà tant – d’écrire votre Histoire. A l’encre de feu.

Publié dans Uncategorized | Tagué , , | Laisser un commentaire

La Crimée est ukrainienne (de même que tous les états « séparatistes pro-russes »). Point à la ligne.

Il ne sera jamais inutile de rappeler, encore une fois, que la Crimée, c’est l’Ukraine. Comme le prouvent tous les recensements linguistiques d’avant le XXème siècle, la Crimée a été ukrainienne, avec une majorité écrasante d’ukrainophones, pendant des siècles… avant d’être confisquée par les Russes sous l’URSS, avant que des programmes de russification forcée dans les pays soviétiques ne brouillent les cartes, avant que les Ukrainiens ne soient décimés par le génocide de l’Holodomor et que l’URSS n’envoie des Russes sortis du goulag pour repeupler (et russifier par la même occasion) l’Ukraine.

Le caractère pseudo-russe de la Crimée est donc totalement artificiel, monté de toutes pièces par les Russes et obtenu par la force. Ce qu’il y a de russe aujourd’hui en Ukraine est en grande partie le fruit d’un viol : quand les Russes estiment que certaines zones de l’Ukraine sont russes, qu’ils expliquent donc pourquoi et qu’ils aillent au bout de l’histoire, au lieu de se contenter de babiller que la Crimée est Russe parce qu’elle était soviétique il y a encore quelques décennies. Eux qui sont si fiers d’expliquer qu’il y a beaucoup de russophones et de pro-russes en Crimée, mais aussi dans le Donbass, qu’ils expliquent ce qu’ils ont infligé à l’Ukraine au cours des dernières décennies pour que ce soit le cas.

Imaginons : une femme est violée par un homme. Elle donne naissance à un enfant, qui est le fruit de ce viol, et s’en occupe avec tout l’amour du monde. Bientôt, l’homme qui l’a violée réclame des droits sur cet enfant. Il rameute la foule, et raconte à qui veut l’entendre qu’il est le père de cet enfant… sans jamais expliquer dans quelles conditions s’est faite la fécondation.

Telle est la position délirante de la Russie.

Du reste, même parmi les personnes qui parlent le russe en Ukraine aujourd’hui, beaucoup avaient des ancêtres pourtant ukrainophones, qui ont cessé de parler leur langue par la force, de même que beaucoup de descendants Bretons aujourd’hui en France ne savent plus parler le breton, car on le leur a violemment interdit, et n’en demeurent pas moins des Bretons qui se considèrent comme tels. La majorité russophone de certaines zones ukrainiennes, brandie par la Russie pour justifier son avidité territoriale, est donc un argument bancal : ce n’est pas parce qu’un ukrainien parle le russe, par la force des choses, qu’il souhaite être rattaché à la Russie et à Poutine, ou qu’il s’estime Russe, loin de là. D’ailleurs, même le fait d’être d’origine russe (et pas seulement russophone) n’implique en aucun cas l’adhésion à l’idéologie pro-russe et pro-Poutine. Andreï Kourkov, écrivain ukrainien le plus célèbre au monde, est russe d’origine comme de langage, mais il se considère comme ukrainien, il est fondamentalement contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et c’est un porte-parole fervent de la cause ukrainienne à travers le monde.

La Crimée est historiquement Ukrainienne et appartient à l’Ukraine. Point à la ligne.

Demander à ce qu’elle soit « rendue » à la Russie, et faire reposer les négociations sur cette condition, c’est comme demander à votre voisin de vous « rendre » SA jambe ou SA couille droite : ça ne vous appartient pas pour commencer. Personne n’a à offrir ses couilles à l’adversaire pour obtenir la paix, c’est à Poutine de lâcher les cojones de l’Ukraine et de rentrer dans sa tanière.

Si l’on considère que la terre n’appartient à personne et que les frontières ne sont que des limites transitoires permettant de mieux organiser le monde actuel, alors il fait sens que la Crimée soit en Ukraine. Nulle part ailleurs.



Edit du 19 décembre 2023 : ajout de l’exemple d’Andreï Kourkov.

Publié dans Uncategorized | Tagué , , , , , | 3 commentaires

La mort d’Elisabeth II sera la plus grande menace pour une royauté obsolète

Les médecins sont inquiets pour l’état de santé de la Reine Elizabeth II. C’est apparemment assez grave pour que le Buckingham Palace aille jusqu’à publier un communiqué à ce sujet, aujourd’hui 8 septembre 2022. Agée de 96 ans, et veuve depuis plus d’un an maintenant, l’horizon de sa mort se concrétise de plus en plus.
Cette dernière doit quant à elle être plutôt franchement inquiète à l’idée de laisser le trône à son guignol de fils Charles…

Un type sans doute drôle, qui aime la nature et faire pousser des tomates, écolo avant l’heure, pas une mauvaise graine en somme, lui aussi sacrifié comme sa défunte épouse Diana – à laquelle il fut marié de force – à l’exigence de la royauté, ce qu’on oublie trop souvent. Mais peut-être un peu lâche et sans grande stature, coupable d’être à jamais aux yeux des gens celui qui a trompé sa femme et n’a pas su la protéger. Etre soumis et ne pas savoir protéger : crime des crimes. Pour un homme, déjà. Et plus encore, pour un Roi.

Si la Couronne pouvait sauter une génération et passer directement à William, et Kate indirectement, la royauté britannique pourrait plus facilement prétendre survivre encore quelques temps, si l’on considère le grand capital sympathie de ce couple, perçu comme moderne, discret, honnête et relativement les pieds sur terre. Sans compter que William est en plus le fils de Diana, – c’est-à-dire pas n’importe qui, une femme ayant suscité un élan affectif d’une intensité rare – et il reste à jamais pour beaucoup ce jeune adolescent timide et beau comme un champ de blés, fauché trop tôt par le décès de sa mère, marchant derrière son cercueil devant des millions de gens, l’air sérieux, abdiquant une part de son enfance et de son intimité sur l’autel du devoir de représentation médiatique.

La royauté est déjà en soi un système obsolète qui se maintient cahin caha, dans une société où le pouvoir s’éparpille et se partage de plus en plus, où il s’acquiert surtout, et où plus personne ne veut vivre à l’ombre de souverains indéboulonnables. Or, aucune faute n’est permise à un système obsolète : la moindre erreur signe son écroulement.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

L’amour de Dieu (poème)

Migratory birds in Mumbai



Vivent comme des rois tous ceux qui savent
S’aimer comme des pauvres
Ceux qui boivent l’eau à sa source
Et viennent assouvir leur appétit à la mamelle du jour
Un vent joyeux les porte
Qui se nomme l’amour
Ils savent être des feuilles mortes
S’en allant où la nécessité du destin les amène
Sans autre prétention
Que d’être des travées de fleurs
Offertes aux caprices de ceux qui les cueilleront
Et qui ploient sous la tendre faux
Des écureuils et des oiseaux

La vie, elle leur suffit
Comme le bonheur simple
De n’être là qu’un fruit
Pour tous les affamés

De n’être là qu’un puits
Pour tous les assoiffés

De n’être là qu’une ombre
Pour tous les éprouvés

C’est Dieu lui-même en costume d’humanité
Tu hi tu nazar aaye* (too hee too nazer ayé)

Comme une terre immense embrassée de soleil
Sur laquelle triomphe l’aube après la nuit
Ils sont cette bonté qui n’a jamais sommeil
Et qui vient se livrer à chaque instant de pluie

Comme l’arbre patient qui déborde d’oiseaux
Et dont l’homme a meurtri tant de fois la forêt
Mais qui étend toujours dans un élan secret
Ses branches pour donner la faveur du repos

Comme l’humble maison aux fenêtres rieuses
Dont toutes les lumières sont toujours allumées
Un vallon à la rivière presque moqueuse
Qui rigole un instant pour mieux vous enlacer

Source jamais tarie, offerte à toutes bouches
Les propres comme les sales aux chicots pourries
Femme aux courbes glorieuses, qui permet qu’on la touche
Et qui donne le sein à tous ceux qu’on renie

Leur vie c’est d’être
La graine jetée aux moineaux
La lampe discrète accompagnant les soirs
Qu’on allume avant de raconter nos histoires
Qui éclaircit nos vies, mais sans se laisser voir

Trouvant dans la joie des autres
Leur unique couronne
Leur amour est un vœu
Tous les jours exaucé
Une bouche qui offre, un regard qui pardonne
Une main qui soulage nos genoux blessés

Ils sont la joie folle et la folie la plus sage
L’étreinte qu’on donne les jours de grand orage
À l’enfant craintif, au chaton terrifié
Un instant de miracle et leurs pleurs ont cessé

Dans leur sourire confiant où se lit la justice
La force sans orgueil, l’empathie sans faiblesse
Rayonne une vertu qui démode le vice
L’air du temps fane un jour, et pour eux rien ne presse

Ils ont toutes les vertus les plus opposées
Leur cœur a toutes les pièces de l’échiquier
Le dévouement et la tendresse d’une mère
L’épaule et le courage rassurant d’un père

Ils sont le meilleur et de la femme et de l’homme
Soupe chaude pour les mendiants que nous sommes
Vin de gaieté qui réchauffe tous les hivers
Et fait de chaque larme une grande rivière

La tristesse devient un beau jour un poème
Et la douleur vestige du lointain passé
Sous le geste et l’amour de ces humbles qui sèment
À chaque heure du jour, avec le dos courbé

Il y a toujours à boire et toujours à manger
Dans leur cœur grand ouvert comme un banquet d’été
Une miche de pain discrètement posée
Devant la porte d’une maison délaissée

Nous sommes tous un peu comme des orphelins
Dérivant sur un fleuve, seuls et abandonnés ;
Et blottis désormais dans un nouveau destin
Depuis que leurs bras sont venus pour nous chercher

On se sent bien stupides pour tous nos péchés
On voudrait leur plaire
Oubliant un instant
Que ces gens
Ne savent qu’aimer
De toute manière
D’un amour transparent

Et leur amour n’exige que de se donner
Il n’attend rien cependant il espère tout
Que la paix nous recueille, que le sort nous soit doux
Comme un été de sieste sous un olivier

Rois sans nulle couronne, au plus grand des royaumes
Âmes sans autre trésor que leur tendre paume
Offerte au voyageur et à l’homme de peu
Ce sont leurs doigts qui peignent le bleu de nos cieux

Ils avancent sans cour, et les yeux dans les yeux,
Ceux qui comme des colombes
Portent la bonne nouvelle
Qu’est l’amour de Dieu



*Tu hi tu nazar aaye, chanson dévotionnelle hindoue, qui m’a beaucoup accompagnée. « Tu es vu ».

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Et caetera… (poème)

Béatrice Dalle, 37°2 le matin

Dans ma robe sans pitié, d’un rouge d’alarme
Comme un cabriolet écrasé de soleil
Je m’assois et je bois ; je me lève et je paie
Après avoir étalé sans gêne mes charmes

Dans les cafés bondés asphyxiés de chaleur
Où les ventilateurs y vont de leur musique
Les faïences se heurtent ; un boucan romantique
À peine couvert par des chansons sans valeur

Les serveurs affairés prennent leurs bénéfices
Les jolies femmes recueillent leurs avantages
La facture est salée : mon cœur a mille ans d’âge
Et le sang qui l’irrigue a une odeur d’hospice

La vie est plus facile, comme le désespoir
Dans ces mois fatidiques où la joie règne en maître
Et quand il fera noir
Je me pendrai peut-être

À quelques heures d’ici, en heures d’aéroport
Les vagues revenantes se livrent à l’encore
Près des plages aux couleurs de cartes postales
Bonus les vacanciers et leurs ardeurs létales

Et moi, je n’ai ni la mer ni toi
C’est le mois d’août et j’ai froid
Il m’aurait fallu tes bras
Envie de rien sauf de ça

Quelle heure il est, je ne sais pas
Quel temps il fait, je ne sais pas
Beau jour pour se tuer, n’est-ce pas
Tu aurais pu me sauver, je crois

L’amour, c’est vrai, n’a pas de loi
À ce jeu-là tu es le roi
Oui je vais mal ne t’en fais pas
Sois courageux, pour une fois
Suicide-moi

La blonde de la dernière fois
Celle qui te parlait tout bas
Qu’est-ce qu’elle avait de plus que moi
Peut-être toi ?
Et cætera…

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Le scandale autour de la naturopathe Irène Grosjean déshonore le débat public


Je suis absolument dégoûtée et ulcérée par le comportement putassier et sans scrupules de certains journalistes, dénués de la morale la plus élémentaire et prêts à vendre père et mère pour quelques clics.

Ces jours-ci, on peut lire sur internet : « Doctolib suspend 17 profils liés à la naturopathe Irène Grosjean, accusée d’attouchements sur mineurs », « Une naturopathe qui promeut l’agression sexuelle sur des enfants suscite l’indignation ».

En somme et à première vue, des accusations extrêmement graves, choquantes et sans équivoque, qui suggèrent que la petite dame de 92 ans est pédophile, ou défend la pédophilie, crime parmi les crimes. 

En réalité, une lecture plus attentive de ces articles nous apprend que la pauvre Irène Grosjean recommande simplement les bains de Louis Kuhne, ce que nous appelons en France les « bains dérivatifs », déterrés et enseignés notamment par la scientifique et navigatrice France Guillain.

Le bain dérivatif, technique ancestrale utilisée par de nombreux peuples, consiste à se frictionner l’entrejambe avec de l’eau fraîche tout en maintenant le reste du corps au chaud, afin de reproduire sur l’organisme les effets de la marche nu dans un pays chaud, condition originelle de l’homme. 
Ce, afin d’activer la motilité des intestins et des fascias – dont le rôle essentiel dans la santé humaine est de plus en plus mis en avant ces dernières années par la science – et de débarrasser l’organisme de ses déchets et inflammations, guérissant en conséquence tout un tas de petits et grands bobos.
Je parlerai sans doute dans un article futur de cette méthode, dont je suis une convaincue depuis plus de 10 ans ; par ailleurs, un simple tour sur les forums en ligne permet de se rendre compte qu’elle a aidé beaucoup de gens.

Le scandale vient ici plus précisément du fait qu’Irène Grosjean a préconisé cette méthode pour les bébés, afin de faire redescendre leur fièvre (je la crois volontiers : je fais passer une migraine avec un bain dérivatif en 10 minutes. C’est plus rapide – et plus sain – qu’un doliprane !). Cela lui a donc valu, par amalgame, l’accusation douteuse, injuste et dégoûtante d’attouchements, ou d’incitation aux attouchements, de la part de nombreux internautes, personnalités de Twitter, et surtout journalistes à qui je ne ferai pas la moindre publicité en les citant – ce qui est peut-être une erreur, compte tenu du fait que ces derniers n’ont pas hésité à jeter en pature une dame de 92 ans pour faire du buzz. 

Précisons d’abord que le bain dérivatif a vocation à être pratiqué seul (sauf entre adultes consentants, si vous y tenez et que c’est vraiment votre délire). En aucun cas un adulte ne doit « frictionner » un enfant. Dès lors que ce dernier est en âge de faire sa toilette par lui-même et n’a plus besoin d’être aidé… alors il n’a besoin de personne pour faire le bain dérivatif !
Dans la présente situation, la recommandation d’Irène Grosjean s’adresse uniquement aux nourrissons, qui ne peuvent effectivement pas se frictionner tout seuls. 

Si c’est cela qui provoque une telle vague d’indignation, et de si graves accusations de pédophilie, alors il est bon de rappeler qu’à cet âge, un bébé ne peut pas non plus s’essuyer ou se laver tout seul. Selon la grille de lecture tout à fait originale de ces individus qui ont le scandale facile, ceux qui torchent le cul de leur nouveau-né de 6 mois ou lui essuient les parties génitales seraient donc en train de pratiquer… des attouchements ! Pour suivre cette logique, il faudrait laisser le dit nouveau-né en parfaite autonomie, patauger dans sa merde, et puis éviter de lui donner le sein si possible (sait-on jamais si sa sorcière de mère ne serait pas sexuellement excitée par l’acte). 

Dans le fond, on pourrait même arguer que seul un cerveau malade est capable d’avoir l’esprit si mal placé et s’imaginer prendre un quelconque plaisir à frictionner l’entrejambe d’un nouveau-né, au point de projeter sur les autres des intentions pédophiles. Mais passons.

Qu’il y ait hélas dans notre société des individus pédophiles, c’est un fait. On peut tout à fait comprendre le besoin de prendre des précautions ou de redoubler de zèle afin de protéger les enfants. Mais cela n’interdit pas un minimum de déontologie et de sens moral, d’honnêteté dans le jugement et le choix des mots employés. Cela n’autorise pas à dire tout et n’importe quoi au sujet d’un individu, même sous couvert de bonnes intentions.

Par ailleurs, comme dit précédemment, si le bain dérivatif pratiqué sur un bébé est un attouchement, alors nettoyer les fesses d’un nouveau-né l’est aussi : cette logique préventive est donc sans fin. 

Que certains aient une dent contre la médecine dite alternative et qu’ils aient envie de l’exprimer, ça les regarde, c’est leur droit. Mais un minimum de bonne foi, de droiture face à l’adversaire, de dignité dans le choix des arguments, ne serait pas de trop. Mener une guerre propre, en somme, au lieu de se comporter comme des rats (et respect pour les rats). Car les gens ne sont pas dupes : plus qu’Irène Grosjean, c’est eux-mêmes, leur profession et le débat public que ces personnes déshonorent. Ce qui est précisément l’une des raisons pour lesquelles les citoyens se méfient de plus en plus des journalistes et des discours officiels, du reste.

Jeter en pature une dame de 92 ans, l’accuser gratuitement de pédophilie, non, vraiment, ça ne passe pas. Pour rester dans le registre pipi-caca, il va falloir mettre un jour le nez dans leur merde à tous ces journalistes ou internautes narcissiques qui, parce qu’ils se croient les défenseurs suprêmes du bien, parce qu’ils se croient les élus dynamiques qui font avancer la société dans le bon sens, se donnent le droit de jeter leur venin et leur mépris sur ce qui sort des clous de leur idéologie rationaliste, d’attenter à la dignité des autres avec des accusations diffamatoires qui leur permettent également au passage de vernir de vertu leur image sociale et de gratter du clic, à peu de frais. 

Du reste, le réflexe immédiat et pavlovien de critique, de dédain et de moquerie qui est celui de ces gens face aux médecines alternatives, leur usage de méthodes déloyales, mesquines, dégradantes, les place à rebours de tout esprit scientifique, contrairement à ce qu’ils croient et revendiquent. En effet, la qualité première d’un scientifique, c’est l’humilité. Face à une hypothèse, même farfelue, un scientifique digne de ce nom ne se moque pas, ne se ferme pas comme une huître. Il pense plutôt : « je vais me renseigner », « je ne pense pas mais je peux me tromper », « je ne suis pas d’accord ». En d’autres termes, il ouvre ses horizons au lieu de les fermer, admet les possibilités infinies qui régissent l’existence et la petitesse de son savoir face à l’immensité de la connaissance qui reste à découvrir. Réagir immédiatement par la moquerie et l’indignation sur un sujet dont on ignore tout, comme le font beaucoup d’internautes et de journalistes, c’est l’inverse d’un esprit scientifique et cela démontre surtout le narcissisme, l’empressement de se montrer comme un ‘sachant’. Et je dis ça alors même que je n’estime pas que la science au sens propre soit l’alpha et l’omega de la connaissance : il y a dans l’existence et la recherche de vérité une part d’irrationnel, d’empirique, d’intuitif, d’instinctif, de sensoriel, que j’estime précieuse.

Pour finir, le karma se chargera de remettre tout le monde à sa place, de toute manière. 
Les masques finissent toujours par tomber et chacun se trouve éventuellement tout nu face à sa vérité.

En attendant, n’oubliez pas de mettre de l’eau pour les oiseaux !


Addendum : précisons toutefois que selon la méthode France Guillain, il existe aussi comme alternative aux bains dérivatifs les poches de gel glacées – je laisse les intéressés se renseigner sur le sujet. Ce qui est très pratique également pour les nourrissons et permet de sortir du débat « faut-il ou non prodiguer un bain dérivatif aux bébés », pour ceux que cela gêne. Et ce qui convient aussi très bien aux adultes pressés.

Publié dans Uncategorized | Tagué , , , | Laisser un commentaire