Lecture de poème (en allemand !) : Die Lorelei, d’Heinrich Heine (28 octobre 2024)

Lecture publiée le 28 octobre 2024 sur Facebook



Cette fois, je me suis attaquée à un classique de la poésie allemande : Die Lorelei (la Lorelei) du grand Heinrich Heine, extrait de son recueil Das Buch der Lieder (Le Livre des Chants), sorti en 1827. Une tragique histoire de sirène et d’homme englouti par la mer… Je ne parle pas du tout allemand, mais loin des clichés, cette langue a toujours été pour moi celle de la passion, largement sous-estimée ; et c’est en Allemagne qu’est né le romantisme – mouvement cher à mon coeur – au XVIIIème siècle. J’espère être parvenue à rendre modestement hommage à ce superbe texte qui m’émeut beaucoup, et à restituer au mieux la beauté de cette langue…

Ci-après, le texte, et sa traduction par Pierre le Pan.

DIE LORELEI (Heinrich Heine) :

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
Daß ich so traurig bin,
Ein Märchen aus uralten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.
Die Luft ist kühl und es dunkelt,
Und ruhig fließt der Rhein;
Der Gipfel des Berges funkelt,
Im Abendsonnenschein.

Die schönste Jungfrau sitzet
Dort oben wunderbar,
Ihr gold’nes Geschmeide blitzet,
Sie kämmt ihr goldenes Haar,
Sie kämmt es mit goldenem Kamme,
Und singt ein Lied dabei;
Das hat eine wundersame,
Gewalt’ge Melodei.

Den Schiffer im kleinen Schiffe,
Ergreift es mit wildem Weh;
Er schaut nicht die Felsenriffe,
Er schaut nur hinauf in die Höh’.
Ich glaube, die Wellen verschlingen
Am Ende Schiffer und Kahn,
Und das hat mit ihrem Singen,
Die Loreley getan.

*

Traduction littéraire et en français de Pierre Le Pan :

Je ne sais dire d’où me vient
La tristesse que je ressens.
Un conte des siècles anciens
Hante mon esprit et mes sens.

L’air est frais et sombre le ciel,
Le Rhin coule paisiblement
Les sommets sont couleur de miel
Aux rayons du soleil couchant.

Là-haut assise est la plus belle
Des jeunes filles, une merveille.
Sa parure d’or étincelle,
Sa chevelure qu’elle peigne

Avec un peigne d’or est pareille
Au blond peigne d’or du soleil,
Et l’étrange chant qu’elle chante
Est une mélodie puissante.

Le batelier sur son esquif
Est saisi de vives douleurs,
Il ne regarde pas le récif,
Il a les yeux vers les hauteurs.

Et la vague engloutit bientôt
Le batelier et son bateau…
C’est ce qu’a fait au soir couchant
La Lorelei avec son chant.

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