Publié le 24 avril 2025 sur Facebook
Je me suis rendue compte que si je lisais beaucoup les poèmes des autres, et publiais régulièrement ces lectures, je n’enregistrais pas forcément beaucoup de lectures de mes propres poèmes. Peut-être parce qu’il y a quelque chose là-dedans qui tient presque du fait de ravaler son propre crachat ? Cela faisait pourtant partie du projet au départ. Je compte m’y mettre petit à petit. Tout mon travail poétique, produit au fil des années, qui découle d’un apprentissage fait de sueur et de sang, mérite aussi, je crois, d’être enveloppé par l’hommage et la considération de ma propre voix. Alors, sans doute, dans les semaines qui viennent, je vais me faire un peu plus de place, et me donner un peu plus d’amour, et m’offrir ce cadeau.
Après quelques mois d’oubli, de détours et d’accidents, je reviens à moi-même. Ce processus de rupture, effectif notamment depuis quelques semaines – mars -, est arrivé à son point final : je me suis délestée d’un poids. Je n’ai pas beaucoup écrit durant cette période. Il fallait sans doute qu’il en soit ainsi : j’incubais. Cette prise de distance est parfois nécessaire, elle permet de remettre en perspective son propre travail, de clarifier, d’y revenir avec un oeil plus neuf. Désormais, de nouveau, je jette toutes mes forces dans l’écriture. Il est temps de finir. Mon roman notamment. Je suis née pour écrire. Après m’être perdue, je me retrouve, riche sans doute de tout ce que j’ai appris ; j’ai rappelé mes énergies à moi. Le rythme de croisière de la plupart des jours s’enlise parfois en mélancolie, certains soirs. Mais c’est de plus en plus rare et je laisse le passé derrière moi. J’ai eu le courage de le faire et de ne pas me retourner. Si jamais les larmes viennent, j’ai compris qu’il fallait juste s’arrêter pour les accueillir, les laisser couler, et repartir le coeur léger. C’est ainsi qu’elles viennent de moins en moins.
Je me suis choisie.
Alors de la même manière que je me suis réalignée et que je reviens à l’écriture de mon roman, de la même manière, je vais faire un peu de place à mes propres textes dans mes lectures.