GPA : des années de mensonge qui éclatent au grand jour (journal du 24 avril 2024)

Écrit et publié le 24 avril 2024 sur FB.

Passe d’armes entre Marion Maréchal et Prisca Thévenot, autour de la naissance des jumeaux du styliste Jacquemus et de son mari, sans doute par GPA. La première demande où est la maman. La seconde réplique en la traitant d’homophobe (une bonne partie de la gauche française ayant ensuite abondé en son sens : Clément Beaune, Rima Hassan, Olivier Dussopt, Mélanie Vogel…).

Je me moque des opinions de l’une et de l’autre et n’exprime ici aucune connivence politique. Je constate simplement qu’il y a 11 ans, les opposants au Mariage Pour Tous avaient déjà expliqué que ce dernier était justement un préalable inévitable à la GPA, à laquelle la plupart des gens étaient grandement opposés, même à gauche (Mélenchon par exemple). C’était d’ailleurs la raison pour laquelle une bonne partie de ces opposants étaient contre le mariage gay. Pas par homophobie ou par haine des homos, pas par envie sadique d’empêcher « deux gens qui s’aiment » de s’aimer, contrairement à ce que la hype et nombre de gens de gauche sauce Quotidien voulaient faire croire, en établissant une corrélation automatique totalement malhonnête et en allant chercher les pires représentants de cette cause. Mais bien parce que le mariage implique la filiation, sur un plan légal (et ce même quand deux mariés n’ont pas d’enfants, n’en veulent pas, etc). Tant et si bien que le Mariage Pour Tous nous place automatiquement sur une pente glissante qui emmène droit vers la GPA, à moins d’une clarification ferme sur le sujet ou d’un changement de la nature même du mariage (qui n’a jamais été à l’ordre du jour) : un couple homosexuel ne peut faire des enfants, et ne peut donc avoir accès naturellement aux mêmes possibilités procréatrices qu’un couple hétérosexuel, et il y a en plus peu d’enfants à adopter (et de nombreux couples homos revendiquent justement de vouloir des « enfants biologiques »). Tout cela rend impossible la promesse d' »égalité » et d’indifférenciation offerte par le Mariage Pour Tous, obligeant à la compléter par des procréations artificielles censées corriger l’injustice de la nature (sachant que lorsque la nature est aussi systématique, tout laisse penser que nous ne sommes plus dans le domaine de l’accidentel et de l’injuste mais du délibéré qui a sa raison d’être…). Si au moins les défenseurs du Mariage Pour Tous avaient assumé que pour eux, Mariage Pour Tous et GPA allaient main dans la main, ils auraient eu le mérite de la cohérence, de l’intégrité, du courage. Ils ont préféré nier lâchement et nous répondre que cette crainte n’était que de la paranoïa, ridiculiser les inquiétudes de bon sens qui se sont érigées en travers de leur route, et éluder ainsi les questionnements que cette loi posait pour le futur, désertant le débat honnête et véritable sur un sujet pourtant primordial, et jouant le petit jeu bien bas des coups médiatiques faciles portés sous la ceinture de l’adversaire. Aujourd’hui, ce même camp montre son vrai visage. Qui avait raison finalement ? Qui disait la vérité ? Le premier camp, malgré les indéniables outrances de certains de ses membres, avait au moins le mérite d’une certaine intégrité.

Non seulement, ces gens nous ont menti les yeux dans les yeux, en nous faisant croire que le Mariage Pour Tous n’impliquerait jamais la GPA, mais en plus, ils prétendent aujourd’hui nous expliquer encore une fois que s’opposer à cette même GPA, à laquelle ils disaient être eux-mêmes opposés il y a 10 ans pour la plupart (je ne dis pas que c’est forcément le cas de Thévenot, mais c’est le cas de beaucoup de gens à gauche qui félicitent aujourd’hui le recours aux mères porteuses), c’est de l’homophobie. Alors que cette dernière est toujours illégale en France (bien que les enfants issus de GPA puissent être reconnus), et que le Président Emmanuel Macron lui-même, sous l’égide duquel la plupart de ces gens se rangent ou travaillent, disait dans son programme en 2017 y être opposé, pour des raisons d' »éthique et de dignité ». Les prises de position actuelles sont donc renversantes d’hypocrisie. Et on peut gager que nombre d’entre elles ne sont pas tant le fruit du changement sincère que de l’opportunisme calculé et conscient ou de la perméabilité inconsciente mais infantile face aux effets de mode du moment, la GPA s’étant fortement banalisée dans l’espace médiatique. Les conséquences sont au final les mêmes. Et surtout, ces attitudes montrent le vrai visage de pas mal d’individus qui font la pluie et le beau temps sur la vie des Français. Je finirai là par une phrase d’André Suarès, que je trouve très à-propos : « Ils veulent commander, ils ne savent même pas servir ». 

En bonus, un des commentaires laissés sous mon post (qui ne m’a guère surpris) ;

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