
Vous n’êtes pas prêts pour la génération Pluton en Capricorne (née entre 2008 et 2024, sauf périodes de rétrogradation).
Pluton, la planète la plus éloignée du système solaire (du moins en astrologie*), la plus lente, donc, collective et générationnelle (avec Neptune et Uranus), est rentrée en Capricorne en 2008 (et va en sortir définitivement dans quelques mois, en 2024). Nul ne sera surpris que cette entrée ait coïncidé avec la crise des subprimes, une crise économique et politique de grande ampleur dont nous essuyons encore les plâtres 15 ans après, avec à la clé austérité et rigueur. Après tout, le Capricorne régit – entre autres – les structures, la politique et l’argent.
Si les adolescents d’il y a quelques années avaient Pluton en Sagittaire, de même que les vingtenaires actuels, les premiers Pluton en Capricorne, les plus âgés d’entre eux, ont désormais 15 ans (les plus jeunes ayant encore quelques mois pour naître), et ce sont eux qui vont maintenant incarner l’adolescence, et sous peu la jeunesse.
Pluton est la planète du « détruire pour mieux reconstruire », des transformations de fond, des obsessions, de la mort, de la sexualité, des rapports de force, de l’occultisme, de la psychologie, de l’invisible, des grands mystères. Le signe du Capricorne, régi par Saturne, est un signe ‘no bullshit’, incarnation du père en astrologie, du karma et de la loi, bâtisseur mais lent, sérieux, dur, intègre, absolutiste, mature, stratège, courageux, froid, et indifférent à ce qui ne traverse pas l’épreuve du temps ou de la réalité. Pluton régit le Scorpion, autre signe de profondeur et de pouvoir. La différence étant seulement que le Capricorne est un signe qui regarde la réalité en face, réfractaire aux modes ou aux caprices individuels, aux narcissismes immatures, aux illusions dans l’air du temps ; là où le Scorpion est un signe qui regarde par-delà la réalité, et qui prétend creuser les apparences, juger l’arbre à ses racines plutôt qu’à ses fruits. Le premier est un roc, un phare impassible face à la tempête, le second est un soldat pugnace et rusé qui vit dans le feu. Le premier est incorruptible. Le second considère qu’il faut se salir les mains. Le premier a une vision à long terme dont il ne s’écarte pas. Le second est réactif. Dans le tarot, le premier est le Diable, le second la Mort… Le Capricorne et le Scorpion sont deux signes que l’on retrouve énormément, souvent en binôme, à des endroits clés des thèmes astraux de grandes figures de la politique ou du pouvoir (qu’il soit exercé ou réfléchi), de Napoléon à Margaret Thatcher en passant par Elizabeth II, Attaturk, Ayn Rand et Otto Von Bismarck ; mais aussi de dictateurs tels Mao Tse Toung, Adolf Hitler, Joseph Staline, Kim Jong Un, etc.
Les deux peuvent se muer en tyrans, poussant la logique du pouvoir à son extrême. Les deux sont capables d’une grande profondeur, et d’une perspicacité qui ne laisse rien passer.
Dans tous les cas, lorsque ces deux signes se retrouvent dans une génération – ici le maître du Scorpion, Pluton, en Capricorne, donc -, cette dernière promet d’être de fer et d’acier, capable de détruire par le feu ou faire tomber (Pluton) des statues et des monuments qu’on croyait éternels (Capricorne) tant ils sont là depuis longtemps…
Le Capricorne est le signe des hauteurs – analogique à la maison 10, la plus haute du zodiaque, celle du zénith, de la culmination sociale, de la reconnaissance, des honneurs -, à l’image de la chèvre en haut de sa montagne, et le Scorpion est le signe des profondeurs. Ce qui est un intéressant alliage.
Le Capricorne est l’inspecteur du travail qui vient constater ce qui est, auréolé de son savoir, de sa légitimité, de son incontestable autorité, faisant fermer les restaurants aux cuisines sales, infestées de rats et de cafards ; l’huissier qui vient réclamer la dette ; le policier qui siffle la fin de la fête. Le Scorpion est le détective privé qui vient percer les mystères, infirmer ou confirmer les soupçons, traquer, fouiller, surveiller, déjouer les fausses pistes, voir à travers les alibis fallacieux.
On voit ici les différences autant que les points communs.
Avec Pluton en Capricorne, il y a une volonté générationnelle d’élucider et d’interroger la réalité qui nous est présentée, les structures qui nous entourent, l’autorité et ceux qui l’incarnent. On ne veut plus les accepter aveuglément. On les aime et on les tient pour nécessaires, mais c’est justement pour cette raison qu’on souhaite les transformer. On remet en cause les vérités officielles, on bouscule le pouvoir en place, les gouvernements, l’économie, le patronat, on fait coup d’état (le ‘printemps arabe’, les renversements politiques violents depuis 2008 en témoignent…).
C’est sous le signe de ce transit que nous vivons depuis 2008 (et ce jusqu’en 2024).
La génération qui est née durant cette période, bien que trop jeune pour avoir participé à ces changements, sera profondément imprégnée de cette mémoire et de ces revendications.
Nous aurons donc, avec cette génération, une cure de lucidité. Et elle pourrait bien être amère.
Pluton en Capricorne va vraisemblablement engendrer des jeunes qui vont mettre les adultes en face de leurs responsabilités, les confronter froidement à leurs illusions, y compris et surtout celles qu’ils ont érigé en structures (politiques, économiques, collectives…), ou qui vont regarder d’un oeil mature et désabusé le monde des adultes et des puissants, en le tenant pour ce qu’il est, c’est-à-dire assez souvent un groupement de gamins qui eux-mêmes ne savent pas ce qu’ils font et qui n’ont que leur statut, une légitimité fragile ou une date de naissance sur leur passeport pour justifier leurs décisions.
Cette génération va transformer l’autorité, et surtout, la démystifier totalement. Fini d’accorder un respect par défaut aux adultes ou aux institutions, aux représentants du pouvoir, ces derniers vont devoir faire leurs preuves. Ces jeunes seront puissants, intègres, courageux, responsables, travailleurs, et auront un esprit politique très marqué, avec l’envie d’infiltrer le système, les institutions, de les bâtir ou les rebâtir, de les détruire et les reconstruire, afin de mener leur vision du monde à la victoire. Ils auront aussi sans doute un esprit entrepreneurial fort et il n’est pas impossible que nombre d’entre eux aient des ambitions et un désir de commandement précoces, notamment dans les domaines de la politique, des structures, des administrations, de l’économie, des institutions, des sciences dures, de l’intellect, avec un véritable don pour cela d’ailleurs… ou bien qu’ils se lancent très tôt dans une carrière sans en référer à qui que ce soit, pas même leurs parents, en prenant l’entière responsabilité de leurs choix. Beaucoup feront peut-être le choix du renoncement au statut socio-professionnel traditionnel. Mais beaucoup se concevront en tout cas comme les rouages d’une mécanique, avec pour corollaire l’impératif de poser sa pierre à l’édifice collectif et d’accomplir son devoir. La vision du travail – domaine Capricorne – en sera profondément changée, et nombre de ces jeunes seront réfractaires à son acception traditionnelle, à l’exploitation collective au profit de quelques uns, au fait d’user sa vie pour un emploi dont on ne sait pas bien le but, aux bullshit jobs, à l’autorité aveugle (et auront-ils le choix, de toute façon, eux qui seront jeunes en plein boom de l’intelligence artificielle, qui promet de rebattre les cartes ?). Revenu universel, redistribution des richesses, collectivisation, sens à travers la vocation, service à la société et responsabilité individuelle, pourraient s’imposer comme les grandes obsessions de cette génération, qui refusera de s’accrocher aux branches d’un monde en transition depuis des années déjà…
Ils auront soif de choses qui fonctionnent, et une capacité naturelle à juger les choses sur leur valeur effective et non fantasmée. A cette génération, on ne pourra pas vendre n’importe quoi.
Eux qui n’ont jamais connu autre chose qu’un monde en crise – politique, économique, sociale – vont demander des comptes à tous ceux qui ont rendu cette situation possible et porteront un regard impitoyable et dénué de complaisance sur les erreurs, les corruptions et les manquements de leur environnement. Tout en souhaitant réformer le monde et les fondations qui le maintiennent, tout en ayant envie de guérir les structures collectives, et tout en aspirant à des mécaniques bien huilées qui brillent par leur efficacité et soutiennent la société, ils seront méfiants et auront conscience qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. En conséquence, ils ne rendront de comptes à personne et feront de leur conscience le seul juge souverain – que celle-ci soit pure ou non, d’ailleurs.
Capables de discerner le vrai du faux, passant au crible comme des inspecteurs les décisions qui ont été prises, ils n’auront ni patience ni amusement pour les illusions à la mode qui se sont ancrées dans notre système jusqu’à provoquer sa paralysie. Arrivés en bout de course d’une situation qui ne cesse de se déliter, et parfaitement conscients que le statu-quo et le jeu par les règles ne suffisent plus, ils seront radicaux et sauront prendre des décisions douloureuses. Ils n’auront aucun mal à organiser le plan social ou le procès des générations antérieures ou du monde actuel… Ils agiront en tous les cas en grands liquidateurs.
Le risque, cela peut être celui de la tyrannie, de l’autoritarisme, de la violence, de la vengeance politique sanglante, de la purge et de la terreur, de la pensée abstraite, structurelle, quasi-mathématique et désincarnée, de l’impossibilité à concevoir les individus comme autre chose que les rouages d’un système. Les utopies du XXème siècle qui se sont transformées en machines à broyer, et qui ont pourtant persisté dans leur élan, en sont un bon exemple. Deux possibilités nous guettent – et parfois, c’est un mélange des deux que l’on obtient : le remplacement pur et simple d’un ordre ancien par un ordre nouveau, pas forcément très agréable, agissant comme purgatoire ou revanche, ayant pour but de liquider dans la douleur ce qui n’a plus sens. Ou la transformation éprouvante mais thérapeutique de l’ordre actuel, de l’autorité, du squelette primordial soutenant le monde.
Si la seconde possibilité l’emporte, ce ne sera pas la mort de l’autorité pour autant – le Capricorne tient aux hiérarchies et les sait vitales -, mais un travail de purge se fera. L’ordre devra se justifier et se prouver. Le mérite, l’intégrité, le courage, la réalité, seront parmi les valeurs-clés.
Dans tous les cas, cette génération qui arrive ne fera ni dans la dentelle, ni dans la légèreté. Et vous n’échapperez pas à son jugement. Il y a des chances pour que ces jeunes vous traitent comme s’ils savaient mieux que vous (et il y a des chances pour que ce soit le cas).
En fait, pour vous donner une idée… cette génération, ce sera Greta Thunberg**… en pire.
*Pluton n’est plus reconnue comme une planète en astronomie ; elle en est cependant toujours une en astrologie.
** Greta Thunberg a justement un stellium en Capricorne, notamment Soleil et Lune, et Mercure. Et Vénus en Scorpion.
Cet article n’a pas vocation à être exhaustif. D’autres personnes ont analysé mieux que moi en long, en large et en travers, le sens profond de Pluton en Capricorne et tout ce que ce transit a changé dans notre monde depuis 2008, dans des textes que l’on peut souvent facilement trouver en ligne. Je vous recommande de faire ces recherches. Je choisis ici un parti-pris, un angle, plus métaphorique sans doute. Et je rappelle que je ne suis pas astrologue : je fais cela pour le plaisir de partager mes petites ‘découvertes’..