A propos de Mila (journal)

Dimanche 30 mai 2021 :

A l’origine, en réponse à un ami, concernant Mila (nous parlions initialement d’un article de Konbini News sur Mila, relatant la sortie de son livre : j’avais pris connaissance avec dégoût des commentaires en dessous de la publication, les gens en mettaient plein la figure à cette fille), modifié et intégré dans mon journal :

“Je sais que le « droit au blasphème » n’existe pas à proprement parler, en revanche, officieusement, il y en a un, dans le sens où notre loi ne reconnaît pas de délit de blasphème. De Charlie Hebdo à Mila, blasphémer est un acquis de société.
Concernant Mila, c’est elle la victime de cette histoire. Y a pas à retourner la situation, à relativiser. Elle est victime, point.
Son cas met en exergue le problème de cette société concernant la liberté de blasphémer, de critiquer la religion. Qu’elle n’ait pas été des plus élégantes, c’est une chose, mais le blasphème – qui est un garde-fou essentiel dans une société libre – a justement vocation à être outrancier. Dans tous les cas, jamais les propos de Mila n’auraient du provoquer de telles réactions, jamais des milliers de gens dans notre pays* n’auraient du se sentir assez « tranquilles », protégés et en sécurité pour oser faire ce qu’ils lui ont fait et détruire sa vie. Ces gens-là devraient vivre dans la honte et la peur, pas Mila. Elle a reçu d’innombrables et très graves menaces de mort, elle vit sous protection policière, est déscolarisée car aucune école ne peut assurer sa sécurité. Sa vie entière est bouleversée, ainsi que toute possibilité de normalité et d’anonymat en France. Ces gens lui ont volé ce droit. Le problème est là. Qu’elle ne fasse pas profil bas ? Qu’elle utilise les réseaux sociaux, réponde à ses détracteurs, publie un livre au lieu de se « faire oublier » ? Elle a entièrement raison. Ce n’est pas à elle de baisser la tête. Il manquerait plus que ça ! Ces gens lui ont déjà tout pris et il faudrait qu’elle aille se terrer dans un coin en priant pour qu’on la laisse vivre ?
Elle a compris ce qu’elle incarne et tout ce que son cas implique. Elle a compris qu’elle avait le droit de s’excuser, de ramper, de se taire, mais que ce n’était pas cela, la vraie liberté. Et surtout, qu’elle incarne désormais quelque chose de plus grand qu’elle-même qui lui interdit moralement de « se faire oublier ».
Elle brûle pour que d’autres vivent. Pour que la liberté de conscience et d’expression, aujourd’hui si menacée, ne s’éteigne pas dans les mains de ceux qui s’en foutent ou n’ont pas les couilles de la défendre.
Son courage est immense, précieux. Mila est une digue précieuse. Même s’il est anormal que ce soit une jeune fille de son âge qui occupe ce rôle. Elle devrait être en train de vivre sa vie d’adolescente et profiter du soleil avec ses amis, pas servir de gilet par balles à des lâches qui se cachent derrière elle pour défendre leurs libertés. La société entière a failli, les adultes, les institutions, les politiciens électoralistes qui ont laissé faire pendant des années, laissé l’islamisme et la bigoterie avancer ses pions, tous ces gens sont coupables de son calvaire et du fait qu’elle doive désormais jouer un rôle de « martyre ».”




*Mila a reçu plus de 50 000 menaces de mort et de viol
https://www.midilibre.fr/2021/02/10/affaire-mila-plus-de-50-000-menaces-de-mort-et-de-viol-le-calvaire-de-ladolescente-devoile-9364510.php

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About Altana Otovic

Tout ce qui n'est pas écriture m'ennuie. Vous savez ça, vous savez tout. https://altanaotovic.wordpress.com/2021/02/01/qui-je-suis/
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