La puissance des choeurs (archive – 26 juillet 2024)

Écrit le 26 juillet 2024 et partagé en privé avec des proches – publié le 1er juin 2025 sur Facebook

Il paraît que dans l’au-delà, tout est son. C’est ce que nous apprennent grand nombre de traditions spirituelles et ésotériques, d’écoles bien différentes, du reste, où les individus qui sont passés de l’autre côté… et en sont revenus. Il y a le verbe primordial mais, plus profondément encore, avec l’ajout du rythme, et le dépassement du sens : le son. Et quel est le premier outil de l’homme pour émettre un son ? Sa propre voix.

La voix, c’est l’âme. Forcément. Car elle émane du corps, d’une forme d’enveloppe charnelle, tout en étant profondément immatérielle. C’est la seule partie de nous-mêmes et des autres que ne pouvons ni voir, ni toucher, et qui se manifeste pourtant à nous. Elle renvoie donc à l’invisible, à l’esprit, à quelque chose qui va au delà de la matière et de ce qui est immédiatement palpable. Bien sûr, elle n’est pas inaltérable – l’hygiène de vie et les choix d’un individu peuvent la modifier par exemple – et c’est en ce sens qu’elle appartient aussi à la matière. En se fiant à cette double appartenance, elle est donc sans doute un passeur entre l’ici et l’au-delà, entre la matière et l’éther. La voix exprime, émeut parfois aux larmes quand elle s’inscrit dans le rythme ou le chant : quelle partie d’un corps ou d’un visage, aussi belle soit-elle, peut prétendre produire un tel effet ?

La voix sort d’une caverne qu’est le corps mais aussi d’un au-delà qu’est l’âme. Elle vibre d’une chose à la fois présente et absente.

Les choeurs, qui sont l’union des voix, en constituent l’octave supérieur, sans doute pour cette raison. Si une voix peut bouleverser grâce au chant, alors les choeurs en décuplent les effets. Les gens ne disent pas autre chose.

Les choeurs, c’est un truc fascinant. (Cela a voir avec le sens profond de la vie, avec la mort, avec le tunnel de lumière dans lequel on est aspiré quand on disparaît). Si l’âme, c’est la voix, alors le choeur, c’est justement l’union primordiale et finale des âmes. Le premier est l’individu, le second est le grand Tout.

La voix seule s’adresse à nous, et nous procure un sentiment d’intimité profonde, de face à face. Les choeurs s’adressent à quelque chose d’abyssal en nous. Quelque chose qui a à voir avec le sens profond de la vie, avec la mort même, l’anéantissement, le tunnel de lumière dans lequel on est aspiré quand on disparaît.

D’où le bouleversement, quand nous écoutons des choeurs. Les larmes que les gens disent verser en masse en assistant à un concert des voix bulgares, et qui semblent décuplées par rapport au chant individuel. C’est, simplement, pour les humains qui écoutent, le sentiment d’être rentrés à la maison.

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