
Journal du 18 août 2024 (publié sur FB à l’instant même)
J’ai souvent dit aux hommes que j’ai aimés : « T’es plus beau qu’Alain Delon ». Déjà, parce que je le pensais : si j’aime un homme, il est le plus beau à mes yeux. Du reste, malgré l’admiration esthétique que je pouvais avoir pour Delon, et sa beauté proverbiale, je n’ai jamais été attirée par lui au premier degré. Cette simple phrase, « T’es plus beau qu’Alain Delon », démontre cependant une chose : ce dernier était, en quelque sorte, le mètre-étalon à l’aune duquel se mesurait la beauté masculine – si tant est que cette dernière soit mesurable. Plus encore que Brigitte Bardot – qui fut pourtant un phénomène dont la gloire dépassa sociologiquement et médiatiquement celle de Delon – mais dont d’autres rivales féminines sont souvent citées avec ou avant elle lorsqu’est abordé le sujet de la beauté pure (Cardinale, Monroe, Loren, Bellucci, Taylor, Adjani…), les gens faisant la part des choses entre popularité et beauté pure, Delon était devenu l’incarnation incontestée, évidente, absolutiste, de la beauté conventionnelle et indéniable, ici et ailleurs ; l’illustration de l’expression anglophone « ridiculously beautiful » (« ridiculement beau ») pour décrire une personne si proverbialement et évidemment belle que c’en devient un cliché. Delon a tenu ce rôle dans nos temps modernes.
Il est intéressant de constater à cet égard que les deux incarnations majeures de la beauté française, Bardot et Delon, partagent un point commun astrologique : la Balance, signe traditionnellement régi par la planète Vénus et lié à la beauté et à l’harmonie, souvent considéré comme le « plus beau signe » du zodiaque (au sens « le plus conventionnellement harmonieux », étant entendu que chaque signe est beau à sa manière). Bardot a son Soleil en Balance – tout comme Bellucci et Loren ; Delon possède, lui, un ascendant Balance, en plus d’une conjonction de Vénus (maître traditionnel de la Balance, donc) sur l’Ascendant, ce qui en renforce l’effet. L’ascendant régissant l’apparence physique et la manière de se présenter au monde, il n’était donc pas surprenant que Delon ait eu la beauté totale pour cadeau, plus encore que Bardot (ce qui était franchement un exploit), cette dernière ayant quant à elle un ascendant Sagittaire, placement qui la rendait déjà plus excessive et ‘typée’ – ce qui fait tout son charme inimitable mais rend moins susceptible de « plaire à tout le monde » ou d’être considéré comme un modèle trop classique. Le Soleil en Scorpion de Delon lui a naturellement conféré le sex-appeal et la fameuse intensité que tout le monde lui connaissait (en maison 2, analogique au Taureau, également régi par Vénus, les qualités vénusiennes de sensualité se trouvaient renforcées). La Lune en Bélier (angulaire et dominante) a parachevé le tableau, avec cette animalité instinctive, risque-tout, fougueuse et même égoïste, cette émotivité capricieuse et à fleur de peau.
Le maître de la Balance, Vénus, se trouve chez Bardot et Delon dans le signe de la Vierge, signe très valorisé dans la culture collective des années 60 puisqu’Uranus (qui régit à mon sens les effets de mode) s’y trouvait alors, ce qui expliquait nombre de caractéristiques de ces deux mythes, d’essence effectivement virginienne : finesse de gazelle, élégance naturelle, perfection des traits et de la silhouette, de l’habillement et de la mise en beauté, corps élancé et athlétique, discipliné, de danseuse ou de mannequin. Mais aussi le fait que leur persona, la féminité de l’une et la virilité de l’autre, aient fait écho à ce qui était alors jugé en vogue par les foules.
Vénus étant par ailleurs, chez Delon, en maison 12 (analogique aux Poissons), nous avons là l’explication de son aura insaisissable, mystérieuse, secrète.
La France (si l’on se réfère au thème astrologique de la Ve République) a justement son Soleil en Balance, avec sa Vénus en Vierge : ce parallélisme n’est guère étonnant si l’on considère que ces deux figures – Bardot et Delon – sont l’incarnation mythologique de la beauté et de l’excellence française à l’étranger pour le XXème siècle.
Note : j’ai plusieurs articles en attente depuis des années, qui commencent à dater, et qui évoquent justement Uranus et les effets de mode collectifs, le rapport astrologique entre un pays et ses grandes figures, le placement très sous-estimé de Vénus en Vierge (partagée par Alain Delon, Brigitte Bardot, mais aussi Kim Kardashian, etc), etc, etc. Je vais sans doute les publier sous peu.
