GPA : un taylorisme de la procréation qui va à l’encontre du caractère holistique de la grossesse, de la nature et du monde

Plusieurs enfants issus de GPA ont été abandonnés par leurs ‘parents’. L’un, par exemple, car il avait été conçu avec le sperme du mauvais donneur, une autre car elle était handicapée… naturellement, ces cas m’ont poussée à la réflexion.

La GPA est une forme d’enfantement déconnecté, dématérialisé, de taylorisme de la procréation, fondé sur l’idée que l’on peut engendrer un enfant à partir de pièces détachées, et donc s’affranchir des règles de la nature – dont le fonctionnement est justement holistique, soit porté vers la totalité -, en vue d’assouvir un besoin personnel, d’obtenir un résultat, de l’optimiser éventuellement. C’est donc tout naturellement que la GPA charrie dans son sillage un impératif de rendement : les gens veulent en effet « en avoir pour leur argent », et l’insatisfaction de ces exigences les mène alors bien souvent à refuser l’enfant qui déçoit leurs attentes. Et ce d’autant plus que la GPA étant coupée d’une forme de complétude biologique et spirituelle qui est celle de la mère qui porte et élève l’enfant, la connection avec ce dernier n’est évidemment pas la même. Neuf mois de grossesse forgent des liens à nul autre pareil ; pour quiconque n’est pas complètement déconnecté de son corps et de la vie, la chose est évidente. Et ce que nos ancêtres et les traditions séculaires savaient déjà, la science le prouve désormais : durant la grossesse par exemple, une femme reçoit des cellules de la part du foetus, qui persistent parfois plusieurs décennies dans son corps, et qui ont même un effet régénérateur, et protecteur contre de nombreuses maladies. Un phénomène nommé microchimérisme. Du reste, la beauté de la procréation naturelle et le plaisir qu’elle implique – par opposition à celle de la procréation artificielle par pipettes interposées – parlent d’elle-même. Car l’harmonie est la langue parlée par le divin pour s’adresser à nous par la matière.

La GPA, ambiguë en ce qu’elle implique effectivement un lien biologique, mais un lien biologique altéré, artificiel, partiel, permet la politique du cul entre les deux chaises : c’est mon enfant, et en même temps, si cela n’est pas arrangeant, ça n’est plus mon enfant ; j’ai un pied dedans et un pied dehors et je peux encore fuir. Là où l’enfant biologique (et même adoptif*) ne se choisit pas et obéit à une forme de destinée. Destinée qu’il faut donc accomplir « à la vie, à la mort ».
(*C’est même le cas de l’enfant adoptif qui est déjà au monde quand il rencontre ses futurs parents, et qui est à prendre « tel quel » (même quand il a été « choisi » et qu’un coup de foudre à l’orphelinat nous a mené à lui). Et même là, c’est vrai, il peut y avoir des refus : certains parents ont « renvoyé » des enfants au bout de quelques mois, pour des motifs de mésentente ou de déception… la parentalité adoptive implique un nombre de défis supplémentaires, qui en fait une aventure passionnante. C’est là un autre sujet.)

C’est la même logique de rendement qui est à l’oeuvre dans le fait que beaucoup de couples qui utilisent la GPA pourraient très bien adopter mais tiennent à avoir un enfant biologique, qui leur ressemble. Là encore, nous sommes dans une logique de rendement, de satisfaction individuelle, d’attentes formulées qui attendent un assouvissement, dans le but, du reste, de créer « l’illusion du vrai ».

Bien sûr, on pourrait arguer que certains individus ont des enfants par GPA sans sacrifier à ce rapport mercantile, qu’ils tiennent à mettre du sacré, de l’amour et même de la surprise dans leur démarche, en dépit du fait que cette dernière soit médicalisée, et c’est indéniable. Il y a d’ailleurs des gens qui défendent une GPA fondée sur le principe de don, qui exclut donc toute idée d' »achat » ou d’exploitation. On peut même constater qu’il y a des enfants nés par GPA qui sont plus attendus et aimés que d’autres, biologiques, et là encore c’est indéniable, et personne ne veut leur enlever cet amour-là. Mais la question qui se pose est : peut-on transformer des bases déjà viciées, et rendre acceptable le fait d’engendrer des enfants par de tels moyens ? Car c’est pour une raison qu’une femme porte un enfant en elle, pendant 9 mois (et nous en avons déjà donné un aperçu au début de ce texte). Et si des drames et des accidents de l’existence obligent à sortir de cet état idéal et à s’adapter (par exemple : quand un enfant se trouve orphelin et donc adopté et élevé par des parents non biologiques), avec hélas les déchirements identitaires que l’on connaît (les enfants adoptés en parlent très bien eux-mêmes), est-il franchement une bonne chose de créer par nous-mêmes, de toutes pièces, de telles situations ? Ce déracinement énergétique n’a-t-il vraiment aucune conséquence sur l’ancrage futur d’un enfant, sur le plan physique, mental, spirituel ? Les propos d’Olivia Maurel, née par GPA, qui nous explique que tous les autres enfants nés ainsi de sa connaissance ont développé des problèmes d’alcool et de drogue, maladies typiques du non-ancrage et du besoin de dissociation, sont à cet égard très intéressants et doivent pouvoir ouvrir un vrai débat.

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