Et caetera… (poème)

Béatrice Dalle, 37°2 le matin

Dans ma robe sans pitié, d’un rouge d’alarme
Comme un cabriolet écrasé de soleil
Je m’assois et je bois ; je me lève et je paie
Après avoir étalé sans gêne mes charmes

Dans les cafés bondés asphyxiés de chaleur
Où les ventilateurs y vont de leur musique
Les faïences se heurtent ; un boucan romantique
À peine couvert par des chansons sans valeur

Les serveurs affairés prennent leurs bénéfices
Les jolies femmes recueillent leurs avantages
La facture est salée : mon cœur a mille ans d’âge
Et le sang qui l’irrigue a une odeur d’hospice

La vie est plus facile, comme le désespoir
Dans ces mois fatidiques où la joie règne en maître
Et quand il fera noir
Je me pendrai peut-être

À quelques heures d’ici, en heures d’aéroport
Les vagues revenantes se livrent à l’encore
Près des plages aux couleurs de cartes postales
Bonus les vacanciers et leurs ardeurs létales

Et moi, je n’ai ni la mer ni toi
C’est le mois d’août et j’ai froid
Il m’aurait fallu tes bras
Envie de rien sauf de ça

Quelle heure il est, je ne sais pas
Quel temps il fait, je ne sais pas
Beau jour pour se tuer, n’est-ce pas
Tu aurais pu me sauver, je crois

L’amour, c’est vrai, n’a pas de loi
À ce jeu-là tu es le roi
Oui je vais mal ne t’en fais pas
Sois courageux, pour une fois
Suicide-moi

La blonde de la dernière fois
Celle qui te parlait tout bas
Qu’est-ce qu’elle avait de plus que moi
Peut-être toi ?
Et cætera…

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About Altana Otovic

Tout ce qui n'est pas écriture m'ennuie. Vous savez ça, vous savez tout. https://altanaotovic.wordpress.com/2021/02/01/qui-je-suis/
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